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THE WOLF AMONG US

 
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PostPosted: Fri 27 Sep 2019, 14:46    Post subject: THE WOLF AMONG US Reply with quote

PublicitéSupprimer les publicités ?
Salut salut !
Etant complètement accro au jeu vidéo "The Wolf Among Us", mais ayant eu envie de réécrire l'histoire du jeu en y intégrant un de mes OC's, je me suis donc lancée dans une nouvelle fanfiction ! Elle concerne donc évidemment le jeu "The Wolf Among Us".
Attention, cette fanfiction reprend l'histoire du jeu, mais l'histoire sera réécrite à ma sauce et avec mon OC en un des personnages principaux ! Mais je tiens donc à dire que l'idée générale de l'histoire n'est PAS de moi ! Je précise bien pour éviter tout malentendu.

- Note 1 : Tous les personnages appartiennent à Bill Willingham, et le jeu appartient à Telltale Games
- Note 2 : Le seul personnage qui m'appartient dans cette histoire, est Ariane, mon OC
- Note 3 : Attention, langage très vulgaire, scènes de violence et de sexe explicites

Je précise que vous n'avez pas forcément besoin de connaître l'univers pour comprendre, puisque j'essaye d'expliquer au mieux dans ma fanfiction. Attention cependant, si vous n'avez jamais joué au jeu vidéo "The Wolf Among Us", cette fanfic' sera un énorme spoiler pour vous.

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THE WOLF AMONG US

‹‹ Ariane, le chat de la fable du zodiaque chinois, a été promue adjointe du shérif Bigby Wolf.
Peu après cette promotion, tous deux sont appelés par Toad, un crapaud semblant avoir de sérieux ennuis.
Le Bûcheron, vieil ennemi de Bigby, cause apparemment un sérieux bazar en se disputant violemment avec
une femme dans l'appartement de Toad.

Mais ce qui semblait être au premier regard un simple règlement de compte entre un homme et une prostituée,
se voit doucement déboucher sur une lourde enquête menée par une série de meurtres sordides. ››

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PostPosted: Fri 27 Sep 2019, 14:48    Post subject: THE WOLF AMONG US Reply with quote

INTRODUCTION

Il était une fois, à New York, une communauté de personnages de contes de fées connue sous le nom de Fableville.
Les Fables qui y vivaient étaient arrivées il y a des centaines d'années après avoir été exilées de leurs Royaumes.

Grâce à l'utilisation d'un sort magique appelé "Trompe-l'Oeil", elles ont protégé leur communauté secrète du commun des mortels.

Le shérif Bigby Wolf, et son adjointe, Ariane, les protègent les uns des autres.

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Braise des Bois
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PostPosted: Fri 27 Sep 2019, 14:54    Post subject: THE WOLF AMONG US Reply with quote

T'en avais pas déjà fait sur ça ?
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PostPosted: Fri 27 Sep 2019, 14:57    Post subject: THE WOLF AMONG US Reply with quote

Comment ça ? Une fanfiction sur The Wolf Among Us ? Si, j'avais écrit quelques one-shots sur ce jeu, mais jamais de fanfictions dans ce style.
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PostPosted: Fri 27 Sep 2019, 14:57    Post subject: THE WOLF AMONG US Reply with quote

CHAPITRE 1


Je regardai les rues de la ville défiler devant mes yeux. Il faisait déjà nuit, et les allées et ruelles étaient éclairées par quelques lampadaires parfois usés. J'observai les gens traverser les routes, parler au téléphone, discuter avec un ami. Et je me surpris à les envier. Eux étaient à leur place ici. Ils n'avaient pas été chassés de leur monde par l'Adversaire. Ils n'avaient pas été obligés de trouver refuge dans un univers qui leur était totalement inconnu. Ils n'avaient pas à lutter pour préserver leur secret.

Non, ils ne connaissaient rien de tout ça. Ils vivaient leur vie. En paix. Sereins.

Je lâchai un profond soupir et détournai le regard de la vitre du taxi. Je posai ma tête contre le dossier du siège, et fermai les yeux. Je sentis alors un mouvement à côté de moi, et je rouvris les paupières pour tourner la tête et plonger mes prunelles vertes dans celles whisky de l'homme qui était assis près de moi.

« Pas de motivation ? lança-t-il d'un ton légèrement amusé. »

Je poussai un nouveau soupir en guise de réponse. Non, aucune motivation. Au-cu-ne. Depuis ma promotion, je n'avais pas eu le moindre instant de répit. Les taches et devoirs pleuvaient, ne me laissant pas prendre une seule inspiration. Mais je ne m'en plaignais pas : j'avais travaillé si dur pour obtenir le rôle d'adjointe du shérif. Et maintenant que j'avais décroché ce poste, il était hors de question que j'y renonce.

Mais ce soir, c'était différent. J'avais été appelée par Toad, un crapaud qui avait semblé complètement paniqué à l'autre bout du fil. J'avais entendu des cris, des bruits sourds, et Toad m'avait assuré que le Bûcheron faisait encore des siennes. Pour changer.

Pourtant, ni moi, ni le shérif, n'avions réellement envie de nous pointer là-bas à une heure si tardive. Toad appelait souvent pour tout et rien, et il suffisait que le Bûcheron passe devant son appartement pour qu'il panique et nous contacte en catastrophe.

C'en était désespérant.

Las, j'avalai ma salive et me passai une main sur le visage. Me rendant ensuite compte que je n'avais toujours pas répondu à la question qui m'avait été posée, je pris la parole.

« Pas vraiment, me contentai-je de répondre, légèrement irritée. »

Un léger rire rauque chanta à mes oreilles, et je ne pus m'empêcher de sourire.

« Qu'est-ce qu'il y a de drôle, Monsieur Wolf ? rétorquai-je avec un rictus.

- Tu n'es jamais motivée pour répondre aux appels de Toad, continua le shérif, amusé.

- Certes. Mais Bigby, dois-je vous rappeler que vous non plus ? »

Le dénommé Bigby haussa les épaules et fouilla dans sa poche pour en sortir un paquet de cigarettes Huff'n'Puff. A cette vision, je ne pus m'empêcher de rire à mon tour. Bigby arqua un sourcil et me lança un regard interrogateur.

« Je ne comprendrai jamais comment vous faites pour fumer cette merde. »

Le shérif ne répondit pas et se contenta d'allumer sa cigarette avec son briquet. Rapidement, l'odeur de la fumée m'envahit les poumons, me faisant tressaillir.

Dieu que j'avais besoin d'une clope moi aussi.

Malheureusement, je n'en avais pas sur moi. Je grognai, frustrée, et Bigby sembla tout de suite comprendre ce qui n'allait pas. Il alluma alors une seconde cigarette et me la tendit.

« Voilà pour la dame.

- Je croyais vous avoir dit que cette marque était naze
, sifflai-je entre mes dents.

- Je sais. Mais ça dépanne en attendant. »

Je levai les yeux au ciel et attrapai la cigarette entre mes doigts, marmonnant un « merci » à peine audible. J'inspirai profondément, laissant la fumée s'immiscer dans mon corps. Je lâchai un soupir de satisfaction, heureuse de pouvoir enfin sentir la nicotine s'infiltrer dans mes veines.

Ce truc était une drogue, mais j'aimais ça.

Finalement, après un trajet qui me paru interminable, le taxi se gara devant l'immeuble dans lequel nous devions, Bigby et moi, entrer. Le chauffeur se gara en faisant crisser les pneus de la voiture, et Bigby ouvrit la portière pour sortir du véhicule. Il écrasa sa cigarette au sol du bout de son pied, et mis ses mains sur ses hanches.

De mon côté, je pris le temps de payer le chauffeur, et sortit à mon tour en inspirant une dernière bouffée de ma cigarette, avant de l'écraser et de la laisser par terre à mon tour. Je vins me positionner aux côtés du shérif, et lui lançai un regard interrogateur.

« On y va ?

- J'imagine
, répondit Bigby avec un léger soupir. »

Je me passai une main dans mes cheveux ondulés et châtains, et commençai alors à marcher vers l'entrée de l'immeuble. La grande porte principale était fermée, mais je pouvais tout de même déjà entendre très distinctement les cris qui venaient du deuxième étage. Je fronçai les sourcils et maugréai.

Bigby, quant à lui, ouvrit la porte avec son poing, la fracassant presque. A cette vision, je ne pus m'empêcher de sourire.

« Toujours dans la délicatesse, hein Wolf ? »

Celui-ci ne me répondit pas, et se tenait à présent debout face à Toad. Qui n'avait pas de Trompe-l'Oeil. Comme d'habitude.

« Monsieur Toad... commença Bigby d'une voix grave, agacé. »

L'interpellé se tourna vers le shérif, et sembla paniquer.

« Bigby ! Et Ariane ! Merde... ouais alors, écoutez, je sais que je n'ai pas l'air humain mais je vais me procurer un Trompe-l'Oeil dès demain ! Promis ! »

Mes épaules s'affaissèrent pendant que Bigby grinça des dents.

« Assez d'excuses. Tout ce que je vois, c'est un crapaud d'un mètre.

- Mais-

- Ecoute, Toad. Si tu n'as pas les moyens de te procurer un Trompe-l'Oeil, tu vas à la Ferme. C'est aussi simple que ça
, le coupai-je en prenant un air sévère. »

Toad déglutit et pris un air désolé.

« Vous... vous ne pouvez pas m'envoyer vivre avec ces animaux ! »

Bigby et moi échangèrent un regard blasé, avant de foudroyer Toad du regard.

« Ouais enfin, vous voyez ce que je veux dire.

- Va voir une sorcière. Achète un Trompe-l'Oei
l, reprit Bigby, irrité.

- Bigby, ils-ils me saignent à blanc, mon pote ! La qualité du sort baisse, mais bordel les prix continuent de monter. Est-ce que tu sais combien ça coûte de se procurer un Trompe-l'Oeil pour une famille entière ?! »

Bigby souffla et j'haussai les épaules.

« On ne fait pas les règles. Désolée. On ne peut pas te donner de laissez-passer, Toad. Nos mains sont liées. »

Toad baissa la tête en prenant un air coupable. Il avait presque l'air d'un enfant qui venait d'être pris en flagrant délit de bêtise. J'eus presque de la peine pour lui, mais me repris rapidement. Cela faisait trop longtemps que ce crapaud enfreignait nos lois. Il était temps qu'il arrête de passer entre les mailles du filet.

J'étais sur le point d'ajouter quelque chose, lorsqu'un énorme « boom » retentit derrière moi. Je fis volte-face et me rendis alors compte qu'une télévision venait de s'encastrer dans le trottoir. J'ouvris de grands yeux et jetai un coup d'oeil à Bigby, qui était resté impassible.

« Putain de merde ! lâcha Toad en se prenant la tête entre ses mains. Vous voyez ? C'est pour ça que je vous ai appelés ! »

Je restai immobile pendant que Bigby regardait les murs griffés de l'immeuble.

