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De quoi as-tu peur ?

 
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Nuage de Houx
Clan de la Nuit

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PostPosted: Sun May 5 2019, 21:08    Post subject: De quoi as-tu peur ? Reply with quote

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the beginning of a great love-story always start with two little pieces of broken heart


J'avais ce goût, un peu amer, un peu sec, au fond de la bouche. C'était devenir étrangement habituel, cette impression pâteuse dans la gorge, causée sans aucun doute par les anti-dépresseurs. Ils me maintenaient dans un brouillard léger, presque agréable. Tout aurait été mieux qu'ils étaient plus puissants, pensais-je incessamment, s'ils pouvaient noyer inexorablement toutes les pensées qui venaient s'échouer sur les rives de mon cadavre animé. La salle commune était à la fois bruyante et calme, bruyante de vie, d'activité, de personnes, et calme car seul les froissements d'une page de livre tournée faisait réellement du bruit. Mais c'était ce dégoût de la vie qui me rendait malade. Tous dans cette pièce faisaient semblant de vivre. Margaux, là-bas, faisait semblant de lire, Jeanne de rire à ce que lui disait Chloé de son côté, Raphaël écrivait dans un journal. Sûrement expliquait-il à ses parents à quel point il avait repris du poids, alors que c'était faux, que les os de ses doigts ressortaient encore ignoblement, ses joues étaient émaciées, ses jambes tremblaient en se levant. Il était lui aussi un cadavre vivant, et si lui c'était son corps qui avait perdu vie, moi, je me baladais dans un corps à l'esprit mort.
J'étouffais, dans cette sale aux murs blancs, avec ces chaises en plastique blanc cassé, et ces tables de fer blanches, et ce canapé d'un bleu de mauvais goût. L'architecte même de cet hôpital devait être dépressif, et il a du lui aussi finir interné aussi, pas de doute.
Soudainement, je me levai, faisant racler cette chaise immonde au sol, Margaux releva les yeux, ouvrit la bouche, mais je vis bien qu'elle n'allait rien ajouter. Par conséquent, je pris la décision de quitter la salle, et d'aller me balader ailleurs, loin d'eux, loin de ces malades.
Les bandes à mes poignets me grattaient, et l'envie de les retirer pour continuer ma propre autodestruction devenait croissante. Je jouais avec un morceau déjà un peu moins serré que le reste, innocemment, comme si de rien n'était. Les infirmiers allaient certainement me tomber dessus le soir, en les voyant à ce point abîmées, mais j'étais habituée, et eux aussi. C'en devenait un rituel le soir "Anaïs tes bandes !" -"oui ?" -"tu y as encore touché !" -"oui ?". Et ainsi de suite, depuis déjà près de trois semaines. Et rien ne s'améliorait. Les psychologues ne servaient à rien et je leur crachais au visage. Les médicaments étaient aussi utiles et efficaces du placébo. Ils ne voulaient pas se rendre compte que quand l'envie de vivre est morte, il n'y a pas de résurrection. Autrement dit, quand l'envie de mourir naît, il n'y a plus rien à faire ; la personne est déjà un peu morte.

Quand l'autodestruction nous appelle, il est si difficile d'y rester. C'est une libération aux limites encore inconnues, encore à découvrir, qui permet un bien être profond. Le bien être de se savoir en parti détruit, le bonheur de se savoir plus proche de la mort que de la vie. Personne ne comprenait. Personne ne pouvait comprendre. Mais la culpabilité était si forte, le désespoir si fort, la haine si forte. Je me détestais tant et je peinais tant à respirer dans cette haine, que l'autodestruction était une forme d'oxygène. Elle permet enfin de respirer. S'autodétruire fait vivre.

