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Mon nom est Mily.

 
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Lac de l'Hiver
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PostPosted: Sat Jun 15 2019, 19:24    Post subject: Mon nom est Mily. Reply with quote

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Saaaalut !
Alors oui, je reprends du service après des années sans avoir écrit d'histoire ici... x3
Pour être parfaitement honnête, je ne sais pas si je vais reprendre à proprement parler mais j'aimerais vous partager ici un écrit qui m'a... marqué ? plu ? fait vibrer ? Peu importe. C'est l'un de ces moments que rencontre parfois celui qui écrit et qui cherche l'inspiration : c'est elle qui le trouve et qui, alors, ne se laisse pas capturer par ses doigts. Elle les dirige et s'écrit au-travers d'eux. C'est dans l'un de ces instants-là où, me laissant attraper au vol, j'ai écrit d'une traite ce que je vous partage ci-dessous. J'aimerais beaucoup avoir vos retours, pour ceux qui liront, car c'est très expérimental et, selon les encouragements que rencontrera mon début d'histoire, il est possible que cela me donne la motivation de la continuer.
Cela fait des mois qu'elle est en suspens et que je ne l'ai pas retapé.
Alors... En vous remerciant d'avance, je vous souhaite un agréable voyage en O'ordalï.



« Mon nom est Mily. »


C’est le diminutif de Mesie-Laana. Par pitié, ne me demandez pas d’où mes formidables parents ont pu tirer cette idée de prénom complètement ridicule ! Je crois bien que si j’avais voulu affubler mon enfant du pire nom du monde, je l’aurais appelé Mesie-Laana… ! Mais ça, la jeune femme qui se trouvait devant moi ne pouvait pas le savoir. Ses yeux ambrés -vous avez déjà vu des yeux ambrés, vous ? Pas marron clair, hein, non-non, je vous parle d’un véritable ambré de la couleur de la pierre semi-précieuse qui en porte le nom : une teinte plus douce que le miel et parsemé de minuscules éclats noirs révélant les petites imperfections qui faisaient que l’ambre n’était pas précieuse. Et avant que vous ne le demandiez, oui, j’ai une excellente vue. Ses yeux, donc, me lorgnaient avec méfiance et semblaient essayer de percer mon âme pour déterminer si oui ou non j’étais une menace ennemie. J’avais remarqué l’oreille pointue et anormalement longue qui dépassait de ses mèches châtain, aussi en avais-je déduis en un quart de seconde qu’elle était une elfe. Dans son dos, une enfant à laquelle je ne donnais pas plus de 9 ans s’agrippait au pan de sa tunique, l’autre bras ramené à sa poitrine, un air de chien battu sur le visage. Mais pour être parfaitement honnête, je n’avais pas vraiment eu le temps de prêter attention à leurs physionomies étant donné qu’en me retournant, je m’étais retrouvée nez-à-nez avec une lame d’épée à un milli-cheveux de mon œil, sa propriétaire exigeant mon identité. Aussi tentais-je actuellement de rester la plus détendue et inoffensive possible. J’attendis que ce soit la jeune elfe qui reprenne la parole la première.

« Qu’est-ce que tu fais par ici ? » S’enquit-elle justement, plissant ses magnifiques yeux.

Si j’avais voulu te tuer, ma belle, tu serais déjà morte depuis longtemps, pendue avec les tripes de la gamine. Je m’abstins de cette réponse. Elle n’était pas bête et avait pris soin de me désarmer d’un coup de pied alors que j’étais en train d’éplucher avec mon poignard la racine que je comptais manger : un coup de talon dans le manche et c’en avait été fait. J’avais eu beau me retourner en plein saut pour me remettre debout, je n’avais pas eu le temps d’esquisser le moindre mouvement pour frapper mon agresseur : elle avait aussitôt reculé et pointé son arme vers moi pour m’intimer l’immobilité. J’étais loin d’être mauvaise au combat à mains nues, mais quand mon adversaire ne jouait pas réglo, j’évitais d’engager une quelconque tentative de bataille tant que je n’avais pas pu jauger son niveau un minimum pour être sûre de gagner.

« Je suis en voyage. La Forêt de Neyt n’est qu’une escale, je ne comptais pas m’y attarder. »

Non seulement je me tamponnais bien de savoir ce qu’elles deux venaient faire ici –c’était un endroit tout sauf chaleureux pour accueillir deux minettes dont une même pas en âge de tenir une arme dans ses mains-, mais je n’avais pas non plus envie de passer pour intrusive et risquer de me faire transpercer le crâne. Aussi ne lui retournai-je pas la réponse.

« En passant par là ? L’elfe eut l’air de réfléchir un quart de seconde. Tu te rends aux Collines sans Fin ?

-Exact. »

Elle n’avait pas l’air stupide, contrairement à ce que j’avais pensé en me retournant après qu’on eut envoyé valser mon poignard : « qui est le futur mort qui a osé s’en prendre à moooooiiii ?! ». Les rares voyageurs qui se risquaient dans cette forêt venaient soit de partir en courant des Collines sans Fin où ils fuyaient un ennemi cauchemardesque, soit devaient s’y rendre dans de brefs délais pour n’avoir pas envie de contourner ces lieux en suivant la rivière noire qui se séparait en deux bras à l’orée de la forêt pour se retrouver en un seul lit de l’autre côté. Et comme ma réponse lui signalait que j’étais en voyage…

« Que vas-tu chercher dans les collines ? Reprit l’inconnue, persistante. Il n’y a que désolation là-bas. Seules les âmes errantes à la recherche de la mort s’y rendent, où ceux qui espèrent bénéficier d’un miracle en rencontrant l’un des Six Spectres y vivant. »

Un voile obscurcit son visage fin, dissimulé l’instant d’après par un manteau de colère. La tristesse avait été entraperçue si vite dans ses yeux que je crus presque l’avoir rêvé.

« Je le sais déjà, dis-je doucement. Mais la raison pour laquelle je m’y rends ne te regarde pas. »

Cela eut l’air de la contrarier : elle pressa le bout de son épée dans le creux entre mes deux yeux, au-dessus de l’arête de mon nez. Mes yeux violets durent jeter des éclairs. Ma réaction fut immédiate : je sentis dans mes bras se mettre à crépiter des courants électriques qui mirent mon sang en ébullition. Les vagues d’énergie durent parvenir aux deux voyageuses car la petite poussa un cri, ses yeux s’écarquillant aussi ronds que sa bouche qui forma un « o » parfait. La plus âgée n’eut cependant pas la réponse que j’espérais : elle recula de quelques pas et tout à coup, son épée se mit à flamboyer des flammes blanches et bleu pâle ; très vite, un halo froid l’entoura tandis que sur sa peau se formaient de minuscules triangles cristallins. Bientôt, ses avant-bras furent recouverts de ces écailles de glace minuscules et brillantes.

« Shiva, derrière moi ! Aboya-t-elle à la gamine, qui s’empressa de reculer de plusieurs pas. Toi ! Ne joue pas à la plus maline avec moi. Les kinésistes ne me font pas peur. 

-Mon but n’est pas de vous attaquer, mais j’admets avoir horreur qu’on me menace, répliquai-je, cinglante.

-Tu es une ennemie potentielle. Je ne te fais pas confiance.

-Et je ne te le fais pas non plus. Comme tu semblais un peu trop abuser avec ta jolie épée, j’ai préféré me défendre que de prendre le risque de finir en brochette au menu de ce soir. »

C’était la première fois que j’étais confrontée à une cryokinésiste. J’en avais entendu parler à maintes reprises étant donné leur rareté et la puissance de leurs coups. Les plus fréquemment rencontrés étaient les pyrokinésistes, les aérokinésistes, les hydrokinésistes et, plus récemment encore s’était développée une vague d’électrokinésistes –dont je faisais partie. Les plus difficiles à croiser étaient donc les métakinésistes, les cryokinésistes… et les nécrokinésistes. Ici, en O’ordalï, ce monde empli de magie et de créatures sorties tout droit des histoires que les Hommes racontaient jadis à leurs enfants avant l’heure de dormir, il était commun de croiser des kinésistes. Nous n’étions plus une « espèce » rare et précieuse. Laissez-moi vous raconter brièvement leur histoire.