« Et vous allez rester là sans-bouger ?! cracha le crapaud sur un ton de reproche. »

Je me mordis la langue et secouai la tête.

« Dans quoi est-ce qu'on a foutu les pieds ? marmonnai-je.

- Bon. On monte, lâcha Bigby en se raclant la gorge. »

Il se dirigea vers l'escalier et commença à lentement monter les marches usées par le temps. Me concernant, j'eus un léger temps de réaction, mais finis par réagir et emboîtai le pas au shérif.

« Merci, répondit Toad. »

J'étais sur le point d'arriver en haut de l'escalier, lorsque la voix de Toad arriva jusqu'à mes oreilles. Le crapaud murmurait dans sa barbe, mais avec mon ouïe sur développée, j'avais sans cesse entendu ce qu'il avait marmonné.

« Grandes gueules à fourrure... qui me disent comment je dois dépenser mon fric. »

Je retins un grognement et me mis à courir pour rattraper mon partenaire. Nous finîmes par arriver devant une porte derrière laquelle pouvaient être entendus de violents cris. Bigby était à genoux, en train de ramasser un paquet de cigarettes, et à cette vision, je ne pus m'empêcher d'éclater d'un rire franc.

Le loup se tourna alors vers moi, surpris et décontenancé. Un simple regard de ma part qui voulait dire « sérieusement ? » lui suffit pour lui faire comprendre ce à quoi je pensais. Cependant, il n'en releva pas, et fourra le paquet de cigarettes dans sa poche.

« Bon... comment vous voulez pr- »

Je n'eus pas le temps de finir ma phrase. Bigby venait de défoncer la porte d'un violent coup de pied. Je sursautai lorsque je le vis se précipiter dans la pièce, et arrivai juste à temps à l'encadrement de la porte pour le voir attraper le Bûcheron et le plaquer contre le mur. A quelques pas des deux hommes se tenaient une femme aux cheveux noirs et courts, et aux yeux verts. Elle portait également un ruban violet autour de son cou. Sa lèvre inférieure saignait et elle avait un bleu sous l'oeil droit. Je me dirigeai vers elle pendant que Bigby gérait la situation.... à sa manière.

La jeune femme qui semblait avoir été sérieusement amochée, m'ignora et s'approcha du Bûcheron avec un air mauvais.

« T'as quelque chose sur la gueule, lâcha-t-elle, les sourcils froncés.

- De quoi tu parles, merde, espèce de pute ? répondit le Bûcheron qui tentait de se débattre et de se dégager de la poigne de Bigby. »

Ce fut à ce moment-là que la femme cracha du sang et de la salive sur le visage de son bourreau. Celui-ci grogna de fureur, et se débattit encore davantage.

« Je vais te tuer putain ! rugit le Bûcheron, visiblement hors de lui. »

Bigby resserra sa prise sur le plus âgé, et ses yeux lancèrent des éclairs.

« OK, tout le monde se cal- »

Il fut coupé par un violent coup de tête donné par le Bûcheron. Sous le choc, Bigby recula et manqua de tomber à la renverse. Il s'essuya le nez qui commençait déjà à saigner, et lança un regard noir au Bûcheron.

« Qu'est-ce que tu vas faire, hein ? Dégage de mon putain de chemin avant de te reprendre ma hache dans ta vieille gueule ! »

Si Bigby ne répondit rien pour ne pas envenimer davantage la situation, le Bûcheron, lui, n'en avait visiblement pas fini. Il lança son poing en direction du shérif, furibond. Bigby l'intercepta, lui fit une clé de bras et l'envoya valser contre un lavabo environnant. Le Bûcheron s'écrasa contre la surface rigide en un hurlement de douleur, avant d'attraper un canif et de menacer le loup avec.

Comprenant que Bigby allait visiblement avoir besoin d'aide, je plissai les yeux et avançai vers le Bûcheron, crispée.

« C'est ton dernier avertissement. Arrête tout, tentai-je pour le calmer et lui faire prendre conscience de ses actes plus que démesurés. »

Le Bûcheron m'ignora cependant totalement, et tenta de planter son canif dans la gorge de mon coéquipier. Ce dernier se baissa à temps et fonça dans les côtes du Bûcheron pour le plaquer sur un lit en métal. Le loup commença à le frapper au visage, encore et de plus en plus fort. Le sang giclait au sol et je ne pus m'empêcher d'afficher un air quelque peu dégoûté devant la face ensanglantée du Bûcheron.

Bigby attrapa ensuite son vieil ennemi par le col de sa chemise, et le balança sur un bureau en bois, qui céda presqu'aussitôt sous le poids du plus vieux. Je regardai mon collègue s'avancer rapidement vers lui et attraper une bouteille pour la lui éclater sur le crâne. Je vis avec horreur des morceaux de verre s'introduire dans la chair du Bûcheron, et reculai de quelques pas.

Le loup finit par lâcher le Bûcheron, et celui-ci en profita pour attraper son immense hache, restée dans un coin de la pièce. Mes yeux s'agrandirent d'effroi lorsque je compris qu'il voulait s'en servir pour blesser, voire même tuer, Bigby Un frisson glacé me parcouru l'échine et je sentis une décharge d'adrénaline secouer mon corps tout entier. Je n'eus cependant pas le temps d'intervenir, que déjà la hache s'abattait sur Bigby.

Je fermai les yeux, m'attendant à entendre les os craquer. Cependant, seul un hurlement de fureur me parvint. Bigby avait réussi à échapper au coup meurtrier de la hache, et l'avait dérobé au Bûcheron. Le shérif asséna un violent coup sur le visage de son ennemi, avant de l'assommer avec le manche de son arme. Un craquement sinistre retentit, et il tomba au sol, inerte.

Bigby lâcha la hache et posa ses mains sur ses genoux, tentant de reprendre son souffle. Mon regard allait du Bûcheron inanimé à Bigby qui avait tout de même été sacrément amoché. Son visage était couvert de sang, son nez saignait, ses mains était écorchées à vif, et sa chemise blanche était tachetée de points sanglants.

Je soufflai, et finis par me diriger vers lui avant de poser une main sur son épaule. Cependant, le loup n'y prêta pas attention et se tourna vers la première victime de cette agression. Il plongea ses prunelles dans les siennes, et soutint son regard.

« Vous... devriez surement partir d'ici, proposa-t-il d'un air légèrement inquiet. »

La prostituée fronça les sourcils et croisa les bras sur sa poitrine partiellement dénudée par l'immense décolleté qu'elle portait.

« Je ne bougerai pas d'ici tant que je n'aurais pas récupéré ce qui m'appartient.

- Tu... auras que dalle, salope. »


La voix du Bûcheron me fit sursauter et je me tournai pour le foudroyer du regard. Un grondement sourd monta de ma gorge.

« Je vais t'enterrer, putain. Tu m'entends, sale traînée ?

- Eh ! lançai-je, furieuse. Si tu ne peux pas te montrer un minimum conciliant, je vais devoir te demander d'attendre dehors. »

Le Bûcheron grommela et se pris la mâchoire d'une main, tentant apparemment de la déplacer. Il gémit de douleur et retomba à terre.

« Putain, merde. Tu m'as... cassé la mâchoire, espèce de connard.

- Et pourtant, tu parles toujours
, s'amusa Bigby en reportant son attention sur la prostituée.

- Va te faire foutre. »

Je m'approchai de la jeune femme au visage tuméfié, et mis mes mains sur mes hanches, l'air suspicieuse.

« Qu'est-ce qu'il se passe ? Qu'est-ce que vous foutiez ? demandai-je, visiblement déboussolée. »

L'intéressée avait pris un miroir à maquillage et regardait son œil avec inquiétude.

« Un petit malentendu qui a tourné en un vrai spectacle de merde, se contenta-t-elle de répondre. Mais ne vous inquiétez pas. Vous n'avez rien raté des meilleurs moments. »

Si la réplique me fit légèrement sourire, elle n'amusa pas Bigby. Le loup grogna et leva les yeux au ciel.

« Ecoutez... reprit la prostituée dont nous ignorions toujours le nom. C'est juste, disons-le, le début d'une longue nuit de merde pour moi. J'ai juste besoin de l'argent qu'il me doit pour que je puisse partir.

- Qu'est-ce que vous faites ici ? la questionna Bigby en se grattant la joue. »

La jeune femme eut l'air perdue, et elle se contenta de répondre que ses lèvres étaient scellées. Chose que je ne compris pas. Bigby, de son côté, avait incliné la tête sur le côté, les yeux interrogateurs.

« Pourquoi vous frappait-il ? enchaînai-je rapidement, soucieuse d'en savoir plus sur cette affaire.

- Vous... devriez peut-être lui demander directement.

- Oh, je vais le faire
, répliquai-je. Mais je préférais vous demander en premier. »

La travailleuse détourna les yeux et haussa les épaules. Elle ne répondit pas, et je fus sur le point de lui demander comment elle s'appelait, lorsqu'elle reprit la parole.

« Il m'a demandé si je le reconnaissais. S'il savait qui j'étais. J'ai répondu que non, et il a commencé à me cogner. Alors vous avez débarqué et vous avez commencé à le tabasser. C'est à peu près ça, hein ? finit-elle à l'attention du Bûcheron. »

Ce dernier se massait toujours la mâchoire, l'air mauvais.

« Je suis le Bûcheron, sale putain... J'ai sauvé le Petit Chaperon Rouge de ce monstre. J'ai ouvert cet enfoiré avec des pierres et je l'ai jeté dans la putain de rivière. Voilà qui JE suis, espèce de salope ! »

Bigby se tourna vers le Bûcheron et plissa des yeux. Il montra les dents et un grondement guttural s'échappa de ses lèvres.

« Eh ! Qu'est-ce que Ariane t'a dit ?! Elle t'a dit de te tenir, ou d'attendre... DEHORS !! »

Cette phrase à peine achevée, je vis Bigby se précipiter vers le Bûcheron et le balancer contre la fenêtre la plus proche. La vitre se brisa en mille morceaux, et je vis mon coéquipier tomber quelques mètres plus bas, accompagnant le Bûcheron dans sa chute.

Choquée, je me précipitai à la fenêtre et posai mes mains sur le rebord de celle-ci. Je me coupai avec le verre cassé, et sentis alors le sang couler entre mes doigts. Je me mordis la langue et regardai en contrebas, paniquée. Bigby avait atterri sur une voiture, la broyant sous son poids. Le Bûcheron, quant à lui, était allongé sur la route cimentée, et ne donnait plus aucun signe de vie.

« Merde. »

Je m'écartai de la fenêtre et commençai à courir vers le seuil de la porte que Bigby avait défoncé quelques minutes plus tôt. J'attrapai la hache du Bûcheron au passage, consciente que j'en aurai peut-être besoin pour plus tard. J'intimai à l'inconnue de rester ici, et dévalai les escaliers aussi vite que je le pouvais. Mon cœur battait la chamade et tambourinait si fort dans ma poitrine que j'avais l'impression qu'il allait sortir de ma cage thoracique. Je sentais mon sang pulser à mes tempes, et mes jambes ne me soutenaient presque plus.