Je pris le premier couloir en sortant de la salle commune, il menait aux salles d'attentes pour les accompagnateurs, souvent des hommes stressés par un accouchement proche, des mères attendant qu'on recolle miraculeusement le bras de leur enfant, des urgences banales aussi. Mais des personnes dans notre cas, il n'y en avait jamais, nan, on était repoussés, peu aimés. On faisait peur. C'est comme si on puait la mort en arrivant, comme si les autres pouvaient sentir notre douleur et qu'égoïstement, ils s'en éloignaient pour se préserver, au lieu de nous sauver. Alors on était mis en quarantaine, pour pas que la douleur se propage, pour pas que le malheur se propage, pour pas que le désespoir se propage comme une grippe en plein hiver.
Et pourtant, désireuse de me confondre dans une salle du vrai monde, le monde des gens à la souffrance supportable, je me glissai entre quelque fauteuils, et m'assis là, près du mur, sans rien dire de plus, sans regarder qui que ce soit. C'était toujours bruyant de vie, mais d'une vie moins malsaine, moins étouffante, une vie qui vivait.
Je tirai mes manches sur les bandelettes, fermai les yeux quelques secondes et les rouvris, en sentant quelqu'un s'asseoir sur la chaise à côté de moi, que j'avais laissée délibérément vide par volonté d'être séparée d'une moins une chaise de l'autre monde.

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PostPosted: Sun May 5 2019, 21:51    Post subject: De quoi as-tu peur ? Reply with quote

          La chaise en plastique inconfortable lui rentrait dans le dos, mais il faisait comme s'il n'en avait rien à cirer. Il fallait dire qu'en cette charmante journée, rien de tel qu'un bon bol d'air aseptisé dans un hôpital surpeuplé - comme tous les hôpitaux - pour faire le plein de pensées positives.
           William exagérait. C'était rigolo de voir les gens passer et d'imaginer leur vie, même si lesdites hypothèses s'avéraient complètement fausses. Tant que le temps passait plus vite comme ça, c'était le principal. Et si l'étage des soins intensifs pouvait tout de même être animé, ce n'était rien face à l'effervescence permanente des urgences qui vous fatiguerait en un rien de deux. William le savait, il s'y était déjà rendu pour divers raisons, qui allait de l'objet dans le nez de Joaquim à la brulure de la casserole de Marie, en passant par des raisons plus ou moins avouables. Il avait aussi fait personnellement l'expérience de la casserole et ce n'était pas une partie de plaisir, mais tout le monde s'était toujours remis de ces petites blessures du quotidien. C'est bien connu, quand on est gosse, on ne fait pas attention.
Enfin bref, il venait de s'asseoir sur cette fameuse chaise juste à côté d'une chaise déjà occupée par une fille. Une blonde, soit dit en passant. Joli profil. En fait, William avait cru qu'elle dormait donc il avait pris quelques précautions en posant son derrière sur le plastique, mais soit il n'avait pas été assez discret, soit elle ne dormait pas, parce qu'il sentit son regard sur lui. Il ne tourna pas la tête. Chacun son tour de contempler de profil. Et de toute façon, ce n'était pas poli de dévisager les gens. Il pouvait toujours engager la conversation. Elle semblait avoir un peu près son âge, autant passer le temps d'une manière plus intéressante encore que d'imaginer la vie des autres. Mais de quelle manière ? Tout était question de ça. Il ne posa pas la question fatidique du "pourquoi tu es là ?" "quel proche est dans une position assez critique pour que tu sois là, les fesses visées sur une fesse dans un couloir aux murs blancs ?". A vrai dire...
          Il n'avait pas envie de savoir.
           Chacun ses emmerdes, comme dirait un certain beau-paternel.

         "Salut. Quoi de neuf au pays des songes ?"

