LA GUERRE DES CLANS : Le Forum des Passionnés Forum Index
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Joined: 19 Jan 2014
Posts: 10,388
Personnage Principal: Malédiction de l'Archange Oublié → Guerrier Aubiste
Deuxième Personnage: Danse Hypnotique → Guerrière du Clan de l'Aube
Troisième Personnage: Abysse Oubliée → Guérisseuse du Clan du Soir
Personnage Exceptionnel: Petit Cerf
Points de RP: 2,095

PostPosted: Mon Feb 18 2019, 22:03    Post subject: Galerie des textes & RP d'Esca Reply with quote

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Faites pas gaffe je range mes affaires /MUR/



Personnages actuels


    Nuages des Archanges - né le 28 octobre 2018 - mâle - noir tacheté de blanc, yeux verts pâles entouré des blanc, patte avant gauche blanche
    Danse Hypnotique - née le 7 août 2017- femelle - entièrement blanche, langue, pupille et truffe comprises.
    Furie d'une Romance Idyllique - née le 21 août 2018 - femelle - brune tacheté comme un léopard, oreille et queue blanche, yeux bleus en amande.
    Mensonge Acide - environ 12 ans le 18 février 2019 - mâle - roux pâle rayé de blanc, yeux gris.
    Abysse Oubliée - née le 21 juillet 2017 - femelle - noire aux reflets violets, un oeil violet, l'autre bleu et tâché de violet.



Anciens Personnages


    Etoile Envoûtée (CACOPHONIE)- femelle - morte à l'âge de 230 lunes, réincarnation : Danse Hypnotique (2014/2015/2016/2017/2018/2019) - tout d'abord blanche aux yeux très bleus.
    Eclat d'Etoile- femelle - morte à l'page de 54 lunes (2014) - blanche tachée de brun, yeux ambrés.
    Nuage Touffu- mâle - mort à l'âge de 23 lunes (2014) - beige aux yeux verts.
    Rire des Catacombes- mâle - mort à l'âge de 178 lunes (2016/2017/2018) - beige tacheté, yeux verts.
    Etoile Ancestrale (ESCARMOUCHE) - mâle - mort à l'âge de 130 lunes (2014/2015) - blanc taché de roux, yeux émeraudes.
    Envol du Fantasme- mâle - mort à l'âge de 110 lunes (2016/2017) - noir aux yeux verts.
    Libellule- femelle - morte à l'âge de 150 lunes (2015/2016/2017) - noire aux yeux bleus.
    Nuage du Pavot- femelle - morte à l'âge de 15 lunes (2017)- grise rayé de noir, yeux bleus entourés de gris foncé.
    Cachou- femelle - ? - écaille de tortue.
    Sacrilège des Abysses - femelle - morte à l'âge de 80 lunes (2017?) réincarnation : Abysse Oublié - noire reflets violets, yeux violets.
    Nuage de Saphir- femelle - morte à l'âge de 32 lunes (2014)- rousse très foncée, quasiment rouge, yeux bleu marine.
    Nuage de Pétales- femelle - morte à l'âge de 12 lunes (2014)- rose pâle, yeux ambrés.
    Silence Perdu - mâle - mort à l'âge de 210 lunes (2015/2016/2017/2018) - muet, blanc aux yeux très verts.
    Constellation (Transcendance de l'Espace) - morte à l'âge de 80 lunes (2015/2016)- noir parsemé de tâche blanche, yeux bleu sombre
    Nuage d'une Sylphide - femelle - ?
    Petite Brume- femelle - morte à l'âge de 5 lunes (2014) - bleutée, aveugle.
    Tempête Noire- mâle - ? - noir, yeux verts
    Moka - mâle - en vie (PNJ 2017) - chat brun clair taché de deux petites taches brunes, au niveau de l'oeil, patte avant droite blanche, pointe des oreilles blanche.
    Lucifer - mâle - mort à l'âge de 180 lunes (2016/2017/2018)



RPGs en cours


    Vestige de Lierres - Mensonge Acide/Hurlement (Lueur)
    Corniche - Danse Hypnotique/Archange/Harpie (Flammy)/Béhémoth (Ecu)/Etoile Indolore/Cerise Ecarlate (Precious)
    Le Lac - Archange/Mardi (Flory)
    Forêt & Rivière - Archange/Nymphe (Symphi)
    Cimetière - Archange/Empyrée Flamboyante (Ecu)
    Tanière du Guérisseur - Abysse Oublié/Ether (Roncy)



RPGs terminés (2019)


    xxx - xx/xx/xx au xx/xx/xx
    xxx - xx/xx/xx au xx/xx/xx
    xxx - xx/xx/xx au xx/xx/xx



RPGs importants


    ☆ = textes les meilleurs selon mua.




http://youtu.be/mer6X7nOY_o

– Fait de ta vie un rêve, et d'un rêve une réalité –
 


« Entendez vous cette douce symphonie qui chante par dessus les montagnes traversant les nuages ? Entendez vous cette musique qui vient ricocher sur l’eau translucide ? Entendez vous cette mélodie qui vous fait battre le cœur aussi vite qu’un battement d’ailes de colibri ? Elle est aussi fluide que des doigts caressant les touches d’un piano, aussi voyageuse que les sons d’une guitare à qui on chatouille doucement les cordes, et aussi puissante qu’un saxophone emplit de l’air pur du corps. Cette mélodie c’est une vie et chacune des notes qui la composent est un doux rêve qui c’est par miracle, réalisé. Une note est enfouie au fond de mon cœur, et elle attend. Elle attend le jour où elle rejoindra cette rivière qui chante. »

Une petite silhouette rousse se découpait dans le paysage. Vous vous demandez « qui est-elle ? » N’est-ce pas ? Eh bien pour toute réponse je ne peux vous dire que son nom. Nuage Majestueux. Vous me demandez de vous contez sa triste histoire ? Eh bien accrochez vous car rare est-il d’être aussi enfantine et si peu optimiste. 15 chatons sont née sur un frontière un triste soir d’hiver. Pour deux mères frigorifiées, des enfants interdits et voués à un destin tragique. Née de deux apprentis notre jeune amie fut élevée avec ces 4 frères et sœurs par sa mère à qui elle vouait un profond amour. Apprentie la voilà sans aucun ami, la voilà seule. Jusqu’au jour où elle tomba dans cette rivière, jusqu’au jour où elle rencontra Enigmes. Et maintenant elle va passer au chapitre suivant…