Lorsque j'arrivai en bas de l'immeuble, et une fois les portes principales ouvertes, j'aperçu le Bûcheron qui avait plaqué Bigby sur la vitre en verre d'un arrêt de bus, et qui commençait à l'étrangler. Le loup se débattait, mais pris au dépourvu, il ne parvint pas à se défaire de l'emprise du plus âgé.

C'est avec horreur que je vis ses yeux devenir dorés, et je compris qu'il était en train de se transformer. Furieuse et désireuse de le protéger, je grognais et resserrai ma prise autour du manche de la hache. Je m'avançai aussi vite que me le permettait le poids de mon arme, et la brandit dans les airs. J'abattis la lame tranchante de la hache dans le crâne du Bûcheron. Un bruit absolument répugnant se fit entendre, et le barbu tomba à la renverse, lâchant Bigby au passage. Le loup tomba à genoux et inspira profondément pour amener de l'air à ses poumons meurtris.

Inquiète, je lâchai la hache qui tomba au sol en un bruit sourd, et m'avançai vers mon coéquipier pour l'aider à se relever.

« Est-ce que ça va ?!

- Ouais. Merci. »


J'étais sur le point de lui répondre, mais un bruit derrière moi me stoppa. Lorsque je fis volte-face, je me retrouvai devant la prostituée, qui ne m'avait visiblement pas obéi, qui s'était mise à genoux et qui cherchait apparemment quelque chose dans les poches du Bûcheron. Je jetai un rapide coup d'oeil à Bigby, et celui-ci secoua la tête.

La jeune femme du sentir mon regard appuyé, car elle s'arrêta un instant pour me regarder droit dans les yeux.

« Je prends juste ce qu'il me doit, tenta-t-elle de se justifier. »

Puis, après un court laps de temps, elle porta son attention sur le shérif.

« Qu'est-ce qu'il vient de se passer ? Je veux dire... vos yeux et... vos dents. Vous n'êtes pas vraiment censé faire cela, pas vrai ?

- Pas si je peux l'éviter
, confirma Bigby en remettant sa cravate noire en place. »

L'inconnue sortit une poignée de pièces de monnaie d'une des poches du Bûcheron, et avec un grognement frustré, les lâcha au sol.

« Génial, maugréa-t-elle, visiblement embêtée. »

Elle se redressa et commença alors à appuyer sur la lame de la hache avec son pied, pour enfoncer toujours plus profondément la hache dans la tête du Bûcheron.

« Ce mec a une hache dans le cerveau
, m'amusai-je. Il ne ressent rien.

- Oh, c'est surtout pour moi. »

Bigby allait ajouter quelque chose, mais il n'en eut pas le temps. A nos pieds, le corps du Bûcheron recommença à bouger, et il articula faiblement quelques mots.

« Je vais te... tuer... salope...

- Laisse-moi t'aider
, cracha la prostituée en donnant un énième coup dans la hache pour définitivement trancher le cerveau du Bûcheron.

- Ce mec passe une sale journée, remarquai-je en me passant une main dans les cheveux. »

Une partie de moi voulait l'arrêter, mais une autre souhaitait juste voir cette enflure souffrir. Ce fut d'ailleurs pour cela que je ne fis rien pour la stopper.

« Je suppose que c'est une bonne chose que les Fables soient dures à tuer, répondit l'inconnue tout en se reculant, laissant finalement le corps du Bûcheron là où il était.

- Je suppose, oui, répondis-je en haussant les épaules. »

Bigby vit la jeune femme s'éloigner pour tenter d'allumer une cigarette. Malheureusement pour elle, son briquet semblait clairement faire des siennes, et elle commença à s'énerver dessus. Le loup la rejoignit, et je le vis du coin de l'oeil l'aider à allumer sa cigarette.

De mon côté, j'entrepris d'ôter la hache du crâne du Bûcheron, et la gardai ensuite entre mes mains, n'étant pas vraiment certaine de ce que je devais faire avec. Je finis cependant par la lâcher, et rejoignis Bigby qui était en pleine discussion avec la prostituée que nous avions sauvé des griffes de ce foutu pervers. J'entendis mon coéquipier lui demander pour qui elle travaillait, mais elle répondit par la même phrase que celle qu'elle avait prononcé quelques dizaines de minutes plus tôt : « mes lèvres sont scellées. » Elle s'excusa et pris une bouffée de fumée de cigarette.

Bigby la regarda d'un air soupçonneux, et j'haussai les sourcils. Je voulus lui demander ce que cela voulait dire, mais je n'en eus pas l'occasion. La travailleuse porta une main au ruban violet qu'elle portait autour du cou, et nous sourit.

« Eh. Vous aimez mon ruban ? nous demanda-t-elle en souriant.

- Arrêtez de changer de sujet, la confrontai-je en clignant des yeux. »

L'intéressée soupira et tourna la tête. J'étais consciente qu'elle ne nous dirait rien de plus, mais j'aurais tout de même voulu encore essayer de lui tirer quelques informations.

« J'ai l'impression que nous nous sommes déjà rencontrés... murmura Bigby tout en fixant la jeune.

- C'est probablement le cas, répondit-elle doucement. Nous nous connaissons tous d'une façon ou d'une autre. Mais... les choses changent, j'imagine.

- J'imagine... »


Perdue, je me retournai pour regarder derrière moi, et hoquetai de surprise. L'endroit où était allongé le Bûcheron il y a encore quelques instants, était désormais vide. Il n'y avait plus que des traces de sang qui pouvaient témoigner qu'il avait été là.

« Et merde !
lâchai-je, agacée. »

Bigby se tourna vers moi et suivit mon regard, et réalisa à son tour que le Bûcheron était parti. Ses épaules s'affaissèrent et il se pinça l'arête du nez avec son pouce et son index. Il commença alors à vouloir s'éloigner pour partir à sa recherche, mais je lui attrapai le poignet pour le retenir.

« Arrête. Pas besoin de l'énerver plus qu'il ne l'est déjà.

- Elle a raison
, renchérit la prostituée en soupirant. Inutile de le mettre encore plus hors de lui. »

Bigby grimaça et fixa la femme au ruban violet.

« Vous êtes sure ?

- Il en a eu assez, sourit-t-elle d'une voix douce. Pour ce soir, au moins. Ce ne serait pas surprenant qu'il ait une hache à affûter maintenant. »

Je souris aux paroles de la jeune femme, mais déchantai rapidement lorsque je me rendis compte que je tenais toujours fermement le poignet de Bigby entre mes doigts. Je reculai alors précipitamment, comme si le contact avec sa peau m'avait brusquement brûlé, et me mis à regarder ailleurs, terriblement gênée.

Bigby ne sembla pas s'être rendu compte de mon malaise, et pris la parole en direction de celle qui restait plus ou moins une inconnue à nos yeux.

« Combien il vous devait ? lui demanda le loup. »

Elle hésita un instant avant de répondre, et soupira.

« Une centaine de dollars.

- Et...
reprit le shérif, hésitant. Je suppose que ce serait mauvais pour vous de rentrer les mains vides.

- Ça va aller,
tenta de le rassurer la travailleuse. »

Le loup sembla réfléchir un moment, et plongea sa main dans sa poche pour en sortir quelques billets.

« Voyons, j'ai... vingt... quarante... sept... huit... cinquante-huit dollars. C'est... tout ce que j'ai. Ça va aider, n'est-ce pas ? »

Je regardai Bigby lui tendre l'argent, et me sentis soudainement presque coupable de n'avoir aucun dollar à donner. Je n'avais actuellement plus rien sur moi et ne pouvais donc guère aider.

La prostituée eut l'air mal à l'aise, et baissa la tête.

« Non, c'est bon. Ça va aller. Vous en avez déjà assez fait. Vraiment.

- Juste... prenez l'argent, d'accord ?
insista Bigby, visiblement prêt à faire de son mieux pour aider. »

La concernée finit par capituler et accepta l'argent que le loup lui avait offert. Elle rangea les billets dans son soutien-gorge et sourit amicalement au shérif.

« Vous m'avez tirée d'une sale situation tout à l'heure. Merci. Et merci à vous aussi, finit-elle en me regardant.

- Nous allons toujours avoir besoin d'une déposition, la prévins-je en me grattant la nuque.

- C'est que... je dois aller déposer toutes mes affaires et... hésita la jeune femme.

- Passez me voir à mon bureau dans ce cas, s'enquit Bigby. »

La prostituée haussa les sourcils et eut un petit sourire moqueur.

« Il est un peu tard pour une visite à votre bureau, shérif. Je ferai un saut à votre appartement.

- Comment savez-vous où je-

- Vous vivez dans le plus petit appartement des Sylves. Tout le monde sait ça
, s'amusa-t-elle en lui faisant un clin d'oeil. »

Le loup renifla et soupira.

« C'est bon à savoir.

- Vous devriez aller vous laver. Vous avez une gueule de merde
, continua l'inconnue sur un ton narquois.

- Je vais aller me nettoyer, OK ? rétorqua Bigby en se passant un doigt sous le nez pour voir si celui-ci saignait encore.

- J'y croirai quand je le verrai ! lâchai-je, sarcastique, me mêlant à la conversation. »

Mon coéquipier me lança un regard noir, mais je savais pertinemment que c'était le genre de regard qui signifiait qu'il n'allait pas me sauter à la gorge. Je retins un sourire ainsi qu'un bâillement causé par la fatigue qui commençait à se faire ressentir, mais repris mon sérieux lorsque la jeune femme continua de parler.

« Je... dois vous dire quelque chose, souffla-t-elle en s'approchant de Bigby.

- Oui ? »

La femme au ruban s'avança encore de quelques pas, et approcha son visage de celui du shérif. Pendant un instant, je cru qu'elle allait l'embrasser. Mais elle se contenta de déposer un baiser furtif sur la joue de mon coéquipier, en lui susurrant quelque chose que j'eus du mal à comprendre, malgré mon ouïe hors norme.

Bigby resta silencieux, et finalement, la prostituée s'éloigna du loup et commença à marcher vers une destination qui nous était inconnue.

« On se reverra bientôt, lâcha-t-elle platement avant de disparaître au coin d'une ruelle. »

Le shérif resta silencieux un long moment. Ni lui ni moi n'osions prendre la parole. Mais finalement, deux mots franchirent la barrière de mes lèvres. Deux mots qui définissaient à la perfection ce que tout le monde pouvait actuellement ressentir.