Grâce à –ou à cause de ?- nos plus éminents Conquérants, des guerriers et diplomates destinés à parcourir les galaxies pour trouver des signes de vie avec lesquels établir une possible communication, nous avons pris connaissance pour la toute première fois d’une petite planète nommée rapidement « planète bleue » située dans un système solaire, lui-même axé autour d’une étoile chaude. L’élite des Conquérants s’y est rendue une première fois en créant une immense panique lorsqu’ils sont arrivés en pleine rue par le biais de portails lumineux, haut d’un minimum de deux mètres et recouverts d’une armure toute cuirassée d’un métal inconnu aux humains.
Les Hommes les ont dans un premier temps pris pour des envahisseurs, ont appelé leurs forces spéciales -composées d’individus munis d’armes à feu- et après une vague de crises cardiaques dans l’assistance ayant été témoin de leur arrivée « déchirante » (vague de crises cardiaques dont les Conquérants ne furent finalement pas tenus coupables de par leur ignorance), ils ont obtenu une entrevue avec les quelques dirigeants les plus puissants de la planète appelée par ses habitants « La Terre ». Récalcitrants dans un second temps, les Hommes n’ont pas eu d’autre choix que de s’avouer ensuite vaincus face à cette nouvelle espèce venue de l’espace. Ils se sont rapidement rendus compte de l’inutilité des armes nucléaires face à ces personnages en apparences pacifiques venus en quête d’une alliance intergalactique : l’entente avec ces étrangers magiques semblait plus raisonnable que la guerre (et plus intéressante en matière de commerce, il faut bien se l’avouer). Ainsi naquit la première union avec les Hommes. Bien sûr, vous devinerez leur surprise et leur effarement lorsqu’ils prirent connaissance de la multitude d’alliances du même genre qu’O’ordalï, notre monde à nous, entretenait avec moult autres planètes situées dans moult autres cosmos. L’invention des portails magiques a été révolutionnaire pour permettre ces déplacements sidéraux. Les Hommes y ont vite pris goût aussi.
Les elfes, comme la jeune femme qui se trouvait devant moi, ses iris à la verticale dans ses yeux ambrés, étaient une espèce parmi les plus anciennement connues. Les kinésies avaient été apportées par les Terriens : apprenant l’existence de ces nouvelles formes de vie dans le reste de la galaxie, quelques hommes et femmes ayant développés silencieusement des compétences psychiques se sont rapidement manifestés avec l’ambition –que dis-je, le rêve !- de les compléter avec les pouvoirs que les nôtres possédaient. Les premiers enfants nés de ce métissage furent les nouveaux prodiges : doués d’habiletés jamais vues aussi bien chez les Hommes que les O’ordalïens, ils contrôlaient sans peine avec un peu d’entraînement au moins un élément, et à cette aptitude s’ajoutait un pouvoir supplémentaire la plupart du temps : invisibilité, super-vitesse, super-force, vision nocturne, capacité à voler, pouvoirs de sang, magie des runes… Au final, l’éducation s’est montrée primordiale depuis la nuit des temps pour gérer ces générations de « super-héros » ou de créatures diverses et variées (sirènes, chimères, dragons, fées, elfes…) en O’ordalï : sans elle, sans les valeurs véhiculées de tolérance, de respect de la vie, de soif de connaissances et de pacifisme, nous aurions eu de quoi nous entretuer depuis. Bien entendu, il existe comme partout, comme sur chaque planète de chaque système solaire de chaque galaxie, des personnes avides dont la noirceur de l’âme équivaut celle des ténèbres et pourvues d’ambitions démesurées ayant créées des êtres rongés par des aspirations impossibles. A l’instar de tous ces autres endroits peuplés de ces fantômes cupides, ces ambitions sont devenues aussi violentes qu’un chien tenu trop longtemps attaché par une laisse trop courte pour lui. Le choc culturel subit avec cette nouvelle alliance aura en définitive permis de créer aussi bien des nouveaux dieux que des nouveaux démons…
La voix de la cryokinésiste me ramena à moi-même. Tu t’es déconcentrée, idiote !

« Je nous protège, ma sœur et moi. J’aurais pu te tuer depuis le début si j’avais estimé que tu étais une trop grande menace. »

J’éclatai de rire.

« Et moi de même ! Je te trouve cependant bien confiante pour une fille qui ne maîtrise que son épée et sa magie… »

Mes yeux violets étincelèrent d’une lueur un peu mauvaise. Fut un temps où j’avais plaisir à écraser mes ennemis par mon pouvoir : quand j’avais appris avoir une prédisposition pour l’électrokinésie, je m’étais jetée dessus avec ferveur et avais tant développé mon talent que j’en étais devenue imbattable. Mon meilleur ami à l’époque, avec qui j’avais pris connaissance de ce don, avait fini par être déçu de mon attitude. Un jour, il m’a regardé avec ce dégoût dans le regard et s’est retourné en me disant simplement : « tu n’es plus la Mesie-Laana que j’ai connu. Tu t’es laissée emportée par ton arrogance et ton avidité ». Je l’ai attaqué férocement. Nous avions combattu, lui m’opposant sa métakinésie, moi lui assénant mon électrokinésie. Il était le seul à pouvoir me tenir tête, le seul assez puissant pour pouvoir me battre. J’avais arrêté le combat lorsqu’il avait fait ‘exploser’ mon sang en appelant le fer présent à l’intérieur simultanément que je le foudroyais avec l’électricité du poteau électrique à côté duquel il se trouvait. Quand je me suis réveillée, j’étais à l’hôpital, la peau du bras gauche déchirée lorsque le sang en avait jailli, mes veines ayant éclatées, mais lui… je n’ai jamais eu de ses nouvelles. Les infirmières ne m’ont jamais confirmé l’arrivée d’un grand brûlé à l’hôpital, et j’ignore s’il est encore en vie aujourd’hui. Suite à cette bataille, j’ai énormément pleuré en me rendant compte de mon geste impardonnable et inhumain, et je me suis faite la promesse de ne plus jamais utiliser à mauvais escient ma kinésie. Car avant de m’en prendre à celui que j’aimais plus que tout au monde et qui avait toujours été là pour moi, je m’étais attaquée à d’autres petits « voyous » ou personnes avec lesquelles j’avais été en désaccord. Ma force brute avait été mon moyen de m’imposer puisque la parole ne suffisait pas toujours. Les choses étaient bien différentes désormais : mon arme la plus redoutable était incontestablement mon intelligence et ma capacité d’analyse et de mise en corrélation des événements, faisant de moi une impitoyable stratège et une calculatrice hors-norme en matière de prédictions d’incidents. Tout n’est pourtant à mes yeux que… logique. Ce n’est en rien un pouvoir magique.
Voilà que face à cette elfe, je faisais néanmoins appel à cette tentative de dissuasion par l’intimidation dans l’espoir qu’elle ne voudrait pas pousser la confrontation plus loin et qu’elle me laisserait passer. Mon « incroyable intelligence », je l’avoue, m’avait fait un pied-de-nez sur ce coup-là. Sa prise se resserra sur son épée, qu’elle fit tourner dans sa main comme s’il elle eût été faite d’une baguette de bois -tout ce qu’il y a de plus léger- un sourire aux lèvres.

« Je te trouve bien confiante pour une fille seule contre une kinésiste et une Sainte. »

Ce fut mon tour de rester coise comme la petite un peu plus tôt ; celle-ci, justement, s’avança sur un geste de la main de l’elfe : ses yeux turquoise s’étaient mis à luire d’une intensité presque si éblouissante que je dus plisser les yeux pour ne pas me détourner. De sa bouche se mit à sortir une bulle d’un vert marécageux emplie d’algues. Ouvrant les bras, elle se courba en deux et sa capuche retomba sur sa tête : deux oreilles de grenouille… Elle se mit à vomir à flots des gerbes d’eau à n’en plus finir, déversant d’étranges créatures spectrales qui se redressaient en miroitant des litres d’eau recrachés par terre. Je fis un pas de côté pour esquiver un jaillissement de la gorge de l’enfant, dont les yeux s’étaient fermés en une grimace de douleur. Il y eut bientôt des dizaines de créatures plus bizarres les unes que les autres autour de nous, nous encerclant, lorsqu’elle se redressa et rouvrit ses prunelles bleues.

« Tu es une Sainte des Marécages », lâchai-je entre mes dents serrées, les yeux allant rapidement d’une créature à l’autre pour m’assurer qu’aucune d’elles ne s’approchait de moi.

Je n’étais pas du genre nerveux, mais il me semblait que je venais de sous-estimer largement mes adversaires. Face à une Sainte, les chances de survie réduisaient considérablement pour avoisiner… le zéro. Les Saintes étaient des jeunes filles ou des femmes aux pouvoirs hors-normes dont le potentiel s’était développé tellement vite –à partir du moment où il avait été commencé à être exploité- que quelque chose chez elles se déclenchait (un phénomène encore très mal connu dont l’origine et l’explication étaient un mystère mais si spectaculaire qu’on attribuait à la personne touchée le nom de « Sainte »). Cet espèce de « boom métapsychique » relevait d’un semblant de divin.

« Oui, fit l’enfant en hochant timidement de la tête, ses joues rouges et ses yeux luisants.

-Alors, Mesie-Laana, reprit la cryokinésiste, tu fais moins la maline il me semble ?

-Je ne suis pas stupide », rétorquai-je sèchement, ramenant mon attention sur elle. Elle commençait sérieusement à me taper sur les nerfs. « Je sais reconnaître quand est-ce que j’ai une chance de battre mon adversaire et quand est-ce que la menace est trop grande. »

Ce que je ne dis pas cependant, c’était que si je l’avais réellement voulu, j’aurais pu les tuer toutes les deux, leurs pieds baignant dans de l’eau, et l’eau étant par nature… con-duc-triiiiiice ! Je me gardais cette possibilité en cas de nécessité absolue, si jamais l’elfe s’avérait peu coopératrice et décidée à ne pas me laisser partir. Elle devait avoir conscience de sa supériorité en cet instant si elle entreprenait quoi que ce soit. Mais hormis le courant électrique qu’elle avait senti chatouiller sa peau lorsque mon pouvoir s’était réveillé, elle ignorait comment je savais m’en servir. Une kinésiste comme elle devait avoir conscience de la dangerosité des autres lorsqu’ils étaient bien utilisés. En réalité, pour avoir eu une fois une mauvaise aventure avec un thermokinésiste dans un hôpital (un patient nommé Dewin avec lequel je me chamaillais sans cesse –pas méchamment pour une fois- et qui une fois, pour rire, avait décidé de me faire jongler entre toutes les températures possibles…. Jusqu’à ce que je m’évanouisse d’un choc thermique. C’était insupportable comme pouvoir !), je savais ô combien leurs détenteurs pouvaient être des petits cons dont il était difficile de se débarrasser. Finalement, l’elfe sembla abaisser sa garde -plus ou moins, elle se contenta de baisser son épée, mais une de ses mains était toujours grande ouverte et en suspens dans l’air, comme prête à parer ou asséner un quelconque coup. Je convins de l’imiter, après un instant d’hésitation, en gage de bonne foi.