La lune, suivit de sa traine d’étoiles c’était levée tardivement. Nuage Majestueux gravissait doucement la colline derrière son unique ami avec qui elle s’entendait si bien. Leurs âmes enfantines les reliaient d’une profonde amitié que jamais elle ne laisserait s’échapper entre ses petites pattes. Elle l’enfermerait à clé dans son cœur. Un arbre vint maqué le disque blanc de la nuit, la jeune chatte se rétracta et ouvrit grand ces yeux de glaces. L’arbre de Vie lui arracha tant de stupéfaction ! Elle se colla contre Enigmes qui ronronna avec amusement. Elle afficha un petit sourire et avança doucement. Des millions de souvenir revinrent dans l’esprit de la chatte, sa mère et son père. Une petite rousse riant aux éclats et bientôt un autre félin apparue, Enigmes… Elle s’avança, plus confiante et regarda la rosée perler de feuilles au pouvoir magiques. Nuage Majestueux s’assit un instant pour admirer. Enigmes lui souffla à l’oreille d’un ton qui l’amusa presque ;

-Tu penses qu’ils m’accepteront ?

La minette ronronna et posa son museau sur celui qu’elle appréciait le plus au monde, jamais elle n’avait eue d’amitié aussi puissante. Elle plongea ses yeux hivernaux dans ceux de Nuage d’Enigmes. Et elle hocha la tête en disant :

-Avance droit vers ton destin.

Nuage d’Enigmes sourit la jeune apprentie lui rendit son sourire et elle le poussa du bouts du museau. Elle vit son ami attraper une feuille et la croquer pour ensuite sombrer dans un sommeil peuplé d’étoiles. La vue qui s’étendait devant elle était tout au plu impressionnante. Elle apercevait une multitude d’étoiles fourmillant dans le ciel. Poussant un soupir d’inquiétude elle observa les nuages arrivant en masse tels des balles de coton dans un pittoresque état. Elle ne savait pas si elle devait prendre une des multiples feuilles de l’arbre où si, elle devait juste patienter en silence. Fermant les yeux elle écouta sa conscience qui lui hurlait de saisir une feuille, elle s’ébroua pour chasser ses, certainement, hallucinations. Se dandinant sur ses pattes elle observa le ciel et crue voir des yeux qui la fixaient, attendant quelques choses. Un sourire semblait apparaître et l’inviter à rejoindre les étoiles. Prenant une grande inspiration, l’ancienne apprentie bondit et avala une feuille, grimaçant au goût amère qui se rependait dans sa bouche notre amie s’allongea. Petit à petit ses paupières se fermèrent. Les feuilles craquelaient annonçant l’automne. Cet automne serait une nouvelle ère pour la petite chatte. Car son destin allait changer. La douce apprentie dormait profondément d’un sommeil quelques peu différent de la normal. Etrangement, une chose semblable à aurore boréale étrange planait autour de l’arbre sacré, les enfermant comme dans une toile d’araignée, et une mélodie paraissait attendre quelque chose. Peut-être manquait-il une note dans cette cacophonie ? Bientôt vous le découvrirez au cours de ce rêve qui changera la vie de Majesté.



* * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * *



« Un œil qui s’ouvre et qui regarde. Le deuxième qui l’accompagne. Une lune qui scintille regarde autour de toi. Ou- es tu ? Tu es dans tes rêves. »

Une petite chatte rousse marchait à pas de velours sur l’herbe d’étoiles. Ouvrant ses grands yeux enneigés elle regarda autour d’elle et son cœur bâtit. La rosée scintillait comme un diamant. Elle avançait doucement ne manquant pas d’admirer tout ce qui l’entourait et doucement elle devenait confiante. Elle regarda derrière elle et crue voir la lune s’approché d’elle ou plutôt une petite étoile à côté de la lune. La jeune apprentie ouvrit des yeux effarés tandis que l’étoile prenait doucement forme féline. Et bientôt une femelle au visage familier ce tenait devant elle. Son pelage luisait tel des millions de petites lucioles. Un petit mot sortit de la petite bouche de Nuage Majestueux ;

-Bonjour

La chatte dessina un sourire sur son visage et elle s’assit calment pour répondre enfin d’une douce voix ;

-Bonjour Nuage Majestueux, tu es venue accomplir ton destin.

Elle sourit et répondit :

-Je ne sais pas… je ne suis pas joyeuse ni rien d’autre. Je suis pittoresque uniquement.

La chatte se mit à rire aux éclats et lui dit d’une gentille voix ;

- Tu sais il y a plusieurs faces dans la vie… non deux une ténébreuse et une lumineuse. Tu à tendance à voire la face une , dit-elle toujours aussi calme, et si tu regardais la face deux ? Je te connaît mieux que toi ma petite. Fait moi confiance.

Ebahie la petite chatte bégayait de mots de travers. Elle avala sa salive et tenta de lisser son pelage qui s’était hérissé de stupéfaction. Un coup de vent chaud passa entre les chattes transportant quelques pétales tombés d’un des splendides arbres. Levant la tête pour admirer les végétaux d’une fabuleuse grandeur elle écouta le vent. Il était accompagné d’une douce petite musique. Savourant cet air elle ferma les yeux et entendit un tintement. Elle regarda devant elle. Jamais elle n’oublierait le visage qui venait de disparaître. Et si tous cela n’était qu’un songe ? Eh bien c’était le plus beau du monde, car chaque rêve fait parti d’un destin.



* * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * *



« Promet. Ne réfléchis pas et vie ton rêve »

Désormais seule au milieu d’une grand clairière , la petite chatte entendait des acclamations, elle tendit ces petites oreilles sur sa tête. Et avança craintive. Traversant des fougères elle se retrouva face à quelqu’un de bien familier de dos. Elle regarda autour d’elle et vit les chats au pelage étoilée l’entourée. Nuage Majestueux était effarée. Elle cligna plusieurs fois des paupières pour s’assurer qu’elle ne rêvait pas et… Non ! C’était bel et bien la réalité ! Elle regarda la chatte qui parlait à son ami elle entendit la surprise de ce dernier qui se retourna.

-Nuage Majestueux ? Tu vois le Clan des Etoiles !

Toujours aussi ahurie elle regarda son ami, pétrifiée par… la peur ? Non l’étonnement.