« Foutue nuit. »

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PostPosted: Fri 27 Sep 2019, 18:34    Post subject: THE WOLF AMONG US Reply with quote

J'ai regardé le let's play de Bob dessus, le jeu a l'air génial 
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PostPosted: Sat 28 Sep 2019, 12:57    Post subject: THE WOLF AMONG US Reply with quote

Ouiii, le jeu est trop bien ! ;w;
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CHAPITRE 2


Je marchai silencieusement dans la rue, les mains dans les poches, avec un air préoccupé peint sur mon visage. La mine renfrognée, je ne pipai mot. Je n'en avais pas envie. Mon esprit était ailleurs et je ne cessai de repenser à ce qu'il s'était passé environ une demi-heure plus tôt. Ce qui aurait dû être un simple rappel à l'ordre concernant le Bûcheron, s'était transformé en une véritable bagarre plus que violente, et cela avait carrément débouché sur le fait de planter une hache dans le crâne d'un homme.

Je lâchai un petit soupir, ce qui n'échappa pas au loup qui se trouvait à mes côtés. Il arqua un sourcil et s'arrêta. Surprise de le voir s'arrêter, je stoppai à mon tour et me tournai vers mon collègue.

« Un problème ?

- Je dirais plutôt que c'est toi qui en as un, pas vrai ? »


Le regard fuyant, j'enfonçai davantage mes mains dans mes poches et tentai d'éviter sa question. En vain. Bigby était apparemment déterminé à savoir ce qui me trottait dans la tête.

« Ariane...

- Je suis inquiète !
lâchai-je sur un ton presque tremblant. »

Bigby pris un air surpris, et je me sentis alors obligée de me justifier.

« Je pense que le Bûcheron est une menace potentielle. Et maintenant qu'il s'est évanoui dans la nature... qui sait ce qu'il serait capable de faire, hein ? »

Le shérif se gratta le menton avec une expression songeuse, avant d'hausser les épaules.

« Le mec a clairement eu une nuit de merde. Ça m'étonnerait qu'il fasse quoi que ce soit pour le moment.

- Comment pouvez-vous en être si sûr ?

- Des années d'expérience. »


Je soufflai, irritée vis à vis de cette réponse. Cependant, je ne renchéris pas, préférant garder le silence. Je tournai alors les talons et recommençai à marcher. Bigby m'emboîta le pas, et nous arrivâmes rapidement devant les appartements de luxe « Les Sylves ». Je jetai rapidement un coup d'oeil à l'inscription gravée près du portail, avant d'ouvrir ce dernier pour pénétrer dans l'immense cours du bâtiment.

Après avoir fait quelque pas, je m'arrêtai devant un panneau qui était posée sur l'herbe. « Interdiction de marcher sur l'herbe ! ». Je me mordis la lèvre, mi-amusée mi-agacée. Bigby, qui regardait par-dessus mon épaule, sembla rapidement deviner mes pensées.

« Snow peut parfois être très à cheval sur la discipline, maugréa le loup d'une voix rauque.

- Sans blague. »

Je levai les yeux au ciel avant de commencer à marcher vers la porte principale menant aux appartements. Cependant, un bruissement venant de derrière un arbre me fit stopper net. Je me figeai et fis volte-face précipitamment. Je vis rapidement une silhouette se cacher, et je soufflai.

« Personne ne doit marcher sur l'herbe. Ordre de Snow White elle-même. Elle a fait un panneau et tout le bordel, maugréai-je. »

Une grand femme blonde vêtue d'une veste rouge bordeaux, sorti de derrière l'arbre, les bras croisés sur sa poitrine.

« Beauty ? lâchai-je, surprise. »

Bigby s'approcha et posa ses mains sur ses hanches.

« Bonjour, Bigby. Et... Ariane. »

Je me raclai la gorge pendant que Beauty s'avançait vers nous, l'air quelque peu hésitante.

« Pourquoi est-ce que vous vous cachiez ? lui demanda le shérif d'une voix interrogatrice. »

Beauty haussa les épaules en signe de réponse.

« Je ne savais pas qui c'était. On n'est jamais trop prudent ces derniers temps... murmura-t-elle doucement. »

Je marmonnai un « effectivement », et Beauty se mit soudainement à regarder sa montre avec empressement. Elle eut un petit hoquet et grommela.

« Merde, je suis en retard. »

Bigby et moi échangeâmes un regard surpris. J'haussai les sourcils pendant que Beauty se dirigeait vers l'immense portail en ferraille. Elle marchait dignement du haut de ses talons, et semblait savoir ce qu'elle faisait. Cependant, elle s'arrêta et s'immobilisa totalement devant le portail. Elle se retourna alors lentement vers nous, les yeux suppliants.

« S'il vous plait... promettez-moi de ne pas dire à Beast que vous m'avez vue. Il... il s'inquiète beaucoup trop et... ça rendrait juste ma vie plus facile. S'il vous plait... Promettez-le moi. »

J'étais sur le point de répondre que ce n'était pas dans mes habitudes de mentir, mais Bigby me devança.

« Bien sûr. »

J'ouvris la bouche pour exprimer mon mécontentement, mais décidai finalement de me retenir. Je me contentai alors de froncer les sourcils et de regarder ailleurs.

De son côté, Beauty semblait avoir repris confiance.

« C'est vrai ? Vous me le promettez ?

- Je vous le promets
, répéta Bigby avec un léger sourire sur ses lèvres.

- ... Merci Bigby. »

Contrariée, je n'entendis même pas ce que Beauty rajoutait à l'attention du loup. J'avais même décidé de m'éloigner et avais commencé à gravir les marches du perron menant à l'entrée principale des appartements. Je poussai l'immense porte et pénétrai à l'intérieur du bâtiment.

Une fois seule, je jetai un coup d'oeil au garde assoupi près de l'entrée. Ça, c'est de la surveillance active, songeai-je, agacée.

J'étais sur le point d'appuyer sur le bouton pour appeler l'ascenseur dans l'unique but de me jeter dans mon lit, mais la voix grave de Bigby me retint.

« Ariane ? »

Je retins un soupir et me retournai, l'air neutre. Le loup arriva à ma hauteur et appuya sur le bouton de l'ascenseur à ma place.

« Il y a quelque chose qui ne va pas ? s'enquit le shérif, soucieux de savoir ce qui perturbait son adjointe. »

Je roulai des yeux et me secouai.

« Non. Enfin si. Je n'aime pas mentir. »

Bigby ne sembla d'abord pas comprendre, mais réalisa finalement.

« Ça ne nous tuera pas de faire comme si nous n'avions pas croisés Beauty. Oublie que tu l'as vu, et tout ira bien. »

Je lâchai un « tsss » entre mes dents, mais ne dis rien de plus, consciente que Bigby restait mon supérieur et que je lui devais le respect.

Finalement, les portes de l'ascenseur s'ouvrirent et nous pénétrâmes tous deux dans l'étroite cabine. Habitant au même étage que Bigby, je le laissai appuyer sur le numéro correspondant, et m'adossai contre le mur de la cabine de l'ascenseur. Je laissai ma tête reposer sur la paroi en métal, et détendis mes muscles. Ce fut le « ding » de l'ascenseur nous indiquant que nous étions arrivés à destination, qui m'empêcha de m'endormir debout. Je rouvris alors les yeux et sortis presque en bondissant de la cage d'ascenseur. Je m'étirai et bâillai.

« Fatiguée ? s'amusa Bigby derrière moi.

- Vous n'avez pas idée, maugréai-je. Je n'ai qu'une envie : me balancer dans mes draps. »

Bigby se gratta la joue et me sourit.

« Alors vas-y. Tu le mérites. »

Je lui rendis son sourire, lui souhaitai bonne nuit, et marchai vers la porte qui menait à mon appartement. Je sortis les clefs de ma poche et déverrouillai la serrure. Un cliquetis m'annonça que la porte était désormais ouverte, et je pénétrai dans mon appartement. Je refermai la porte derrière moi, et m'étirai longuement.

« Bordel de merde, quelle nuit. »

Je restai quelques secondes immobile au milieu de la pièce principale, avant d'aller dans la cuisine pour me passer les mains sous l'eau froide. Je portai ensuite mes mains pleines d'eau à ma figure, et me débarbouillai rapidement.

Je jetai ensuite un regard envieux à mon frigo. J'avais envie d'une bière. Mais je savais que ce n'était pas raisonnable après de tels événements et à une telle heure, et réussi donc à me retenir. Je m'humidifiai les lèvres et me dirigeai vers ma chambre. Je me mis à regarder mon lit comme s'il était devenu une des sept merveilles du monde, et retirai mon tee-shirt et mon pantalon, finissant en sous-vêtements.

Je bâillai à nouveau et sautai sur mon lit en ronronnant de plaisir. Je pris soin de caresser mon oreiller de mes doigts, et enfouis mon visage dedans. Dieu que c'était bon.

Je soupirai longuement, laissant s'évacuer tout l'air de mes poumons, avant de rouler sur le dos et de croiser mes mains derrière ma tête, sur mon oreiller. Je me mis à fixer le plafond, mais ne tardai pas à fermer les yeux.

Peu à peu, je sentis le sommeil envahir mon corps, et je tombai dans les bras de Morphée.

***

TOC TOC TOC

Je me levai d'un bond, me prenant les pieds dans mes draps et tombant à la renverse de mon lit. Mon dos heurta douloureusement le sol et je poussai un gémissement de surprise et de douleur. Je restai un instant immobile, ne sachant pas vraiment si quelqu'un avait réellement frappé, ou si j'avais tout simplement rêvé.

Cependant, lorsque les coups reprirent, je compris que ce n'était pas simplement le fruit de mon imagination, et que quelqu'un tambourinait réellement à la porte de mon appartement.

« Bordel, y a pas moyen de dormir en paix ici. »

Je me passai une main dans mes longs cheveux ondulés, tentant de les remettre en place, avant de sauter sur mon tee-shirt et mon pantalon, histoire d'être un minimum habillée pour aller ouvrir à l'emmerdeur qui venait de me tirer d'un profond sommeil.

TOC TOC TOC

« Oui, j'arrive ! criai-je, énervée. Une minute putain ! »

Une fois habillée, je bataillai avec mes clefs, mais réussis tout de même à finalement ouvrir cette foutue porte.

« Ariane ! Suis-moi. »

Devant moi se tenait Snow, et elle semblait sérieusement préoccupée. Elle tapait du pied et avait les yeux empreints d'un éclat d'inquiétude.

« Snow ?

- Suis-moi !
répéta la jeune femme, avant de s'éloigner et de commencer à marcher vers l'appartement de Bigby. »

Je grognai, refermai la porte de ma demeure, et emboîtai le pas à Snow qui avait l'air presque paniquée. Le temps que j'arrive à me remettre à sa hauteur, elle était déjà en train de tambouriner à la porte de Bigby.

Au bout d'une minute, le loup ouvrit la porte, le visage ensommeillé. Je ne pus m'empêcher, malgré toute la volonté du monde, de le trouver littéralement adorable. Il avait des petits yeux, les cheveux en bataille, et sa cravate était de travers. Je n'eus pas besoin de mots pour comprendre qu'il avait été lui aussi tiré de son sommeil.