« Shiva, ravale ton marécage. Elle ne nous fera rien, je pense que c’est bon.

-Ca vous arrive souvent d’avoir besoin de recourir à une telle intimidation face à des étrangers ? Arguai-je avec un soupçon d’irritation dans la voix –à quoi bon m’avoir mis une telle pression inutilement ? Ca pourrait jouer en votre défaveur si un de ces quatre vous dévoilez toutes vos cartes sur la table avant même que le combat ne soit engagé contre un rival. Vous devriez garder l’effet de surprise.

-Loushia elle sait se battre comme personne, intervint timidement Shiva, levant ses prunelles extraordinaires vers moi. Elle a jamais perdu…

-Ca suffit, » la coupa cette dernière sans me quitter des yeux.

Décidément, pas un seul moment d’inattention duquel profiter pour pouvoir l’attaquer. Sans doute Shiva avait-elle raison concernant les capacités guerrières de l’elfe. Il faut dire que de par sa nature, elle devait déjà être redoutablement précise et habile. Avec de l’entraînement, la vitesse et la souplesse d’exécution s’acquéraient plus rapidement chez cette espèce que chez n’importe quelle autre. En revanche, la puissance des coups était une autre histoire. Se battre contre eux était loin d’être un combat de mauviettes, ce n’est pas ce que j’essaie de dire, mais en comparaison à d’autres espèces comme les orcs, des géants aux muscles démesurés et armés de haches, lances ou massues en tout genre et dont la puissance d’un seul coup suffisait à briser la terre sous leurs pieds en y formant un cratère enfoncé… Le calcul était vite fait. A choisir, j’aurais préféré mourir de la main d’un elfe : le coup serait porté rapidement et proprement, et je n’aurais pas à sentir mes os se disloquer puis être broyés un à un, mon cœur perforé par les éclats d’os de mes côtes, mon cerveau réduit à l’état de bouillie et ma peau s’arrachant à mes muscles sous la puissance du coup. Non… vraiment pas attrayant.

« Nous allons te laisser passer, Mesie-Laana. Je n’ai aucun intérêt à te blesser ou te tuer car ce que tu sembles transporter ne m’intéresse pas. Laisse-moi cependant te donner un conseil, puisque tu n’as pas cherché à nous attaquer : il n’y a rien qui t’attend aux Collines sans Fin. Nous en revenons. Ce n’est que désolation sempiternelle, combats dangereux, imprévus mortels et démons sortant de terre pour saisir tes chevilles. Les Six Spectres…. (Elle secoua la tête, sa crinière châtain volant autour de son visage comme des serpents dorés.) Il n’y a que dans les légendes qu’ils acceptent d’aider les voyageurs désespérés. Les sacrifices demandés en retour sont irréalisables. »

Elle serra le poing, et comme une bourrasque, son énergie cryokinésique enfla, tourbillonnant autour d’elle jusqu’à en devenir oppressante. Je frissonnai, mais pas parce que le froid qui émanait me donner envie de me réchauffer : parce que cela ma rappela la désagréable sensation que j’avais pu ressentir contre Dewin autrefois. Qu’était-elle partie chercher sur les Collines sans Fin ? Quel sacrifice terrible n’avait-elle pas pu accomplir alors qu’elle semblait dotée d’une détermination à rude épreuve –elle était quand même parvenue jusqu’à ce territoire maudit vivante et en un seul morceau ! Qu’est-ce qui l’avait poussé à repartir si vite qu’elle avait coupé par la Forêt de Neyt ? D’ordinaire, les voyageurs l’évitaient autant que possibles -plus encore lorsqu’ils préparaient un combat ou venaient d’en effectuer. Ils prenaient quelques jours pour la contourner et éviter toutes les saloperies de bestioles qui s’y trouvaient et aimaient croquer de la viande fraîche, quelle qu’en soit la provenance. Alors… Quelque chose l’effrayait-elle encore là-bas ? Mon regard accrocha celui de Shiva, qui écarquilla le sien, sans doute surprise par la teinte violacée des miens. Ils faisaient toujours leur petit effet… Je me souvins d’un espèce de gros bonhomme dans une auberge qui… Pas maintenant, Mily ! M’admonesta ma conscience. Garde tes souvenirs pour plus tard ! Secouant la tête, je répondis en m’adressant à nouveau à Loushia :

« Je le sais. Ce n’est pas pour faire du tourisme que je me rends là-bas, je me suis renseignée. Mais j’estime que c’est un risque à prendre pour ce que j’attends en retour d’un des Six Spectres que je rencontrerai. »

Lueur de désapprobation dans ses yeux ambrés.

« Ca n’en vaut pas la peine, crois-moi.

-Oh, et donc parce que tu as échoué je devrais ne pas y arriver ? » Grognai-je.

J’avais parfaitement conscience d’avoir été un tantinet agressive, mais je n’allais pas renoncer sur le découragement d’une elfe si près du but. Elle n’était pas la première à avoir tenté de m’en dissuader.

« D’accord », lâcha-t-elle, froidement.

Je ne m’étais même pas rendue compte que les cristaux sur sa peau avaient disparu et que la pression froide de l’air avait diminué considérablement : je ne m’en aperçus que lorsque les flammes sur la lame de son épée disparurent comme si on avait soufflé dessus.

« De toute façon, ce n’était qu’un conseil. Ton sort m’importe peu, au final. »

Elle rangea son épée dans son fourreau, à sa hanche, et replaça derrière son oreille une mèche de cheveux. Libérer son visage ainsi me fit prendre conscience de la perfection de son grain de peau : elle était pâle, presque nacrée, et aucun grain de beauté ne venait tâcher sa couleur lactée. C’est en y prêtant attention que je remarquai toutes les cicatrices courant du creux de ses poignets jusqu’à disparaître sous les manches courtes de sa tunique. Je ne m’en suis pas rendue compte avant ! Elles étaient si fines et si discrètes que si on ne se concentrait pas, on peinait à y faire attention. Qu’était-ce ? D’où venaient-elles, toutes ? Loushia capta mon regard, je le compris en le relevant vers elle à la façon dont ses sourcils se froncèrent et sa bouche se pinça. Ca n’étaient pas de bons souvenirs, visiblement.

« Merci de ne pas m’avoir attaqué, dis-je alors à brûle-pourpoint.

-Comment ? S’étonna l’elfe en redressant la tête, sceptique.

-Merci de ne pas m’avoir attaqué, répétai-je en plantant mes yeux dans les siens.

-J’avais entendu, mais pourquoi nous remercies-tu ? J’ai bien failli te trancher la tête dès le début pour éviter d’avoir à regretter de ne pas l’avoir fait si jamais tu avais été une ennemie. »

Finalement, je la trouvais sympathique. Malgré son apparente méfiance et sa froideur, Loushia n’avait pas mauvais fond. Elle n’avait pas tranché ma tête, espérant que j’étais suffisamment une ‘gentille’ pour ne pas avoir à prendre la vie de quelqu’un ; elle protégeait au prix de sa vie la petite Shiva qui restait cramponnée à sa tunique comme à une bouée de sauvetage –ce qui mettait clairement en évidence le sentiment de protection qu’elle lui inspirait- ; et , enfin, elle m’avait même donné le conseil de ne pas risquer ma vie pour quelque chose d’aussi incertain, voire improbable, que le miracle d’un Spectre. Elle semblait avoir du mal à prendre les remerciements, preuve qu’elle en avait perdu l’habitude. Ca, son attitude et ses cicatrices ne laissaient aucun doute possible : son histoire avait dû être parsemée de souffrances et l’avait endurci pour en faire une guerrière redoutablement efficace sans pour autant réussir à détruire sa nature profonde, miséricordieuse. Quel passé caches-tu, Loushia l’elfe ?