-Nuages d’Enigmes…

-Énigme du Sphinx, corrigea la chatte blanche. Nuage Majestueux, nous ne t'attendions pas si tôt mais puisque tu es là il est temps de changer le cours de ton destin. Veux-tu intégrer la voie des guérisseurs comme tu l'as souvent espéré secrètement, apprendre à soigner les tiens et à leur servir de guide dans un monde qu'ils ne connaissent pas, quoi qu'il arrive ? »

La petite chatte regarda le grand sourire d’Enigmes du Sphinx et chassa sa timidité pour se tenir droite et fière. D’un solennel et sincère elle répondit, plongeant son regard dans les yeux de la chatte ;

-Oui !

A la grande stupéfaction de l’Assemblée en particulier Enigmes du Sphinx .Ce dernier poussa un cri de joie qui lui value des regards accusateurs. Un petit ronron monta dans la gorge de l’apprentie.


-Bien. Clan des Étoiles, j'en appelle à votre attention. Cette jeune chatte a choisi la voie des guérisseurs, je lui donne à présent votre bénédiction pour commencer son entrainement auprès d’Énigme du Sphinx.

Son nom fulgurait dans l’assemblée aux chats légendaires. Bientôt tous disparurent mise à part un chat, un beige qui avait hurler son nom comme tous les autres. Il lui dit ;

-Ferme les yeux et écoute

Elle obéie, et entendit la mélodie s’éloigner doucement, une note de plus. Elle sourit et regarda le petit matou qui clama haut vers le ciel ;

-Désormais tu seras Nuage Cacophonique !

Ces paroles montèrent vers le ciel tel une nuée d’oiseau. La jeune femelle ferma doucement ses yeux.



* * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * *




Nuage Cacophonique se réveilla, avait-elle vraiment vécue tout ça ? Elle ne savait pas mais elle allait le découvrir en tournant la tête pour voir Enigmes du Sphinx lui sourire. Elle lui rendit et il dit ;

-On fait la course ?


 

Voilà je suis enfin guérisseuse et je ne suis pas particulièrement fière de mon texte m'enfin c'est fait!!! Je suis trop contente merci à Cramouille et lib pour se poste et aux six vétérans ^^ j'attend pas des masses d'acclamations :'D



Danse, danse avec moi eau pur, eau de la cascade qui fouette l'eau calme. Danse,danse dans la joie et souris moi créatrice de petite bulles qui scintille au soleil tel l'arc en ciel. Danse, danse avec ma peur et éloigne là. Danse, danse avec mon coeur en folie. Danse, danse avec les étoiles, les belles étoiles blanches. Danse, danse et donne moi du courage.

* * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * *

Une peur incertaine planait dans l'air. Une peur envahissante qui occupait l'esprit d'une chatte bien mélancolique. Qu'allait-il lui arriver ? Le Clan des Étoiles la rejetterait-il à cause de sa faute ? Elle imaginait déjà la pénitence de rester maudite dans un corps, ou d'être errante sans jamais retrouver les êtres qu'elle avait aimé de toute son âme. Courir sur la mort, nager dans le sang... Jamais ! Son coeur battait fort et son ventre lui faisait mal. Énigme du Sphinx la regarda. Elle savait ce qu'il pensait, il pensait qu'elle s'était empiffrée de façon incorrecte et grotesque. Or, son clan passait avant tout ! Alors pourquoi avait-elle tant grossi ? Elle n'en avait aucune idée, mais elle redoutait le pire. Chaussette les suivait, un peu terrifiée. Nuage Cacophonique se colla à son mentor qui lui lécha l'oreille. Qu'aurait-elle fait sans lui à son arrivée dans le Clan de l'Aube ? Ses yeux brillèrent de doux souvenirs. Elle sourit, et prit son courage à deux pattes. La chatte avait grandit physiquement , comme mentalement. Son âme était devenue pure, enfin presque. Malgré sa peur, Nuage Cacophonique avança avec fierté sans comprendre pourquoi elle avait due venir lors du baptême de Chaussette.Quand ils parvinrent à l'arbre, elle ne réussit pas à attraper une des belles feuilles vertes et magiques, alors elle dû en prendre une pourrie tombée au sol. Elle la mastiqua et l'avala, puis s'endormit dans un sommeil brouillé de pelages scintillants...

* * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * *

Les yeux fermés, Cacophonie rêvait. Au sain des étoiles, son coeur battait fort, aussi vite que le vent qui souffle, que l'eau qui coule, que l'amour partant. La joie l'envahissait peu à peu et les corps étincelants de ses ancêtres l'entourèrent progressivement. Elle chercha des yeux le nouveau membre et croisa son regard. Reflet d'Ouragan était là, bien présent parmi les morts honorables. Cacophonie tenta de garder son calme mais c'était comme si des millions de papillons sublimes lui volaient autour sans qu'elle n'ait le droit d'en toucher un seul, comme si on lui demandait de couper une rose, comme si on lui demandait d'être loyale. Elle aperçut bientôt son mentor parmi la foule, ses yeux brillaient de fierté et il lui sourit d'un vrai sourire. Et enfin, elle vit Étoile Effacée, heureuse, et dont les yeux magnifiques brillaient. Elle voulu courir, courir lui dire encore une fois merci. Le guerrier défunt qu'elle avait repéré quelques instants plus tôt prit place au centre de la clairière. Tous se turent sans que la chatte ne comprenne pourquoi. Son coeur fit un bond dans sa poitrine, il était aussi joyeux et inquiet qu'elle. Reflet d'Ouragan clama, la tête haute.



- Énigme du Sphinx, approche.



Étonnée, Cacophonie regarda son mentor s'approcher. Assurément, on lui cachait quelque chose. Les étoiles que les chats magiques laissaient derrière eux brillaient presque autant que les yeux de son ami. Elle sourit devant l'air malicieux du guérisseur. Le guerrier étoilé murmura quelques chose à l'oreille de son mentor qui prit la parole en tentant de camoufler son immense joie qui brillait autour de lui comme le soleil.



- Nuage Cacophonique, jures-tu de suivre la voix de guérisseur, de soigner les chats par beau temps et mauvais temps, par malheur et par bonheur et de respecter les règles qui s'appliquent à tout les guérisseurs ?



La chatte ouvrit de grands yeux. Elle balbutia quelques mots, clouée sur place en tremblant comme une feuille qui s'accrochait à son arbre, dans le vent du matin. Elle hocha finalement la tête sans oser dire quoi que ce soit. Comment pouvait-elle jurer de ne pas enfreindre quand cela était déjà fait ? La mélancolie lui remplit le cœur quelques instants, puis elle se souvint qu'elle allait être guérisseuse. Elle leva ses yeux hivernaux vers son mentor et sourit, elle sourit de tout son coeur et de toute son âme. Son ami poursuivit.



