LA GUERRE DES CLANS RPG : Le Forum des Passionnés Forum Index
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Née pour tuer. // TERMINÉ
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PostPosted: Wed 7 Dec 2016, 17:24    Post subject: Née pour tuer. // TERMINÉ Reply with quote

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Pour lire mes autres histoires :
LA SOLITUDE D'UNE ENFANT ZEBRE (terminé)
LE FRUIT D'UNE ERREUR (en cours)
BROKEN PARADISE (en cours)
HARCELEMENT DES TRANSPORTS (terminé)
L'ÉMISSAIRE (en pause)
HOLLY (terminé)

Je compte avancer mes histoires en cours pendant les vacances de Noël, ne vous inquiétez pas. :3
------------------------------------
Cette histoire sera relativement courte et ne contiendra que peu de chapitres.


NÉE POUR TUER

Lien de l'image : http://panda-monochromatyc.deviantart.com/art/Render-Flaky-Happy-Tree-Frien…

Je m'appelle Magalie, je suis une adolescente âgée de 13 ans. Je ne comprends pas vraiment le Monde qui m'entoure, ni même la société. Pour moi, je ne suis qu'une erreur de la nature, un être qui n'a rien à faire sur Terre. D'après les spécialistes, je serais une surdouée. Mais je serais également atteinte de psychopathie et de psychose. Je ne suis pas sûre, mais je crois que c'est dangereux. Cela expliquerait peut-être mon absence quasi-totale de sentiments. Cela expliquerait aussi pourquoi l'on m'a faite interner dans un hôpital pour adolescents.
Et aussi pourquoi j'ai l'impression d'être ici uniquement pour arracher la vie.


PROLOGUE


Je me souviendrai toujours de ce jour.
Ce jour où tout a basculé.
Ce jour où j’ai compris que plus rien ne serait jamais comme avant.
Ce jour où j’ai compris que… que je n’étais pas comme les autres.


J’ai toujours été une petite fille très peu émotive, préférant rester à l’écart des autres. Je fus diagnostiquée précoce –surdouée si vous préférez- à l’âge de 5 ans et demi. Un bonheur pour mes parents qui m’imaginaient déjà un avenir brillant, plein d’études compliquées et de culture en tout genre. Seulement moi, le travail, ça ne m’a jamais vraiment intéressé. J’ai toujours fait le strict minimum et m’en sortais avec une moyenne générale d’environ 13. Je n’ai jamais été le stéréotype parfait de l’enfant surdoué ; je n’ai pas de lunettes rondes, je n’ai pas deux couettes, je ne suis pas petite et maigre, je n’ai pas un air « intello » sur la figure. Non, à vrai dire, je suis… une fille normale. Je ne me distinguais pas du lot, je ne me faisais pas remarquer. Jusqu’à ce jour où tout le monde se rendit compte que quelque chose n’allait pas chez moi.

J’étais en classe de CE2, assise à ma table, entourée de trois autres élèves de ma classe. Je n’avais pas de liens particuliers avec eux ; pour être honnête, je n’avais de liens d’amitié avec personne. Je ne ressentais pas le besoin de me créer d’amitié avec d’autres enfants de mon âge. Pour moi, ils étaient sans intérêt. A l’époque, je ne trouvais pas bizarre que je ne ressente presque aucune émotion. Tout était normal à mes yeux. La colère était à peu près le seul sentiment que je parvenais à sentir et à comprendre. Elle est sans cesse omniprésente et ne demande qu’à s’exprimer. Je n’ai aucune empathie, aucun remord à agir comme je le fais. Malgré mon jeune âge, je n’avais déjà aucune difficulté à manipuler mes camarades pour obtenir ce que je voulais. Enfin, je crois que je m’égare un peu. Pour en revenir à ce que j’étais en train de dire, j’étais donc assise en classe, n’écoutant que d’une oreille un cours d’additions et de soustractions. Lucas –c’était le nom du garçon assis à côté de moi- a alors commencé à m’écrire sur le bras avec son stylo. Je n’ai pas réagi directement, trouvant l’action puérile et décidant qu’il ne méritait pas que l’on lui prête attention. Mais il continuait, et j’ai fini par perdre le contrôle. Je lui ai attrapé le poignet, tordu la main et plaqué la tête contre la table. Il en est ressorti avec deux doigts et le nez cassés. Lorsque l’on m’a demandé si je regrettais, j’ai répondu que non. Je ne ressentais aucun regret. Au contraire, j’étais même plutôt fière de moi.

Suite à cet incident, mes parents m’ont envoyé voir un spécialiste. Un psychiatre, je crois que c’est comme ça qu’ils les appellent. J’étais réticente à l’idée d’y aller, mais je savais que je n’avais pas le choix. J’eus vite fait de faire le rapprochement entre l’accident de l’école, et ce rendez-vous. Je savais que j’avais fait une bêtise, mais je ne parvenais tout simplement pas à m’en vouloir. Et mes parents commençaient à s’en inquiéter. Lorsque j’ai rencontré le psychiatre, il m’a posé tout un tas de questions grotesques et inutiles auxquelles j’ai répondu avec peu d’intérêt. Je ne voyais pas le but de tout cet interrogatoire et ne souhaitais qu’une chose ; quitter cette pièce le plus vite possible.

Si lors du premier rendez-vous, le psychiatre ne remarqua rien de particulier, ce ne fut pas le cas lors de la quatrième séance. Comme vous le savez surement, on ne peut pas déceler le mal-être psychique d’un patient en une seule séance. Et comme le spécialiste avait tenu à me revoir… je n’avais pas eu d’autres choix que d’y retourner. Je me souvenais parfaitement des mots qu’il avait prononcés à mes parents déboussolés : « votre fille semble être atteinte de psychopathie et d’une légère psychose. » Il a ensuite déballé tout un tas de trucs médicaux auxquels je n’ai strictement rien compris. Je n’écoutais que d’une oreille de toute façon, et étais concentrée sur le sol qui se trouvait sous mes pieds.

Après plusieurs autres séances et le diagnostic final prononcé, l’on a alors commencé à me donner des médicaments. Ces médicaments me rendaient incroyablement faibles et j’avais du mal à rester éveillée en cours. Je grandis avec ces médicaments qui étaient désormais devenus mon quotidien. J’ai alors commencé à me droguer pour ne plus ressentir les effets de la fatigue. Je me rendais au Lycée qui se trouvait près de mon Collège, dérobais de l’argent à ma mère, et achetais de la drogue à un Lycéen dealeur. Oui, je n’avais que 12 ans, mais je ne voyais pas d’autres solutions à l’époque. J’ai également commencé à torturer des animaux. Il m’arrivait de capturer des chats errants et de les tuer d’un coup de couteau. Je cachais ensuite les cadavres dans des bennes à ordures. Je ne savais pas pourquoi je faisais ça, mais cela m’aidait à canaliser toute cette violence qui résidait en moi. Je me rebellais devant ma famille, fuguais, séchais les cours, insultais tout le monde… Ils pensaient tous que je faisais une crise d’adolescence, mais c’était tellement bien pire que ça.

A la veille de mes 13 ans, j’ai craqué. Je ne voulais pas être fatiguée le jour de mon anniversaire qui était dans une semaine, alors j’ai balancé mes boîtes de pilules dans la poubelle de ma chambre. Et je m’étais promis de ne plus jamais les prendre. Malheureusement, l’arrêt du traitement médical que l’on m’avait imposé, eut des conséquences plutôt.. dramatiques. J’eus vite fait de perdre totalement la raison. Plus aucun contact avec la réalité n’était devenu possible. J’étais comme dans un autre monde, et étais devenue très violente et dangereuse. Je ne me souviens pas de grand-chose, mais il me semble que j’ai menacé mes parents avec un couteau. Puis, j’aurais moi-même commencé à menacer de me trancher la gorge avec cette même arme. Mes parents m’ont alors donné de force des neuroptiques sédatifs, pour calmer cette crise de violence.

Et enfin, je me souviens m’être réveillée aux urgences pédiatriques. J’étais perfusée et un tranquillisant m’était administré par intraveineuse. Mon psychiatre avait ordonné une hospitalisation d’urgence dans le centre psychiatrique pour adolescents, qui se situait à environ 20 minutes de chez moi. J’en avais déjà entendu parler, mais jamais je n’aurais cru y aller un jour. Pourtant, c’est ce qui s’est passé.

Voilà comment je me suis retrouvée hospitalisée de force en psychiatrie. Je ne savais pas quand j’allai en ressortir, ni même comment et avec qui. Qu’allai-je devenir, dans cet endroit qui ne me correspondait pas ? J’étais peut-être atteinte de psychopathie et de psychose, je n’étais pas folle. Du moins, je le croyais. Je m’ignorais dangereuse, pour moi, mon comportement était normal. Je ne savais pas de quoi j’étais capable. Tout ce dont je me rendais compte, c’était que je ressentais le besoin irrépressible d’assouvir des pulsions qui brûlaient en moi. Des pulsions meurtrières qui me hurlaient qu’elles devaient être assouvies.

Je me suis laissée hospitalisée. Je me suis laissée soigner. Mais je me suis également promise de libérer quelque chose qui frappait contre les barreaux de la cage de mon esprit.
Avec la ferme intention de ne pas en rester là.

CHAPITRE 1


Toujours la même routine.
Toujours les mêmes murs s’offrant à moi à chaque fois que j’ouvre les yeux.
Toujours les mêmes sons, toujours les mêmes odeurs.
Cela en devient lassant.


Je restai immobile pendant plusieurs minutes, allongée dans mon lit, le corps à demi-couvert par la couette blanche qui caressait mes jambes. Mes yeux scrutaient le vide sans but précis, mes pensées semblèrent se perdre. J’inspirai profondément, mais ne relâchai l’air que j’avais amené à mes poumons. Je me concentrai sur la respiration de ma camarade de chambre, pour savoir si oui ou non, elle était encore endormie. Un léger ronflement m’indiqua qu’elle était toujours plongée dans les bras de Morphée. J’expirai doucement, et fermai à nouveau les paupières. D’après les rayons du soleil qui émanaient d’entre les volets, les Infirmiers ne tarderaient pas à venir frapper à notre porte pour nous réveiller. Je n’avais aucune envie de me préparer avant que cela n’arrive, c’est pourquoi je préférai demeurer dans mon lit.

Pourquoi étais-je là ? C’était une question à laquelle je n’avais pas de réponse. Voilà près de 3 semaines que j’étais internée dans cet hôpital psychiatrique pour adolescents. Je ne m’y sentais pas à ma place, je n’avais rien fait de mal. Pourquoi m’avait-on placé ici ? Comment mes parents avaient-ils osés me trahir et m’enfermer dans ce bâtiment ? Je ne comprenais pas. Il n’y avait rien d’anormal chez moi, pas vrai ? Il était possible que j’ai un problème au niveau sentimental et relationnel, mais cela méritait-il vraiment une hospitalisation ? J’en voulais au Monde entier, j’étais enragée. Je n’avais que 13 ans, comment pouvait-on oser me faire ça ? Me déscolariser ? M’enfermer comme un animal ?

Je n’eus plus le temps de réfléchir davantage, puisque deux coups frappèrent à notre porte, avant que cette dernière ne s’ouvre pour laisser place à une infirmière. Elle abordait un grand sourire, et sa voix résonnait comme étant légèrement chantante.

« Il est l’heure de se lever les filles. »

Sans rien ajouter de plus, elle entra dans notre chambre et alla ouvrir les volets, avant de repartir pour nous laisser nous habiller. Julie, ma camarade de chambre, émergea doucement du sommeil et s’assit sur son lit en baillant. Elle me lança un rapide sourire. Sourire que je ne lui rendis pas. Julie était là depuis un mois, pour forte dépression nerveuse. Je savais qu’elle essayait de devenir amie avec moi, mais c’était peine perdue. Je ne comprenais pas les gens dépressifs. Ils étaient stupides, inutiles ; pourquoi se torturer l’esprit pour tout et rien ? Non, franchement, je n’avais rien d’une pauvre et idiote gamine se faisant passer pour dépressive. La dépression, c’est pour les faibles.*

« Salut Magalie.
- .. Salut. »


Sans plus un mot, je me levai et allai jusqu’à mon armoire pour en sortir mes affaire. Je m’habillai rapidement, et n’attendis pas Julie pour sortir et me diriger vers le self pour prendre mon petit-déjeuner. Je m’installai à une table, toute seule, avec un jus d’orange et un pain au chocolat. Malheureusement, ma tranquillité fut vite interrompue. Un garçon d’environ 11 ans, s’approcha de moi et s’assied à ma table en me souriant de toutes ses dents. Agacée, je soufflai et levai les yeux au ciel, avant de décider de l’ignorer. Je mangeai en silence, et grognai lorsqu’un infirmier vint vers moi pour me déposer deux pilules bleues à côté de mon verre. Il s’agissait de mes médicaments pour ma psychose, et je détestais les prendre. Ils me rendaient molle et fatiguée, et je n’aimais pas ça. Je me sentais faible et vulnérable lorsque je les prenais. Ce fut donc à contrecœur que je les pris dans la paume de ma main, et les avalai sans grand enthousiasme. J’allai ensuite débarrasser mon plateau, avant de marcher jusqu’à la salle de bain des filles pour me laver les dents. Je me regardai dans le miroir, et poussai un soupir las. J’avais des cernes affreux sous les yeux, et mon teint était livide. Ne prenant pas plus le temps de me contempler, je me rinçai la bouche et revins dans la salle principale, qui était occupée par trois adolescents qui lisaient des bouquins peu intéressants. Une journée pourrie commençait. Comme d’habitude à vrai dire. Le train-train quotidien de cet hôpital me rendait malade, on s’y ennuyait à mourir et personne ne daignait à s’occuper de vous. Vous êtes en quelque sorte livrés à vous-même. En gros, c’est un peu « démerdez-vous pour vous trouver une activité, nous on est là pour boire notre café, tranquillement posés dans le bureau des infirmiers ». Super, génial, merci.

« Magalie ? »

A l’évocation de mon prénom, je tournai la tête pour retrouver face à face avec Mme.Grenah, la psychologue de l’hôpital.

« Oui ?
- Viens avec moi s’il te plait, j’aimerais que nous discutions un peu. »


Surprise, je n’ajoutai cependant rien. Je me contentai de la suivre jusqu’à son bureau, et me posai sur une chaise lorsque j’y fus entrée. La psychologue me sourit, avant de s’installer à son tour et à croiser ses mains devant moi.

« Pourquoi souhaitez-vous me voir ?
- Pour que nous fassions une séance. Voilà 6 jours que je ne t’ai pas vu.
- Nous voir n’est pas forcément nécessaire…
maugréai-je de mauvaise foi. »

Au lieu de se vexer, la psychologue eut un petit rire. Je plantai mes yeux bruns dans les siens, et attendis qu’elle ne se décide à poser toutes ces questions bêtes et ennuyantes.

« Comment te sens-tu Magalie ? »

Qu’est-ce que j’avais dit.