« Qu'est-ce qu'il se passe ? grommela le loup en sortant sur le pallier de son appartement.

- Suivez-moi tous les deux ! »

Snow ne laissa pas le temps à Bigby de protester : elle avait déjà repris sa marche rapide, et se dirigeai vers l'ascenseur. Bigby me lança un regard interrogateur et perdu, et j'haussai les épaules pour lui faire comprendre que je n'en savais pas plus que lui. Le loup souffla et me suivit, toujours l'air endormi.

« Votre cravate est de travers, ne pus-je m'empêcher de lui faire remarquer. »

Le shérif me regarda, remit sa cravate en place, et accéléra le pas pour rejoindre Snow, qui retenait les portes de l'ascenseur en nous attendant.

Une fois dans la cabine, un silence de mort s'installa, et je fus la première à le rompre, trop mal à l'aise par cette agitation et cette tension.

« Qu'est-ce qu'il se—

- Nous devons être prudents
, me coupa Snow. Nous parlerons dehors. »

Je ne rajoutai rien, ne cherchant pas à la contrarier.

Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent, et nous sortîmes tous de la cabine, Snow en tête. La secrétaire marchait d'un pas décidé vers l'entrée du bâtiment. Une fois arrivée à une certaine distance, je parvins à distinguer quelque chose d'anormal sur les marches extérieures.

Un manteau y avait été déposé.

J'échangeai un regard entendu avec Bigby, et nous nous dirigeâmes à l'extérieur. Une fois devant le manteau, je restai immobile, sentant un extrême mauvais pressentiment s'emparer de moi. Snow, quant à elle, était pour une fois restée en retrait. Elle avait joint ses mains et nous regardait avec un air désolé.

Bigby passa alors devant moi, et s'avança jusqu'au manteau. Il s'accroupit devant le vêtement, et après un court instant, posa sa main sur celui-ci. Doucement, il souleva le manteau, laissant apparaître quelque chose qui me retourna l'estomac.

Devant nous, délicatement posée sur les marches menant au perron, se tenait la tête tranchée de la jeune prostituée que Bigby et moi avions sauvée quelques heures plus tôt.

« Oh merde... lâchai-je en reculant, choquée.

- Non... murmura Bigby en fermant les yeux, visiblement peiné. »

Snow, nous voyant tous les deux sous le choc, s'avança vers nous.

« Vous connaissiez cette fille ? nous demanda-t-elle, soucieuse. »

Voyant que Bigby restait silencieux, je pris l'initiative de répondre.

« C'était une travailleuse. »

Snow haussa un sourcil, visiblement confuse.

« Une travailleuse ? Je veux dire... je suis une travailleuse et... oh. »

La jeune femme aux longs cheveux bleutés, ouvrit de grands yeux lorsqu'elle sembla enfin comprendre ce que j'avais voulu dire.

Je soupirai et rejoignis Bigby, m'agenouillant à côté de lui. Le loup observait la tête de la fille au ruban, et se mordit la lèvre inférieure.

« Le Bûcheron. Il l'a attaquée, et Ariane et moi l'avons stoppé. Alors il a menacé de nous tuer tous les trois. »

Snow pris un air choqué, n'en croyant visiblement pas ses oreilles.

« Non... ? Vous ne pensez tout de même pas qu'il aurait pu... ?

- Je ne pense rien pour le moment, coupa Bigby. Donnez-moi juste une seconde. »

La secrétaire soupira et déglutit avec peine.

« C'est... terrible. J'ai mis quelques secondes avant de... de réaliser ce que j'étais en train de regarder. »

A ces mots, j'en déduis que c'était elle qui avait trouvé la tête. J'en conclus donc qu'il était clairement inutile de lui demander qui l'avait trouvé.

« Mmmh... murmurai-je, en pleine réflexion. Avez-vous vu quelqu'un d'autre ?

- Non. Personne.

- Pas de taxi ? De voix ? Des communs ?
continua le shérif en relevant la tête. »

Snow sembla réfléchir quelques instants, avant de secouer la tête.

« Peut-être, mais... non. Je ne pense pas. Je m'en serais souvenue.

- OK...
soufflai-je presque silencieusement. »

Un court laps de temps s'écoula avant que Snow ne reprenne la parole.

« Dites... vous pensez que c'est l'un d'entre-nous qui a fait ça ?

- Il n'y a pas eu de meurtres à Fableville depuis si longtemps...
marmonna Bigby en fixant Snow.

- Ça fait une raison de plus pour ne pas déclencher une panique avant que nous sachions ce qu'il se passe, répondit alors Snow en s'avançant vers nous. »

Nous nous figeâmes lorsque nous entendîmes des voix de l'autre côté de la route. Nous nous tournâmes tous pour nous persuader que les passants n'avaient rien vu. Puis, Snow reprit la parole en descendant précautionneusement les marches du perron.

« Ariane, Bigby, cela vous dérange-t-il de jeter un coup d'oeil rapidement ? Nous n'avons pas beaucoup de temps avant que quelqu'un ne vienne par ici. »

J'hochai la tête en signe d'approbation, et tendis ensuite ma main vers le visage de la prostituée pour lui fermer les yeux. Je me mis ensuite à regarder attentivement la coupure à son cou, et la façon dont la tête avait été tranchée, m'interpella.

« Étrange coupure, relevai-je doucement. Qu'est-ce qui a pu faire ça ?

- Soit quelque chose de très tranchant, soit quelque chose lié à la magie, me répondit Bigby en regardant à son tour la nuque tranchée de la victime. »

Je reniflai et réfléchis un court instant.

« Elle a été placée ici avec une certaine précaution, dis-je en regardant Snow.

- Que voulez-vous dire ? me demanda cette dernière, perdue.

- Eh bien, on peut voir qu'on ne l'a pas juste jetée par ici. Elle a été délibérément placée là... pour que nous puissions la trouver. »

Bigby hocha la tête, visiblement en accord avec ce que je venais de dire.

« Je suis d'accord avec Ariane.

- Quel genre de monstre peut faire ça...
souffla Snow en portant une main à ses lèvres. »

Je plissai ensuite les yeux, ayant remarqué quelque chose de suspect dans la bouche de la victime.

« Bigby, vous avez vu ça ? questionnai-je en montrant les lèvres de la prostituée. »

Le loup s'avança et plongea délicatement son pouce et son index dans la bouche de la victime. Il en ressorti un ruban violet, le ruban qu'elle portait autour du cou, avec une bague qui y était attachée.

Je retins un gémissement de dégoût et fus obligée de détourner le regard.

« C'est son ruban, affirma Bigby en regardant la pièce à conviction. Et il y a une sorte de symbole sur la bague. »

Snow se pencha légèrement et secoua la tête.

« Mmh... je-je ne le reconnais pas.

- Moi non plus
, ajoutai-je, confuse. »

Bigby soupira, se passa une main sur le visage, et se redressa. Je l'imitai aussitôt, et le loup sembla alors se mettre à fixer quelque chose qui était au sol. Je suivis son regard et remarquai alors des taches de sang sur le bitume, à à peine un ou deux mètres de nous.

J'entendis Snow étouffer un sanglot qui mourut dans sa gorge, et je me tournai vers elle, les sourcils arqués. Ayant remarqué le regard que je lui lançais, la secrétaire baissa la tête.

« Je suis désolée... c'est juste tellement surréaliste. »

Je soupirai de concert avec Bigby, qui avait posé ses mains sur ses côtes. Snow nous regarda pendant quelques secondes avant de reprendre la parole.

« Euh.. qu'est-ce... qu'est-ce que vous voulez faire maintenant ? »

J'échangeai un rapide regard avec Bigby, et nous hochâmes la tête.

« Nous allons continuer à enquêter dans la zone. Il nous reste un peu de temps, lui répondis-je amicalement.

- D'accord. »

Je clignai des yeux et me dirigeai vers les quelques taches de sang que Bigby avait aperçues. Je m'agenouillai devant le rouge qui était étalé au sol, et reniflai l'air.

« C'est encore frais, murmurai-je pour moi-même.

- Une piste ? s'enquit mon collègue qui avait fait irruption derrière moi.

- Non, juste... le sang que vous aviez vu. »

Bigby s'accroupit et passa ses doigts sur le sang, qui resta un peu collé sur sa peau.

« Mmh... à mon avis, ça doit être là depuis une heure tout au plus, remarqua le loup en se frottant les doigts. »

Je me relevai, laissant Bigby à son inspection, et marchai vers un petit portail où se trouvait une poubelle. Cependant, quelque chose attira mon attention : par terre se trouvait un morceau de tissu bleu. Je m'avançai jusqu'à l'indice et l'attrapai, l'étudiant précautionneusement.

« Ça ressemble à du jeans... Ça ne me dit pas grand chose. »

Je levai ensuite la tête et remarquai que les pointes du petit portail étaient couvertes de sang. Je fronçai les sourcils, dubitative.

« Du sang... encore humide apparemment. »

Après une brève inspection du coin, je conclus que je ne trouverai rien de plus ici, et retournai auprès de Bigby qui avait passé de long en large toute l'allée principale. Or, le loup ne semblait n'avoir rien trouvé de convainquant.

Lorsqu'il me vit arriver avec le bout de tissu entre les doigts, il haussa les sourcils.

« Un indice ?

- Du jeans seulement. Je sais pas trop quoi en faire. »


Le shérif jeta un coup d'oeil à Snow, et me demanda de lui prêter le bout de tissu. J'obtempérai et le vis alors s'avancer vers Snow et s'agenouiller devant elle pour placer le tissu à côté de sa jupe en jeans.

La secrétaire se racla la gorge et pris un air vexé.

« Qu'est-ce que vous faites ?! lâcha-t-elle, piquée au vif.

- Mieux vaut être minutieux.

- Bien sûr. Juste... dépêchez-vous. Nous n'avons pas beaucoup de temps. »

Je regardai Bigby comparer pendant quelques secondes les deux tissus, avant de le voir se relever en soupirant.

Rien de concluant, une fois de plus.

Je me grattai la nuque et les rejoignis à pas lents. Je n'eus pas le temps de dire quoi que ce soit que Snow avait repris la parole.

« Nous devrions... la déplacer, tenta-t-elle en parlant de la tête de la victime. Avant que quelqu'un n'arrive. On en saura plus au Bureau des Affaires Internes. Elle sera dans les livres. J'en suis certaine. »

Silence.

« Bigby... Ariane... est-ce que vous avez la moindre idée de ce qu'il se passe ? Je veux dire... comment ça a pu arriver ? Pourquoi elle ? C'est vraiment trop atroce. »

Nouveau silence. Finalement, ce fut Bigby qui le brisa.

« C'est un message.

- Un message ? Je ne sais pas Bigby. J'ai tout le temps des plaintes au bureau, mais... Pourquoi ça vous fait penser à ça ? »


Comprenant peu à peu où voulait en venir le shérif, je poursuivis.