- À partir de maintenant ton nom sera Cacophonie Empoisonnée, car tu as le don d'empoisonner d'amour et d'amitié tout ceux que tu croise.



Un beau sourire se dessina sur le visage de notre chère amie. Le Clan des Étoiles hurla son nom et elle savoura cette puissante mélodie. Quand elle ouvrit les yeux, il ne restait que la chatte blanche. Oui, cette chatte qui avait illuminé sa vie, des étoiles, elle était la plus brillante. Elle se retint de ronronner devant la mine joyeuse de la morte couverte de lumière. Lumière si belle ! Elle changea vite, car son air devint grave et elle soupira. Cacophonie Empoisonnée ne comprit pas. Elle pencha la tête sur le côté et questionna la chatte du regard en plongeant ses yeux dans les yeux sapin de la chatte blanche. Elle vit qu'elle n'était que déçue... Pourquoi ? Mais tout à coup, elle se souvint de Tempête d'Escarmouche et voulue disparaître sous terre. La chatte blanche posa sa queue sur l'épaule de la fautive et dit.



- Là n'est pas le problème, le problème est là



Et elle toucha le ventre de la chatte. Et comme par magie, tout s'éclaircit dans la tête de Cacophonie. Elle attendait des chatons ! Les chatons de Tempête d'Escarmouche ! Des chatons qu'elle ne pourrait aimer, ni élever de son cœur ! Elle se mit à sangloter de grosse larmes de tristesse tandis que, toujours les pétales roses volaient. Qu'avait-elle fait ? Son sourire avait disparu de son visage roux et la chatte blanche disparue avec un air de compassion. Cacophonie Empoisonnée sentie une contraction et tomba au sol. Et puis, plus rien, le noir, le néant, la souffrance.

* * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * *

- Cacophonie Empoisonnée !



Énigme du Sphinx était penché au dessus d'elle tendis qu'elle haletait, ses yeux devenait vitreux sous l'effet terrifiant de la douleur. Le regard du guérisseur s'assombrit de tristesse et de compassion. Il massa le ventre de Cacophonie et un chaton gluant tomba au sol. Un petit paquet malchanceux. Le guérisseur dit quelque chose à Chaussette tandis qu'un second chaton sortait. Deux petits paquets malchanceux. Et voilà le troisième... Il semble porter la misère sur lui, il est roux et blanc.



- J'empoisonne ma vie d'amour... Excuse moi Énigme du Sphinx.



Ces chatons étaient le fruit de l'erreur. Des vies inutiles de plus dans le monde... Elle les regarda et hésita. Que faire de cette progéniture interdite ? Depuis trois générations l'amour pesait sur sa famille. Un amour toujours triste et désespérant, qui n'aboutira jamais au bonheur.

Les chatons rampaient vivement vers le ventre de la guérisseuse. Elle soupira de tristesse et regarda la petite chatte dont le pelage étincelait. Elle s'approcha d'elle et lui lécha ses petites oreilles.



-Ton nom sera Petite Rosée car tu brille comme elle au soleil.



Puis son regard se tourna vers une jeune minette blanche avec un tache rousse. Comme son père. Elle était presque le fruit d'une malédiction... Et la misère ne semblait pas s'être en aller. Triste malédiction pour un si jeune chaton.. Alors, elle lui dit :



-Tu seras Petite Malédiction, car tu a été maudite par l'amour comme tes ancêtres, ta mère, ta grand mère et ton arrière grand-mère.


Puis elle regarda le joli petit mâle et elle le lécha tendrement avec l'amour d'une mère, qu'il était était beau ! Elle lui souffla de beaux mots doux et elle lui dit :



-Ton nom sera Patte du Serval


Puis elle regarda la jeune minette dont le miaulement sonnait comme une harmonie et lui donna, à elle aussi un prénom:


-Petite Harmonie, continue de miauler gaiment et vit heureuse.

Aucune idée ne lui vint pour un autre chaton si bien qu'elle lécha et lui souffla un "mon petit coeur" triste. Elle était désemparé devant ces chatons...Alors elle leurs souris, juste un bref sourire.
Puis elle foudroya les étoiles de son regard hivernal glacé. Ainsi était-elle maudite, maudite par une fécondité et un amour impossible... Ces chatons grandiraient auprès de leur père, et elle les observerait. L'insomnie l'envahirait-elle, la terrifiante face cachée de la terre réapparaissait dans sa vie... Toujours aussi terrible...


* * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * *


Un jour le désespoir à capturé un bel petit oiseau rouge. Il a sourit de ses dents inexistantes et ses yeux rouges ont brillé de malice. Il a enfermé le petit oiseau dans sa cage et il est entré en moi, j'ai d'abord vu le petit oiseau et ensuite sa cage noire. Petit oiseau d'amour tu aurais pu t'envoler mais il te tenait. Et moi je t'adorais. Et puis tu es devenu douloureux, le désespoir te plantait son couteau de haine dans le cœur pour te remplacer.





    Désespoir sublime qui emplit les gens de ta souffrance, pourquoi choisi tu toujours des proies accablées par l’amour?

    Tempête d’Escarmouche se promenait dans les vestiges de Lierres, cet endroit sombre et lugubre construit autrefois par des bipèdes, ces étranges animaux, la vieille ruine s’élevait devant le matou. Immense, elle possédait une porte qui calquait avec le vent perdant des particules de bis à chaque fois. Le lierre pendait du toit et s’agitait dans le vent, ce dernier s’engouffrait dans les fenêtres brisées et transportait les flocons. Le guerrier s’avança, dans le silence de la vieille bâtisse qui grinçante. Des petits flocons de neige se posaient délicatement sur le palier, ne pouvant entrer par peur et par raison, le guerrier contourna le vieux bâtiment. Les végétaux aux longues tiges se balançaient de plus en plus et certains s’abattaient sur le sol en fouettant l’air. Toute autre forme d vie était absente, seul le bruit sifflant du vent et ses pas dans la neige se faisaient entendre. Alors qu'il cherchait des proies, tous les sens aux aguets, le chat entendit des miaulements rauques et douloureux. Il pressa le pas et découvrit Sombre Mélancolie couchée par terre, elle paraissait dormir, parfois son corps se contractait de douleurs. Cela faisait bien des lunes qu’il n’avait pas parlé à la chatte, et il le regrettait amèrement. Tempête d’escarmouche s’allongea à ses côtés, pour la soutenir.
    Les yeux sapin du rouquin taché de blanc s’entrouvrirent faiblement quand le ventre de Sombre mélancolie se contracta, que lui arrivait-il? Pourquoi souffrait-elle? Le chat se mit rapidement à paniquer et se mit sur ses deux pattes se piquant les coussinets sur du verre, mais que faire quand la panique vous saisit? Rien. Il faut juste attendre. Mais ce n’est pas possible quand l’impatience vous accompagne.