« Bien. »

Je ne voulais pas me compliquer la vie en rentrant dans les détails. Et puis pour être honnête, je ne savais même pas comment j’allais. Je n’étais pas triste, je n’étais pas heureuse. J’étais simplement… rien. Le vide. Le néant. Mais allez expliquer ça, vous.

« Cela va faire 3 semaines que tu es ici à présent. Sens-tu une amélioration de ton état ?
- Je ne suis pas malade. Je n’ai rien à faire ici. Mon état ne peut pas s’améliorer, puisqu’il n’a jamais été dégradé. »


Je crus entendre la spécialiste pousser un soupir, mais je ne le relevai pas. Quelle importance ?

« Il faut que tu comprennes que si, tu es malade. Tu as un problème, ma puce. Sinon, tu ne serais pas ici. Magalie… tu sais que tu es atteinte de psychopathie et de psychose, pas vrai ?
- Je ne suis pas malade. »


Je m’entêtai à répondre toujours la même chose. Je détestais les entretiens avec les psychologues, et avais décidé de ne faire aucun effort pour répondre à leur interrogatoire.

« Très bien… as-tu réussi à tisser des liens avec les autres adolescents du service ?
- Non.
- Pourquoi ça ? Tu ne t’entends pas avec eux ? Ils ne t’acceptent pas ? »


Je souris faussement et secouai la tête, faisant onduler ma crinière châtain.

« C’est moi qui ne les accepte pas.
- Pourquoi ?
- Parce qu’ils ne sont pas comme moi.
- En quoi ne sont-ils pas comme toi ?
- En tout. »


Si la psychologue commençait légèrement à s’énerver, elle n’en montra rien. Elle inscrit juste quelques notes sur une feuille de papier, avant de redresser la tête.

« Veux-tu me dire quelque chose de particulier, Magalie ? »

Je répondis une fois de plus par la négative, prête à me sauver comme une voleuse. Comprenant que je désirais partir, Mme.Grenah se leva de son siège et m’accompagna jusqu’à la porte de son bureau.

« Bon… je ne suis pas sure que tu sois encore prête à me parler. Inutile d’aller plus loin. Je te souhaite une bonne journée.
- Une journée ne peut être que mauvaise dans un endroit pareil. »


*Etant moi-même dépressive depuis près de 4 ans, je tiens à dire que je ne pense PAS DU TOUT ce que j'ai écris.
Je me mets juste dans la peau de mon personnage.
Je préfère préciser avant qu'il n'y ait des malentendus. :3

CHAPITRE 2


L’ennui, encore et toujours.
Que pouvais-je faire de toute façon, à part me morfondre et attendre que le temps ne daigne à passer ?
Que pouvais-je faire, à part lever les yeux au ciel ?
Que pouvais-je faire, à part éviter le plus de contact avec les autres adolescents du service ?


J’étais assise à une table, un livre ouvert entre mes mains. Mes yeux parcouraient les lignes, sans vraiment faire attention à ce qui était écrit. Cela faisait bien une heure que je « lisais », et pourtant j’étais incapable de dire quel était le sujet de ce foutu livre. Je n’en pouvais plus, tout simplement. La routine de cet hôpital me rendait folle. Je n’avais rien à faire ici, je le savais parfaitement. L’odeur qu’avait cet hôpital me donnait la nausée, le fait de voir écrit « unité psychiatrique pour adolescents » sur la porte principale, me rappelait sans cesse l’endroit où l’on avait eu l’audace de m’enfermer. Cela m’insupportait au plus haut point. Je n’avais beau avoir que 13 ans, j’étais parfaitement consciente du Monde qui m’entourait. Et j’étais également consciente que je n’avais ma place nulle part. Je ne correspondais à aucun trait du caractère humain ; pas d’émotion, absence de remords, intelligence hautement supérieure à la moyenne. Oui, je n’avais rien d’une petite fille « normale » comme on dit. Mais vous savez, je n’aime pas le terme de normalité. Après tout, qu’est-ce donc ? N’est-ce pas simplement un mot futile inventé par la société pour permettre aux gens d’établir des limites de normalité ? Je secouai la tête, agacée. J’en avais marre de penser ainsi, je ne devrais pas songer à toutes ces choses-là... du moins, je crois. D’après ce que l’on m’a dit, les filles de mon âge pensent à s’amuser, aux garçons, aux livres, aux activités artistiques, au sport et que sais-je encore. Alors pourquoi moi, je n’étais pas comme ça ?

« Salut Magalie ! »

Je sursautai et manquai d’envoyer mon livre dans la figure de la personne qui m’avait interpellé. Lorsque je remarquai qu’il s’agissait de Lucas, un garçon de 15 ans, je grommelai et levai les yeux au ciel.

« Qu’est-ce que tu veux ? le questionnai-je d’une voix agressive.
- Oh, calme-toi ! Je te dis juste bonjour. On ne s’est pas encore vu aujourd’hui.
- Et bien maintenant que c’est chose faite, tu peux partir. »


Lucas leva un sourcil, sans pour autant déguerpir. Je savais qu’il lui en fallait plus pour le faire bouger. Malheureusement.

« Si j’ai envie de rester là, je reste là. En quoi c’est un problème pour toi ?
- C’est toi mon problème ! Toi et tous les autres ! Vous êtes tous des putains de problèmes à mes yeux, alors arrêtez de venir me voir pour tout et n’importe quoi ! »


A ces mots, je pliai en deux une feuille de mon livre et refermai rageusement la couverture de ce dernier en un claquement sec. Je fronçai les sourcils, me levai, et m’apprêtai à tourner les talons, mais Lucas posa une main sur mon épaule.

« Magalie, attends ! Qu’est-ce qu’il ne va pas avec toi ? »

Qu’est-ce qu’il ne va pas avec moi ? Il osait me poser une telle question ? Je sentis une rage incontrôlable m’envahir, et sans pouvoir m’empêcher de faire quoi que ce soit, je me retournai et poussai avec violence mon camarade. Il atterrit sur la table en bois et poussa un cri de douleur lorsque son dos heurta le bord de la table. J’étais sur le point de lui sauter dessus, mais je sentis brusquement deux bras m’entourer avec force. Je compris rapidement qu’il s’agissait d’un infirmier. Cependant, je n’étais pas vraiment du genre à me laisser faire, et je n’avais aucune envie de me montrer comme étant faible.

« Lâchez-moi ! »

Je me débattis comme une folle, cherchant à griffer et à mordre, enragée. Je réussis à me libérer de la poigne de l’infirmier, et m’enfuis à toute vitesse vers la salle de bain. De rage, je donnai un immense coup de pied dans le mur, et un trou se forma à l’endroit de l’impact. Celui qui m’avait suivi, me pris par surprise et me plaqua contre le mur avec force et sans ménagement. Je hurlai, me débattis, ignorant la douleur qui se répandait à travers mon pied, et qui remontait le long de ma cheville et de ma jambe. Je ne voulais pas me laisser faire, je ne voulais pas leur montrer que j’étais du genre à me plier à leurs foutues règles. Je voulais leur montrer qu’ils avaient tous eu tort de m’enfermer ici, qu’ils feraient mieux de me libérer. Je n’étais pas folle, je n’avais rien d’une folle ! Je n’avais pas à être enfermée dans un hôpital psychiatrique ! Je n’avais pas à devoir côtoyer la souffrance des autres adolescents 24/24h !

Un autre infirmier arriva rapidement et me cloua au sol, m’attachant les mains dans le dos. J’avais l’impression d’être une fugitive à laquelle on passait les menottes. Je me sentis soulevée du sol et transportée vers une salle que je ne connaissais que trop bien. Je n’y avais encore jamais été, mais ceux qui me l’avaient décrite, savaient de quoi ils parlaient. La salle d’isolement.

« Laissez-moi ! criai-je avec colère, dans l’espoir qu’ils ne me lâchent et me laissent partir. »

Une porte métallique s’ouvrit dans un fracas épouvantable, et l’on me jeta au sol, avant de m’enlever mes habits. Je me retrouvai rapidement en sous-vêtements, alors que le personnel attrapait le pyjama réservé aux adolescents placés en isolement. Je grondai, crachai, tentai de blesser, de frapper les infirmiers. J’étais décidée à ne pas me laisser faire, je ne voulais PAS me laisser faire. Qui étaient-ils exactement, pour m’enfermer comme un animal ? J’avais l’impression d’être une bête sauvage qui était destinée à être enfermée dans une cage. Pourquoi les hôpitaux psychiatriques n’utilisaient toujours que la solution de facilité ? Pourquoi n’essayaient-ils jamais de parler avec les malades, avant de les isoler sans leur parler ? Pourquoi ne tentaient-ils pas de comprendre leurs agissements, en parlant calmement avec eux ? Pourquoi choisissaient-ils toujours d’enfermer les adolescents, comme des fous furieux ?

Après un dernier coup de poing, je sentis mes forces faiblir. Je compris rapidement que l’on m’avait injecté un tranquillisant pour me faire dormir et me dompter. Ma vision se troubla rapidement et un bourdonnement horrible eut bientôt fait de retentir à mes oreilles. Je me laissai tomber à genoux sur le sol métallique, et entendis faiblement la porte d’acier se refermer. Je fus alors plongée dans une lumière totalement artificielle, avant de m’écrouler sur le sol, happée par les ténèbres.

***

« Alors… voilà à quoi cela ressemble, la salle d’isolement. »

J’étais assise sur le pauvre matelas de fortune que m’offrait la pièce, et contemplais les lieux avec une affreuse envie de vomir. Je m’étais réveillée il y a environ une dizaine de minutes, et avais mis quelques temps avant de me rappeler ce qu’il s’était passé. Le spectacle qui s’offrait à moi, me laissait un goût âcre dans la bouche. Les murs étaient faits d’acier, le matelas était posé par terre sans couverture ni oreiller. Pas de fenêtres, juste une ampoule solitaire au plafond pour vous éclairer. Il n’y avait pas de lavabo, pas d’eau, pas de nourriture. Pas de toilettes non plus. Si vous voulez faire vos besoins, vous avez un seau. Rien de plus. Ces conditions de vie étaient abominables, et je reniflai de dégoût.
Je me levai lentement du matelas et allai poser mes mains sur la porte métallique de l’entrée de la pièce. Il y avait une ouverture par laquelle je supposais, on faisait passer les plateaux de nourriture. J’espérai fortement que l’on me laisserait sortir avant l’heure du déjeuner. A vrai dire, je m’étais déjà calmée. Le tranquillisant que l’on m’avait injecté, m’avait complètement shooté. Je n’aimais pas forcément cela, mais j’appréciais de ne plus être rongée par la colère, et d’avoir l’impression de planer. Cela me rappelait la drogue que je prenais avant d’être hospitalisée. Je me rendis alors compte que tout cela me manquait ; la drogue, la cigarette, l’alcool… oui, je n’avais que 13 ans, mais je m’en foutais. Totalement. Ces choses étaient délicieusement délectables, et elles me manquaient. Je donnerais n’importe quoi pour avoir une cigarette, un verre de vodka ou un sachet de shit.

Je soupirai et me laissai tomber sur le sol, avant de poser ma tête contre le mur. Combien de temps allais-je devoir rester enfermée ici ? 1h ? 4h ? Une journée ? Une nuit ? Je ne savais même pas quelle il était. Il n’y avait pas d’horloge dans la salle d’isolement, et n’ayant pas de montre, je ne pouvais pas lire l’heure. De plus, je ne pouvais pas me repérer grâce au soleil, étant donné qu’il n’y avait pas de fenêtre.

« Faites-moi sortir d’ici, murmurai-je pour moi-même. Faites-moi sortir d’ici, que je les massacre tous. »

CHAPITRE 3


Je tournai en rond comme un lion en cage, au bord de la crise de nerf. Cela faisait plusieurs heures que j’avais été enfermée comme un vulgaire animal sauvage. Et je n’en pouvais plus. Le gris luisant des murs me rendait malade, l’odeur nauséabonde qui flottait dans l’air me donnait envie de vomir, et le manque d’espace m’exaspérait et me torturait. Ils n’avaient pas le droit de me traiter ainsi, je n’étais pas une bête dangereuse que l’on mettait dans une prison de barres métalliques. Comment osaient-ils faire cela à une fille de 13 ans ?

« J’en ai plus que marre, merde ! »

A peine le dernier mot prononcé, je frappai avec violence la porte de mon poing. Un couinement de douleur m’échappa et je regrettai immédiatement mon geste. Mes doigts me faisaient horriblement mal, mais je ne pensais pas qu’ils étaient cassés. Je lâchai un soupir et retournai m’asseoir sur le matelas de fortune qui me servait de lit. Quand viendraient-ils enfin me libérer ? Je ne pourrai pas supporter cela encore très longtemps. Coincée dans ma colère, je ne me rendis pas compte qu’une clef tourna dans la serrure de la porte principale de la salle d’isolement. Je relevai la tête et découvris une infirmière se tenant devant moi. Son visage était froid, maussade. Ses traits semblaient tirés par la colère et elle n’avait pas l’air de m’apprécier. Je la reconnus rapidement ; elle était l’infirmière la plus sèche du personnel. Il n’y avait aucun doute sur le fait qu’elle n’aimait pas son travail.

« T’es calmée ? »

Je me retins de lever les yeux au ciel, et me contentai d’hocher lentement la tête. J’avais décidé de passer pour une petite fille faible qui regrettait ses actes. Alors qu’en réalité, j’étais bien tout le contraire ; je n’avais aucun remord, et j’étais prête à recommencer s’il le fallait. Ils allaient tous me le payer, personne n’a le droit de me traiter de la sorte.
L’infirmière renifla avec mépris, avant de s’avancer de m’empoigner un bras pour me tirer hors de la cellule. Elle me balança presque dehors et je manquai de m’écrouler au sol. Mes muscles étaient totalement engourdis après être restée immobile aussi longtemps dans une salle de cette taille. Elle me lança mes affaires et attendis que je sois rhabillée pour reprendre la parole.

« C’est l’heure du dîner. Les autres t’attendent pour commencer à manger. »

Nouveau hochement de tête. Je voulais me montrer coopérante, tromper tout le monde en leur faisant croire que tout cela m’avait servi de leçon. Je repris mes esprits après avoir manqué de chuter, et marchai lentement à travers les couloirs, passant devant les chambres dont certaines étaient ouvertes. Je m’arrêtai quelques secondes pour contempler le lit d’une de mes camarades, Lily. Elle avait 16 ans, et pourtant, son lit était couvert de peluches. Je trouvais cela totalement pathétique. Des peluches, sérieusement ? Il fallait se décider à grandir parfois.