         Enfin, William, on avait dit chacun ses emmerdes. Pourquoi tu te sens toujours obligé de taper la discute à tout le monde ? C'est pas comme si en plus tu répandais la bonne parole. T'arrives à peine à être un frère digne de ce nom.
Mais trop tard, autant s'expliquer. Surtout qu'il sentait le regard de sa voisine, certainement interrogateur. Il aurait aussi été perplexe à sa place. C'est-à-dire si un olibrius qu'il ne connaissait ni d'Eve ni d'Adam venait lui parler de songes. Elle devait actuellement se demander ce qu'il avait fumé avant de venir.
         Sans se départir de son calme et comme si c'était la chose la plus normale du monde, il tourna la tête vers elle.

          "Je croyais que tu dormais c'est pour ça."

 
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Lac de l'Hiver
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PostPosted: Mon May 6 2019, 19:56    Post subject: De quoi as-tu peur ? Reply with quote

(... Oh ? :c
*Lit attentivement*)
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Moi j'adore la race humaine avec du sel et du mezcal -
Et sans mentir timal j'suis sentimental -
Brutal en sortie mentale - L'irréel me manie mal
Apparu un jour d'hiver - Voici l'homme-animal
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Nuage de Houx
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PostPosted: Mon May 6 2019, 20:38    Post subject: De quoi as-tu peur ? Reply with quote

Il y avait dans ses mots une telle assurance pour une utilité si déconcertante que je remarquai seulement après l'avoir dévisagé étrangement. C'était un jeune homme, brun, la mâchoire à la fois carrée et douce, au regard gris compréhensif, sympathique. Il avait un sourire au bord des lèvres, un sourire de politesse sûrement, le genre de sourire qui accompagnait un "bonjour" courtois. Poli. Propre. Impersonnel.
Il faisait parti de ces accompagnateurs car, après un rapide coup d'oeil, je vis bien vite qu'il n'avait rien de bizarre, à moins qu'il soit pris d'une crise d'appendicite, et il se comporte tout à fait normalement. Peut-être venait-il faire des analyses ? Une radiographie ? Peut-être avait-il avalé un crayon et venait le retirer ?
Je voulus lui rendre un sourire similaire ; courtois, poli, propre, impersonnel. Mais ce ne fut qu'un faux sourire que formèrent mes petites lèvres. Un faux sourire un peu bancal, un peu crispé, un petit sourire dont les commissures étaient attirées par la gravité plus les secondes passaient. Il était pas très brillant, ce sourire. Et j'en eus presque honte, de ne parvenir à lui sourire correctement, lui qui semblait gentil et prévenant. Je toussotai un peu et passai une main sur mon cou pour cacher ma gêne, puis remis inconsciemment mes mains entre mes cuisses, afin de les cacher. Je voulais cacher ces mains meurtrières et meurtries, ces mains froides, désireuses de contact, d'être prises dans les mains de quelqu'un d'autre. La seule personne à les avoir touchées étaient l'infirmière de garde hier soir, me tirer le poignet de force et me mettre face à mon crime : avoir gratté mes bandages.
Non, je n'avais pas dormi. Je n'aimais pas dormir ici, je n'aimais pas dormir avec les autres, dans la même chambre qu'eux. Je n'aimais pas devoir passer mes journées avec eux, je les abhorrais, avec leurs remarques absurdes, leur voix criarde, leur engouement répugnant, leur volonté de s'en sortir et de continuer d'y croire. Je les méprisais pour leur espoir. Sûrement étais-je jalouse, parce que eux en avaient, et pas moi. Parce que eux, ils avaient la possibilité d'être heureux. Ils n'avaient pas de mort sur la conscience. Non. Je les haïssais tous. Tous. Tous. Tous.
Je pris une respiration discrète, et tentai une nouvelle fois un sourire, médiocre, mais déjà plus recevable, plus acceptable que tout à l'heure et coupai mon souffle pour lui répondre.

- "Non non, je... (je mis quelques secondes à trouver une idée) regardais les cartes là," fis-je en pointant les flyers avec écrits "éloignez-vous des personnes fragiles en cas de grippe" et tout le tralala habituel.