« Peut-être, mais je ne pense pas que tu sois quelqu’un de mauvais. »

Elle tiqua, et sa lèvre du bas tressauta, mais elle ne me rembarra pas en mode « tu ne me connais pas ! Ferme-la ! ». Dieux merci ! Qu’il est péééénible d’être confronté à des personnes incapables de discerner la différence entre histoire personnelle et acte fait sur le moment présent : ce n’est pas parce qu’on ne connait pas la personne en face qu’on ne peut pas admirer son talent ou ses qualités, au même titre qu’on peut détester sa personnalité et son attitude. Un peu comme pour Mascotte, me fis-je la remarque. Mascotte était le chef de la petite troupe que j’avais quitté il y a quelques jours de cela, à l’orée de la Forêt de Neyt. Ils avaient accepté de m’y escorter au nom du semblant d’amitié que nous avions tissé depuis notre rencontre, et m’attendraient jusqu’à la fin du mois. Après quoi, ils me considéreraient comme morte et s’en iraient. Mascotte, pour en revenir à lui, est un petit homme roux qui me fait penser à un renard : ses yeux verts perçants et implacables, ses pommettes fortes, son nez long qui me rappelle un museau, ses muscles fins et tressés, son talent d’épéiste hors-pair et sa… sa… Non, je ne peux vraiment pas lui faire l’honneur d’appeler ça de la « droiture d’esprit » : à ce stade, ce n’est même plus être à cheval sur ses valeurs, c’est carrément être obtus, entêté et conservateur au possible. Il estimait que les valeurs personnelles étaient les seuls biens réels à défendre dans ce bas monde, surtout depuis qu’O’ordalï s’était ouverte aux trois dernières planètes lointaines avec laquelle elle entretenait de nouveaux accords socioéconomiques, culturels et politiques. A ses petits yeux verts, l’identité d’une personne désormais se jugeait sur les valeurs qu’elle défendait. C’était la seule valeur objective sur laquelle baser ses raisonnements et la seule donnée qui rendait Untel ou Untel plaisant ou désagréable à Mascotte. Il oubliait tout le reste : les sentiments, les actes qui parlaient parfois plus que les valeurs défendues, et j’en passe. Quant à l’idée de progrès, dans son esprit… elle était particulièrement réduite à l’affinement de son système de valeurs… Bref, clairement pas quelqu’un avec lequel j’arrivais à m’entendre. Cela en faisait un camarade de confiance absolue, ceci dit, et c’était sans doute la raison pour laquelle j’avais confié ma vie et mes biens entre ses mains rugueuses : sa rigidité morale en faisait un leader aux décisions tranchées nettement. Une fois prises, il n’y avait plus rien à discuter ; les pourparlers se poursuivaient sans lui ou se terminaient sur un ordre sec. Il agissait toujours selon ce qui lui paraissait être le mieux pour tout le monde. J’avais une conception plus risquée de la vie, je crois, pour avoir une discussion intéressante à ce sujet avec lui ; et puis, de toute façon, comment aurais-je pu avoir un débat avec quelqu’un d’aussi buté sur ses idées qui refusait de s’ouvrir à celles des autres ? Du coup, tout ça pour dire que sans même connaître le passé de Mascotte, principalement parce que ça ne m’intéressait pas de le savoir, je savais reconnaître ses qualités et les apprécier pour ce qu’elles étaient (quand elles étaient ! Ha-ah !)… Tout comme j’avais hooorreur de ses défauts !

« Moi non plus je ne le pense pas… Commença Loushia, baissant les yeux, avant de les relever bien vite… Mais je ne me fie pas à mes premières impressions. Les apparences peuvent être trompeuses. »

Eew… Vous voyez cette expression blasée sur mon visage ? Loushia, tu n’as véritablement aucun cœur…

« Remarque, dans le monde dans lequel on vit, difficile de faire confiance à n’importe qui, hein ? Fis-je.

-C’est ça, approuva t-elle en opinant du chef. N’y vois rien de personnel.

-Non, je comprends. Je préfère moi aussi me fier à ce que je déduis plutôt qu’à ce que je perçois. On a trop souvent abusé de ma naïveté par le passé alors… »

Je crus bien qu’elle ne rebondirait pas, ce qui aurait été le plus logique à vrai dire étant donné son comportement vis-à-vis des étrangers. Mais à ma grande surprise, la jeune femme murmura :

« C’est ça. »

L’élan de sympathie que j’avais éprouvé pour elle tout à l’heure se mua en une sorte d’admiration. Finalement, malgré son côté un peu antipathique et provocateur lorsqu’elle m’avait menacé tout à l’heure, elle et moi semblions avoir plus de points communs que ce que je pensais. Et surtout, ce qu’elle avait vécu s’apparentait à quelque chose du style : trahison, blessures physiques tant que psychologiques, abandon… Laissée pour morte ? Le tout saupoudré de torture, peut-être… ? Elle avait enduré tout ça pour, en fin de compte, rester quelqu’un de déterminé, de protecteur (le fait qu’elle protège la gamine, qu’elle m’aide… Je radote) et de plus observateur. Elle avait dû le payer de sa naïveté et de ses bons sentiments. Je l’imaginai alors avant : altruiste, optimiste, volontaire. Un sourire étira mes lèvres brièvement puis je finis par lui dire :

« Bon courage à vous deux. Quand vous sortirez de la Forêt de Neyt, vous risquez de tomber sur une troupe menée par un petit rouquin inflexible. Dîtes-leur que vous me connaissez. Ce sont des camarades à moi. Ils risqueraient de vous attaquer, alors soyez prudentes et dîtes leur aussi vite que possible que vous m’avez rencontré et que je leur ordonne de ne pas vous blesser, sinon quoi ils auront affaire à moi à mon retour.

-Nous sommes tout à fait capable de nous défendre par nous-mêmes, » siffla Loushia entre ses dents, agacée à nouveau -fini l’épisode de compréhension mutuelle.

Je soupirai.

« Je n’en doute pas, mais c’est sous-estimer leurs forces de croire qu’à vous deux vous les battriez : même si Shiva est une Sainte, elle n’est pas assez âgée pour bénéficier de l’expérience qu’il lui faudrait pour battre ne serait-ce qu’un seul de mes camarades. »

L’elfe semblait perplexe, et les yeux de Shiva se froncèrent.

« Dîtes-leur que vous êtes des amies à moi, d’accord ? Ils ne s’en prendront pas à vous, comme ça. Ils n’oseront pas attaquer des personnes que je… connais. Nous ne sommes pas amies, mais comme tu me laisses passer sans me blesser, je me dois de te rendre la pareille, expliquai-je pour étouffer tout commentaire intéressant du style ‘on est pas copines’ ou ‘même pas en rêve qu’on se côtoiera’.

-Très bien, dans ce cas. Je leur transmettrai ce message, accepta la guerrière, à mon grand soulagement.

-Merci de nous aider aussi… »

La petite voix de Shiva nous surprit toutes deux, et nous nous retournâmes vers elle avec étonnement.

« C’est la moindre des choses », répondis-je humblement, me sentant presque gênée par le remerciement de l’enfant. Moi non plus je n’étais plus à l’aise avec ces choses-là. Peut-être parce que cela venait d’une enfant, aussi, et que ça paraissait d’autant plus innocent et cru que les paroles plus mesurées d’un adulte.


Nous nous séparâmes rapidement, après cela. Je ne pus récupérer mon poignard qu’après que les deux voyageuses eurent disparues dans les buissons, entre les arbres. Loushia m’avait demandé de ne le faire que lorsque je ne les entendrai plus, précisant que si je me précipitais dessus pour les attaquer une fois le dos tourné, elle m’entendrait avant même que j’ai eu le temps de me baisser –et elle avait pointé du doigt ses oreilles d’elfe. J’avais donc consenti : si ça pouvait m’éviter de me faire tuer par un couteau qu’elle aurait lancé à l’aveuglette pour me toucher en plein cœur… ça m’allait ! Quelques heures après, j’atteignais les sinistrement fameuses Collines sans Fin.
Il est dit dans chaque livre que vous emprunterez à leur sujet qu’il y souffle un vent dont les sifflements rappellent les plaintes des milliers d’âmes des morts dans ces landes. Ceux qui ne s’immunisent pas contre les Pleurs-des-Morts, comme on les appelle, deviennent fous et finissent par se tuer. J’avais d’ailleurs été surprise d’apprendre que sur la planète Terre des Hommes, il existait une culture dans laquelle des hommes guerriers se donnaient la mort. Je l’avais lu dans un ouvrage concernant les traditions d’un de leur pays, dont je ne me souvenais pas le nom (vous imaginez si je devais retenir la géographie de toutes les planètes peuplées connues à ce jour ?!), qu’il existait une pratique nommée le seppuku, de son deuxième nom « harakiri ». Il s’agissait d’un suicide de dernier recours lors de la perte d’un combat en guise de mort rapide et honorable afin de ne pas tomber entre les mains ennemies, mais pouvait aussi s’utiliser lorsqu’un samouraï -un guerrier- estimait immoral un ordre de son maître et refusait de l’exécuter ; lorsqu’il souhaitait se repentir d’un péché impardonnable volontaire ou accidentel ; ou encore comme preuve d’extrême fidélité des guerriers envers leur maître décédé pour le suivre dans la mort. Symboliquement, quelque part, je trouvais qu’on pouvait faire le rapprochement entre les morts des Collines sans Fin et ces guerriers terriens : perdant l’esprit à cause des cris et des pleurs des esprits qui rodaient ici, les voyageurs égarés se donnaient la mort pour se laver de leurs fautes qui les hantaient dès lors qu’ils basculaient dans la folie coupable des Pleurs-des-Morts. Pour ne plus subir les assauts ennemis, en quelque sorte, les voyageurs aux âmes s’égarant préféraient une mort « noble » à une éternité de souffrance dans cet endroit. Mais bon, techniquement parlant, leurs âmes rejoignaient aussitôt l’armée des milliers de défunts de ces collines. Alors le seppuku… pas vraiment, ou alors version déshonorable. Bref, pas vraiment la même chose, c’est vrai.