« Qui que ce soit, il ne cherche pas exactement à cacher tout ça. La disposition de la tête... c'est précis. Déterminé. Elle a été précisément placée ici que nous la trouvions. Tous. »

Les yeux de Snow s'agrandirent, mais elle sembla en accord avec ce que je venais de dire.

« Je suppose que vous avez raison. Le tueur voulait que nous sachions ce qu'il a fait. »

Bigby hocha la tête en signe d'approbation, et s'agenouilla à nouveau devant la tête de la victime.

« Je vais devoir parler de tout ça à Crane, lâcha finalement Snow. »

Mon sang se figea dans mes veines et mes poils se hérissèrent à la simple mention de cet homme que je haïssais de tout mon être. Bigby, ne semblant pas être ravi non plus, fixa Snow dans le blanc des yeux.

« Tant que le Roi Cole est parti, il est le maire. Il... doit savoir, poursuivit Snow, mal à l'aise. Et de toute façon, il finira par l'apprendre. Donc nous pouvons aussi prendre les devants. Ce sera bien pire s'il découvre que nous lui avons caché ça. Je sais qu'aucun de vous deux ne l'apprécie, mais... c'est notre patron. C'est une partie du boulot. »

Bigby soupira, las.

« Je suppose que c'est effectivement inutile de faire traîner.

- C'est ce que je ressens aussi,
répondit Snow avec un petit sourire. Je suis sûre qu'il ne sera pas ravi, mais... ça fait partie du processus. Heureusement, il peut être rationnel à propos de ça.

- Je ne veux pas qu'il interfère, c'est tout, grogna le loup, toujours accroupi devant la partie du corps. »

Snow ne répondit rien et remonta les marches du perron.

« Crane n'est pas le plus important pour l'instant, finit-elle cependant par lâcher. Nous devons découvrir QUI est cette fille. Comme ça, nous pourrons découvrir qui a fait ça. Ramenez ça au Docteur Swineheart. Il pourra y jeter un œil. »

La secrétaire finit par rentrer dans l'établissement, non sans avoir jeté un dernier regard derrière elle. Sans un mot, elle referma les portes principales, me laissant seule avec Bigby et... la tête de la victime.

Je grognai entre mes dents, et me pris la tête entre mes mains. Bigby remit le manteau sur la tête de la prostituée, et se releva.

« Ça va ? »

Je répondis par un simple gémissement, avant de découvrir mon visage. Je lançai un regard fatigué au loup et haussai les épaules.

« Nous devrions aller au Bureau des Affaires Internes. Pour jeter un coup d'oeil aux bouquins. Histoire de trouver qui elle était, proposai-je lentement. »

Bigby sembla songeur pendant une courte seconde, avant d'approuver.

« Vas-y. Je vais m'occuper de la partie du corps. Je te retrouve au bureau.

- Ça marche. »


Je me mordis l'intérieur de la joue, avant de monter les marches du perron et de prendre le même chemin que Snow. Je retournai à l'intérieur du grand bâtiment, et me dirigeai vers le Bureau des Affaires Internes, bien décidée à trouver le fin mot de cette histoire.

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PostPosted: Sun 29 Sep 2019, 21:52    Post subject: THE WOLF AMONG US Reply with quote

CHAPITRE 3


Je marchai en silence vers le bureau d'Ichabod Crane, crispée. J'ignorais totalement comment celui-ci allait réagir face à la mort de l'une d'entre nous. Qui était en plus, un meurtre.

Je n'avais aucune envie d'aller lui parler à cet instant précis. Mais strictement aucune. J'étais fatiguée, épuisée moralement et physiquement, et mourrais d'envie de dormir de tout mon saoul pendant 10h d'affilées. Certes, après avoir découvert la tête de la prostituée, j'étais retournée dormir dans mon appartement jusqu'à l'aube pendant que Bigby s'était occupé d'amener la partie du corps à Swineheart, mais ça n'avait pas été suffisant. J'avais réellement besoin d'une bonne dose de sommeil réparateur.

Mais je ne pouvais pas en avoir. Pas maintenant. Ce qui me rendait d'une humeur encore plus massacrante.

D'autant plus que je haïssais Crane du plus profond de mon être. C'était une personne imbue d'elle-même, égoïste et égocentrique, qui plus était me matait parfois lorsque je passais devant lui vêtue d'une jupe ou d'un quelconque décolleté plongeant.

Alors oui, je le détestais. Je le méprisais. Savoir que je bossais pour lui me rendait littéralement malade. Mais je ne pouvais rien faire d'autre à part supporter. Encaisser. Parce qu'il restait mon patron, et que sans lui, je pouvais dire adieu à ma carrière.

Alors autant serrer les dents.

« Monsieur Crane... commençai-je en m'arrêtant devant son bureau. »

L'homme âgé releva la tête d'un de ses livres, et me lança un regard suspicieux.

« Que me vaut l'honneur de votre visite à une heure si précoce, Mademoiselle Ariane ? lança-t-il d'une voix faible. »

Je me mordis la lèvre inférieure, fermai les yeux, et soupirai.

« Une Fable a été tuée. »

A peine ces mots dits, je me mis une claque mentale. Il aurait peut-être été préférable d'y aller un peu plus en douceur. Enfin... peut-être n'aurais-je pas du lui balancer ça de but en blanc de la sorte.

Bon, au moins je n'ai pas tourné autour du pot, songeai-je, mal à l'aise.

Crane écarquilla les yeux, ouvrit la bouche et la referma, réitérant ce geste plusieurs fois, le faisant ressembler à un poisson hors de son bocal. Il porta ensuite ses mains à ses lunettes rondes, qu'il remonta le long de son long nez tordu, et se leva lentement de son siège.

Me concernant, je fis quelques pas en arrière, par pur réflexe.

« Qu'est-ce que vous venez de me dire... ? me demanda Crane, visiblement choqué.

- Une Fable a été tuée, Monsieur Crane, répétai-je avec davantage d'aplomb cette fois. »

L'homme sembla réfléchir un instant, et se mit ensuite à froncer les sourcils.

« Comment le savez-vous ?! »

J'eus un instant d'hésitation, avant d'hausser les épaules.

« Je... nous avons trouvé sa tête sur les marches extérieures de l'entrée principale du bâtiment.

- Vous avez quoi ?? »


Je soufflai, agacée. Combien de fois allait-il falloir que je me répète ?

Je n'eus cependant pas l'opportunité de reprendre la parole.

« Vous vous foutez de ma gueule, pas vrai ?

- J'ai l'air de plaisanter ?
rétorquai-je, cinglante et sarcastique. »

Je serrai les poings et grinçai des dents. Cet homme était insupportable. Il agissait comme si j'étais la responsable de tout ce foutoir, comme si c'était de ma faute si la tête d'une Fable s'était retrouvée sous notre porche.

Que pouvais-je y faire, par tous les diables ?

« Vous me dites qu'il y a un tueur en liberté, c'est bien cela ?! cracha Crane en s'avançant vers moi.

- Eh bien, il se pourrait que—

- Qui exactement a trouvé la tête de cette Fable ?

- Snow, mais—

- Et où est-elle ?! Elle est mon assistante, elle devrait être là ! »


Je maugréai et me souvins alors que j'avais ordonné à Snow de prendre un ou deux jours de repos. La jeune femme avait semblé assez bouleversée par ce qu'elle avait trouvé sur le perron du bâtiment, et je n'avais pas voulu prendre le risque qu'elle frise le burn-out.

« Elle a pris quelques jours de repos.

- Vous vous foutez de moi ? Ce n'est pas à vous de faire ça ! Il n'y en a pas une pour rattraper l'autre ! Qui va s'occuper des taches habituelles désormais, hein ?

- Je peux m'en charger et—


- Vous n'êtes pas secrétaire, Mademoiselle Ariane, vous êtes shérif-adjointe, bon dieu de merde ! »

Je soufflai, agacée, et me passai une main dans les cheveux. J'avais des cernes sous les yeux, et j'étais sûre que mon regard devait actuellement être aussi sombre que la plus obscure des nuits.

« Ecoutez, je—

- Oubliez ça. Tout ce que je sais, c'est que vous et Bigby, vous mijotez quelque chose derrière mon dos ! »


J'haussai les sourcils, interloquée. Je grommelai dans ma barbe, ne cherchant rien à répondre. C'était inutile de toute façon. Autant parler à un mur.

Cependant, le voyant continuer à m'accuser sans aucune raison, je finis par me sentir obligée de prendre la parole.

« Pourquoi pensez-vous que—

- Parce que VOUS êtes celle qui me rapporte tout ça ! Celle qui vient me prévenir de cette catastrophe qui a atterri à notre porte ! Et la dernière chose dont j'ai besoin pendant l'absence du Roi Cole, c'est bien d'une panique générale ! Est-ce que vous me comprenez ?!
rugit-il, visiblement furieux et les nerfs en pelote.

- Oui, bien sûr que je comprends mais—

- Ne m'interrompez pas, Mademoiselle Ariane !

- VOUS m'avez posé une question !
me défendis-je, piquée au vif. »

Je sentais la colère monter en moi, et je peinais énormément à retenir les grondements qui montaient dans ma gorge. Je commençai à sentir mes griffes sortir et fus obligée de serrer les poings pour que la sensation de mes ongles aiguisés s'enfonçant dans ma chair, me fasse revenir sur terre.

« Ne changez pas de sujet ! reprit Crane en faisant de grands gestes avec ses bras. VOUS êtes la responsable de tout ce désagrément, Mademoiselle Ariane !

- Mais je-je vous ai apporté ces nouvelles aussitôt que j'ai pu !

- Nous vous faisions confiance pour que les choses restent paisibles par ici ! C'est un désastre, un vrai désastre ! Qui d'autre est responsable si ce n'est vous ?! »


J'étais sur le point de lui sauter à la gorge lorsqu'une voix grave me tétanisa.

« Laissez-la, Ichabod. Ce n'est pas sa faute. »

Je me tournai violemment vers la gauche, surprise par ce nouveau venu. Bigby était entré dans le Bureau des Affaires sans que ni moi ni Crane ne nous en rendions compte. Le loup n'avait sûrement rien loupé de la conversation, et je me sentis soudainement terriblement gênée. Cependant, je fus agacée de l'intervention de mon supérieur, et ne pus m'empêcher de le lui faire remarquer.

« Je n'ai pas besoin de votre aide, Bigby, sifflai-je entre mes dents. »

Le loup n'en releva pas, et foudroya Ichabod Crane du regard.

« Dites, au lieu d'essayer de trouver qui engueuler, on pourrait peut-être essayer de trouver comment attraper l'enfoiré qui a fait ça, gronda le shérif en direction de son patron.