« T’avances ?! »

Je sursautai en me rendant compte que Madame-je-fais-tout-le-temps-la-gueule, se trouvait derrière moi et tapait du pied avec impatience. Je décidai d’ignorer l’infirmière et repris mon chemin sans rien ajouter. J’allai jusqu’à la salle à manger, avant de m’asseoir à la place qui m’était réservée. Des regards timides se posaient sur moi, mais personne n’osait prendre la parole. C’était toujours la même chose ; dès qu’un adolescent sortait de la salle d’isolement, tout le monde voulait savoir ce qu’il s’était passé. Mais personne n’avait le courage d’engager la conversation. Sans un mot, j’attrapai une fourchette et commençai à la planter dans les carottes qui se trouvaient dans mon assiette. Mon regard eut cependant vite fait de dériver sur les deux pilules bleus et les trois comprimés qui se trouvaient à côté de mon verre. J’avalai rapidement les pilules mais gardai les comprimés dans la paume de ma main. Une idée me traversa l’esprit, et j’entrepris de les ranger dans la poche de mon pantalon. Personne ne devait savoir, personne ne devait comprendre. Un sourire éclaira rapidement mon visage, mais je fis attention à ce que personne ne le remarque.
J’allais me servir de l’eau, lorsqu’un hurlement déchirant me fit sursauter. Je renversai le pichet sur moi et jurai, énervée. Plusieurs infirmiers passèrent en courant dans le couloir et se dirigèrent vers la chambre n°6. La chambre d’une certaine Clémence, du moins je crois. Ce fut d’ailleurs à cet instant que je remarquai qu’elle était absente au dîner. Curieuse, je quittai la table et emboîtai le pas aux infirmiers. Trois autres adolescents m’imitèrent et nous fûmes alors quatre à courir derrière le personnel. Lorsque j’arrivai à destination, je compris que Clémence était en train de faire une tentative de suicide. Elle avait bloquée la porte de sa chambre avec son armoire, et un infirmier tentait vainement de l’enfoncer. Avide de détails morbides, je restai plantée là, pendant que mes trois autres compagnons étaient en larmes et hurlaient le prénom de la concernée.

« Au moins, ça met de l’animation. »

Lucas, un de ceux qui m’avaient accompagné, me regarda comme si un troisième œil m’avait poussé sur le front. J’étouffai un « bah quoi ? » dans ma gorge, et me reconcentrai sur la scène excitante qui se passait devant moi.
Après cinq bonnes minutes, l’on parvint enfin à enfoncer la porte. Un corps tomba alors dans le couloir, aux pieds des infirmiers. Nouveau cri et nouvelles crises de larmes venant des autres adolescents ; je pestai silencieusement en me retenant de me frapper le front. Ne pouvaient-ils donc pas la fermer deux secondes ?

« Elle est… est.. m.. »

Lucas ne parvenait même plus à parler et semblait sur le point de s’évanouir. Je suivis son regard et mes prunelles s’accrochèrent alors au corps de Clémence, allongé sur le sol. Elle avait une ceinture autour du cou, et ses veines ressortaient abominablement sur son visage. Elle avait un sac plastique sur la tête et sa bouche était entrouverte. Sa langue avait doublé de volume et ses yeux étaient presque sortis de leurs orbites. Je me mordis la lèvre pour éviter de sourire, et regardai un infirmier enlever le sac de sa tête, et pratiquer un massage cardiaque et un bouche-à-bouche. Mais il n’y avait plus rien à faire. Son cœur avait déjà cessé de battre.

« Ne regardez pas, nous supplia le personnel en tentant de cacher le corps. »

Je soufflai, agacée. En quoi regarder nous traumatiserait-il ? Je me passai une main dans les cheveux et commençai à me questionner sur le pourquoi du comment. Pourquoi ne ressentais-je rien ? Aucune once de tristesse et de choc. Rien du tout. Le vide, le néant total. Cela ne m’avait aucunement dérangé, aucunement choqué. Voir un mort devant moi, ne me faisait strictement rien. Je me demandais simplement pourquoi Clémence avait décidé de mettre fin à ses jours. Sa sortie était prévue dans deux jours. Elle aurait retrouvé sa famille, sa maison, ses proches. Mais non, au lieu de ça, elle a préféré en finir. Elle était vraiment stupide. Qu’est-ce que je donnerais pour rentrer chez moi et retrouver mes marques. Quel était l’intérêt de se suicider, sérieusement ? Comment pouvait-on même oser y penser ? Ce n’est qu’un acte faible et peu courageux. C’était lâche et débile. Les suicidaires étaient faibles et ne pensaient qu’à eux.

Je toussai et fis demi-tour, rapidement suivis par Lucas, Roxanne et Lily. Nous retournâmes dans la salle à manger, et je fus la seule à réussir à raconter ce qu’il s’était passé. Tout le monde fondit en larmes et eut l’air choqué. Etais-je donc la seule qui parvenait à garder la tête froide, ou quoi ? Je n’en pouvais plus de ces mauviettes qui pleuraient à tout bout de champs. Cela en devenait sincèrement exaspérant.

***

Dans l’encadrement de ma chambre, je regardai les ambulanciers transporter le corps de Clémence sur une civière. Les infirmiers nous avaient intimé de rester dans nos chambres et de n’en sortir sous aucun prétexte. Mais je ne pouvais pas m’empêcher de jeter un coup d’œil à tout ce qu’il se passait autour de moi. Ses parents avaient été appelés, et ils étaient tous les deux effondrés sur une chaise, en larmes, hurlant leur douleur au ciel. Une personne normale aurait éprouvé de la pitié, mais pas moi. Peut-être que les spécialistes avaient raison après tout ; peut-être que je n’étais pas si normale que ça. Peut-être que c’était moi qui avait un problème, et pas les autres.

« Magalie bon sang, ferme cette porte veux-tu ? »

Valérie, une infirmière relativement sympathique, me foudroya du regard. Sans répondre, j’obéis sans prendre la peine de rétorquer. Je me retrouvai alors face à face avec Julie, qui avait le visage ravagé par les larmes.

« Comment est-ce que tu peux… comment… merde ! sanglota-t-elle, en proie à la panique. »

J’haussai un sourcil, faisant signe que je ne comprenais pas.

« Tu me fais peur Magalie ! T’es pas normale ! Comment tu peux rester aussi stoïque devant tout ça ? Bordel mais… t’es vraiment pas bien dans ta tête ! Clémence est morte, tu comprends ça ? Morte ! Sous tes yeux ! Et toi, t’as rien dit, t’as rien fait ! T’as pas pleuré, t’as eu aucune émotion ! T’es… t’es pas normale. »

Je ne répondis rien, contournai ma camarade et allai jusqu’à mon lit. J’ouvris le tiroir de ma table de nuit et attrapai une petite boîte verte. Je fouillai dans ma poche et y rangeai les trois comprimés que j’étais censée prendre lors du dîner. Je m’autorisai à rire silencieusement, avant de m’avancer jusqu’à l’immense fenêtre de notre chambre. Le soleil se couchait, et ses rayons d’été nous éclairaient encore. Le temps était contradictoire à ce qu’il se passait dans l’hôpital. La pluie tombait dans le service, pendant que le soleil brillait à l’extérieur.
Mais j’étais sure d’une chose ; le déluge n’était pas prêt de s’arrêter.

CHAPITRE 4


Plusieurs jours étaient passés depuis le suicide de Clémence.
Plusieurs jours étaient passés, oui, et les cœurs restaient brisés.
A l’exception du mien, qui demeurait intact. Peut-être était-ce parce que je ne ressentais rien. Ou peut-être était-ce parce que j’avais appris à me protéger du choc et de la tristesse.
Peu importe. Ça n’avait pas d’importance.


La nuit était tombée depuis longtemps, et nous étions couchés depuis au moins deux heures. Le silence régnait dans le service, dans les couloirs, dans ma chambre. Seule la respiration calme et profonde de Julie, jouait les trouble-fêtes. Quant à moi, je ne parvenais pas à trouver le sommeil. C’était peine perdue, mes pensées étaient sans cesse occupées par une seule chose ; ma sortie de cet hôpital. Quand allait-on enfin me laisser partir d’ici ? Cela faisait presque un mois que je côtoyais la folie et le désespoir. J’avais atteint mes limites. Je n’étais pas faite pour rester entourée de personnes aussi longtemps. Je préférais avoir mon propre espace vital, ne pas être dérangée par les autres. Malheureusement, ici, autant chercher à se débarrasser d’un chewing-gum collé sous votre chaussure. Les adolescents sont sans cesse réunis tous ensemble pour se soutenir ; chose que je ne comprendrai surement jamais. Pour être honnête, je ne participais pas à ce genre de… réunions, si l’on pouvait appeler ça ainsi. J’éprouvais une profonde haine et un dégoût abominable, envers ces adolescents souffrants et hospitalisés. Ils avaient peut-être eux aussi quelque chose qui clochait, mais jamais ils ne pourront être comme moi. Jamais ils ne pourront me comprendre. Je ne suis pas comme eux, ils ne sont pas comme moi. Inutile de s’attarder plus sur le sujet.

« Magalie… ? »

La voix de ma voisine de chambre me tira de mes pensées, et je me tournai sur le côté pour lui faire face. Elle s’était assise sur le rebord de son lit, et tenait une lampe de poche entre ses doigts. Elle braqua le faisceau lumineux sur mon visage, ce qui eut comme effet de m’aveugler et de me faire gémir.

« Qu’est-ce que tu veux ? »

Surprise par l’agressivité que je portais dans ma voix, Julie mit quelques instants à répondre. Elle secoua la tête, se racla la gorge, et me lança un rapide sourire qui se voulait bienveillant. Elle semblait avoir totalement oublié ses propos précédents. Souvenez-vous, elle m’avait reproché d’avoir été insensible devant le suicide de Clémence. Elle m’avait même avoué que je lui faisais peur. Pourtant, à présent, plus aucune crainte n’illuminait son visage. Non, elle semblait apaisée, calme. Elle n’avait plus peur de moi, du moins pour l’instant.

« Je voudrais juste savoir si je pouvais avoir ta bouteille d’eau. Celle que tu gardes toujours dans ton tiroir. J’ai soif et je n’ai pas envie d’aller jusqu’aux toilettes pour boire. »

A peine la jeune fille aux cheveux blonds avait-elle terminé sa phrase, qu’une idée jaillit dans mon esprit. Une idée dingue, une idée perverse, certes. Mais cela restait tout de même une idée. Sans rien dire, je me retournai et ouvris le tiroir de ma table de nuit. J’en extirpai une bouteille en plastique remplie à ras bord, et la posa près de moi. Cependant, au lieu de la donner directement à Julie, je m’emparai de la boîte dans laquelle se trouvaient des comprimés qui m’étaient destinés. Depuis le suicide de Clémence, je les avais tous mis dans ma poche pour ensuite les mettre dans cette boîte. Je savais qu’ils me serviraient un jour. Tôt, ou tard.

« Deux secondes, je prends juste un autre truc dans mon tiroir, m’excusai-je faussement auprès de ma camarade.
- Pas de problème. »

Etant donné que les comprimés se dissolvaient dans l’eau et qu’ils n’avaient pas de goût particulier, Julie ne remarquerait rien. Il s’agissait de mes médicaments pour ma psychose, des antipsychotiques très puissants. A forte dose et inadaptée pour la personne qui les prend, ils peuvent être fatals. Vous voyez où je veux en venir à présent ? Un à un, je fis tomber les comprimés dans le goulot de la bouteille. Dans la pénombre, Julie ne pouvait pas voir ce que je faisais, d’autant plus que je lui tournais le dos. Je regardai les comprimés se dissoudre rapidement dans le liquide translucide, agitai un peu la bouteille pour faire disparaitre les derniers résidus des médicaments, et tendis finalement l’objet du délit à Julie. Cette dernière me remercia chaleureusement et soupira d’aise en apportant le bord de la bouteille à ses lèvres. Cette dernière ne faisait que 25cl, et à mon plus grand bonheur, la jeune fille en avala le contenu entier. Ce n’était plus qu’une question de temps à présent.

« Merci Magalie. Tu iras la re-remplir demain ?
- Oui, ne t’inquiète pas. »


Julie bailla et se recoucha, apportant les couvertures jusqu’à son menton.

« Bonne nuit Magalie.
- Bonne nuit. »


« Ou plutôt, « adieu » ».

***

Ce fut l’infirmière venant nous réveiller, qui me tira hors des bras de Morphée. Je m’étirai et m’assieds sur mon lit, tournant la tête vers Julie qui dormait toujours. Enfin, dormir était peut-être un mot faible. Un pâle sourire se dessina sur mon visage, mais je tentai de ne pas le montrer. L’infirmière, elle, s’étonna de ne pas voir Julie se réveiller, et s’approcha de celle-ci pour la secouer doucement.

« Julie, il est l’heure de se lever. »

Aucune réaction.

« Julie ! »

Toujours pas de réponses. Inquiète, la jeune femme tourna Julie sur le dos et se rendit compte que son teint avait viré au gris. Elle ne respirait presque plus, et son pouls était très faible. L’infirmière lâcha un « oh mon dieu », recula, se cogna contre l’armoire, et quitta précipitamment la chambre. Je savais qu’elle allait donner l’alerte et que dans quelques secondes, une troupe entière de médecins seraient autour de Julie. Je n’avais donc que très peu de temps. Je me levai de mon lit, rangeai la bouteille qu’elle avait posée sur sa table de nuit, avant de me pencher vers elle. Je l’embrassai délicatement sur le front, tout en lui caressant les cheveux.

« Fais de beaux rêves ma chérie… fais de beaux rêves. »

Je retournai ensuite m’asseoir sur mes couvertures et pris un air affreusement choqué. Je me forçai à pleurer et rapidement, des larmes coulèrent le long de mes joues. Deux infirmiers revinrent, et un s’occupa de me rassurer et de me calmer. Je tentai de parler, mais les sanglots s’étranglaient dans ma gorge.

« Magalie, ça va aller. Elle n’est pas encore décédée, le SAMU va arriver, on va la sauver, d’accord ?
- Mais..
commençai-je, l’air anéantie. Pourquoi ? Qu’est… ce qu’il… lui est… est arrivé ? Elle allait b.. bien ! »

L’infirmière qui auscultait Julie tourna rapidement la tête vers moi, une lueur grave passant dans ses prunelles.

« Cela ressemble à une intoxication avec des médicaments. Quelqu’un sait si Julie avait arrêté de prendre son traitement, et cachait ses pilules dans sa chambre ?
- Je… elle semblait bizarre ces derniers temps
, mentis-je, toujours en larmes. Elle ne riait plus et je crois qu’elle.. gardait quelque chose dans le tiroir de sa table de nuit. »

L’infirmière se chargea alors d’ouvrir le tiroir, et tomba sur une boîte. Ma boîte. J’avais pris soin de la mettre dans l’autre tiroir, pour éviter d’attirer tous soupçon. Et mon plan fonctionnait à la perfection. Je savais néanmoins que si Julie décédait, une autopsie serait faite. Et ils découvriraient tous qu’elle avait succombé à des antipsychotiques, et pas à des antidépresseurs. Mais soit, nous n’en étions pas encore là.
Dans un silence complet, je regardai l’équipe de secours qui était intervenue dans les dix minutes, emporter Julie sur un brancard. Tout le monde avait l’air très préoccupé, et je devinai sans trop de difficultés, que son pronostic vital était engagé. Pourtant, vous savez quoi ? Je ne regrettais pas. Je ne regrettais rien, absolument rien. J’étais même plutôt fière de moi.