Les Collines sans Fin ne ressemblent à aucun autre paysage que vous ayez déjà vu : on a tous en tête un champ à perte de vue où la terre est noire de cendres, les arbres calcinés dressés comme des vigies éventrées, des brèches dans le sol par tant de sècheresse, et pourquoi pas un peu de fumée ou de brouillard épais levé sur cette vision désolante de ce qu’est l’anéantissement, la fin en soi de toute vie. Mais ajoutez à cela la lumière rouge dégagée par les veines de lave qui sinuent sous vos pieds, car sous l’épaisse couche de terre sur laquelle vous posez les pieds, il y a un magma chaud qui coule, et vous serez déjà plus proches de la vérité. Vous vous doutez, maintenant, que la chaleur est intenable sur cette partie des Collines. A mesure que vous avancez, ces veinures flamboyantes disparaissent et deviennent bleutées : des jets semblables à des geysers s’échappent désormais en sifflant des fissures pour venir ébouillanter votre peau et vous cuire littéralement sur place d’un bain de vapeur brûlante. Il n’y a pas à lutter contre ce fléau. Puis, les veinures bleues disparaissent à leur tour en apparaissent des vertes, d’une couleur similaire à l’émeraude. Les Pleurs-des-Morts s’intensifient ici : on prétend que sous vos pieds à cet endroit se trouve le cœur des Limbes. Les hurlements et les lamentations sont insupportables à entendre et vous déchirent l’âme en lambeaux aussi bien qu’une lame vous trancherait la chair. Des doigts griffus raclent la terre et par endroit, des trous gigantesques ont été creusés. Des squelettes sur lesquels il ne reste pas une seule parcelle de peau errent dans leur parcelle des Collines sans but. Lorsque ces revenants aperçoivent un être vivant, ils se précipitent sur lui en grand nombre, alléchés par l’odeur de vie qui émane de lui : ils ne s’arrêtent jamais et vous finissez par fatiguer bien avant ces morts hurlants. Comme des zombies, sauf que leur couper la tête n’y change rien. Il faut les brûler par un feu « vivant » pour espérer se débarrasser d’eux.
L’immolation…
Cette pratique connue quelle que soit la planète depuis l’aube des temps. Permettant de laver tous les péchés ou de consumer n’importe quel mal, peu importe son origine. Bien entendu, après cette ère des Collines sans Fin réservée à l’errance des âmes perdues, il existe d’autres terrains tout aussi dangereux. Les démons n’apparaissent qu’après cette parcelle des collines : vous qui pensiez en avoir fini avec les squelettes indénombrables par leur quantité, vous voyez apparaître des dragons dont les cris sont des sifflements aux ondes si puissantes qu’elles brisent le verre et vous percent les tympans. Des créatures telles que des cerbères, des basilics, des gargouilles, des change-formes, des sirènes, des démons avides d’aspirer votre âme peuplent la moitié des Collines sans Fin, fendant le ciel, crevant le sol, jaillissant de l’ombre ou bien émergeant au détour d’un rocher. Les Collines tiennent notamment ce nom de l’interminable cauchemar que vivent ceux qui s’y aventurent en quête des Six Spectres : plus on avance, plus il devient dur de rester en vie. Certains y voient les 9 cercles de l’Enfer. Mais si l’Enfer était chez nous, en O’ordalï, pourquoi en entendraient-ils parler sur Terre, par exemple, par le biais de leurs propres religions ? Je pense plutôt qu’il s’agit d’un concept universel mais qu’il existe plusieurs démonstrations un peu partout dans chaque monde de ce que c’est en réalité. Comme si, finalement, la vie ne pouvait se faire sans une part de destruction, et que toute destruction n’avait de sens que lorsqu’il y avait de la vie à côté, sans quoi un monde ne serait pas possible. C’est un peu l’image du ying et du yang, du Bien contre le Mal, tout ça tout ça… Tout compte fait, c’est loin d’être un concept abstrait ou propre à une culture : ça se retrouve partout et de tout temps. C’est l’office même du Vivant, et la contemplation de notre nature passe aussi par celle de la Destruction. L’apoptose, le seppuku, l’immolation, la loi du plus fort dans le règne animal comme végétal, l’extrême violence des microcosmes que l’on retrouve chez les insectes… On en a les preuves tous les jours sous les yeux, mais à échelle si réduite qu’on n’y prête pas attention réellement. Et si on prend les initiales d’A.D.N et qu’on leur donne un tout autre sens qu’acide désoxyribonucléique ? Pourquoi pas 3 forces ? (Oui, je sais, c’est tordu.)

Force A : Assemblage. 

Force D : Destruction.

Force N : Neutre.

3 processus que l’on retrouve à toutes les échelles. Le vivant est un assemblage d’atomes chargés électriquement neutres (neutrons), et l’ADN, pour pouvoir se recréer, passe d’abord par une division de ses brins pour la reconstruction d’autres. Alors pourquoi pas à encore plus grande échelle ? Bien sûr, cela ne sont que des spéculations personnelles proposées sur l’instant, rien de véritable, de « prouvable ». Mais symboliquement, ça a un certain sens. Du moins dans ma subjectivité propre.
Et enfin, la dernière partie des Collines sans Fin : le néant. Cela ressemblerait, de ce qui en est dit dans les livres d’histoire et de géographie (je demande toujours à rencontrer ceux qui ont écrit ça), à une sorte de territoire où il n’y a plus aucune ligne d’horizon, plus aucun repère spatial : l’obscurité enveloppe petit à petit tout le champ de vision et seule une demi-pénombre vous permet de voir. On ne sait d’ailleurs pas par quelle lumière est-ce que ces ténèbres épaisses sont percées et laissent filtrer juste assez de luminosité pour voir que le sol est toujours fait d’une terre dure et craquelée où rien ne pousse. Ici vivent les Six Spectres capables de n’importe quel miracle : en échange d’un ultime sacrifice (au cas où vous n’ayez pas perdu assez de sang, de bras ou de jambes pendant que vous traversiez les Collines sans Fin, vous savez… L’arnaque !), ils ont le pouvoir d’absolument tout. Relever les morts en vivants, créer n’importe quoi, vous transformer en quelqu’un d’autre, vous attribuer un pouvoir, ôter la vie de qui vous souhaitez, provoquer une catastrophe naturelle à l’autre bout de l’univers, créer une réalité alternative où vous seriez empereur (bien entendu, cette possibilité n’est pas vérifiable : c’est l’un des exemples donnés dans les bouquins relatant les mystères enveloppant les Six Spectres, mais il y a sans doute une part de fanatisme ou de fantasme à la perspective de Spectres-Miracles capables de tout)… etc. Et en bonus cependant, comme ils ont l’âme charitable, votre vœu exaucé, ils vous renvoient à l’entrée des Collines sans Fin en « voyage express » par le biais d’un portail. Ainsi, vous évitez de vous retaper tout le chemin en sens inverse pour sortir : les Spectres vous y renvoient directement.

J’ai regardé longtemps, très longtemps les Collines devant mes yeux violets sans parvenir à me décider, emplie d’une épaisse confusion. En valait-ce vraiment la peine ? Comment arriverais-je à vaincre tous ces ennemis sans y perdre quelque chose au préalable ? Serais-je seulement capable, alors, d’accéder au sacrifice ultime exigé par le Spectre ? Etais-je capable d’un tel exploit ? Je ne possédais que ma kinésie, mon poignard, mes compétences physiques et mon as. Je dis « as » car c’est un petit pouvoir bonus que j’ai acquis en combattant à mort un magicien pendant mon voyage : un fou furieux dont le marché était : « tu me tues et tu repars avec mon pouvoir, je te tue et je repars avec le tien ». Et comme il avait composé une sphère infranchissable autour de nous pour construire une arène de combat, la seule issue possible était la mort de l’un de nous deux. J’avais fait en sorte que ce soit lui. Aussi avais-je hérité de sa capacité à matérialiser toute sorte d’objets –des armes et des dômes protecteurs- autour de moi en traçant dans l’air des runes qui apparaissaient sous la formes de dessins violets somptueusement complexes. J’affectionnais particulièrement les griffes violettes qui se portaient grâce à un étrange bracelet au niveau du poignet et dont des chaînes couraient sur et sous ma main ; les sabres fins que je faisais siffler dans l’air ; sans oublier les bras mécaniques qui enveloppaient mes mains jusqu’à la moitié de mes avant-bras –de vrais couteaux suisses ! J’avais tout essayé : le marteau géant, l’épée de Damoclès, l’arc, les chaînes, les fouets hérissés de pointes, les lames, les lances, les mutations physiques ainsi que les armes à feu sophistiquées. Mais j’avais mes prédilections et le style bourrin n’était pas assez délicat (si si) à mon goût.