En vérité, je ne regardai absolument pas ça, c'était juste une excuse pour cacher ces absences, preuves tangibles de la vacuité qui se terrait dans mon corps et absorbait toute forme possible de positivité en temps normal.
Je déglutis et hochai la tête pour avoir l'air sûre de moi, puis tournai la tête vers lui.

- "Pourquoi t'es ici ?"

C'était banal comme question, dans un hôpital ; j'aurais voulu éviter une telle conversation, mais mes rapports sociaux s'étaient largement appauvries et tenir une discussion allait s'avérer périlleux. Mais bon, j'allais tenter le coup, c'était déjà plus intéressant que de retourner dans la salle avec tous les autres.

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PostPosted: Mon May 6 2019, 22:40    Post subject: De quoi as-tu peur ? Reply with quote

William ne voulait pas être blessant, mais elle avait une bien drôle façon de sourire. Il ne lui en tint pas rigueur, sourire tout le temps était une habitude à prendre qui, il était vrai, égayait (parfois) le quotidien. En tout cas, c'était un allié précieux pour peu qu'on sache l'adapter au contexte du moment : un sourire, ça attire forcément plus les gens, désamorce parfois les conflits, sauve la face (littéralement) les mauvais jours et permet de faire savoir au monde que le bonheur est possible. Peu importait, elle n'était pas obligée de sourire. Ni de se trouver une quelconque excuse, d'ailleurs, ce qu'elle fit néanmoins parce que ça, il ne l'avait pas précisé dans sa phrase. Au moins, il l'avait gênée mais pas effrayée, ou alors elle ne le montra pas puisqu'elle lui répondit... En montrant des flyers sur les dangers du cancer du sein et les dépistages à faire à partir, semblait-il, de cinquante ans. Elle n'était pas un peu jeune pour ça ? L'industrie de la chirurgie esthétique avait fait des progrès mais tout de même, c'était un peu gros à avaler. Ou peut-être parlait-elle de ceux qui trônaient vaillamment juste à côté, qui préconisaient masque en cas de syndrome grippale et lavages de mains en toutes circonstances. Tous les moyens étaient bons pour tromper l'ennui, apparemment, et il n'y avait pas grand chose d'autre à lire dans le coin. Encore s'ils avaient été en pédiatrie ou salle d'attente affiliée, ils auraient eu droit aux cubes en bois colorés à empiler dans le bon ordre mais quelque chose lui disait qu'ils avaient passé l'âge.
Et vint la question fatidique qui ne respectait pas la première règle, qui on le rappelle se résume à "Chacun ses emmerdes." Les gens ne veulent pas vraiment savoir, en général. Quand ils osent adresser la parole à leurs pairs, ils demandent pour passer le temps, parce que ce qui les réunit en un même lieu n'est en général pas un sujet trop sensible.
Sauf dans un hôpital, où il arrive qu'on meurt autant qu'on naisse. Mais heureusement pour lui, William avait plus d'un tour dans son sac.

"Je suis le décorateur, je pensais refaire la peinture et installer une plage dans le hall juste à côté. Avec des cocotiers pour cacher le monsieur aigri qui postillonne sur tout le monde dans le coin là-bas. Des suggestions ? Je suis ouvert à toute nouvelle idée."

Eh ben oui, se lamenter c'était pas sa tasse de thé. Non, lui il prêchait plus dans le déni, mais elle ne pouvait pas le savoir. Tout comme il ne savait pas pourquoi elle était ici. En attendant, il comprenait qu'elle le prenne pour un doux illuminé, et ce rôle (qu'il s'était choisi, autant l'avouer) lui convenait tout à fait.
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PostPosted: Tue May 7 2019, 22:45    Post subject: De quoi as-tu peur ? Reply with quote