« Magalie, est-ce que ça va ? »

Lily était entrée dans ma chambre et avait posé une main sur mon épaule. Elle semblait compatissante et avait les larmes aux yeux.

« Je sais que ça doit être dur de se réveiller et de voir que sa compagne de chambre est à moitié mor…
- J’ai pas besoin qu’on me réconforte. J’vais bien. »


Oui, j’allais bien. J’allais même très bien.

CHAPITRE 5


« J’aimerais que nous fassions tous une minute de silence, envers les deux défuntes nous ayant quitté cette semaine. »

Je levai les yeux au ciel, mais ne pris cependant pas la parole. Je croisai mes mains dans le dos et retins un soupir. Julie avait été retrouvée inconsciente dans son lit, ce matin-même. A cause de moi. Et elle avait succombé dans la journée. Personne n’était parvenu à la sauver, les comprimés avaient déjà pénétrés dans son sang et un lavage d’estomac aurait été inutile. Je savais alors qu’une autopsie aurait lieu, et qu’ils découvriraient rapidement que la cause de la mort était due à une prise d’antipsychotiques. Et à partir de ce moment-là, je n’aurai plus que très peu de temps.

« En mémoire à Clémence et Julie, que nous regrettons déjà. »

Je trouvai cette mise en scène totalement ridicule. Elles étaient mortes, et elles ne nous entendaient pas. Pourquoi faire tout ce foutoir pour deux personnes décédées ? C’était inutile. Enfin, de mon point de vue. Après tout, à quoi cela sert-il de faire une minute de silence pour honorer la mémoire de défunts ? Ce n’est pas ça qui les fera revenir. Ils sont partis pour toujours, rien ne pourra les faire revenir.

« Je vous remercie. »

Perdue dans mes pensées, je n’avais pas remarqué que la minute de silence s’était écoulée. Je me raclai la gorge et m’apprêtai à retourner dans ma chambre, mais une voix familière me stoppa net.

« Magalie ! »

Je me retournai et fus surprise de découvrir ma mère marcher vers moi. Les heures de visites n’étaient pas encore terminées, mais mes parents n’avaient pas vraiment pris l’habitude de venir me voir. Ils essayaient, au contraire, de garder le plus de distances possibles avec cet hôpital. Alors que faisaient-ils ici exactement ? Voulaient-ils quelque chose en particulier ? S’inquiétaient-ils ? Si oui, pourquoi ?

J’haussai un sourcil et attendis que ma mère n’arrive à ma hauteur. Mon père était absent, je supposais qu’il n’avait pas voulu se déplacer pour venir voir l’anomalie qui lui servait de fille. Je serrai les dents lorsque ma mère me pris dans ses bras. Son odeur m’emplit les narines et je ne pus m’empêcher de ressentir une vague étrange de chaleur. Même si je ne ressentais aucun sentiment, elle restait ma mère. Une mère, nous n’en avons qu’une.

« Salut.. Maman. »

Un silence s’installa entre nous, et je me contentai de la guider dans ma chambre pour que nous puissions discuter calmement, à l’abri des oreilles indiscrètes. Voir ma chambre désormais vide depuis que Julie était partie aux urgences, me faisait ressentir quelque chose d’étrange. Ce n’était pas du regret, ni même du remord. Non, c’était autre chose. Etait-ce.. de la satisfaction ? Non, je ne crois pas. Je n’arrivais pas à mettre le doigt dessus.

Ma mère s’assied sur mon lit, et je fis de même. Je gardai le silence jusqu’à ce que ma maternelle ne se décide à prendre la parole.

« Qu’est-ce qu’il s’est passé ?
- Je ne vois pas de quoi tu parles. »


J’entendis ma mère soupirer et elle se passa une main dans les cheveux. Elle osa mettre son bras autour de mes épaules, et je frémis à ce contact. Ma peau me brûla et j’eus un mouvement de recul. Je lui lançai un regard noir et elle finit par comprendre le message ; elle retira son bras.

« Tu sais très bien de quoi je parle, Magalie. Je te parle de ces deux pauvres filles qui sont mortes.
- Je n’y suis pour rien
, répliquai-je furieusement, commençant déjà à m’énerver. »

Ma mère me sourit doucement, et secoua la tête.

« Je n’ai jamais dit que tu y étais pour quelque chose. Ce que je veux dire, c’est que je voudrais savoir ce qu’il se passe dans cet hôpital. Deux gamines se sont suicidées, une par pendaison et une autre par médicaments. Je n’ai pas l’impression que les adolescents soient vraiment surveillés ici. Le personnel manque vraiment d’attention. Je ne suis pas tranquille, je… je ne veux pas que tu restes ici. »

J’écarquillai les yeux, surprise. Ma mère souhaitait-elle donc me faire sortir d’ici ? Un sourire naquit sur mon visage, et je fus soudainement submergée par l’espoir.

« Tu vas me faire sortir alors ?
- J’aimerais. Mais ce n’est pas moi qui décide.
- Mais…
- Il n’y a pas de « mais » Magalie. C’est ton psychiatre qui prend les décisions, et il a demandé une hospitalisation d’au moins deux mois. Cela fait à peine un mois que tu es ici. Il faut que… tu patientes. Mais promets-moi une chose, s’il te plait. »


Je grommelai dans ma barbe et soupirai, avant d’affaisser mes épaules. Ma mère et ses promesses… c’était toujours plus ou moins barbant.

« Quoi ?
- Promets-moi que tu ne mettras pas fin à tes jours, comme ces deux pauvres enfants. »


Un rire m’échappa. Alors c’était de ça que ma mère avait peur ? Qu’elle n’ait crainte, je n’ai aucunement envie de me suicider.

« Le suicide, c’est pour les faibles.
- Ne dis pas ça.
- C’est la vérité pourtant. »


Je perçus une pointe de colère dans la voix de ma mère, lorsque cette dernière reprit soudainement la parole.

« Le suicide, ce n’est pas pour les faibles. C’est simplement l’espoir de ceux qui n’en ont plus.
- Depuis quand t’es poète ? »


Ma maternelle allait rajouter quelque chose, mais un infirmier fit irruption dans notre chambre.

« Madame, l’heure des visites est terminée, il est 19h.
- Très bien. J’allais partir de toute façon. A bientôt Magalie. »


Ma mère était sur le point de m’embrasser, mais un seul coup d’œil de ma part lui suffit pour s’abstenir. Je la regardai quitter ma chambre et refermai la porte derrière elle. Une fois le silence revenu, je me pris le visage entre mes mains et tout mon corps finit par être secoué de soubresauts. Je n’étais pas en train de pleurer, non. J’étais en train d’enrager. Je n’en pouvais plus, je voulais sortir. Ma mère m’a dit qu’elle ne voulait plus que je reste ici, mais elle n’a rien fait pour me faire sortir. Pourquoi ?

« Je ne comprends pas, je ne comprends plus rien… je veux sortir, je veux partir d’ici putain. »

Combien de temps avant que l’on ne découvre que j’étais l’auteure du décès de Julie ? Combien de temps avant que la police ne vienne m’arrêter ? Combien de temps avant que toute la vérité n’éclate au grand jour ? Je n’en savais rien, mais j’étais consciente qu’il ne faudrait plus très longtemps avant que tout ne soit révélé. Et il était trop tard pour revenir en arrière. Je ne regrettais rien, non. C’était juste un sentiment plutôt étrange.

« Magalie ? »

Je redressai la tête lorsque je remarquai que Valérie s’était introduite dans ma chambre.

« Oui ?
- Comment vas-tu ? »


Elle semblait compatissante et avait l’air de vouloir me réconforter. Elle qui était censée me connaître le mieux, elle ne se rendait toujours pas compte que je jouais la comédie. Je devais être une très bonne actrice pour la duper de la sorte. Parce que je savais que cette infirmière était loin d’être naïve.

« Ça passe. Je ne réalise pas vraiment.
- C’était ta mère, la femme qui vient de sortir de ta chambre ?
- Oui.
- Elle semble très gentille. »


J’haussai les épaules et détournai le regard. Je voulais juste qu’elle parte, qu’elle me laisse tranquille avec mes pensées et mes songes. Pour le lui faire comprendre, je lui tournai le dos et me laissai tomber sur la couverture, visage face à la fenêtre. Je fermai les yeux et lâchai un profond soupir.

« Je vais te laisser. »

« Oui, laisse-moi. Ça vaudra mieux. »

CHAPITRE 6


L’infirmière était partie depuis longtemps déjà, et je restai pourtant allongée sur mon lit, dans la même position. Mon regard était vide et je ne pensais à rien. Enfin presque. « Quand est-ce que l’on découvrira que je suis la responsable de la mort de Julie ? » Non pas que cette idée m’angoissait, non, bien au contraire. Pour être honnête, cela m’excitait. Je voulais que l’on sache que j’étais une meurtrière, une fille qui a osé ôter la vie. Moi au moins, j’ai fait preuve de courage ; j’ai abrégé ses souffrances, n’est-ce pas ? Elle était dépressive après tout. A quoi ça sert de vivre, quand on est dépressif ? A rien. Les dépressifs sont inutiles à la société et sont semblables à des poids morts. J’avais rendu service à tout le monde en la tuant.

« Vous me remercierez plus tard… »

Lorsque je me redressai après encore quelques minutes de réflexion, je me rendis compte qu’il était 20h36. L’heure du dîner était passée, et personne n’était venu me chercher pour manger. Soit personne n’avait remarqué mon absence, soit tout le monde s’en foutait. Je pencherais plus pour la deuxième option. J’ai beau dire que les dépressifs ne servent à rien, je crois que je suis un peu pareille.

« Mais suis-je vraiment comme… eux ? »

J’en avais marre de parler toute seule, mais ma voix était la seule chose qui comblait le silence pesant de ma chambre. Depuis que Julie n’était plus là, il n’y avait plus aucun bruit qui venait troubler l’atmosphère. L’adolescente défunte était très bavarde et trouvait toujours un moyen de conversation. Ne plus rien entendre me faisait quelque chose de bizarre. Je ne la regrettais pas, mais c’était… bizarre.

Je me levai et allai ouvrir mon armoire pour en tirer un livre sur les tueurs en série. Je commençai à le feuilleter mais fus interrompue par le grincement de la porte de ma chambre. Je fis volte-face, surprise, et ouvris grand la bouche lorsque je remarquai qu’un petit garçon tenait la main à un infirmier. Il avait les joues ravagées par les larmes et tremblait de tous ses membres. J’haussai un sourcil, ne comprenant pas ce qui était en train de se passer. Qui était-il ? Et pourquoi avait-il une valise derrière lui.

« Magalie ? »

Je ne répondis pas, mais me contentai d’hocher la tête, signe que j’attendais des explications. Je n’aimais pas être interrompue dans ce que je faisais, et cette arrivée avait eu le don de m’énerver.

« Je te présente Maxime. Il a 9 ans et il va être hospitalisé à partir de ce soir. Il partagera ta chambre. »

Sérieusement ?

« Les chambres mixes ne sont pas censées être interdites ? répliquai-je d’un ton glacial. »

L’infirmier me sourit rapidement, et fit signe à Maxime d’entrer et d’aller poser sa valise sur le lit voisin.

« Si. Mais il n’y avait plus de places dans les chambres masculines, et son cas est une urgence.
- En quoi est-il une urgence ? »


L’homme fronça les sourcils et leva les yeux au ciel.

« Cela ne te regarde pas Magalie. »

Très bien. Vaincue, je soufflai, et allai poser mon livre sur ma table de nuit. Je regardai le petit garçon s’installer, tout en me lançant des regards inquiets par moment. Je devais l’intimider, vu les yeux qu’il me faisait. Mais peu importe, je n’en avais que faire de ce nouveau-venu. J’haussai les épaules et m’assied à nouveau sur mon lit.

Je lâchai un profond soupir et fermai les yeux. Je respirai lentement, très lentement. Mon esprit se brouilla totalement et j’eus vite fait de ne plus rien entendre. C’était toujours comme ça lorsque je me perdais dans mes pensées. Je pouvais très rapidement me déconnecter du Monde réel et ne plus faire attention à ce qui m’entourait. Chose très pratique lorsque l’on voulait fuir la réalité.

Je rouvris les yeux, soudainement très calme. Comme un automate, je me levai du matelas sur lequel j’étais assise, et sortis de ma chambre.

« Où est-ce que tu vas ?
- Mêle-toi de ce qui te regarde
, crachai-je en direction de l’enfant. »

Je n’avais pas envie qu’il me suive à la trace, et lui fis comprendre d’un regard qu’il n’avait pas intérêt à me coller aux basquettes. Je fis attention à ce que personne ne soit dans les parages, et je me dirigeai vers le self. Je marchai à pas de loup pour éviter que quelqu’un ne me surprenne, et je retenais ma respiration dès que je croyais entendre quelqu’un arriver vers moi. Je savais exactement ce que j’allai faire. Je ne m’en rendais pas spécialement compte, mais c’était comme si une force supérieure me dictait tout ce que je devais faire. Un peu comme si j’étais un pantin désarticulé à qui l’on tirait les ficelles pour le contrôler.

Je poussai la porte de la cuisine qui s’ouvrit en un crissement qui me fit grimacer. Une fois à l’intérieur, j’ouvris un tiroir en bois. Tiroir où l’on rangeait les ustensiles de cuisine. Malheureusement pour moi, les seuls couteaux disponibles avaient un bout rond et n’étaient franchement pas affutés. Le seul couteau considéré comme dangereux, était réservé aux cuisiniers. Et je n’avais strictement aucune idée d’où il pouvait être mis. Je balayai la cuisine du regard et une armoire attira mon attention. Elle n’était pas forcément plus attrayante que les autres, mais c’était comme si mon instinct me hurlait d’aller l’ouvrir.

Je ne me trompais que rarement, et une fois encore, j’en avais la preuve. Lorsque j’ouvris la porte de l’armoire, qui résista un peu à mes avances, un morceau de bois apparu dans mon champ de vision, dans lequel étaient plantés des couteaux de boucher.
J’attrapai l’arme blanche et serrai le manche entre mes doigts. Je la cachai sous mon tee-shirt et quittai la salle à manger. Je reniflai silencieusement, me demandant pendant un instant où je pouvais aller. Après une courte réflexion, je décidai d’aller jusque dans la salle de bain réservée aux filles. Je m’assieds sur un tabouret et commençai à fredonner une chanson qui me parlait beaucoup.

« Baby I’m a sociopath, a sweet serial killer on the war path… »

Cette musique signifiait énormément pour moi, je m’identifiai très souvent aux paroles. Je me considérais comme une sociopathe, je méprisais la race humaine et tout le monde m’exaspérait.
J’arrêtai cependant de parler j’entendis des pas arriver vers la salle de bain. Je sortis le couteau de ma cachette et soupirai, avant de me mordre la langue. Je savais ce qui allait se passer. Je le savais même parfaitement. Si peu de temps après mon premier meurtre. Mais peu importe. Je faisais ce qu’il me plaisait, et quand je le souhaitais. Et la personne qui arrivait n’allait pas être déçue.