Pour autant, armée jusqu’aux dents que je pouvais l’être, était-ce raisonnable de m’aventurer sur un terrain miné comme celui-ci ? Certes, mon pouvoir était plutôt rassurant et carrément exquis, mais… les créatures qui m’attendaient suite aux Limbes étaient dotées d’armes absolument exquises aussi en matière de destruction : elles en avaient fait leur vie. (Ha ! Leur « vie » alors que ce sont des créatures revenues d’entre les morts grâce aux Six Spectres ! Elle est pas excellente celle-là ?!) Puis… je me souvins de la raison pour laquelle j’étais venue jusqu’ici et pourquoi j’avais combattu et bravé tous les dangers rencontrés jusqu’à présent et qui m’avaient conduite à cet endroit bien précis. Mascotte m’aurait admonesté du genre : « Tu n’as plus le droit de revenir en arrière, Mily. Tu es venue ici dans un but, et tu dois t’y tenir. Souviens-toi : rien n’est plus important que l’accomplissement de ses valeurs. Ce sont elles qui t’ont conduites ici. » Je l’aurais alors raillé : « Mascotte, ce ne sont pas mes valeurs qui m’ont amené ici, c’est une promesse que j’ai faite. » Il aurait rétorqué, implacable : « Tenir une promesse est une valeur en soi. » Et moi : « Gnagnagna ! » Puis, plus sérieusement : « C’est un engagement plus qu’une valeur. Si ça n’avait engagé que moi, je n’aurais pas risqué ma vie pour des valeurs en m’offrant potentiellement au monstre le plus démoniaque des Collines sans Fin. Je pourrais largement me passer de ça. » Naturellement, ça aurait viré en dispute parce qu’avec Mascotte, c’est toujours co… Ca suffit Mesie-Leena ! Me criai-je en me frappant le crâne à deux mains. Tu essaies de gagner du temps pour ne pas avoir à aller sur ces foutues collines de mes deux ! Ca ne te ressembles pas… ! Aller, du cran ma vieille ! Je regardai devant moi l’étendue veinée de coulures de laves incandescentes… courage. Si je ne m’engageais pas maintenant sur ces terres arides, alors je ne le ferais jamais. Il fallait le faire. Maintenant.

Je m’avançai en territoire ennemi.

J’eus une pensée pour les filles : Loushia et Shiva. Avaient-elles atteint la troupe de Mascotte à l’heure actuelle ? Cela faisait plusieurs heures que nous nous étions séparées et si elles avaient continué à avancer à bon rythme, elles avaient dû parvenir à l’orée de la Forêt de Neyt et donc être tombées sur mes anciens camarades. Je ne savais toujours pas ce qu’elles avaient fuis aussi vite : l’elfe m’avait appris qu’elles revenaient des Collines sans avoir pu obtenir ce qu’elles étaient venues chercher. Un démon ? Un esprit ? Un squelette ? Un fantôme du passé venu les hanter sur les landes des âmes errantes ? Si jamais je reviens d’ici vivante, il faudra que je pense à lui poser la question. Mon service en les recommandant à Mascotte méritera bien un peu de gratitude de leur part ! Je marchai ce qui me parut durer des heures sur une surface craquelée d’un sang flamboyant et bouillant faisant dégouliner le long de mon visage, mon cou, mon dos et mes bras de longues rivières de sueur. A cette allure-là, je finirais déshydratée et complètement ratatinée de sécheresse avant d’atteindre la seconde partie des plaines qui précédaient l’apparition des premiers monstres à affronter… ! Ce n’était pas bon signe du tout. Le pouvoir de cryokinésiste de Loushia avait dû lui être bien utile pendant cette partie du voyage : elle avait sans doute pu réguler sa température en s’enveloppant d’une couche de glace. Pour peu qu’elle maîtrisât réellement sa magie, elle avait pu la transmettre à Shiva rien qu’en lui tenant la main pour étaler sur sa peau d’enfant des cristaux de glace rafraichissants… PENSES A AUTRE CHOSE ! Je me fis violence pour arracher l’image de l’eau et de la fraicheur de mon esprit : il avait déjà commencé à se déconcentrer pour baver d’envie sur un mirage purement fictif. Ici, sur ces terres désolées, le désespoir était aussi meurtrier que les bestioles qui y vivaient ou que l’hostilité du paysage. Combien de personnes avaient péri en rêvant d’un bain froid, de retrouver bien vite les bras d’une femme rafraîchissante, de respirer un air plus clair et léger, de se délester de quelques kilos pour avoir moins l’impression de fondre… ? La malédiction était la suivante : les lieux, empreints d’une magie aussi ancienne que sombre, se nourrissaient indirectement de leurs passagers en aspirant littéralement leur énergie vitale par le biais des mirages naissant dans leurs esprits. Tous ceux qui se voyaient déjà ailleurs ou qui tentaient de se changer les idées en rêvassant de tout ce qui serait plus agréable que cette chaleur finissaient en poussière de cendres et leurs âmes étaient condamnées à rejoindre les milliers d’autres qui peuplaient ces collines en pleurant, geignant, criant… La mort seule étant un bien trop clément destin pour eux qui avaient le malheur de périr en ces terres. Les deux uniques issues possibles étaient donc soit de ne jamais poser pied sur les Collines sans Fin, soit, une fois lancé(e), d’aller jusqu’au bout rencontrer les Six Spectres qui se chargeraient de nous faire repartir en vie de leur demeure. Autrement… On raconte que ceux qui ont tenté de rebrousser chemin après l’avoir entamé n’ont jamais pu retrouver la sortie des Collines. Comme si, une fois qu’on y posait le pied, tout ce qui était derrière soi et était encore verdure et vie disparaissait pour ne plus former qu’une éternelle terre aux veines de magma. Sans début, sans fin. Je ne pouvais donc absolument pas m’autoriser le droit à la rêverie. Ici débutait une lutte acharnée pour la survie. Nul droit au regret et à la rêvasserie. J’étais consentante au sort que je m’étais attribuée par moi-même : il me fallait l’assumer si j’escomptais m’en sortir vivante.

Aux veines rouges succédèrent les veines bleues. Patiemment, j’attendis depuis la bordure de ce nouveau territoire, essuyant les dernières gouttes de transpiration qui cascadaient le long de l’arrête de mon nez. Les geysers semblaient jaillir de façon totalement aléatoire du sol : aucune régularité dans leur mouvement, aucune synchronisation. Même les événements ici sont anarchiques et chaotiques. Les lois des vivants ne s’appliquaient plus ici. Pourquoi était-ce si peu étonnant ? Il allait donc falloir être sur le qui-vive tout le temps que durerait le trajet sans se reposer un seul instant sur la chance.

« Comment pourrais-je me protéger d’un éventuel jet de vapeur brûlante si je n’ai pas fait assez attention ? » Me murmurai-je à moi-même en balayant du regard les alentours.

Il me vint une idée. Levant les bras devant mon visage, je me mis à dessiner de grands arcs de cercles dans les airs, concentrée : les tracés invisibles jusqu’à présent devinrent violets et mirent en évidence la rune que je dessinais. Se constituant à partir des particules présentes dans l’espace tout autour, aspirant la matière comme une baleine aspire du plancton, les boucliers que j’avais invoqué se matérialisèrent comme par magie, flottant dans les airs mus par une sorte de volonté propre. En réalité, c’était à la mienne qu’ils devaient leur « flottaison » improvisée : mon esprit les projetant là il le voulait dans l’espace les commandaient à se disposer à tel ou tel endroit. Si je voulais qu’il me protège la tête, je n’avais qu’à l’imaginer au-dessus de mon crâne. Ainsi je les disposai en cercle tout autour de moi à environ deux mètres pour pouvoir bouger sans encombre, et suffisamment espacés pour voir entre eux où avancer. Ils apparaissaient aux yeux d’une teinte noire et renforcés d’acier, mais au moindre choc trop violent pour qu’ils soient maintenus, ils prendraient une teinte violette opaque et leur nature véritable d’écran de protection magique serait révélée. Pas comme si cela importait, mais c’était très joli à observer : un bouclier volant devenant un rideau opaque et mauve avant de disparaître dans un « shhhhhh » léger. La magie de ce sorcier vaincu était un véritable cadeau. J’allais peut-être me mettre à remercier les dieux de l’avoir placé sur mon chemin et de lui avoir donné si mauvais caractère car sans cela, sans sa provocation et son duel jusqu’à la mort, j’aurais dû me passer de pleins d’instruments de combat bien pratique !