Cette fois, mon regard se posa sur l'ensemble de la pièce, autour de nous. J'imaginais les cocotiers en question, là, à cause du vieil arbre en plastique qui prenait la poussière, des transats à la place des vieux sièges en cuir, abîmés, usés par le temps, détruits pas des gens certainement morts après s'y être assis. Je regardai mes genoux. Y avait-il quelqu'un qui était mort, là, sur le fauteuil sur lequel j'étais assise ?
Ironiquement, je finis par sourire plus léger. L'idée de sortir de mon lit et d'avoir directement mes pieds dans le sable donnait envie de rêver. Rêver du dehors, rêver d'ailleurs, rêver d'être loin, d'être quelqu'un d'autre de... de...
Je me concentrai sur autre chose et plissai les yeux, faisant mine de réfléchir sérieusement à sa proposition. Ah oui, la surprise était passée, il m'avait faite rire, et je voulais aussi jouer à son jeu. ça ne payait pas de mine, au contraire. C'était presque agréable, de se prêter de la sorte à quelque chose, d'avoir la volonté de s'intéresser à ce qu'il disait, la volonté d'imaginer quelque chose d'autre que ces quatre murs et ces fauteuils bleus. Je commençai à imaginer, oui. Je vis, là, devant moi, une table basse, face à la mer, avec un bon verre de quelque chose de bien sucré, le genre de boisson qu'on a pas à l'hôpital. Ouais, un bon coca, un bon icea tea, et avec ça de la vraie nourriture. Quelque chose avec du goût. Non pas que la nourriture de l'hôpital était mauvaise, au contraire, mais dans cette pression aseptisée où la volonté demeurait au cachot, le plaisir de manger et de savourer une assiette de haricots et de lentilles n'était pas franchement au rendez-vous. Et face à cette table, je voulais voir la mer s'étendre à des kilomètres jusqu'à ne plus former qu'un avec le ciel. Oui, je voulais voir ce contact si infime entre la terre et l'éther. Je voulais voir le soleil les séparer, et je voulais sentir le vent salé sur mes joues, dans mes cheveux. Je voulais partir d'ici, mais rien ne m'attendait ailleurs. Je n'avais pas de but, pas d'objectif, pas d'avenir. Je n'avais rien.
Ma bonne volonté faiblit un peu, mais en regardant l'inconnu à côté de moi, le baume au coeur revint quelque peu. Je ne m'exprimai pas avec la joie que j'avais espérée jusque là, mais c'était un enthousiasme déjà remarquable, vu les circonstance.

- "Je veux que y ait la mer, là, à la place du couloir, et juste là, les cocotiers, pour se mettre à l'ombre. Je veux des transats, tout le long du mur ici, face à la mer, et un bar de boisson à volonté, juste... là."

Je désignai du doigt la file d'attente dont s'occupait la secrétaire, et l'imaginai presque en tenue adéquate pour être la serveuse du bar.
Je me tournai vers le garçon, rendue soudainement gênée, par manque d'habitude, et subitement intimidée.

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PostPosted: Wed May 22 2019, 21:40    Post subject: De quoi as-tu peur ? Reply with quote

Un bar à boissons rien que ça ? William n'était pas contre, au moins ça donnait du boulot à quelqu'un au lieu de payer seulement la pose d'un distributeur. Il imaginait le genre de bar sous un auvent de paille qu'il lui semblait avoir vu dans un téléfilm du soir, n'ayant pas vraiment d'autre référence en matière de bar de plage. D'ailleurs, il n'était pas sûr que l'appellation "bar de plage" existe vraiment, tout comme un "bar à boissons", car pour lui rien que le mot bar impliquait des boissons. Mais ce n'était pas important, il avait atteint son but : détourner la conversation de la raison de sa présence. Il l'avait fait sans aucune subtilité, et par chance son interlocutrice ne lui en avait pas tint rigueur, allant même jusqu'à me suivre dans son délire constitué de toutes pièces en un instant. Elle avait de l'imagination, et plus de lâcher-prise qu'il n'y paraissait au premier abord. Enfin, d'après William, qui ne passait pas non plus son temps à tenter de décoder les autres. Il avait d'autres passe-temps beaucoup plus terre-à-terre, qui en général nécessitaient toute son attention, s'il ne voulait pas faire cramer des haricots avant de les servir, par exemple. Mais juste à ce moment, il s'ennuyait, et l'ennui est un bon moteur pour les exercices intellectuels, et relationnels, apparemment.