La porte s’ouvrit doucement, et il ne me fallut que très peu de temps pour plaquer sur le mur la personne qui venait d’entrer. Il s’agissait de Lily, et elle poussa un cri de surprise, les yeux écarquillés.

« Mais qu’est-ce … ?!
- Tu dis un mot, et je te tue. »


« Enfin, même si tu ne dis rien, je vais te tuer quand même. » Lily se débattit, mais étant plus jeune et frêle que moi, elle ne parvint pas à se dégager. Je lui attrapai les poignets de ma main et la foudroyai du regard. Son regard dériva sur mon couteau, et je sentis tous ses muscles se tendre.

« Magalie…
- Je t’ai dit de la fermer ! »


J’essayais de ne pas parler trop fort pour éviter d’attirer l’attention. J’espérais secrètement qu’aucune autre personne n’aurait l’idée de venir aux toilettes ou se laver les mains. Je me raclai la gorge et posai la lame de mon couteau sur la carotide de ma camarade. J’appuyai légèrement, assez pour laisser une petite griffure qui fit couler le sang.

« Arrête, s’il te plait… »

Je ne réagis pas. Je me contentai de ricaner silencieusement et de renforcer ma prise. Sa respiration devint progressivement difficile, et ses yeux se noyèrent de larmes. Elle me suppliait silencieusement, mais je restai insensible à ses prières. Je n’avais aucune pitié pour elle, et m’apprêtais à faire ce que j’avais simplement envie de faire.

Subitement, je la fis tomber par terre, et sa tête cogna violemment le carrelage. Elle voulut se relever, mais en un instant, je fus sur elle. Je lui mis ma main sur sa bouche pour éviter qu’elle ne hurle et n’attire tout le personnel de l’hôpital.

« Tu vas être bien sage maintenant, lui murmurai-je sournoisement. »

CHAPITRE 7


Je demeurais immobile, debout, le visage sombre. Dans ma main se tenait un couteau, couvert de sang. Les gouttes rouges tombaient sur le sol, provoquant de légers « ploc » que j’essayais d’ignorer. L’odeur métallique du sang emplissait la pièce entière. Le mur était tâché de rouge, et le carrelage avait subi le même sort. Il en était également de même pour mes mains, dont on ne reconnaissait même plus la couleur d’origine. Je remis une de mes mèches de cheveux en place, laissant une trace écarlate sur ma tempe. A mes pieds, un corps humain gisait, sans vie. Les yeux grands ouverts et la bouche légèrement entrouverte, Lily avait rendu son dernier soupir. Une plaie béante transperçait sa gorge, et son ventre était déchiré par les coups de couteau qu’elle avait reçu. Un fin filet de sang s’écoulait du coin de ses lèvres, ne mêlant à la flaque rouge dans laquelle elle se noyait progressivement.

« C’est bien, murmurai-je. Tu as été très sage. »

Un sourire carnassier illumina mon visage et je fis tomber le couteau de boucher sur le sol, qui s’écrasa en un fracas abominable. Je n’avais désormais que faire que l’on me surprenne. Tout était fini, j’allai être condamnée. Mais quelle importance ? J’étais née pour tuer, je le sentais. Il n’y avait plus aucun doute. Je n’avais aucunement honte de ce que je venais de faire. Le monstre qui se déchaînait en moi, avait enfin réussi à se libérer. Il avait si longtemps frappé contre les barreaux de sa cage, qu’il avait finie par les briser. Il y a une ombre au fond de moi, une force obscure qui m’alimente chaque jour. Et je ne voulais pas la chasser. Cette ombre faisait partie de moi, et je ne voulais pas qu’elle s’en aille. Elle me représentait, et c’était mieux ainsi.

« Je ne suis pas désolée Lily. »

Après avoir prononcé ces paroles, je m’assieds sur le sol, tachant mon jean de sang. Je commençai à plonger mon index dans le sang, et à écrire quelque chose sur le carrelage. « Monster. » Une fois ce mot rédigé, je le barrai d’une grande traînée rouge, et me mis une claque mentale. Non, ce n’était pas vrai. Je n’étais pas un monstre, pas vrai ? Tuer était un art, pas un crime. C’est un art qui ne s’apprend pas. On né avec ce don, et on meurt avec. L’on né tuer, on ne le devient pas. Et tuer n’avait rien d’anormal. Du moins, pour moi.

Je me passai la langue sur les lèvres, et toussotai légèrement. Combien de temps avant que quelqu’un ne s’aperçoive du massacre que je venais de commettre ? Cela se jouait désormais en minutes, et je ressentais une certaine impatience à l’idée que l’on découvre ce que j’avais fait. Comme si le ciel avait entendu mes pensées, j’eus vite fait d’entendre des bruits de pas s’approcher de la porte. Celle-ci s’ouvrit doucement et une voix féminine que je connaissais bien, retentit.

« Magalie ? »

Il s’agissait de Valérie, l’infirmière qui s’intéressait le plus à moi. Je tournai lentement la tête vers elle. Quelque chose me disait qu’elle n’allait pas être déçue. Lorsqu’elle fut totalement rentrée dans la pièce, Valérie lâcha le cahier qu’elle tenait et ouvrit la bouche. Son teint devint livide et elle recula d’un pas, tétanisée.

« Salut Valérie. »

Pas de réponses. L’infirmière semblait sous le choc, et je vis des larmes lui couler sur les joues.

« Mais… qu’est-ce… parvint-elle à articuler entre deux sanglots. Elle ne semblait ne plus rien comprendre et était sur le point de rendre son dîner. La scène était quelque peu horripilante, certes, mais était-ce une raison pour se mettre dans un pareil état ? »

Je me redressai et me mis face à elle, plantant mon regard emplit de ténèbres dans le sien. Un silence s’installa entre nous, et je finis par avancer vers Valérie, doucement mais surement. La femme attrapa la première chose qui lui passa sous la main –c’est-à-dire une bouteille de shampoing- et me menaça avec.

« Ne m’approche pas !
- Pourquoi ?
la questionnai-je, amusée. Tu as peur ? Je n’ai rien fait de mal pourtant. »

Toujours en larmes, l’infirmière me lança la bouteille dessus. Je n’eus aucun mal à l’esquiver et secouai la tête.

« Faut apprendre à viser chérie.
- Comment as-tu pu… Comment as-tu fait… ? »


Je fis passer mes yeux de Valérie au corps de Lily.

« Oh, j’ai juste pris un couteau, je l’ai poignardé avant de l’égorger. C’est plutôt simple à faire, il faut avoir un peu de force pour trancher la peau et les tendons, mais…
- Tais-toi ! »


Je ne le remarquai pas, mais l’infirmière appuya sur un bouton rouge d’une télécommande qui se trouvait dans sa poche, et une sirène retentit dans tout le service. Ce bruit me vrilla les oreilles et je dus me les couvrir avec mes mains en grimaçant. Quelques secondes plus tard, la moitié du personnel était devant moi, choqué par la scène de crime qui se jouait à quelques centimètres d’eux. Lorsque l’on m’ordonna de me mettre à genoux, je ne fis rien pour désobéir. Je me contentai de faire ce qu’ils me disaient, et me laissai entraîner en dehors de la salle de bain. Couverte de sang, les yeux de mes camarades s’agrandissaient d’effroi lorsque je passai près d’eux. L’on finit par me faire asseoir dans le hall du service, sur une chaise. Deux infirmiers me tenaient fermement, m’empêchant de m’enfuir.

« Ne fais rien de stupide, me lança le chef du service en attrapant un téléphone. »

Je compris qu’il était en train d’appeler la police nationale. Je soupirai et regardai le sol. Ça y est, c’était fini. Et pourtant, je ne ressentais aucune tristesse. J’allai surement finir mes jours en prison, mais ça ne m’inquiétait même pas. Peut-être était-ce ma destinée après tout ? Depuis toute petite, je me sentais différente et je savais que j’avais été créée pour détruire et semer la mort derrière moi. Maintenant que ceci était fait, la vie m’offrait la possibilité de rester en vie, mais en prison.

Une dizaine de minutes à peine s’écoula, avant que la police ne débarque dans le service. L’on me mit les menottes et me traîna dehors. Je savourai l’air frais du début de la nuit. Cela faisait longtemps que je n’étais pas sortie de cet hôpital. Il y avait bien la cour dans laquelle on nous laissait sortir dix minutes par jour, mais ce n’était pas pareil. Là, j’avais l’impression d’être libre. Un paradoxe, quand on y pense.

« Monte. »

Un policier m’ouvrit la porte arrière de son véhicule de police, et m’y fit entrer de force. Je m’assieds et l’on me boucla ma ceinture. Les mains toujours attachées par la ferraille, je ne pouvais rien tenter. C’était peine perdue. Et puis au fond, à quoi bon ? Pourquoi s’enfuir ? Ils me retrouveraient dans tous les cas.

Je me demandai comment allait réagir ma mère lorsqu’elle apprendrait cela. Elle savait que j’étais atteinte de psychopathie et de psychose, ainsi que de pulsions meurtrières. Mais je supposais qu’elle n’aurait jamais cru que je passerai réellement à l’acte un jour.

« Pourquoi tu as fait ça ? me lança un policier en se retournant, pendant que son collège mettait le contact.
- Parce que j’en avais besoin. »


CHAPITRE 8


J’étais assise, regardant droit devant moi, ne prononçant pas le moindre mot. Que pouvais-je bien dire de toute façon ? Rien. Absolument rien. Seul le silence semblait me comprendre désormais. Je baissai les yeux vers mes mains, menottées par de l’acier qui semblait avoir été créé pour résister à la plus puissante des tempêtes. Je ne tremblais pas. Je ne pleurais pas. Je ne suppliais pas. J’étais simplement immobile. Sans aucune pensée en tête. Juste le néant. Le vide. Une coquille vide, c’était ce que j’étais.

« Magalie, levez-vous. »

La voix grave du juge me fit cligner des yeux, et je mis quelques temps à obéir. Ce ne fut que lorsque mon avocat me souleva le bras, que je fus contrainte d’abdiquer. Je me redressai doucement et plantai mon regard dans celui qui avait désormais mon destin entre ses mains. Je ne pliais pas, je ne cédais pas à la pression qu’il exerçait de par ses simples yeux.

« Vous avez été reconnue responsable des meurtres de Julie Clark et Lily Belansale. Vous êtes cependant atteinte d’une maladie, et c’est pour cela que l’on ne va pas vous condamner à la prison à perpétuité. Magalie, vous serez internée dans une institue psychiatrique pour le restant de vos jours. Cependant, vous bénéficierez d’un traitement particulier ; vous serez seule. Toute seule. Pour vous éviter de commettre d’autres meurtres. »

Aucune émotion. Aucune sensation. Je me contentai d’hocher la tête et de me rassoir. Du coin de l’œil, je vis ma mère éclater en sanglots, pendant que mon père lui caressait le dos. Ils ne me lançaient pas un seul regard, comme si je n’existais plus. Comme si ils ne m’aimaient plus. Peut-être était-ce le cas après tout ? J’avais détruit leur vie. J’avais brisé tant d’espoirs, tant d’avenir. C’était de ma faute. « Et alors ? »

« Je suis désolé. Je ne peux rien faire de plus. »

Je tournai la tête vers mon avocat qui me regardait avec une sorte de pitié dans le regard. Je levai les yeux au ciel et haussai les épaules, indifférente. J’étais condamnée à mourir dans un hôpital psychiatrique. Que pouvais-je y faire ? C’était fini désormais. J’étais devenue un monstre. Un être sans état d’âme. Ma vie était devenue mon tombeau.

***

Je regardai ma mère poser sa main sur la vitre qui nous séparait. Elle avait sa bouche près du micro, et était au bord des larmes. Elle me suppliait de lui dire quelque chose, d’ouvrir la bouche pour parler. Mais je restai muette, je ne pipai mot. Je l’observais dans le silence le plus total, insensible à ses pleurs.

« Magalie, s’il te plait… je t’en prie… dis-moi que ce n’est pas toi. Dis-moi qu’il y a une erreur. »

Une erreur ? Surement pas. J’étais coupable, les choses étaient ainsi faites. Je n’avais rien à cacher, rien à oublier.

« Magalie…
- Il n’y a aucune erreur
, lâchai-je froidement. »

A ces mots, ma mère fondit en larmes, alternant entre sanglots et hoquets étouffés. Elle recula, s’éloignant de la vitre, et s’en alla sans jeter un seul regard en arrière. Je ne ressentis rien ; aucune peine, aucune colère, aucun regret. J’étais même contente qu’elle parte ; j’en avais eu assez de ses gémissements et de ses plaintes.

Finalement, ce fut au tour de mon père d’arriver. Il s’assit sur la chaise, porta le micro près de sa bouche, et soupira. Ce fut tout ce qu’il fit ; soupirer. Rien d’autre. Je clignai des paupières lorsqu’il posa sa main sur la vitre, peut-être dans le vain espoir que je fasse de même. Cependant, je restai de marbre. Il se releva alors, et imita ma mère. Il sortit. Et ne revint pas.

***

Les mains attachées dans le dos, je marchai lentement dans un couloir immaculé. J’étais accompagnée de deux infirmiers et d’un policier armé. J’avais l’impression d’être un de ces prisonniers que l’on envoyait à la chaise électrique. Au final, c’était un peu ce qui m’arrivait ; j’étais condamnée à pourrir ici pour le restant de mes jours. Vous parlez d’un destin.

Un infirmier pris les devants et ouvrit une porte blindé. A l’intérieur, on y trouvait un matelas pour dormir. Une petite étagère. Et des toilettes. C’était tout. Les murs étaient en mousse et cela me rappelait énormément la cellule d’isolement de mon ancien hôpital. On me força alors à me déshabiller. On m’ôta mes vêtements et on me fit enfiler une blouse blanche qui puait le plastique. Je maugréai mais ne me rebellai pas.

« C’est ici que tu seras désormais. »

L’infirmier qui avait ouvert la porte, me fit m’asseoir sur le matelas et posa sa main sur mon épaule. Ce contact me fit frémir et je reculai, par réflexe.

« Je suis navré. »

Son ton était sincère. Je le regardai, troublée. Pourquoi s’excusait-il ? Je ne comprenais pas. Je m’apprêtai à lui demander, mais il ne m’en laissa pas le temps. Il se détourna et emmena avec lui ses collègues. La porte se referma sur moi, me laissant seule. Toute seule. Avec mes pires cauchemars.