    -Sombre Mélancolie?!? SOMBRE MELANCOLIE!?! Réveil toi, réveil-toi !


    Elle entrouvrit faiblement ses yeux et regarda Tempête d’Escarmouche, il vit un éclair de douleur traverser son regard. NON! Il fallait qu’elle lutte jusqu’au bout, il ne devait pas la perdre une seconde fois. Il la secoua faiblement, quand, à sa grande surprise, un petit paquet gluant tomba sur le sol. Des souvenirs lui revinrent en mémoire, ses enfants interdis et son ex-compagne qui lui avait meurtri le coeur, il lécha amicalement la chatte, empli d’un espoir inexistant. Mais sa tête retomba mollement sur le sol. Tant dis qu’un autre chaton arrivait. Seul un s’approcha du ventre de sa mère, à l'odeur lactée; le guerrier senti le second et reconnue le parfum amer de la mort, le corps du chaton n’était rien, inerte, sur le sol épineux et parsemé de verre. Tempête d’escarmouche, s’allongea aux côtés de la guerrière malgré la douleur du sol et il ferma les yeux.
    Un élan d’espoir le saisi quand le souffle de la chatte le fit se relever. Il posa son front contre celui de Sombre mélancolie et lui souffla, triste;

    - Réveil toi, réveil toi, réveil toi je t’en supplie. Je regrette, je regrette de t’avoir laissée tomber!

    Tempête d’n'escarmouche vit qu’elle faisait un effort pour ouvrir ses yeux et regarder le ciel dans lequel se découpait le guerrier . Les oiseaux volaient et poussaient des cris, luttant contre le vent et le froid. Ombre était toujours allongée sur le sol, les yeux ouverts et souffla;

    -Dit lui…[/i]

    La matou écarquilla les yeux,

    -Ombre, dit lui quoi? OMBRE dit lui quoi??????


    Le matou retint sont souffle devant les yeux de son amie, désormais dépourvue de vie, pour toujours.

    -NON, NON, NOOOONNN!!!!! OMBRE DIT LUI QUOI???????


    Il hurla vers le ciel, triste…





    La mort t’emporte un jour, tu part loin de tout, loin de la souffrance, loin de l’égoïsme, loin de la haine, loin de moi, ,loin de la vie et de ses apparences trompeuse. C’est la fin. La fin de tout. Un jour tu rit le lendemain tu pleure et le sur-lendemain tu es dépourvue d’émotions. Pourquoi partir? Mais pourquoi continuer de vivre?

    Il neigeait

    Les flocons descendaient en cascade pour venir enfin s’écraser sur le sol et se mêler à la neige tachée de sang. Le matou se fondait dans le paysage peu à peu que la neige tombait sur lui. Parfaitement immobile il regardait les yeux de la guerrière, les yeux sans fin qui ne regardait plus rien.
    Une larme roula sur la joue du matou et s’enfonça dans le sol blanc.
    Puis, comme si une clé avait activé, Tempête d’Escarmouche s’ébroua et ferma lentement les yeux de la chatte. Le vent soufflait toujours, et le petit chaton grelotait. Ce petit chat était tout ce qui lui restait d’elle, elle n’existait plus que dans les coeurs et les étoiles, jamais il ne la reverrait ici, sur terre, la terre qu’il foulait. Le matou pris le chaton par la peau du coup et s’allongea contre Ombre, le chaton entre ses pattes. Il tenta de s’endormir mais il ne put, l’odeur de la mort insupportait. Il se leva et parla;

    -Petite Ombre, Nuage d’Ombre, Sombre Mélancolie, écoute moi, je veux que tu revienne, je n veux pas que tu sois partie, je veux que tout ça sois un cauchemar, je veux entendre ton souffle et ton coeur. Mais je sais que je ne peux pas, alors s’il te plait écoute moi, là-haut tu verras ma famille, enfin j’espère, ce sont des solitaires, mais je les aime, dit leurs de ma part et dit toi aussi que je t’aime fort pour toujours.

    Et sur ce, il baissa le museau en arrêtant d’observer le ciel par la suite, et pris le chaton qui sait dans la neige et respirait, puis s’en alla, vers le clan, pour qu’il découvre ses origines et son hargneux père.



    La mort ne détruit pas l’amitié, mais l’amitié détruit la mort.


Fait de ta vie un rêve, et de ton rêve une réalité


    Tu bâillas longuement en attendant l'appel de ta nouvelle chef. Des petits brins de mousse étaient parsemés dans tes longs poils. Tu t'ébrouas et t'étiras-le plus loin possible...c'est-à-dire quelques centimètres pour ne pas éborgner un autre guerrier. Tu sortis calmement, tes pas crissaient doucement dans la neige et les flocons tombaient encore et toujours. Tu te frayas un chemin et te serras au milieu des autres chats. Le froid mordant vous affaiblissait tous, mais la nouvelle meneuse, au corps frêle de la mauvaise saison, se tenait en haut, sur le rocher, fièrement dressée. Une fois que le clan au grand complet fut présent, elle entama;

    - Comme vous le savez tous, notre meneur, Étoile Hérétique, est mort. Je me suis donc rendu à l'Arbre de Vie, et nos ancêtres de jadis m'ont donné mes neuf vies et mon nouveau nom, qui est Étoile Aurifère. Bref, je vais donc nommer un nouveau lieutenant.

    Tu souris, contrairement à l'abruti décédé, tu étais d'ailleurs enchanté de cette mort, Étoile Aurifère n'avait pas changé de caractère brusquement. Elle allait maintenant annoncer son lieutenant. Tu plissas les yeux contre le vent et attendis. A vrai dire tu n'avais pas la moindre idée de qui elle nommerait n'est-ce pas? Non. Non tu te demandais qui pourrait bien être l'heureux élu.

    -Celui où celle qui sera lieutenant, sera donc...

    Elle se stoppa. Hein? Mais c'est quoi ce vieux suspens désagréable? Te demandas-tu. Un petit sourire narquois se dessinait sur le visage de la meneuse et toute l'assemblée trépignait d'impatience, toi compris.