"Bonne idée, on peut se servir du lait de coco à volonté si on arrive à les ouvrir ! Je rajoute des cabines derrière les transats, pour se changer, et une douche en plein air à trois ou quatre mètres avec une fontaine pour ne pas mourir de déshydratation."

C'est qu'il fait chaud l'été ! Il y avait ce genre de cabines alignées sur certaines cartes postales de plage. Peintes en couleurs rouge, blanche ou bleue, elles avaient fière allure. Et puis, ça devait être pratique pour ne pas se mettre du sable partout.

"Bon, puisqu'on est sur des transats, on peut même faire la sieste."

Il joignit le geste à la parole en étendant ses jambes et s'avachit dans son fauteuil en fermant les paupières.

"Je sens presque un petit vent marin."
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PostPosted: Thu May 23 2019, 17:56    Post subject: De quoi as-tu peur ? Reply with quote

J'étais donc assise là, à côté de la table pleine de prospectus, avec d'autres personnes autour qui me regardaient assez bizarrement, il fallait se l'avouer. J'esquissai un léger sourire de malaise et me mis dos à eux, donc face à lui, pour éviter leur regard. Et curieusement, je me pris à l'observer pendant qu'il avait les yeux fermés, les jambes étendues, inconscient de l'attention que je lui portais. Il n'était pas particulièrement bien coiffé, ni bien habillé, et j'avais l'impression de pouvoir sentir son odeur d'ici, elle était douce, réconfortante. Elle avait quelque chose de... réelle dans cet hôpital. Il avait quelque chose de réel, que même ceux assis sur ces chaises derrière moi n'avaient pas.
J'étais bien loin de l'imiter, c'est-à-dire de m'allonger avec nonchalance sur le fauteuil juste à côté, de fermer les yeux et de croiser mes bras derrière la tête, prête à m'endormir. Oh non, déjà parce que je n'étais pas du tout assez à l'aise avec cette idée, ensuite parce que je ne voulais certainement pas fermer les yeux ici, avec cet inconnu à côté, dont je ne connaissais même pas le prénom. Il n'avait pas l'air bien méchant, surtout après avoir un peu ri ensemble, mais quand même. Un inconnu restait un inconnu. N'importe quoi pouvait se cacher derrière son visage de jeune adulte ; vieil adolescent.
Après un long silence, mes lèvres s'entrouvrirent, se refermèrent, et se rouvrirent, à la recherche de quelque chose à dire. En vain. Alors, elles se refermèrent, se pincèrent et je vis, du coin de l'oeil, Mailys, la plus jeune des infirmières, qui passait là. Elle balaya la salle du regard, et ses yeux se posèrent sur moi. Oops. C'était l'heure de filer.
Incapable d'ajouter quoi que ce soit, je regardai à tour de rôle le garçon - qui n'avait toujours pas rouvert les yeux - et l'infirmière, qui ouvrit aussi la bouche. Avant qu'elle ne puisse m'appeler, je m'éloignai rapidement du fauteuil, puis de la salle d'attente en général, pour me glisser dans un couloir adjacent d'un pas rapide et assez ridicule, pour toujours avoir l'air normale (aussi normale que je puisse l'être actuellement du moins). C'était principalement pour que, quand Mailys me rejoindrait, nous ne soyons plus dans le champ de vision du garçon. Et c'est effectivement ce qu'elle fit, mais nous étions déjà loin. Si loin de cet instant de réalité, que je le regrettais déjà.

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PostPosted: Today at 00:16    Post subject: De quoi as-tu peur ?

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