***

J’avais réussi. J’avais enfin réussi. Fière, je levai la lame en métal que j’étais parvenue à extraire du matelas. Après l’avoir déchiré, malmené dans tous les sens, j’étais enfin arrivée à faire ce que je voulais ; trouver une « arme », si on pouvait appeler ça une arme. Cela ressemblait à un gros ressort rouillé, sauf que c’était très tranchant. Je vérifiai ma théorie en me le passant sur le doigt, jusqu’à ce qu’une entaille se forme et que du sang ne coule. Je souris intérieurement, et serrai fortement ma trouvaille dans ma main. J’avais trouvé comment m’enfuir d’ici.

« Je vais partir. Loin d’ici. Loin de tout ça. Et ne jamais revenir. »

Je m’en étais fait la promesse. Et je tenais toujours mes promesses. Fébrile, je portai la lame à mon avant-bras, et la posai sur la veine de mon poignet. J’appuyai fortement jusqu’à percer la peau et la veine, et commençai un long trait à la verticale. Je m’ouvris ainsi tout l’avant-bras, ne m’arrêtant que lorsque je fus arrivée au niveau du coude. Avec le peu de force qu’il me restait dans la main gauche, je fis de même sur mon bras droit. Le sang dégoulinait de ma peau pour venir s’écraser à mes pieds, et son odeur salée et métallique me satisfaisait. Je lâchai un rire avant de tomber à genoux, glissant dans mon propre sang. Et dans un dernier élan, je me tranchai la gorge.

« C’est fini. »

Je tombai au sol, mon énergie me quittant peu à peu. J’avais appris où il fallait couper pour provoquer la mort, et je savais que je ne m’étais pas trompée. J’allais mourir. Pour mon plus grand bonheur. Je crachai du sang et de la bile, frémissante. Je serrai les poings et toussai, laissant mon corps se couvrir de spasmes. Un voile noir s’installa devant mon champs de vision, et même en clignant plusieurs fois des paupières, ma vue ne revint pas. Je sentis mon souffle s’éteindre, en même temps que mon cœur et la dernière flamme de vie qui brillait dans mon regard. M’éteindre. S’éteindre. Comme une bougie. J’étais la dernière étoile du ciel. J’ai brillé, mais lorsque l’on me verra de nouveau, j’aurai brûlé. Morte. Finie. Assassinée.

Détruite. Cassée. Brisée.

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Last edited by North on Sat 19 Aug 2017, 21:53; edited 10 times in total
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PostPosted: Wed 7 Dec 2016, 17:35    Post subject: Née pour tuer. // TERMINÉ Reply with quote

Oh mon dieu ça a l'air tellement génial *^* Compte sur moi pour suivre !
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PostPosted: Wed 7 Dec 2016, 18:48    Post subject: Née pour tuer. // TERMINÉ Reply with quote

J'AI HÂTE DE VOIR L'HISTOIRE !!!  *se calme...*
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Noby
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PostPosted: Wed 7 Dec 2016, 21:11    Post subject: Née pour tuer. // TERMINÉ Reply with quote

L'image vient d’où ? :3
Elle me dit quelque chose cx
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PostPosted: Wed 7 Dec 2016, 21:19    Post subject: Née pour tuer. // TERMINÉ Reply with quote

Merci. ♥ J'ai commencé le prologue.
Noby → J'ai ajouté le lien de l'image sur le sujet. :3
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Noby
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PostPosted: Wed 7 Dec 2016, 22:17    Post subject: Née pour tuer. // TERMINÉ Reply with quote

Merci beaucoup ! :D
Je viendrais jeter un coup d’œil à l'histoire cx
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PostPosted: Wed 7 Dec 2016, 22:17    Post subject: Née pour tuer. // TERMINÉ Reply with quote

PROLOGUE


Je me souviendrai toujours de ce jour.
Ce jour où tout a basculé.
Ce jour où j’ai compris que plus rien ne serait jamais comme avant.
Ce jour où j’ai compris que… que je n’étais pas comme les autres.


J’ai toujours été une petite fille très peu émotive, préférant rester à l’écart des autres. Je fus diagnostiquée précoce –surdouée si vous préférez- à l’âge de 5 ans et demi. Un bonheur pour mes parents qui m’imaginaient déjà un avenir brillant, plein d’études compliquées et de culture en tout genre. Seulement moi, le travail, ça ne m’a jamais vraiment intéressé. J’ai toujours fait le strict minimum et m’en sortais avec une moyenne générale d’environ 13. Je n’ai jamais été le stéréotype parfait de l’enfant surdoué ; je n’ai pas de lunettes rondes, je n’ai pas deux couettes, je ne suis pas petite et maigre, je n’ai pas un air « intello » sur la figure. Non, à vrai dire, je suis… une fille normale. Je ne me distinguais pas du lot, je ne me faisais pas remarquer. Jusqu’à ce jour où tout le monde se rendit compte que quelque chose n’allait pas chez moi.

J’étais en classe de CE2, assise à ma table, entourée de trois autres élèves de ma classe. Je n’avais pas de liens particuliers avec eux ; pour être honnête, je n’avais de liens d’amitié avec personne. Je ne ressentais pas le besoin de me créer d’amitié avec d’autres enfants de mon âge. Pour moi, ils étaient sans intérêt. A l’époque, je ne trouvais pas bizarre que je ne ressente presque aucune émotion. Tout était normal à mes yeux. La colère était à peu près le seul sentiment que je parvenais à sentir et à comprendre. Elle est sans cesse omniprésente et ne demande qu’à s’exprimer. Je n’ai aucune empathie, aucun remord à agir comme je le fais. Malgré mon jeune âge, je n’avais déjà aucune difficulté à manipuler mes camarades pour obtenir ce que je voulais. Enfin, je crois que je m’égare un peu. Pour en revenir à ce que j’étais en train de dire, j’étais donc assise en classe, n’écoutant que d’une oreille un cours d’additions et de soustractions. Lucas –c’était le nom du garçon assis à côté de moi- a alors commencé à m’écrire sur le bras avec son stylo. Je n’ai pas réagi directement, trouvant l’action puérile et décidant qu’il ne méritait pas que l’on lui prête attention. Mais il continuait, et j’ai fini par perdre le contrôle. Je lui ai attrapé le poignet, tordu la main et plaqué la tête contre la table. Il en est ressorti avec deux doigts et le nez cassés. Lorsque l’on m’a demandé si je regrettais, j’ai répondu que non. Je ne ressentais aucun regret. Au contraire, j’étais même plutôt fière de moi.

Suite à cet incident, mes parents m’ont envoyé voir un spécialiste. Un psychiatre, je crois que c’est comme ça qu’ils les appellent. J’étais réticente à l’idée d’y aller, mais je savais que je n’avais pas le choix. J’eus vite fait de faire le rapprochement entre l’accident de l’école, et ce rendez-vous. Je savais que j’avais fait une bêtise, mais je ne parvenais tout simplement pas à m’en vouloir. Et mes parents commençaient à s’en inquiéter. Lorsque j’ai rencontré le psychiatre, il m’a posé tout un tas de questions grotesques et inutiles auxquelles j’ai répondu avec peu d’intérêt. Je ne voyais pas le but de tout cet interrogatoire et ne souhaitais qu’une chose ; quitter cette pièce le plus vite possible.

Si lors du premier rendez-vous, le psychiatre ne remarqua rien de particulier, ce ne fut pas le cas lors de la quatrième séance. Comme vous le savez surement, on ne peut pas déceler le mal-être psychique d’un patient en une seule séance. Et comme le spécialiste avait tenu à me revoir… je n’avais pas eu d’autres choix que d’y retourner. Je me souvenais parfaitement des mots qu’il avait prononcés à mes parents déboussolés : « votre fille semble être atteinte de psychopathie et d’une légère psychose. » Il a ensuite déballé tout un tas de trucs médicaux auxquels je n’ai strictement rien compris. Je n’écoutais que d’une oreille de toute façon, et étais concentrée sur le sol qui se trouvait sous mes pieds.

Après plusieurs autres séances et le diagnostic final prononcé, l’on a alors commencé à me donner des médicaments. Ces médicaments me rendaient incroyablement faibles et j’avais du mal à rester éveillée en cours. Je grandis avec ces médicaments qui étaient désormais devenus mon quotidien. J’ai alors commencé à me droguer pour ne plus ressentir les effets de la fatigue. Je me rendais au Lycée qui se trouvait près de mon Collège, dérobais de l’argent à ma mère, et achetais de la drogue à un Lycéen dealeur. Oui, je n’avais que 12 ans, mais je ne voyais pas d’autres solutions à l’époque. J’ai également commencé à torturer des animaux. Il m’arrivait de capturer des chats errants et de les tuer d’un coup de couteau. Je cachais ensuite les cadavres dans des bennes à ordures. Je ne savais pas pourquoi je faisais ça, mais cela m’aidait à canaliser toute cette violence qui résidait en moi. Je me rebellais devant ma famille, fuguais, séchais les cours, insultais tout le monde… Ils pensaient tous que je faisais une crise d’adolescence, mais c’était tellement bien pire que ça.

A la veille de mes 13 ans, j’ai craqué. Je ne voulais pas être fatiguée le jour de mon anniversaire qui était dans une semaine, alors j’ai balancé mes boîtes de pilules dans la poubelle de ma chambre. Et je m’étais promis de ne plus jamais les prendre. Malheureusement, l’arrêt du traitement médical que l’on m’avait imposé, eut des conséquences plutôt.. dramatiques. J’eus vite fait de perdre totalement la raison. Plus aucun contact avec la réalité n’était devenu possible. J’étais comme dans un autre monde, et étais devenue très violente et dangereuse. Je ne me souviens pas de grand-chose, mais il me semble que j’ai menacé mes parents avec un couteau. Puis, j’aurais moi-même commencé à menacer de me trancher la gorge avec cette même arme. Mes parents m’ont alors donné de force des neuroptiques sédatifs, pour calmer cette crise de violence.

Et enfin, je me souviens m’être réveillée aux urgences pédiatriques. J’étais perfusée et un tranquillisant m’était administré par intraveineuse. Mon psychiatre avait ordonné une hospitalisation d’urgence dans le centre psychiatrique pour adolescents, qui se situait à environ 20 minutes de chez moi. J’en avais déjà entendu parler, mais jamais je n’aurais cru y aller un jour. Pourtant, c’est ce qui s’est passé.

Voilà comment je me suis retrouvée hospitalisée de force en psychiatrie. Je ne savais pas quand j’allai en ressortir, ni même comment et avec qui. Qu’allai-je devenir, dans cet endroit qui ne me correspondait pas ? J’étais peut-être atteinte de psychopathie et de psychose, je n’étais pas folle. Du moins, je le croyais. Je m’ignorais dangereuse, pour moi, mon comportement était normal. Je ne savais pas de quoi j’étais capable. Tout ce dont je me rendais compte, c’était que je ressentais le besoin irrépressible d’assouvir des pulsions qui brûlaient en moi. Des pulsions meurtrières qui me hurlaient qu’elles devaient être assouvies.

Je me suis laissée hospitalisée. Je me suis laissée soigner. Mais je me suis également promise de libérer quelque chose qui frappait contre les barreaux de la cage de mon esprit.
Avec la ferme intention de ne pas en rester là.

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PostPosted: Thu 8 Dec 2016, 00:47    Post subject: Née pour tuer. // TERMINÉ Reply with quote

C'est génial Paillou, je suivrai avec attention
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PostPosted: Thu 8 Dec 2016, 09:05    Post subject: Née pour tuer. // TERMINÉ Reply with quote

C a l'air cool je vais suivre :)
C'est Flaky sur l'image ?
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Merci de ne pas prendre les images de ma signa et pdp, personnage m'appartenant
Peu actif. Mais n'hésitez pas à me mp si vous voulez parler ou question
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PostPosted: Thu 8 Dec 2016, 12:54    Post subject: Née pour tuer. // TERMINÉ Reply with quote

Merci. ;; ♥
Ichigo → Yep' ! HTF en force ! 8D
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PostPosted: Thu 8 Dec 2016, 14:43    Post subject: Née pour tuer. // TERMINÉ Reply with quote

J'adore ! C'est trop bien écriiiit
Je vais suivre **
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PostPosted: Thu 8 Dec 2016, 15:37    Post subject: Née pour tuer. // TERMINÉ Reply with quote

Merciii. ♥ J'ai fait le plan de toute mon histoire, il y aura donc normalement 10 chapitres (12 avec le prologue et l'épilogue). Voilà voilà. :3
Voici le chapitre 1 !
--------------------------------------
CHAPITRE 1


Toujours la même routine.
Toujours les mêmes murs s’offrant à moi à chaque fois que j’ouvre les yeux.
Toujours les mêmes sons, toujours les mêmes odeurs.
Cela en devient lassant.


Je restai immobile pendant plusieurs minutes, allongée dans mon lit, le corps à demi-couvert par la couette blanche qui caressait mes jambes. Mes yeux scrutaient le vide sans but précis, mes pensées semblèrent se perdre. J’inspirai profondément, mais ne relâchai l’air que j’avais amené à mes poumons. Je me concentrai sur la respiration de ma camarade de chambre, pour savoir si oui ou non, elle était encore endormie. Un léger ronflement m’indiqua qu’elle était toujours plongée dans les bras de Morphée. J’expirai doucement, et fermai à nouveau les paupières. D’après les rayons du soleil qui émanaient d’entre les volets, les Infirmiers ne tarderaient pas à venir frapper à notre porte pour nous réveiller. Je n’avais aucune envie de me préparer avant que cela n’arrive, c’est pourquoi je préférai demeurer dans mon lit.

Pourquoi étais-je là ? C’était une question à laquelle je n’avais pas de réponse. Voilà près de 3 semaines que j’étais internée dans cet hôpital psychiatrique pour adolescents. Je ne m’y sentais pas à ma place, je n’avais rien fait de mal. Pourquoi m’avait-on placé ici ? Comment mes parents avaient-ils osés me trahir et m’enfermer dans ce bâtiment ? Je ne comprenais pas. Il n’y avait rien d’anormal chez moi, pas vrai ? Il était possible que j’ai un problème au niveau sentimental et relationnel, mais cela méritait-il vraiment une hospitalisation ? J’en voulais au Monde entier, j’étais enragée. Je n’avais que 13 ans, comment pouvait-on oser me faire ça ? Me déscolariser ? M’enfermer comme un animal ?

Je n’eus plus le temps de réfléchir davantage, puisque deux coups frappèrent à notre porte, avant que cette dernière ne s’ouvre pour laisser place à une infirmière. Elle abordait un grand sourire, et sa voix résonnait comme étant légèrement chantante.