- Oh, Dixit l'homme qui est le plus à blâmer dans cette catastrophe ! Comme c'est commode, répondit Crane en nous tournant le dos pour retourner s'asseoir à son bureau. Bigby, Ariane, vous êtes chargés de protéger les habitants de Fableville. Votre échec a coûté la vie de quelqu'un et remet en cause la sécurité de TOUTE notre communauté. Dites-moi au moins que vous avez trouvés quelque chose. Est-ce qu'il y a des pistes ? Des suspects ? »

Silence.

« Rien ? Rien du tout ? »

Nouveau silence. Bigby et moi échangeâmes un regard las.

« Pas la moindre preuve donc. Vous savez foutrement ce que vous faites, dites-moi. Parce que là, croyez-moi, j'ai bien envie de vous virer tous les deux. »

Je grognai et tapai du pied au sol avec colère. Je n'en pouvais plus, définitivement plus. Il fallait que qu'il se calme ou alors que quelqu'un me retienne, sans quoi je n'étais pas certaine de pouvoir me retenir de lui arracher les yeux et de les lui enfoncer au fond de la gorge pour qu'il puisse voir mes griffes l'étriper.

Au moment où j'allais répondre avec une insulte, Bigby me devança.

« Son mac. »

Crane ouvrit de grands yeux.

« Son... c'était une... ?

- Elle s'inquiétait à propos d'un problème d'argent
, renchérit Bigby en croisant les bras sur son torse. »

Crane soupira en levant les yeux au ciel.

« Eh bien, c'est juste merveilleux, cracha-t-il. Non seulement une Fable est tuée, mais en plus, cette Fable est une pute ! »

Ce fut désormais à mon tour de rouler exagérément des yeux.

Le plus âgé se releva à nouveau de son siège, pour s'y rasseoir quelques secondes plus tard. Il me regarda, puis regarda Bigby, avant de pincer les lèvres.

« Vous deux. Vous devez régler cette situation rapidement et discrètement. La dernière chose dont nous avons besoin, c'est que tout Fableville apprenne qu'il y a un tueur parmi nous. »

Un court laps de temps s'écoula avant qu'il ne crie presque mon nom. Je sursautai et pris sur moi.

« Oui... Monsieur ?

- Appelez Viviane tout de suite et dites-lui de venir en avance pour... mon massage.

- Ce sera fait
, me contentai-je de répondre d'une voix blanche. »

Ichabod Crane sembla ensuite parcourir son bureau du regard, avant de plonger ses yeux dans les miens. J'en frissonnai.

« Où est la bouteille de vin que Snow devait acheter ? »

Je le regardai sans comprendre, confuse. Qu'est-ce que j'en savais ?!

Ne me voyant pas répondre, Crane se racla la gorge, visiblement énervé.

« Oh, laissez tomber. Même pas fichue de faire quelque chose correctement, grommela-t-il en se relevant de sa chaise pour commencer à s'éloigner. »

Crane passa près de Bigby, manquant de le frapper à l'épaule avec son bras.

« Faites votre travail, shérif, lança-t-il en direction du loup. Ou nous trouverons quelqu'un qui le fera à votre place ! »

Je vis les traits de Bigby se crisper, et je paniquai lorsque je remarquai qu'il commençait à se tourner pour envoyer une réponse très certainement cinglante à Crane.

« Vous savez quoi ? Allez v—

- Arrêtez. »


Sans réfléchir, je m'interposai entre Bigby et Crane, et posai ma main sur le poitrail du loup. Ce contact chaud et rassurant me donna l'effet des décharges électriques dans le ventre et sur la peau, et je tentai tant bien que mal d'ignorer ces étincelles qui parcouraient mes doigts.

Miraculeusement, Bigby m'écouta et referma la bouche en soupirant. De son côté, Crane avait quitté la pièce, me laissant seule avec le shérif.

Lorsque celui-ci se retourna vers moi et me lança un regard contrarié, je secouai la tête.

« Vous l'auriez juste énervé encore plus, murmurai-je doucement en retirant ma main de son torse. »

Bigby renifla avec mépris, et détourna les yeux. Quant à moi, je me passai une main sur le visage et mes épaules s'affaissèrent.

« Eh bien, j'imagine que ça aurait pu être pire. M'enfin, peut-être que nous aurions du « laisser traîner »... »

Bigby sembla songeur un moment, et cligna des yeux.

« Pour ce que ça vaut... maugréa-t-il d'une voix rocailleuse. Je pense toujours que c'était mieux de lui dire.

- Ouais... peut-être. »


Le loup fouilla alors dans sa poche et en sorti un paquet de cigarette. Il en alluma une et la porta à ses lèvres. Par pure habitude et réflexe, je l'imitai mais pestai lorsque je me rendis compte que ma poche était vide.

« Merde, c'est une blague ? dis-je, agacée. J'ai encore oublié mes clopes. »

Bigby sembla sur le point de m'en offrir une, mais je levai les mains devant moi en signe de « non, tout sauf ça ».

« Vos Huff'n'Puff ne me dépanneront pas cette fois-ci. Je préfère encore ne rien fumer.

- Très bien, c'est comme tu veux. »


Le loup inspira une grande bouffée de fumée et de nicotine, avant de se gratter la nuque.

« Qui va se faire masser si tôt ? me demanda mon collègue, confus.

- Crane. Le moment de la journée n'a pas vraiment son importance. La moindre goutte de stress et il prend la porte. Enfin, c'est ce que raconte Snow, rétorquai-je, amusée par la remarque du loup. »

Un bruissement derrière une étagère me fit me retourner, et je soupirai.

« Il est... il est parti ? lança une petite voix.

- Oui, heureusement, répondis-je simplement en mettant mes mains sur mes hanches. »

A ces mots, un grand singe vert avec des ailes, déboula de derrière une pile de livres, une bouteille de vin bien entamée entre ses pattes. Il vint se poser maladroitement sur le bureau principal de la pièce, et commença à porter le goulot de la bouteille à sa bouche. Je fronçai alors les sourcils et m'avançai vers lui, très remontée.

« Bufkin ! Tu bois si tôt ? Et où diable as-tu trouvé ça ? le questionnai-je en lui lançant un regard noir. »

Le singe sembla hésiter un court instant.

« C'était dans le bureau de Monsieur Ichabod. »


Tout s'expliquait.

« Et donc, tu ne t'es pas dit que ça devait sûrement lui appartenir ?!

- Euh... peut-être ? »


Je lâchai un long soupir et me pinçai l'arête du nez. Ce singe me rendra folle un jour.

Je décidai alors de lui arracher la bouteille et de la ranger là où je l'avais déposé la veille. Une fois ceci fait, je revins vers Bufkin et fis de mon mieux pour attirer son attention. Mais allez parler à un singe volant et bourré...

« Bufkin, amène les livres.

- ... quels livres ? »


Je fus obligée de prendre sur moi pour ne pas lui foutre une claque.

« Ceux qui contiennent toutes les Fables !

- Je ne suis pas sûr que ça soit suffisamment précis
, remarqua Bigby en me jetant un coup d'oeil. »

Je manquai d'exploser de rire à la remarque du loup, mais parvins à garder mon sérieux. Certes, Bigby avait raison, mais j'étais persuadée que Bufkin allait pouvoir me dégoter ces livres rapidement.

« Apporte les trois premiers volumes, ajoutai-je à l'attention du singe.

- Je reviens dans quelques minutes ! lanca l'animal en s'envolant vers les immense étagères remplies de livres et de grimoires. »

Voyant Bigby toujours peu convaincu, je rajoutai que j'étais sûre que Bufkin savait desquels je parlais.

« En espérant que t'ais raison de lui faire confiance, maugréa le shérif en commençant à marcher de long en large dans le bureau. »

Je l'imitai rapidement, jouant avec mes doigts, nerveuse.

« Il y a forcément des informations sur elle là-dedans... quelque part. Nous devrions être capable de trouver son nom dans les livres quand Bufkin les aura rapportés. »

Le loup se gratta la joue et renifla.

« Et si nous ne la trouvons pas ?

- Bigby, connaissez-vous seulement la définition du mot « optimisme » ?

- J'avoue que ça ne fait pas parti de mon vocabulaire.

- Ça, j'avais remarqué. »


Bigby me sourit légèrement, et je regardai ensuite le téléphone fixe qui était posé sur le bureau d'Ichabod Crane.

« Pouvez-vous jeter un coup d'oeil au miroir en attendant ? Je dois appeler Viviane. »

Le shérif hocha la tête.

« Pas de soucis. »

Je regardai alors le loup s'éloigner pour se rendre auprès du Miroir Magique. Me concernant, je m'avançai jusqu'au téléphone et composai le numéro de la masseuse de mon patron. Après quelques secondes d'attente, une voix féminine me reçu.

« Allô, Viviane ? Bonjour, c'est Ariane, l'adjointe de Bigby. [...] Bonjour, oui j'appelle simplement pour vous prévenir que l'emploi du temps de Monsieur Crane est plein pour le reste de la journée. Il viendra donc en avance pour son rendez-vous. [...] Oui, je sais que c'est normalement à Snow de vous téléphoner, or elle a pris un ou deux jours de repos et c'est moi qui ai été chargée de vous prévenir. [...] Oui, oui c'est cela. [...] Je vous remercie Viviane. Merci, au revoir. »

Je raccrochai en soupirant et m'adossai au bureau. Je sursautai cependant lorsqu'un « boom » retentit derrière moi. Je fis volte-face et me retrouvai face à Bufkin qui était revenu avec une tonne de livres entre ses pattes et ses dents. La créature en avait fait tomber un au passage, et s'était presque littéralement cassé la figure sur le bureau.

Je ne fis cependant aucune remarque, et m'avançai vers la pile de livres et de grimoires qui avaient été déposés sur le bureau. Je fronçai les sourcils, consciente que le temps de recherche allait être atrocement long.

Je vis soudainement Bigby revenir du miroir, et se pencher sur un gros livre avec une grande illustration. Il sembla s'y intéresser, et je me dépêchai d'approuver.

« Oui, commençons par celui-là. Toutes les informations sur les Fables de notre communauté doivent être là quelque part, dans ces livres. »

Bigby se pencha davantage sur le livre, et je me mis à regarder par-dessus son épaule. Il s'agissait là d'une illustration regroupant une grande partie des Fables connues du commun des mortels. Il y avait Snow, le Petit Chaperon Rouge, Beauty et Beast, les sept nains, les trois petits cochons et j'en passe.

Bigby détailla rapidement chacun des personnages, faisant parfois quelques remarques par moment. Cependant, je me rendis rapidement compte qu'il n'y avait rien d'intéressant sur cette illustration, et secouai la tête, las.

Cependant, Bigby rappela mon attention lorsqu'il tapota avec son index un personnage sur le livre. En plissant les yeux, je me rendis compte qu'il s'agissait d'Ichabod Crane, qui fuyait le Cavalier sans Tête.

« Merdeux trouillard, lâcha Bigby. Difficile de comprendre comment il a fini par diriger cet endroit. »

J'échangeai un bref regard avec mon collègue.