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PostPosted: Sun Jun 23 2019, 20:55    Post subject: Mon nom est Mily. Reply with quote

Je t'avoue que ton texte est TRES long x) Je me suis pour l'instant arrêté à la fin du dialogue entre Mily et Lushia, et je trouve que le style te correspond bien. Ce que j'aurais à critiquer serait un peu trop de background story, des éléments qui à mon sens n'ont pas vraiment de raisons d'être aussi développés dan l'instant, dans leur discussion. Peut-être que ça prend son sens par la suite, et même si comprendre l'univers dans lequel ils vivent est intéressant, je suis pas sûre que ce soit nécessaire ^^


Je reprendrais la lecture quand je serais plus motivée, ça fais beaucoup à digérer :3
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PostPosted: Tue Jun 25 2019, 10:32    Post subject: Mon nom est Mily. Reply with quote

Ah ça oui, c'est clair que c'est long. x)
Ce n'est pas à lire d'un seul coup ; je me doute bien que tout le monde n'en aura pas forcément l'envie ou le temps. Mais des avis sur des passages restreints me conviennent tout autant que s'il s'était agit de l'intégralité de l'écrit. A vrai dire, je me suis dépassée dans ce récit ; je ne suis pas tellement habituée à la première personne et j'ai donc eu la sensation de lire quelqu'un d'autre en relisant mon chapitre. Mais pour le coup, les flash-back ne m'ont pas gêné puisqu'ils placent le décor et font partie du caractère du personnage. :p
Je n'avais absolument pas envie d'une intro historique qui relate le contexte indépendamment de toute histoire vécue -c'est moins drôle. Merci de ton avis en tout cas ! Tu es la première à m'en laisser. x'D
J'espère que malgré l'aspect un peu indigeste ça véhicule malgré tout le côté un peu "mythique/magique" du monde que j'ai eu envie de créer. :'3
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PostPosted: Tue Jun 25 2019, 10:43    Post subject: Mon nom est Mily. Reply with quote

Disons que j'ai peur de perdre le fil si je lis pas tout d'un coup ^^


En tout cas oui, on sent bien ce côté "héroic fantasy" si je puis dire, je trouve que c'est un genre qui te va bien :)
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Chagrin d'un Jour
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PostPosted: Tue Jun 25 2019, 11:03    Post subject: Mon nom est Mily. Reply with quote

Pour l'instant, j'aime bien ce que tu laisses apercevoir de l'univers de ce texte (chapitre ? prologue ?). Ce n'est pas mon genre de lire des histoires où il est plus ou moins question d'extraterrestres mais comme on y retrouve des créatures un peu plus "fantasy", ça me plaît pas mal. ^^
Personnellement, la longueur ne me dérange pas en soit, mais je trouve ça un tantinet trop descriptif sur la fin. :3
Par contre, j'avoue que j'ai un peu de mal avec ce que l'on voit du personnage de Mily. J'imagine que son côté très "je suis toute puissante" est fait exprès, mais s'il n'y a pas de remise en question ou de changement de point de vue de narration (avec Loushia par exemple, que pour le coup j'aime bien), elle risque de m'agacer assez rapidement. x) (Ce n'est que mon avis bien sûr !)

Eeet je suppose que ce n'est pas voulu mais le dialogue Loushia/Mily m'a fait pensé à la dernière discussion Blasphème/Osmose, je ne sais pas si tu t'en souviens. x'D J'espère que l'on verra Mascotte (qui me fait aussi penser à Blasphème d'ailleurs, mais je crois que je le vois partout ahah), qui m'a l'air un personnage qui peut offrir des interactions intéressantes avec Mily.
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Démence Astrale
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PostPosted: Wed Jun 26 2019, 22:34    Post subject: Mon nom est Mily. Reply with quote

Je ne demande qu'une chose, la suite ! **

Je ne suis pas d'accord avec Symphi sur les background, vraiment j'ai qu'une envie que tu finisses l'histoire, que tu relises (y'a quelques erreurs mais c'est totalement normal, y'a parfois pire dans des livres publiés) et que je puisse ensuite acheter le livre en librairie pour le lire version papier ^^
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Lac de l'Hiver
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PostPosted: Fri Jun 28 2019, 15:28    Post subject: Mon nom est Mily. Reply with quote

Symphi --> c'est vraiment gentil de ta part, merci. :3
Après, n'hésite pas avec des remarques constructives, je n'y verrai aucune méchanceté. (:

Brumy --> ouuuuh, en effet ! x'D Le but était de faire un peu extra-terrestre du point de vue humain donc que tu en sortes le terme me montre que c'est plutôt réussi. xD
Mais ne t'inquiète pas : la suite sera clairement branchée sur un ton plus 'heroic fantaisy'. ~
Après, pour le personnage de Mily, j'ai envie de te dire que là encore, loin de me déranger, ton avis me flatte. Je ne souhaite pas faire une "héroïne" trop agréable à tous mais j'admets qu'elle ne m'a pas paru si antipathique que ça : je pense que c'est quelqu'un qui m'amuserait beaucoup en vrai. Pourquoi ne pourrais-tu pas l'apprécier, toi ? ^^
Aaaaaaah, par contre je n'avais pas duuu tout pensé à cet échange ! Je m'en souviens à peine et ton commentaire m'a montré une fois de plus que ma mémoire est vraiment déficitaire... ! J'en suis désolée. :'3

Flammy --> ok, ça me motive grave.
Franchement, si je finis cette histoire, t'auras un ouvrage en avant-première avec signature de l'écrivain. Hahahah !


Merci à toutes les trois du fond du coeur ! Ca me fait réellement plaisir d'avoir vos avis !
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Chagrin d'un Jour
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PostPosted: Fri Jun 28 2019, 16:08    Post subject: Mon nom est Mily. Reply with quote

Oh ça c'est cool, j'adore l'heroic fantasy ! :D Mais ne t'inquiète pas pour le côté extra-terrestre, ça change un peu des codes habituels, ce qui n'est pas plus mal et apporte un petit vent de fraîcheur. ^^
Alors oui, Mily doit être en vrai une personne plutôt amusante, je suis d'accord. x) Le problème étant pour moi que comme Mily est le personnage principal, on va avoir cet humour du début à la fin, et j'ai peur que ça ne devienne un peu lourd à force. Après, pour parler de cet extrait précis, je dirai que c'est le fait qu'elle insiste autant sur sa toute-puissance qui m'a titillée, mais je suis peut-être la seule à penser ça. Donc pas d'inquiétude ! Si tu continues cette histoire, je pense que je la suivrai avec beaucoup de plaisir. =)
Maiiis c'est vrai que Mily est une héroïne originale, et ça ça fait plaisir. c:

Pas de souci, c'est un RP qui remonte pas mal maintenant. xD
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Lac de l'Hiver
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PostPosted: Fri Jun 28 2019, 16:18    Post subject: Mon nom est Mily. Reply with quote

Oh, non, tu n'es pas la seule. :')
Elle est un brin mégalo. Mais j'ai prévu de quoi la faire redescendre un peu "sur terre", mouhahaha ! Disons qu'elle s'inspire de quelqu'un que je connais et sur les chevilles de qui je soufflais exagérément pour stipuler les accès d'ego. x) C'était amusant mais pas parce que je partageais son point de vue : parce qu'avec une copine on riait de son extrême confiance. x'D
Donc je comprends largement ton sentiment. ^^
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Démence Astrale
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PostPosted: Mon Jul 1 2019, 10:46    Post subject: Mon nom est Mily. Reply with quote

Ca me ferait très plaisir ^^
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PostPosted: Wed Jul 3 2019, 20:20    Post subject: Mon nom est Mily. Reply with quote

J’ai bien accroché au texte, et j’ai hâte d’y trouver une suite :3
Et moi en ce moment qui suis fan de tout ce qui concerne le paranormal, c’est sympa. Mily est assez amusante, je ne le cache pas.
Après juste un conseil pour les tirets, au lieu d’utiliser ceux ci : "-", on distinguerait mieux le dialogue avec un tiret plus long comme celui-ci : "—". Voilà, c’est juste un petit conseil pour toi :D
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PostPosted: Thu Jul 4 2019, 21:54    Post subject: Mon nom est Mily. Reply with quote

C'est trop lourd les gros tirets :v
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Lac de l'Hiver
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PostPosted: Sat Sep 14 2019, 16:31    Post subject: Mon nom est Mily. Reply with quote

Yooo ! Du coup voici une version hypothétique de suite : j'attends vos avis pour savoir si je la garde ou s'il y a un trop gros contraste. xD
Bonne lecture. (:


Elle se dressait debout au milieu d’un vertigineux chaos : s’entrechoquaient de multiples troncs d’arbre dans un vacarme étourdissant qui ne semblait pourtant en rien l’étonner. Tout son être semblait avoir plongé dans une intense réflexion et ses yeux grands ouverts n’apercevaient sans doute pas ce qui se passait autour d’elle.


* * *

Mily était au bord de la folie.

Depuis qu’elle avait pénétré ces terres de malheur et de désolation où les flammes de l’enfer étaient soufflées par d’innombrables dangers ailés aux crocs longs comme des coutelas ; aux yeux rougeoyants ; aux corps recouverts d’écaille, de mousse, de pierre ou de langues de feu ; aux ornements guerriers incomparables avec les armes humaines ou O’ordaliennes, le temps se fragmentait, les issues s’épuisaient autant que les ressources, l’espoir s’éteignant paradoxalement tandis que grandissaient les incendies ravageurs. Les seuls refuges actuellement capables de l’abriter s’appelaient des grottes ou prenaient la forme de souterrains. Lushia l’elfe et son acolyte Sainte des Marécages avaient elles aussi fini par se perdre hors de l’esprit carbonisé de la kinésiste. La solitude, autant que l’acharnement infatigable des dragons, menaçaient par moments d’engloutir l’inébranlable volonté dont la jeune femme avait cru s’armer.
Lorsque parfois venait le répit -plutôt, lorsque parfois elle parvenait à détromper assez longtemps la vue perçante des démons aériens-, il lui était à nouveau possible d’entendre sa propre voix intérieure et de penser à une stratégie, de prendre un peu de calme, de se reposer. Mais ce dernier mot commençait à perdre de sa signification. Sa quête initiale avait du sens, elle le savait, néanmoins les démons à affronter n’en finissaient pas de reparaître comme si les cadavres de la veille n’avaient servi qu’à attiser la convoitise de prédateurs toujours plus gros, plus résistants, plus puissants. Il existait sur la planète Terre un jeu vidéo développé spécialement pour un appareil nommé ‘ordinateur’ : incarnant un personnage d’une race particulière choisie par le joueur, ce dernier se voyait capable d’améliorer ses compétences en forge, arme à une ou deux mains, pouvoirs de guérison, destruction, clairvoyance, etc. Le clou résidait en le cinquième jeu du nom de Skyrim : dans The Elder Scroll, le personnage se voyait révéler sa nature d’enfant dragon et avait à affronter les bêtes dont il portait l’héritage et savait parler la langue. Mily se l’était remémoré au début de son arrivée en ces terres désolées, avant que l’impitoyable sauvagerie des lieux ne commence à l’ébranler : que n’aurait-elle pas donné, alors, pour avoir la capacité de hurler aux dragons des sorts assez puissants pour pouvoir les mettre à terre ou les geler suffisamment longtemps pour fuir…