    -...Tempête d'Escarmouche. C'est un guerrier loyal, et bon combattant

    BOUM! Le choc fut violent. Toi, c'est de toi qu'elle avait prononcé le nom. C'est toi que tout le monde félicitait. Tu écarquillas tes grands yeux, ces derniers sortaient presque de leur orbite, ce sera amusant non? Des yeux qui roulent telles de billes sur la neige. Trêve de plaisanteries. Tu t'assis sous le choc de l'excellente nouvelle. Ne serais-tu pas entrain de rêver? C'est un tourbillon de question qui prit d'assaut tes pensées. Tu levas ton regard et tu vis la nouvelle meneuse te regarder. Tu souris et osas enfin te lever. Les flocons ne te donnaient plus froid, rien ne te donnait plus froid tellement tu étais fier et heureux.
    Ton regard sapin, aussi scintillant que mille diamants, observa la foule.
    Tous affichaient des petits sourires. Ils tremblaient, leurs côtes saillissent sous leurs pelages mais malgré ça, il t'acclamait, toi et toi seul. Tu te promets de tout faire pour eux. Tout. Tu te promets d'aider ta chef à faire prospérer le clan pendant tout le temps que tu pourras.
    Te rappelles-tu ce jour où tu es arrivé dans le clan? Sous le règne de la grande Étoile Onirique? Oui. Oui je sais que tu te souviens de cette belle époque. Te souviens-tu de ce guerrier jouant avec les papillons ? Oui. Oui tu te souviens. Te souviens-tu de la gente dame du nom de Blessure d'une Nuit? Oui. Te souviens-tu de l'envoutante Étoile Irrésistible? Oui. Mais à ce moment-là, voulais-tu être lieutenant? Oui. Y croyais-tu? Oui. Et c'est pour ça que tu es en vie, l'espoir fait vivre et il te fera toujours vivre si tu le gardes bien dans ton coeur
    Ces souvenirs sont désormais lointains. Reviens dans le présent et regard en haut de toi.
    Le soleil brillait et les flocons ne tombaient plus ,tu t'aperçus que les chats se dispersaient et que la plupart venaient te féliciter.
    Tu t'approchas d'Étoile Aurifère qui te regardait d'un nouvel oeil.

    - Je compte sur toi afin d'organiser des patrouilles de chasse. L'hiver est d'un froid mordant, il nous faut le plus de gibier que possible.

    Tu hochas la tête et t'assis au pied du promontoire en toussotant. Attirant l'attention des guerriers aux alentours. Ils s'approchèrent en comprenant que tu allais organiser les patrouilles. Reprenant ta dignité tu te tins plus droit et déclaras d'un ton que tu souhaitais neutre

    -Amour d'une Louve, prend Reflet des Larmes, Nuage Maudit et Nuage du Serment et allez chasser. Lueur Astrale, Nuage du Physalis et Nuage de Délivrance vous venez avec moi à la clairière aux champignons.

    Et tu te dirigeas vers la sortie, calme, suivie de ta patrouille qui savourait, elle aussi, la faible chaleur que le disque jaune pâle hivernal produisait.

    Rappelles-toi, ne perd jamais espoir ou tu mourras. Souviens-toi du passé.


    Tu pénétras dans le clan par le tunnel dépourvu de feuilles. La neige tombait en abondance pour venir se poser sur le sol immaculé et cristallin. Des petits morceaux de neige gelés étaient accrochés à ta fourrure rousse et blanche. Tu posas deux frêles souries sur ce qui fut autrefois le tas de gibier. T'arrêtant un instant, tu parcourus le clan du regard; des chats maigres qui tremblaient sur leurs pâtes, comme des fantômes ils traversaient le clan, sois pour en sortir, sois pour se réfugier dans une tanière. Du haut de tes frêles pattes, tu observas ce désastre et te rendis dans l'antre de la chef. Celle-ci dormait, sa respiration était sifflante, un instant elle leva la tête et t'ordonna de faire les baptêmes. Tu sorti, et, comme tu l'avais vu faire mainte fois, bondit sur le rocher servant aux annonces, les oreilles plaquées sur la tête, et les yeux plissé, tu poussas un long miaulement.

    -Chats du Clan de la Nuit, approcher vous pour une assemblée du clan.

    Des ombres furtives se glissèrent dans la combe pour se serrer les unes aux autres, dont le dernier chaton du clan, Petit Vent, ton fils, qui avait désormais 9 lunes. Quand tous furent rassemblés, tu pris la parole pour dépasser le son du vent;

    -Aujourd'hui est un grand jour pour le Clan de la Nuit. Nul Clan ne peut survivre sans nouveau guerrier, Nuage du Physalis, approche. Promets-tu de respecter le code du guerrier par tout les temps?

    Le jeune mâle ouvrit de grands yeux stupéfaits, dit un petit "oui" et s'avança au centre de la clairière. Pour la première fois depuis des lunes, de la joie luisait dans les yeux des membres du clan, tu poursuivis ton discours.

    - Moi Tempête d'Escarmouche, lieutenant du Clan de la Nuit, j'en appelle à nos ancêtres pour qu'ils se penche sur cet apprenti, il a travaillé dur pour comprendre les lois de notre noble code et il est désormais prêt à devenir guerrier. Nuage du Physalis, nous t'accueillons à présent dans le Clan en temps que guerrier à part entière sous le nom d'Epine du Physalis, les chats s'apprêtaient à l'acclamer mais tu les coupas, J'ai encore un baptême à faire, Petit Vent approche.

    La mâle ouvrit, lui aussi, de grand yeux, tu souris, ton fils était enfin prêt, il avait été baptisé plus tard que sa soeur - celle-ci le léchait d'ailleurs- pour cause de la maladie mais il serait un guerrier fort et robuste. D'une voix empreinte de fierté, tu dis;

    -Petit Vent, jusqu'à ce que tu sois guerrier, tu serras connu sous le nom de Nuage du Vent, je suis ton père et je serrais désormais aussi ton mentor.

    D'un bond agile, tu descendis du roc et pressas ton museau contre celui de ton fils. Puis tu levas soudainement la tête et clamas accompagné du clan;

    -EPINE DU PHYSALIS, NUAGE DU VENT, EPINE DU PHYSALIS, NUAGE DU VENT!!!!



    Ô tristesse infinie tu asbrisé mon coeur en mille éclats de verres scintillant de peine.


    Nuit noir alliée de la mort, tu as planté la graine de la tristesse dans mon coeur de porcelaine, elle a poussé et ses ronces m'ont mutilé. Pourquoi me l'as tu arrachée? Pourquoi l'as tu emmenée loin de moi vers les étoiles qui brillent...