« Eh bien, peut-être que ce sont les temps qui ont changés, répondis-je simplement. »

Bigby était sur le point de refermer le livre, mais quelque chose sembla alors attirer son regard.

« J'ai déjà vu ça avant... murmura-t-il d'une voix à peine audible.

- De... ?

- Le symbole, sur les habits de cet homme. C'est le même que celui de la bague. »


Je scrutai le fameux symbole et compris que le loup avait vu juste.

« Mmh... ça pourrait être son père ? Ou son mari ? Il y a la plupart des armoiries des anciens jours, et généralement de quelles familles elles viennent. Si c'est là-dedans, nous aurons son nom. »

Le loup hocha la tête et referma le livre à l'immense illustration, avant de se mettre à farfouiller dans un vieux grimoire poussiéreux. Lorsqu'il l'ouvrit, je vis ses yeux se remplirent d'incompréhension.

« Super, gronda-t-il, visiblement contrarié.

- Quoi ? le questionna Bufkin qui s'était posé à ses côtés.

- Je ne peux lire aucune de ces merdes.

- Je peux aider !
se proposa la créature avec un sourire. »

Bigby le remercia et croisa les bras en attendant la traduction venant de Bufkin. Le loup lui demanda de traduire un des symboles, et le singe s'empressa de faire son boulot.

« Mmh... un design exquis... de la bonne porcelaine... du Toad Hall.

- Monsieur Toad ?

- Il a probablement écrit ça lui-même. »


De mon côté, je levai les yeux du livre que j'étais en train de scruter, prêtant davantage attention à la discussion qu'entreprenait mon collègue et Bufkin.

Après plusieurs traductions qui ne semblaient mener nulle part, Bigby pointa brutalement et soudainement quelque chose sur le livre.

« C'est celui-là ! lâcha-t-il, satisfait d'avoir enfin trouvé ce qu'il cherchait. »

Lorsque je compris que mon supérieur avait déniché quelque chose, j'abandonnai mon livre pour le rejoindre et me pencher à ses côtés.

« Alors ? D'où vient ce symbole ? Quelle famille, quelle histoire ? demandai-je, curieuse et impatiente d'en savoir plus.

- C'est... étrange, hésita Bufkin. Un nom de famille ? All-lair-lie-rau ? Je vais voir ça là-haut ! »

Le singe s'envola en quête de nouvelles informations. De mon côté, parlant aisément Allemand, je compris directement ce que ce nom de famille voulait dire.

« Allerleirauh ! Ça veut dire « chaque sorte de fourrure » en Allemand ! m'écriai-je. »

Bufkin revint à ce moment-même avec un nouveau grimoire, et le déposa sur la table.

« Peau d'Âne, murmura la créature, plongée dans sa lecture. »

Je sursautai à la mention du nom de cette Fable. Enfin, nous avancions.

« Oui, c'est ça ! répondis-je précipitamment. Qu'est-ce que ça dit ?

- Mmh... La fille à la peau d'âne, alias Peau d'Âne, alias... Peau de Cul ?! Bref, elle préfère qu'on l'appelle par son prénom : Faith.

- Et ensuite ?
le pressai-je, désireuse d'en savoir plus. »

A mes côtés, Bigby était resté silencieux mais je pouvais aisément sentir la tension émaner de tout son corps, ce qui signifiait que lui aussi avait envie de découvrir le fin fond de cette histoire.

« L'histoire de Peau d'Âne. Il était une fois, un grand Roi et sa superbe Reine. Un jour, la Reine tomba malade et fit promettre à son mari d'épouser uniquement la plus belle fille du royaume. Après de longues recherches, il devient clair que la seule femme sur cette terre qui pouvait rivaliser avec la beauté de la Reine était... sa fille. Faith. »

Bufkin fit une courte pause, et j'ouvris la bouche, choquée.

« Elle avait une cape magique, reprit finalement le singe ailé. Un cape faite dans la peau du plus prisé des ânes de son père... et qui pouvait cacher sa beauté. Elle put alors s'échapper du royaume. Finalement, elle épousa un Prince, qui avait su voir au-delà de la cape magique et avait reconnu sa véritable beauté. Et ils vécurent heureux pour le restant de leurs jours... »

Sous le choc, j'échangeais un regard avec Bigby, qui semblait tout aussi perturbé que moi. Bufkin, quant à lui, afficha un air très triste et soupira.

« Dois-je... le marquer sur la page, Mademoiselle Ariane ?

- Oui... s'il te plait. »


Bufkin pris alors un tampon et afficha un « décédé » en rouge sur la page du grimoire.

« Quel est le nom de son mari ? repris-je en essayant de garder mon calme.

- Laurence, répondit doucement la créature verte. Le Prince Laurence. »

Bigby tourna le dos à Bufkin pendant que je croisai mes bras sur ma poitrine. J'avais un goût amer dans la bouche, et ne pouvais m'empêcher de penser à ce que cette pauvre femme avait pu vivre.

« J'imagine qu'on a ce qu'on est venu chercher, balbutiai-je presque d'une voix faible.

- Ouais, lâcha Bigby d'une voix terne en commençant à s'éloigner.

- Son nom est Faith, elle était mariée au Prince Laurence. Je veux dire... c'est plus que ce que nous—

- Son nom ÉTAIT Faith
, répliqua Bigby en faisant volte-face pour me regarder droit dans les yeux. »

Je déglutis avec peine et détournai le regard. Le loup avait l'air sincèrement atteint par la mort de cette femme, et je dus prendre sur moi pour ne pas le prendre dans mes bras dans l'unique but de le réconforter. Je savais cependant que ce geste pourrait être extrêmement mal interprété, et je préférai donc me retenir.

Je ne répondis donc rien et me contentai de m'humidifier les lèvres en signe de stress. Bigby se passa alors une main sur le visage et revint rapidement vers moi.

« Nous devons parler à son mari.

- Vous pensez que c'est lui ?
lui demandai-je, peu convaincue que le Prince Laurence ait pu tuer sa propre femme.

- Non, je ne pense pas. Mais nous devons le prévenir pour sa compagne. »

J'approuvai d'un hochement de tête, et me dirigeai vers le Miroir Magique, suivie de près par Bigby. Une fois arrivée devant le miroir, le loup prit la parole et sa phrase me fit rire.

« Miroir, Miroir, blablabla... si t'en es capable, blablabla, à propos de cette Fable.

- Quelle Fable souhaitez-vous voir ?
nous demanda le Miroir.

- Montre-nous le père de Faith. Le vieux Roi, demanda Bigby. »

J'arquai un sourcil, surprise. En quoi voir le père de Faith pourrait nous aider ?

Cependant, je n'eus pas envie de le contredire, et gardai alors le silence. Le miroir nous montra alors les os d'un bras, à moitié enterré dans le sol.

« Je suppose que ça le raye de la liste des suspects, maugréa le loup.

- Montre-nous Faith, demandai-je alors à mon tour, consciente que nous pourrions peut-être trouver le reste du corps grâce au miroir.

- Par une puissante magie, ce qui la concerne est caché. Malheureusement pour toi, « ces lèvres sont scellées ».

- Hein ?

- « Ces lèvres sont scellées. » Ce n'est pas mon choix de phrasé, Ariane. C'est tout simplement la façon dont les choses doivent être menées. »


Je secouai la tête, agacée. Ce n'était pas la première fois que j'entendais cette phrase, mais je ne comprenais absolument pas à quoi elle rimait.

« Montre-nous le Prince Laurence, demanda alors Bigby, qui semblait tout aussi déboussolé que moi. »

L'image qui se refléta dans le miroir me donna alors la chair de poule. Nous aperçûmes un homme assit dans un fauteuil, avec une mare de sang à ses pieds. J'écarquillai les yeux devant cette vision d'horreur, et me mordis la lèvre inférieure.

Le loup, quant à lui, se tourna vers moi, le regard interrogateur.

« Où habite Laurence ?

- Si c'est un Prince, il a probablement été transféré dans le sud du Bronx. Je peux nous y emmener si vous le souhaitez. »


Bigby hocha la tête en signe d'approbation, et nous nous éloignâmes doucement du miroir. Nous étions sur le point de quitter le Bureau des Affaires Internes, mais le téléphone sonna brusquement, me stoppant dans mon élan. Je retins un grognement et fis demi-tour dans le but de décrocher. Snow n'étant pas là, j'imaginais bien que c'était à moi de m'occuper des appels téléphoniques quand je le pouvais.

« Désolée, m'excusai-je auprès du shérif. Je dois prendre cet appel. »

Je décrochai rapidement, désirant en finir au plus vite et partir le plus rapidement possible à la rencontre de Laurence.

« Bonjour ? Les Sylves, Bureau des Affaires In—[...] Oui ? Je... oui, il est là. Ne quittez pas. »

Je tendis alors le combiné à Bigby qui était revenu sur ses pas.

« C'est pour vous. »

Le shérif attrapa le téléphone et sembla alors quelque peu troublé par ce qu'on lui disait à l'autre bout du fil. De mon côté, je n'étais pas vraiment certaine d'avoir tout compris à ce qu'il se passait. Il me semblait avoir reconnu la voix de Toad au téléphone, mais avec le vacarme qu'il y avait derrière, je n'en étais pas certaine.

Après une longue minute, Bigby reposa le combiné sur le bureau, un sourcil arqué.

« Qu'est-ce qu'il y a ? lui demandai-je, le visage crispé.

- Difficile à dire. Il se passe quelque chose chez Toad.

- Et... pour le mari de Faith ? »


Le loup sembla songeur un petit moment.

« Je ne sais pas vraiment... mais il se pourrait qu'il soit en danger. Et puis de toute façon, nous devons y aller pour fouiller l'appartement. Toad devra attendre. »

Bigby ne rajouta rien, et commença à quitter les lieux. Je lui emboîtai le pas, consciente que le Prince Laurence restait une priorité pour l'enquête.

Le shérif arriva devant la porte du Bureau des Affaires Internes, l'ouvrit, mais ne sortit pas directement. Il me jeta un regard doux et, comprenant qu'il me laissait passer en premier, le remerciai d'un regard.

Je passai alors devant lui, et nous marchâmes ensuite silencieusement jusqu'à l'extérieur du bâtiment des Sylves.

Une fois dehors, je me tournai vers Bigby, emplis de doutes.

« Toad a dit qui était là ? Si c'était le Bûcheron ? lui demandai-je en me passant une main dans la nuque.

- Je ne sais pas, me répondit le loup. C'est possible. Qui que ce soit, on dirait que Toad n'était pas content de le voir.

- Peut-être que le Prince Laurence pourrait attendre finalement, non ? »


Bigby secoua la tête.

« Non. Il... pourrait avoir besoin d'aide lui aussi. De plus, nous devons lui dire pour sa femme. Il mérite de savoir.

- Vous avez raison
, finis-je par acquiescer. Et... Toad est un sacré... crapaud. Il peut probablement gérer ça lui-même pendant quelques heures.

- Il ne va pas avoir le choix. »

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