« Il est l’heure de se lever les filles. »

Sans rien ajouter de plus, elle entra dans notre chambre et alla ouvrir les volets, avant de repartir pour nous laisser nous habiller. Julie, ma camarade de chambre, émergea doucement du sommeil et s’assit sur son lit en baillant. Elle me lança un rapide sourire. Sourire que je ne lui rendis pas. Julie était là depuis un mois, pour forte dépression nerveuse. Je savais qu’elle essayait de devenir amie avec moi, mais c’était peine perdue. Je ne comprenais pas les gens dépressifs. Ils étaient stupides, inutiles ; pourquoi se torturer l’esprit pour tout et rien ? Non, franchement, je n’avais rien d’une pauvre et idiote gamine se faisant passer pour dépressive. La dépression, c’est pour les faibles.*

« Salut Magalie.
- .. Salut. »


Sans plus un mot, je me levai et allai jusqu’à mon armoire pour en sortir mes affaire. Je m’habillai rapidement, et n’attendis pas Julie pour sortir et me diriger vers le self pour prendre mon petit-déjeuner. Je m’installai à une table, toute seule, avec un jus d’orange et un pain au chocolat. Malheureusement, ma tranquillité fut vite interrompue. Un garçon d’environ 11 ans, s’approcha de moi et s’assied à ma table en me souriant de toutes ses dents. Agacée, je soufflai et levai les yeux au ciel, avant de décider de l’ignorer. Je mangeai en silence, et grognai lorsqu’un infirmier vint vers moi pour me déposer deux pilules bleues à côté de mon verre. Il s’agissait de mes médicaments pour ma psychose, et je détestais les prendre. Ils me rendaient molle et fatiguée, et je n’aimais pas ça. Je me sentais faible et vulnérable lorsque je les prenais. Ce fut donc à contrecœur que je les pris dans la paume de ma main, et les avalai sans grand enthousiasme. J’allai ensuite débarrasser mon plateau, avant de marcher jusqu’à la salle de bain des filles pour me laver les dents. Je me regardai dans le miroir, et poussai un soupir las. J’avais des cernes affreux sous les yeux, et mon teint était livide. Ne prenant pas plus le temps de me contempler, je me rinçai la bouche et revins dans la salle principale, qui était occupée par trois adolescents qui lisaient des bouquins peu intéressants. Une journée pourrie commençait. Comme d’habitude à vrai dire. Le train-train quotidien de cet hôpital me rendait malade, on s’y ennuyait à mourir et personne ne daignait à s’occuper de vous. Vous êtes en quelque sorte livrés à vous-même. En gros, c’est un peu « démerdez-vous pour vous trouver une activité, nous on est là pour boire notre café, tranquillement posés dans le bureau des infirmiers ». Super, génial, merci.

« Magalie ? »

A l’évocation de mon prénom, je tournai la tête pour retrouver face à face avec Mme.Grenah, la psychologue de l’hôpital.

« Oui ?
- Viens avec moi s’il te plait, j’aimerais que nous discutions un peu. »


Surprise, je n’ajoutai cependant rien. Je me contentai de la suivre jusqu’à son bureau, et me posai sur une chaise lorsque j’y fus entrée. La psychologue me sourit, avant de s’installer à son tour et à croiser ses mains devant moi.

« Pourquoi souhaitez-vous me voir ?
- Pour que nous fassions une séance. Voilà 6 jours que je ne t’ai pas vu.
- Nous voir n’est pas forcément nécessaire…
maugréai-je de mauvaise foi. »

Au lieu de se vexer, la psychologue eut un petit rire. Je plantai mes yeux bruns dans les siens, et attendis qu’elle ne se décide à poser toutes ces questions bêtes et ennuyantes.

« Comment te sens-tu Magalie ? »

Qu’est-ce que j’avais dit.

« Bien. »

Je ne voulais pas me compliquer la vie en rentrant dans les détails. Et puis pour être honnête, je ne savais même pas comment j’allais. Je n’étais pas triste, je n’étais pas heureuse. J’étais simplement… rien. Le vide. Le néant. Mais allez expliquer ça, vous.

« Cela va faire 3 semaines que tu es ici à présent. Sens-tu une amélioration de ton état ?
- Je ne suis pas malade. Je n’ai rien à faire ici. Mon état ne peut pas s’améliorer, puisqu’il n’a jamais été dégradé. »


Je crus entendre la spécialiste pousser un soupir, mais je ne le relevai pas. Quelle importance ?

« Il faut que tu comprennes que si, tu es malade. Tu as un problème, ma puce. Sinon, tu ne serais pas ici. Magalie… tu sais que tu es atteinte de psychopathie et de psychose, pas vrai ?
- Je ne suis pas malade. »


Je m’entêtai à répondre toujours la même chose. Je détestais les entretiens avec les psychologues, et avais décidé de ne faire aucun effort pour répondre à leur interrogatoire.

« Très bien… as-tu réussi à tisser des liens avec les autres adolescents du service ?
- Non.
- Pourquoi ça ? Tu ne t’entends pas avec eux ? Ils ne t’acceptent pas ? »


Je souris faussement et secouai la tête, faisant onduler ma crinière châtain.

« C’est moi qui ne les accepte pas.
- Pourquoi ?
- Parce qu’ils ne sont pas comme moi.
- En quoi ne sont-ils pas comme toi ?
- En tout. »


Si la psychologue commençait légèrement à s’énerver, elle n’en montra rien. Elle inscrit juste quelques notes sur une feuille de papier, avant de redresser la tête.

« Veux-tu me dire quelque chose de particulier, Magalie ? »

Je répondis une fois de plus par la négative, prête à me sauver comme une voleuse. Comprenant que je désirais partir, Mme.Grenah se leva de son siège et m’accompagna jusqu’à la porte de son bureau.

« Bon… je ne suis pas sure que tu sois encore prête à me parler. Inutile d’aller plus loin. Je te souhaite une bonne journée.
- Une journée ne peut être que mauvaise dans un endroit pareil. »


*Etant moi-même dépressive depuis près de 4 ans, je tiens à dire que je ne pense PAS DU TOUT ce que j'ai écris.
Je me mets juste dans la peau de mon personnage.
Je préfère préciser avant qu'il n'y ait des malentendus. :3

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PostPosted: Thu 8 Dec 2016, 20:26    Post subject: Née pour tuer. // TERMINÉ Reply with quote

Magnifique *^* Encore tu fois, j'adore ton style d'écriture. La suite ! :D
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PostPosted: Fri 9 Dec 2016, 18:01    Post subject: Née pour tuer. // TERMINÉ Reply with quote

Mercii. ♥ Je pense poster le chapitre 2 ce soir ou ce week-end.
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PostPosted: Fri 9 Dec 2016, 18:21    Post subject: Née pour tuer. // TERMINÉ Reply with quote

OH MON DIEU C'EST TROP BIEN.
Je suivrai attentivement ^^
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Brume de Soleil
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PostPosted: Fri 9 Dec 2016, 23:16    Post subject: Née pour tuer. // TERMINÉ Reply with quote

Mais c'est vraiment GÉNIAL Pailllou ! Ton perso est vraiment original, bien décrit, j'adore ! Et tu écris vraiment bien, chapeau !
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PostPosted: Sat 10 Dec 2016, 00:35    Post subject: Née pour tuer. // TERMINÉ Reply with quote

Aaaaaaah merci. *^* Ça me touche. ❤
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PostPosted: Wed 14 Dec 2016, 16:38    Post subject: Née pour tuer. // TERMINÉ Reply with quote

Sorry du retard, j'allais pas bien ces derniers jours, alors j'ai pas écrit. *dies* Mais ça va mieux !
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CHAPITRE 2


L’ennui, encore et toujours.
Que pouvais-je faire de toute façon, à part me morfondre et attendre que le temps ne daigne à passer ?
Que pouvais-je faire, à part lever les yeux au ciel ?
Que pouvais-je faire, à part éviter le plus de contact avec les autres adolescents du service ?


J’étais assise à une table, un livre ouvert entre mes mains. Mes yeux parcouraient les lignes, sans vraiment faire attention à ce qui était écrit. Cela faisait bien une heure que je « lisais », et pourtant j’étais incapable de dire quel était le sujet de ce foutu livre. Je n’en pouvais plus, tout simplement. La routine de cet hôpital me rendait folle. Je n’avais rien à faire ici, je le savais parfaitement. L’odeur qu’avait cet hôpital me donnait la nausée, le fait de voir écrit « unité psychiatrique pour adolescents » sur la porte principale, me rappelait sans cesse l’endroit où l’on avait eu l’audace de m’enfermer. Cela m’insupportait au plus haut point. Je n’avais beau avoir que 13 ans, j’étais parfaitement consciente du Monde qui m’entourait. Et j’étais également consciente que je n’avais ma place nulle part. Je ne correspondais à aucun trait du caractère humain ; pas d’émotion, absence de remords, intelligence hautement supérieure à la moyenne. Oui, je n’avais rien d’une petite fille « normale » comme on dit. Mais vous savez, je n’aime pas le terme de normalité. Après tout, qu’est-ce donc ? N’est-ce pas simplement un mot futile inventé par la société pour permettre aux gens d’établir des limites de normalité ? Je secouai la tête, agacée. J’en avais marre de penser ainsi, je ne devrais pas songer à toutes ces choses-là... du moins, je crois. D’après ce que l’on m’a dit, les filles de mon âge pensent à s’amuser, aux garçons, aux livres, aux activités artistiques, au sport et que sais-je encore. Alors pourquoi moi, je n’étais pas comme ça ?

« Salut Magalie ! »

Je sursautai et manquai d’envoyer mon livre dans la figure de la personne qui m’avait interpellé. Lorsque je remarquai qu’il s’agissait de Lucas, un garçon de 15 ans, je grommelai et levai les yeux au ciel.

« Qu’est-ce que tu veux ? le questionnai-je d’une voix agressive.
- Oh, calme-toi ! Je te dis juste bonjour. On ne s’est pas encore vu aujourd’hui.
- Et bien maintenant que c’est chose faite, tu peux partir. »


Lucas leva un sourcil, sans pour autant déguerpir. Je savais qu’il lui en fallait plus pour le faire bouger. Malheureusement.

« Si j’ai envie de rester là, je reste là. En quoi c’est un problème pour toi ?
- C’est toi mon problème ! Toi et tous les autres ! Vous êtes tous des putains de problèmes à mes yeux, alors arrêtez de venir me voir pour tout et n’importe quoi ! »


A ces mots, je pliai en deux une feuille de mon livre et refermai rageusement la couverture de ce dernier en un claquement sec. Je fronçai les sourcils, me levai, et m’apprêtai à tourner les talons, mais Lucas posa une main sur mon épaule.

« Magalie, attends ! Qu’est-ce qu’il ne va pas avec toi ? »

Qu’est-ce qu’il ne va pas avec moi ? Il osait me poser une telle question ? Je sentis une rage incontrôlable m’envahir, et sans pouvoir m’empêcher de faire quoi que ce soit, je me retournai et poussai avec violence mon camarade. Il atterrit sur la table en bois et poussa un cri de douleur lorsque son dos heurta le bord de la table. J’étais sur le point de lui sauter dessus, mais je sentis brusquement deux bras m’entourer avec force. Je compris rapidement qu’il s’agissait d’un infirmier. Cependant, je n’étais pas vraiment du genre à me laisser faire, et je n’avais aucune envie de me montrer comme étant faible.

« Lâchez-moi ! »

Je me débattis comme une folle, cherchant à griffer et à mordre, enragée. Je réussis à me libérer de la poigne de l’infirmier, et m’enfuis à toute vitesse vers la salle de bain. De rage, je donnai un immense coup de pied dans le mur, et un trou se forma à l’endroit de l’impact. Celui qui m’avait suivi, me pris par surprise et me plaqua contre le mur avec force et sans ménagement. Je hurlai, me débattis, ignorant la douleur qui se répandait à travers mon pied, et qui remontait le long de ma cheville et de ma jambe. Je ne voulais pas me laisser faire, je ne voulais pas leur montrer que j’étais du genre à me plier à leurs foutues règles. Je voulais leur montrer qu’ils avaient tous eu tort de m’enfermer ici, qu’ils feraient mieux de me libérer. Je n’étais pas folle, je n’avais rien d’une folle ! Je n’avais pas à être enfermée dans un hôpital psychiatrique ! Je n’avais pas à devoir côtoyer la souffrance des autres adolescents 24/24h !

Un autre infirmier arriva rapidement et me cloua au sol, m’attachant les mains dans le dos. J’avais l’impression d’être une fugitive à laquelle on passait les menottes. Je me sentis soulevée du sol et transportée vers une salle que je ne connaissais que trop bien. Je n’y avais encore jamais été, mais ceux qui me l’avaient décrite, savaient de quoi ils parlaient. La salle d’isolement.

« Laissez-moi ! criai-je avec colère, dans l’espoir qu’ils ne me lâchent et me laissent partir. »

Une porte métallique s’ouvrit dans un fracas épouvantable, et l’on me jeta au sol, avant de m’enlever mes habits. Je me retrouvai rapidement en sous-vêtements, alors que le personnel attrapait le pyjama réservé aux adolescents placés en isolement. Je grondai, crachai, tentai de blesser, de frapper les infirmiers. J’étais décidée à ne pas me laisser faire, je ne voulais PAS me laisser faire. Qui étaient-ils exactement, pour m’enfermer comme un animal ? J’avais l’impression d’être une bête sauvage qui était destinée à être enfermée dans une cage. Pourquoi les hôpitaux psychiatriques n’utilisaient toujours que la solution de facilité ? Pourquoi n’essayaient-ils jamais de parler avec les malades, avant de les isoler sans leur parler ? Pourquoi ne tentaient-ils pas de comprendre leurs agissements, en parlant calmement avec eux ? Pourquoi choisissaient-ils toujours d’enfermer les adolescents, comme des fous furieux ?

Après un dernier coup de poing, je sentis mes forces faiblir. Je compris rapidement que l’on m’avait injecté un tranquillisant pour me faire dormir et me dompter. Ma vision se troubla rapidement et un bourdonnement horrible eut bientôt fait de retentir à mes oreilles. Je me laissai tomber à genoux sur le sol métallique, et entendis faiblement la porte d’acier se refermer. Je fus alors plongée dans une lumière totalement artificielle, avant de m’écrouler sur le sol, happée par les ténèbres.

***

« Alors… voilà à quoi cela ressemble, la salle d’isolement. »

J’étais assise sur le pauvre matelas de fortune que m’offrait la pièce, et contemplais les lieux avec une affreuse envie de vomir. Je m’étais réveillée il y a environ une dizaine de minutes, et avais mis quelques temps avant de me rappeler ce qu’il s’était passé. Le spectacle qui s’offrait à moi, me laissait un goût âcre dans la bouche. Les murs étaient faits d’acier, le matelas était posé par terre sans couverture ni oreiller. Pas de fenêtres, juste une ampoule solitaire au plafond pour vous éclairer. Il n’y avait pas de lavabo, pas d’eau, pas de nourriture. Pas de toilettes non plus. Si vous voulez faire vos besoins, vous avez un seau. Rien de plus. Ces conditions de vie étaient abominables, et je reniflai de dégoût.
Je me levai lentement du matelas et allai poser mes mains sur la porte métallique de l’entrée de la pièce. Il y avait une ouverture par laquelle je supposais, on faisait passer les plateaux de nourriture. J’espérai fortement que l’on me laisserait sortir avant l’heure du déjeuner. A vrai dire, je m’étais déjà calmée. Le tranquillisant que l’on m’avait injecté, m’avait complètement shooté. Je n’aimais pas forcément cela, mais j’appréciais de ne plus être rongée par la colère, et d’avoir l’impression de planer. Cela me rappelait la drogue que je prenais avant d’être hospitalisée. Je me rendis alors compte que tout cela me manquait ; la drogue, la cigarette, l’alcool… oui, je n’avais que 13 ans, mais je m’en foutais. Totalement. Ces choses étaient délicieusement délectables, et elles me manquaient. Je donnerais n’importe quoi pour avoir une cigarette, un verre de vodka ou un sachet de shit.