    Tu marchais dans la nuit froide vers le lieu divin ou vivait le Clan des Étoiles, tu devais la voir une dernière fois, pour ne pas oublier son fin visage. Tes petites pattes craquelait la neige froide transportée par le vent glaciale. Les oreilles rabattues, et les yeux plissés tu avançais vers le lieu où les guérisseurs se réunissaient. Toute faible tu t'allongea au creux d'une racine à l'abris du froid, frigorifiée, tu t'endormis pour etre bercée par des rêves remplis d'etoiles








    -Réveil-toi Nuage Maudit

    Une douce chaleur planait dans l'air ,tu ouvris doucement tes petits yeux hivernaux et tu vis une plaine verdoyante, des arbres aux fleurs roses et un rivière à l'eau translucide. Où étais tu? Au paradis peut-être... Tu te retournas pour voir l'être qui t'avais parlé, c'était-elle, Euphorie du Chaos, elle était belle! Son pelage noire scintillait d'étoiles et ses yeux luisaient de bonheur. Tu courue vers elle pour ensuite roulé au sol en riants aux éclats. Tu posas ton front sur le sien et elle te dit d'une douce voix;

    -Tu dois partir...

    Tu eue un mouvement de recul et tu la regardas d'un oeil accusateur. Elle ne voulait plus te voir? Tu ne l'avais pas connue longtemps mais ce que tu avais ressentie pour elle était fort, jamais ton petit coeur n'avait aimé de cet amour quelqu'un. Tu ne voulais plus la quitté;

    -Je veux rester avec toi! Être guerrière ne m'intéresse pas!

    Un petit sourire amusé se dessina doucement sur le visage de Euphorie du Chaos, ce moquait-elle de toi? Non. Elle aussi t'aimait jamais elle ne t'aurais fais souffrir que cela sois physique ou mentale.
    Tu lui lanças un regard interrogateur et penchas ta tête ronde sur le côté. Elle se leva et poussa un long miaulement, des silhouettes aux pelages parsemés de paillettes apparurent. Tu ouvris grand tes yeux de chatons tant dis que des sourires apparaissait dans la voûte noire du ciel. Celle qui tu aimais se leva et se place devant toi, au coeur de l'assemblée.

    -Nuage Maudit, le voie de guerrière ne t'intéresse pas, mais le Clan des Etoiles à vu tes capacités à retenir les noms et les odeurs, à te préoccuper des autres c'est pourquoi nous allons te nommer guérisseuse du Clan de la Nuit. Comme ta mère.

    Stupéfaite tu ouvris une nouvelle fois tes globes optiques grands. Ta mère? Mais ta mère était guerrière ce n'était pas possible!

    - Nuage maudit à partir de maintenant tu serras connu sous le nom de Nuage du Souvenir. NUAGE DU SOUVENIR, NUAGE DU SOUVENIR.

    Tu devins rapidement une matière brumeuse et heureuse, tu disparue pour te réveiller au pied du grand arbre, dans le froid, et tu t'envins, clopin, clopan, contente de ta nouvelle déstinée.

-On se retrouvera là-haut...
-Où?
-Dans tes rêves


    Tempête d'Escarmouche tenta de faire avaler quelques herbes à la meneuse. Impossible, celle-ci était or du temps. Elle rêvait, cauchemars ou rêves. Mais sa respiration sifflante montra bien vite son éveil. Le guerrier tenta de nouveau. Il fallait qu'elle résiste, il la protégerait si elle n'avait plus qu'une ou deux vies. Mais le Clan des Étoiles ne l'attendait pas, il l'attendrait lui avant elle. La cloche de la mort et du désespoir n'avait pas sonné. Il n'est pas prêt à la laisser. Il ne voulait pas la laisser, c'est l'espoir du clan, tous on besoin d'aide. Et elle seule peut les aider, ensembles ils pourront bravés tempêtes et vents mais que si ils restent ensemble. Etoile Aurifère et sa meilleure amie, point.

    -Tu vas y arriver, je t'en pris.

    Mais il savait que elle, elle ne voulait pas y arriver, elle, elle voulait laisser s'envoler son âme et s'échapper sa douleur. Tempête d'Escarmouche avait peur, très peur. Comment, lui, pourrait-il devenir chef? Un chef aussi digne que Étole Aurifère, Étoile Héré... Euh lui c'est un cas particulier, Étoile des Apparences, Étoile Irrésistible, Étoile Onirique? Non il n'en avait pas la capacité....

    Tu es le dernier espoir pour ton Clan, souffla-t-elle. Je.. je te fais confiance.

    Quoi? Comment ça son clan? Ça veut dire quoi ça? C'est son clan à elle! Pas à lui! Il n'est pas près, il voulait qu'elle reste un peu, qu'elle lui apprenne comment être un bon chef, il la regarda dans l'espoir que son amitié la sauve. Elle cria de toutes ses forces sa douleur et sa tête tomba inerte. Elle c'était envolée, vers les étoiles, vers une nouvelle vie glorieuse.

    -NON! Non je t'en pris revient revient!!!!

    Mais c'est la fin d'Étoile Aurifère. Au revoir Étoile Aurifère, je ne t'oublierais pas, je t'aime.


(Je crois que ce texte exprime beaucoup trop la "situation" en plus il est moche )

 
https://www.youtube.com/watch?v=3gBgotnfhuc 

Seul l'Amour transcende le temps et l'espace  
 
  
 
Nuit, nuit noire, nuit insoluble, nuit terrifiante qui me berce dans tes bras. Toi qui accueilles la lune et sa traîne d’étoiles, dis moi pourquoi je suis là ? Dis moi pourquoi j’existe. Qui à décidé qu’un jour le vie me serrais t’offerte, et par qui ? Je me pose des questions sur ma vie. Qui à écris cette histoire sans me laissé donner mon avis ? Je suis une marionnette de bois, je danse quand tu me le demandes, mais je voudrais me rebeller, changer de vie, choisir ma destinée. Je prend ma plume et je vais réécrire mon histoire, tout changer, à la lumière de la lanterne une nouvelle vie va naître, j’abandonne le ciel mais toi, je te garde, nuit.  Mon histoire va changer, sans tout fois effacer le passé. Souhaite-moi bonne chance.    