Tout se passait bien trop vite et je n’avais eu le temps de rien.
D’ordinaire, avec l’impulsivité de mon côté et l’adaptation en mettre mot, les imprévus n’avaient guère d’emprise sur mon moral. Un autre atout de mes poches était ma kinésie. Et pourtant, ici, ni le goût de l’incertitude, ni mes aptitudes à y faire face n’avaient suffis à me tirer d’affaire, de sorte que le temps s’éternisait dans cette partie des Collines sans Fin. Le paysage était toujours aussi beau, jour après jour, et rien ne ternissait l’éclat aveuglant du crépuscule sanglant qui se couchait face à moi, dans des montagnes qui me paraissaient inatteignables -alors que tout tentait, au contraire, de nuire et d’altérer ma conscience.
Les premiers jours, je résistai vaillamment aux assauts venus du ciel -si tant était que l’ont eût pu appeler mon instinct de survie de la vaillance- en repoussant sans cesse les attaques des dragons gargantuesques qui déchiraient la lumière du jour et projetant au sol des ombres insidieuses aussi brûlantes que leurs flammes. Depuis quand les ombres émettaient-elles de la température ?! Mais je n’avais pu m’amuser guère longtemps : les trois premiers représentants de l’espèce mis à terre et tués, bien d’autres s’étaient mis à voler dans les cieux en déployant leurs larges ailes dont le seul battement suffisait à imiter le grondement sourd de l’orage. Leurs cris, eux-même, étaient si puissants qu’ils auraient couvert l’éclatement du tonnerre ou la détonation d’une arme à feu de gros calibre. Je m’étonnais encore de ne pas avoir perdu mes tympans avec l’usure ; le coton que j’y avais fourré en le récoltant près de la première rivière croisée m’avait été précieusement utile.

Cela faisait… Bons dieux, depuis combien de temps fuyais-je ? Que m’était-il arrivé ? Pourquoi avais-je cessé de combattre, déjà ?
Je sortis de ma tanière, brandissant mes deux épées de foudre de part et d’autre de mon corps, avant de soudain me souvenir : d’un bond, je me jetai derechef dans l’entaille de la falaise qui me servait de planque. Cette brèche était mon sauveur et je lui devais d’emporter dans le vent les vestiges de mon odeur suffisamment loin d’ici en un rien de temps pour que les dragons ne me retrouvent pas (Phrase proposé : Cette brèche était mon sauveur et je lui devais d'emporter en un rien de temps les vestiges de mon odeur dans le vent suffisamment loin d'ici pour que les dragons ne me retrouvent pas). Au loin, le fracas assommant du cri de l’un d’eux retentit, mais je ne bougeai pas de mon emplacement, rivant mes iris à la fente lumineuse qui ouvrait à mes yeux la vision pastel d’un ciel si pâle que les nuages blancs qui s’y effilochaient étaient durs à repérer. L’arête montagneuse du premier pic que j’avais atteint se découpait gracieusement sur tant de pureté céleste, semblable au relief imaginaire d’une peinture. Comme toute aurore digne de ce nom, celle qui se levait sur les Collines sans Fin était somptueuse dans son voile éthéré aux senteurs de fraîcheur, de pétales de fleurs et d’humidité. Au même titre, l’apogée de l’astre solaire lorsqu’il atteignait son zénith plongeait l’environnement dans une chaleur écrasante comparable aux étés les plus chauds qui soient connus, et la nuit s’illustrait par un froid polaire en soufflant entre les arbres comme des fantômes épouvantés hurlant à la mort qui les avait fauché. Un cauchemar.
Je rampai le long de la roche en m’enfonçant vers l’intérieur de la montagne, retenant mon souffle jusqu’à ce que les parois s’élargissent et me laissent enfin respirer correctement. Cette faille n’était pas seulement un renfoncement opportun quoique contraignant à la posture « debout » : elle se métamorphosait en grotte véritable en plongeant plus profondément dans les entrailles de la terre. La végétation y était rare, et quelques bribes de mousse s’accrochaient aux parois rocheuses. Aucun ornement, aucun dépôt calcaire, aucune étincelle cristallisée, rien. Rien d’autre que cette pierre uniformément grise, rêche et froide. J’allumai au pied du mur du fond le tas de bois que j’avais amassé à forces de sorties de plus en plus téméraires aux alentours : la pièce de gibier chassée gisait littéralement sur une pierre plate, le sang séché éclaboussant d’un brun foncé le gris déjà laid. Je ravalai un haut-le-coeur et plaçai ma ration sur la broche prévue à cet effet, l’accrochant au-dessus des flammes que je contemplai avec un mélange d’effroi et de haine.
J’avais affronté dernièrement trop de fois cet élément sans parvenir à le maîtriser pour que je puisse l’observer sans appréhension. Les dragons m’en avaient dégoûté. Loushia avait eu raison quand elle m’avait dit que seule la mort et la désolation m’attendaient par-delà ces espaces assassins et esseulés ; je n’avais simplement pas accepté l’idée qu’il puisse s’agir de mon tombeau et, pourtant, c’était bien enfouie sous terre à feindre l’inexistence que je me trouvais en cet instant.

Je me faisais disparaître.

« PUTAIN DE BORDEL DE MEEEEEEERDEUUUH ! »

Dans un élan de fureur et de dévastation, j’envoyai s’écraser contre la roche mon poing droit : il y eu un craquement mat, étouffé par la chair, puis une décharge d’électricité violente dans tout mon corps.

« RAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH ! »

Mon hurlement se perdit et se mourut entre ces parois, y gravant mon horreur, ma colère et ma souffrance. Je perdais mon calme et ma réflexivité à force de me claquemurer ici sans parvenir à progresser dans ce pans des Collines.
Oh.
Je crois que je me suis bousillée les os.

L’instant d’avant m’avait vu rugir comme un beau diable et celui d’après, je recouvrai le sol de chaudes larmes, que je maudis elles aussi d’être aussi brûlantes. Il me fallut plusieurs minutes pour reprendre le contrôle de mes faits et gestes, d’essuyer mon visage d’un revers de la manche et de me redresser. Je fermai les yeux, inspirant longuement -et je sentis bien que ma poitrine vibrait dangereusement : mon souffle était fébrile, tremblant. Un peu plus tard enfin, et après un semblant de soin apporté à mes phalanges martyrisées, je m’étais apaisée.

Bon, reprenons.
Les dragons voient mieux que moi la nuit : sortir à ces heures là est risqué car j’y vois clairement moins bien.
Aux alentours de midi, la chaleur est si suffocante qu’un brin de leurs flammes suffit à embraser tout l’environnement déjà sur le point d’entrer en combustion spontanée. Invivable.
Le matin n’est pas franchement l’idéal vu qu’ils sortent, mais de toute manière, aucun moment n’est opportun. Il faut forcément les affronter quelque part. Mais maintenant que j’ai atteint les chaînes montagneuses qui se profilaient à l’horizon, peut-être que les températures de la journée seront à revoir. Les nuits à l’extérieur sont mortelles : le froid mord même les cailloux en les gelant au point de les faire éclater. Impossible de partir de nuit. Il me faudra au moins une grotte chaque tombée de soleil pour espérer survivre ; elle garde une température constante.
Grâce aux runes, je peux me protéger un temps des crachées de feu des dragons, voire parer certains coups au corps-à-corps, mais il me faut toujours le temps de la réécriture des runes et c’est trop précieux pour être gaspillé. Mes frappes doivent être précises, rapides et efficaces dès qu’elles commencent. Les pluies de lances et les bras mécaniques armés marchent bien.

Un souvenir afflua à ma conscience et le fermai abruptement les yeux pour tenter de l’arrêter immédiatement. Je n’avais aucune envie de me rappeler mes combats ; cela ne me servait à rien de plus maintenant et menaçait même l’équilibre mental que j’avais réussi à canaliser. Dans un soupir peu assuré, j’expirai et chassai les images formées par mon esprit.
Le ciel est maintenant haut dans les soleils. Euh... si si. Attends, il faut que je garde de vue les nuages, sinon ils risqueraient de partir. C’est pas l’moment. Oh, ça sent le grillé.
Je me précipitai avec un instant de retard vers le feu, ôtant le gibier d’au-dessus : des volutes à l’horrible odeur de viande carbonisée s’élevèrent vers le plafond de la grotte, emportant avec elles les bribes incompréhensibles de paroles que je ne me souvenais même pas avoir pensé en esprit.

« Mais meeeeerde quoi ! »

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