Je soupirai et me laissai tomber sur le sol, avant de poser ma tête contre le mur. Combien de temps allais-je devoir rester enfermée ici ? 1h ? 4h ? Une journée ? Une nuit ? Je ne savais même pas quelle il était. Il n’y avait pas d’horloge dans la salle d’isolement, et n’ayant pas de montre, je ne pouvais pas lire l’heure. De plus, je ne pouvais pas me repérer grâce au soleil, étant donné qu’il n’y avait pas de fenêtre.

« Faites-moi sortir d’ici, murmurai-je pour moi-même. Faites-moi sortir d’ici, que je les massacre tous. »

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Astérisme
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PostPosted: Wed 14 Dec 2016, 17:03    Post subject: Née pour tuer. // TERMINÉ Reply with quote

Omg c'est trop bien écrit, j'aime vraiment ** Je n'ai même pas senti le temps passer en lisant  !
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Brume de Soleil
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PostPosted: Wed 14 Dec 2016, 20:04    Post subject: Née pour tuer. // TERMINÉ Reply with quote

C'est génial ! Elle est vraiment particulière et c'est ça qui me plait !
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PostPosted: Wed 14 Dec 2016, 21:26    Post subject: Née pour tuer. // TERMINÉ Reply with quote

Merci beaucoup vous deux. ;; ♥
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Almagest
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PostPosted: Thu 15 Dec 2016, 18:44    Post subject: Née pour tuer. // TERMINÉ Reply with quote

Très bien écrit, continue ! :3
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PostPosted: Thu 15 Dec 2016, 20:10    Post subject: Née pour tuer. // TERMINÉ Reply with quote

J'adooore ** ♥
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PostPosted: Thu 15 Dec 2016, 21:27    Post subject: Née pour tuer. // TERMINÉ Reply with quote

Thanks a looot. ♥ Suite ce week-end. :3
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Evalone
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PostPosted: Fri 16 Dec 2016, 02:32    Post subject: Née pour tuer. // TERMINÉ Reply with quote

Je me permet juste de dire que ça sent le vécu, du moins en partie :3


C'est intéressant, je me demande quelle direction va prendre l'histoire :3 Juste un petit détail qui m'a fait tiquer, je trouve que ses pensées ne sont pas très logiques. Elle dit que les psychologues enferment les adolescents avant de leur parler, mais c'est ce que la psychologue a fait juste avant sa crise de colère, non ? A moins qu'elle parle de l'avoir mis au service psychiatrique. J'aimerais savoir ton avis
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PostPosted: Fri 16 Dec 2016, 19:40    Post subject: Née pour tuer. // TERMINÉ Reply with quote

Oui effectivement, je me sers de mon expérience de mon hospitalisation psy' pour décrire l'ambiance et les lieux. :3

Merci. ❤ Lorsqu'elle pense à l'enfermement de force, en fait elle veut dire que lorsqu'un adolescent fait une crise de colère et pète un câble, personne n'essaye de le calmer, on le met direct dans la salle d'isolement. Bien sûr que les psychologues parlent avec les adolescents, mais seulement lors des séances prévues. Lors d'une crise, les Infirmiers n'appellent pas les psychologues pour calmer le concerné, ils utilisent directement la manière forte.
Je me suis peut être mal exprimée sur ce point, c'est vrai. :')
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PostPosted: Sat 17 Dec 2016, 10:13    Post subject: Née pour tuer. // TERMINÉ Reply with quote

Mooooh c'est trop bieeeen ♥
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PostPosted: Sat 17 Dec 2016, 19:30    Post subject: Née pour tuer. // TERMINÉ Reply with quote

Mercii. ♥
Bon j'ai la rage, j'ai pas pu écrire aujourd'hui, mes parents m'ont traîné dehors toute la journée pour aller faire 36 000 trucs, et ils veulent aller au restaurant ce soir avec moi. /DIES/ J'me plains pas hein, j'adore le resto. 8D *grosse bouffe*
J'écrirai donc la suite demain. :3
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PostPosted: Sun 18 Dec 2016, 16:36    Post subject: Née pour tuer. // TERMINÉ Reply with quote

CHAPITRE 3


Je tournai en rond comme un lion en cage, au bord de la crise de nerf. Cela faisait plusieurs heures que j’avais été enfermée comme un vulgaire animal sauvage. Et je n’en pouvais plus. Le gris luisant des murs me rendait malade, l’odeur nauséabonde qui flottait dans l’air me donnait envie de vomir, et le manque d’espace m’exaspérait et me torturait. Ils n’avaient pas le droit de me traiter ainsi, je n’étais pas une bête dangereuse que l’on mettait dans une prison de barres métalliques. Comment osaient-ils faire cela à une fille de 13 ans ?

« J’en ai plus que marre, merde ! »

A peine le dernier mot prononcé, je frappai avec violence la porte de mon poing. Un couinement de douleur m’échappa et je regrettai immédiatement mon geste. Mes doigts me faisaient horriblement mal, mais je ne pensais pas qu’ils étaient cassés. Je lâchai un soupir et retournai m’asseoir sur le matelas de fortune qui me servait de lit. Quand viendraient-ils enfin me libérer ? Je ne pourrai pas supporter cela encore très longtemps. Coincée dans ma colère, je ne me rendis pas compte qu’une clef tourna dans la serrure de la porte principale de la salle d’isolement. Je relevai la tête et découvris une infirmière se tenant devant moi. Son visage était froid, maussade. Ses traits semblaient tirés par la colère et elle n’avait pas l’air de m’apprécier. Je la reconnus rapidement ; elle était l’infirmière la plus sèche du personnel. Il n’y avait aucun doute sur le fait qu’elle n’aimait pas son travail.

« T’es calmée ? »

Je me retins de lever les yeux au ciel, et me contentai d’hocher lentement la tête. J’avais décidé de passer pour une petite fille faible qui regrettait ses actes. Alors qu’en réalité, j’étais bien tout le contraire ; je n’avais aucun remord, et j’étais prête à recommencer s’il le fallait. Ils allaient tous me le payer, personne n’a le droit de me traiter de la sorte.
L’infirmière renifla avec mépris, avant de s’avancer de m’empoigner un bras pour me tirer hors de la cellule. Elle me balança presque dehors et je manquai de m’écrouler au sol. Mes muscles étaient totalement engourdis après être restée immobile aussi longtemps dans une salle de cette taille. Elle me lança mes affaires et attendis que je sois rhabillée pour reprendre la parole.

« C’est l’heure du dîner. Les autres t’attendent pour commencer à manger. »

Nouveau hochement de tête. Je voulais me montrer coopérante, tromper tout le monde en leur faisant croire que tout cela m’avait servi de leçon. Je repris mes esprits après avoir manqué de chuter, et marchai lentement à travers les couloirs, passant devant les chambres dont certaines étaient ouvertes. Je m’arrêtai quelques secondes pour contempler le lit d’une de mes camarades, Lily. Elle avait 16 ans, et pourtant, son lit était couvert de peluches. Je trouvais cela totalement pathétique. Des peluches, sérieusement ? Il fallait se décider à grandir parfois.

« T’avances ?! »

Je sursautai en me rendant compte que Madame-je-fais-tout-le-temps-la-gueule, se trouvait derrière moi et tapait du pied avec impatience. Je décidai d’ignorer l’infirmière et repris mon chemin sans rien ajouter. J’allai jusqu’à la salle à manger, avant de m’asseoir à la place qui m’était réservée. Des regards timides se posaient sur moi, mais personne n’osait prendre la parole. C’était toujours la même chose ; dès qu’un adolescent sortait de la salle d’isolement, tout le monde voulait savoir ce qu’il s’était passé. Mais personne n’avait le courage d’engager la conversation. Sans un mot, j’attrapai une fourchette et commençai à la planter dans les carottes qui se trouvaient dans mon assiette. Mon regard eut cependant vite fait de dériver sur les deux pilules bleus et les trois comprimés qui se trouvaient à côté de mon verre. J’avalai rapidement les pilules mais gardai les comprimés dans la paume de ma main. Une idée me traversa l’esprit, et j’entrepris de les ranger dans la poche de mon pantalon. Personne ne devait savoir, personne ne devait comprendre. Un sourire éclaira rapidement mon visage, mais je fis attention à ce que personne ne le remarque.
J’allais me servir de l’eau, lorsqu’un hurlement déchirant me fit sursauter. Je renversai le pichet sur moi et jurai, énervée. Plusieurs infirmiers passèrent en courant dans le couloir et se dirigèrent vers la chambre n°6. La chambre d’une certaine Clémence, du moins je crois. Ce fut d’ailleurs à cet instant que je remarquai qu’elle était absente au dîner. Curieuse, je quittai la table et emboîtai le pas aux infirmiers. Trois autres adolescents m’imitèrent et nous fûmes alors quatre à courir derrière le personnel. Lorsque j’arrivai à destination, je compris que Clémence était en train de faire une tentative de suicide. Elle avait bloquée la porte de sa chambre avec son armoire, et un infirmier tentait vainement de l’enfoncer. Avide de détails morbides, je restai plantée là, pendant que mes trois autres compagnons étaient en larmes et hurlaient le prénom de la concernée.

« Au moins, ça met de l’animation. »

Lucas, un de ceux qui m’avaient accompagné, me regarda comme si un troisième œil m’avait poussé sur le front. J’étouffai un « bah quoi ? » dans ma gorge, et me reconcentrai sur la scène excitante qui se passait devant moi.
Après cinq bonnes minutes, l’on parvint enfin à enfoncer la porte. Un corps tomba alors dans le couloir, aux pieds des infirmiers. Nouveau cri et nouvelles crises de larmes venant des autres adolescents ; je pestai silencieusement en me retenant de me frapper le front. Ne pouvaient-ils donc pas la fermer deux secondes ?

« Elle est… est.. m.. »

Lucas ne parvenait même plus à parler et semblait sur le point de s’évanouir. Je suivis son regard et mes prunelles s’accrochèrent alors au corps de Clémence, allongé sur le sol. Elle avait une ceinture autour du cou, et ses veines ressortaient abominablement sur son visage. Elle avait un sac plastique sur la tête et sa bouche était entrouverte. Sa langue avait doublé de volume et ses yeux étaient presque sortis de leurs orbites. Je me mordis la lèvre pour éviter de sourire, et regardai un infirmier enlever le sac de sa tête, et pratiquer un massage cardiaque et un bouche-à-bouche. Mais il n’y avait plus rien à faire. Son cœur avait déjà cessé de battre.

« Ne regardez pas, nous supplia le personnel en tentant de cacher le corps. »

Je soufflai, agacée. En quoi regarder nous traumatiserait-il ? Je me passai une main dans les cheveux et commençai à me questionner sur le pourquoi du comment. Pourquoi ne ressentais-je rien ? Aucune once de tristesse et de choc. Rien du tout. Le vide, le néant total. Cela ne m’avait aucunement dérangé, aucunement choqué. Voir un mort devant moi, ne me faisait strictement rien. Je me demandais simplement pourquoi Clémence avait décidé de mettre fin à ses jours. Sa sortie était prévue dans deux jours. Elle aurait retrouvé sa famille, sa maison, ses proches. Mais non, au lieu de ça, elle a préféré en finir. Elle était vraiment stupide. Qu’est-ce que je donnerais pour rentrer chez moi et retrouver mes marques. Quel était l’intérêt de se suicider, sérieusement ? Comment pouvait-on même oser y penser ? Ce n’est qu’un acte faible et peu courageux. C’était lâche et débile. Les suicidaires étaient faibles et ne pensaient qu’à eux.

Je toussai et fis demi-tour, rapidement suivis par Lucas, Roxanne et Lily. Nous retournâmes dans la salle à manger, et je fus la seule à réussir à raconter ce qu’il s’était passé. Tout le monde fondit en larmes et eut l’air choqué. Etais-je donc la seule qui parvenait à garder la tête froide, ou quoi ? Je n’en pouvais plus de ces mauviettes qui pleuraient à tout bout de champs. Cela en devenait sincèrement exaspérant.

***

Dans l’encadrement de ma chambre, je regardai les ambulanciers transporter le corps de Clémence sur une civière. Les infirmiers nous avaient intimé de rester dans nos chambres et de n’en sortir sous aucun prétexte. Mais je ne pouvais pas m’empêcher de jeter un coup d’œil à tout ce qu’il se passait autour de moi. Ses parents avaient été appelés, et ils étaient tous les deux effondrés sur une chaise, en larmes, hurlant leur douleur au ciel. Une personne normale aurait éprouvé de la pitié, mais pas moi. Peut-être que les spécialistes avaient raison après tout ; peut-être que je n’étais pas si normale que ça. Peut-être que c’était moi qui avait un problème, et pas les autres.

« Magalie bon sang, ferme cette porte veux-tu ? »

Valérie, une infirmière relativement sympathique, me foudroya du regard. Sans répondre, j’obéis sans prendre la peine de rétorquer. Je me retrouvai alors face à face avec Julie, qui avait le visage ravagé par les larmes.

« Comment est-ce que tu peux… comment… merde ! sanglota-t-elle, en proie à la panique. »

J’haussai un sourcil, faisant signe que je ne comprenais pas.

« Tu me fais peur Magalie ! T’es pas normale ! Comment tu peux rester aussi stoïque devant tout ça ? Bordel mais… t’es vraiment pas bien dans ta tête ! Clémence est morte, tu comprends ça ? Morte ! Sous tes yeux ! Et toi, t’as rien dit, t’as rien fait ! T’as pas pleuré, t’as eu aucune émotion ! T’es… t’es pas normale. »

Je ne répondis rien, contournai ma camarade et allai jusqu’à mon lit. J’ouvris le tiroir de ma table de nuit et attrapai une petite boîte verte. Je fouillai dans ma poche et y rangeai les trois comprimés que j’étais censée prendre lors du dîner. Je m’autorisai à rire silencieusement, avant de m’avancer jusqu’à l’immense fenêtre de notre chambre. Le soleil se couchait, et ses rayons d’été nous éclairaient encore. Le temps était contradictoire à ce qu’il se passait dans l’hôpital. La pluie tombait dans le service, pendant que le soleil brillait à l’extérieur.
Mais j’étais sure d’une chose ; le déluge n’était pas prêt de s’arrêter.

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PostPosted: Sun 18 Dec 2016, 17:07    Post subject: Née pour tuer. // TERMINÉ Reply with quote

c'est trop génial, J'ADORE littéralement Magalie, elle est trop géniale x)
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