Le vent souffle, la neige tombe, et elle, elle est là, à côté de toi, ta fille bien aimée. Elle chemine à tes côtés, la petite apprentie guérisseuse qu’elle est. Ce soir tu vas devenir une autre personne, une nouvelle personne prête à tout. Tu marches vers ton nouveau destin. Un destin plein de bonnes surprises, un destin étoilé. Une nouvelle vie t’attend. Il va falloir que tu la saisisses. Que tu laisses ta vie de guerrier…mais tu n’as pas peur, rien de tout cela ne te terrasse, tu es un combattant, un guerrier du Clan de la Nuit. Tu marches contre la neige, le cœur battant à cent à l’heure. Aussi rapide qu’un battement d’aile de colibri. La balance va basculer. Et tu es prêt, mais tu ne le penses pas, pour toi, tu n’es pas près à devenir un « Etoile » une étoile du matin. Toi tu veux que tout redevienne comme avant. Non. Non on ne peut pas revenir dans le passé Tempête d’Escarmouche, tu le sais, ce ne serra plus jamais comme avant, mais on peut construire le futur. Modèle-le à ton goût ; tu peux choisir de t’attacher au passé et rester sur place pour sombrer avec lui, ou alors tu peux avancé sans l’oublié. Tu sais. Tu sais ce que dois faire. Mais tu te demandes si c’est le bon choix. On ne te demande pas de les oubliés mais d’accepter qu’ils soient partis, un jour tu les rejoindras, mais ton heure n’est pas venu, une heure est venu en revanche, l’heure de changer de vie.
 
-Papa ? Tu vas bien ?
 
Tu tournas la tête interrompant le fil de tes étrange pensées. Tu dis oui. Maintenant, tu avais peur, peur de te ne pas être accepté, peur de ta vie. Tu voulais savoir ce qui arriverait. Tu voulais choisir ce qui ce passerait. Son visage traversa ton esprit, te tordant d’une douleur trop familière. Tu voulais tous les retrouver, mais le moment n’est pas venu. Tu dois le comprendre. Mais tu n’y arrives pas, tu ne voulais pas qu’ils partent, tu avais trop besoin d’eux. Non. Stop pense à autre chose, pense à… pense à elle. Elle qui est encore en vie. A ta gauche, Nuage de Délivrance, tu lui avais demandé de venir, tu faisais confiance à la femelle et tu l’appréciais beaucoup. Puis tu repensas à une chose, pourquoi était tu lieutenant, grâce à tous ces chefs qui te manquaient tant. Tu aurais plutôt due les remercier. Une étincelle nouvelle se mit à luire dans tes yeux et tu couru vers l’arbre de vie. Ignorant le vent, ignorant la neige, ignorant la peur. Tu entendis les paroles stupéfaites des deux apprenties mais bien vite tu entendis leurs pas rapides à tes côtés. Cet instant tu le savouras, tu étais, libre de faire ton choix, et ton choix était fait. La cadence ralenti aux abords de l’arbre de vie. Tu tremblais, de joie ou de peur ? Tu n’aurais sue le dire mais tu aimais ce tremblement. Il marquait le début, le début du début. Tu aurais bientôt une nouvelle vie. Nuage de Délivrance et Nuage du Souvenir étaient un peu derrière toi et une feuille où la rosée perlait était juste devant toi. Là, tu savais ce que tu ressentais, tu avais peur. Très peur. Tes pattes étaient comme bloquées dans le sol. C’est là. Là maintenant tout de suite que tout va basculé, le choix qui changera te vie entière. Nuage de Délivrance s’approcha un peu ;
 
-Tu peux y arriver
 
Elle fut bien rapidement rejointe par leur compagne de route qui lui lécha la tête
 
-Je crois en toi
 
Elles croient en moi… Tu te répétais cette phrase en boucle en t’approchant dangereusement de la feuille. Tu entrouvris ta gueule et…tu te stoppas net. La peur te glaçait les artères au point de ne plus vraiment savoir ce que tu voulais. Prends cette feuille et mange là. J’ai dit prends cette feuille et manges là. Fais le, je te dis de le faire ! Mais non. Tu as trop peur. Non ? Tu es un combattant, tu t’approche rapidement de la feuille et la croques. Et maintenant tu devais dormir ? Ils avaient des abeilles dans le crânes ou quoi ? Dormir quand l’excitation vous ronge, essayez pour voir. C’est impossible et pourtant tu te couchas sur un tapis de feuille à l’abri du froid dans le creux de l’arbre. Si tu fermais tes paupières Tempête d’Escarmouche  allais mourir…Mais il allait renaître encore plus somptueux. C’est une fête qui débute, et tu es l’invités d’honneur alors cache moi ces yeux pins et montres nous qui tu es ! Le peur ne dois pas te terrasser elle doit t’éveiller il faut que tu te battes jusqu’au bout, au delà de la douleur, au delà de le tristesse au delà des limites du monde. Tu fermas doucement tes yeux, les dernières choses que tu vis dans cette vie furent les deux femelles souriant au dessus de toi, comme si tu étais un nourrisson. Un petit nourrisson qui s’endort pour un sommeil plein de rêves, et toi tu t’endors pleins de rêves bercés d’étoiles, petit guerrier. Tu vas devenir une Etoile. Alors dors, une dernière fois avant que tout change.
 
 

Souviens toi… 
 
  
 
<<-Maman ? Maman ! Réveil toi maman.   Un cadavre, voilà ce qui était devant toi. Le premier que tu voyais de ton existence. La première proie de celle que tu haïras tout le long de ta vie, la mort. Elle sentait mauvais en plus.
 
-Papa, papa !
 
Tu es seul mon chaton, mais cela ne dura pas, regardes les étoiles, tu vois ta maman est là-haut, et elle attend que tu réalise ton destin, vas dans le Clan de la Nuit .>> Tu ne savais pas ce que c’était et pourtant tu l’as cherché, tu l’as trouvé et maintenant tu vas en être chef. Prépare toi. Là-bas tu retrouveras ta maman, regarde autour de toi, tu es dans les étoiles. Là où celle-ci vit, tu vas la revoir. Elle ne voudrait pas te voir si triste, si ? Alors ressaisis toi ! Tu n’as pas peur, grave cette phrase bien dans ta tête sur une solide pierre. Tu te souviens de son corps inerte ? Oui, comment l’oublier n’est-ce pas ? Eh bien c’est le seul souvenir, ou plutôt la dernière image que tu garde d’elle, mais maintenant, apprêtes toi à la voir étincelante d’étoiles. Et souviens toi, souviens toi toujours de cette image. Souviens toi quand tu étais chatons et que la grande et sublime Etoile Onirique t’as accueillis dans son Clan, dans ton Clan. Souviens toi de la rêveuse Etoile Irrésistible. De la douce Etoile des Apparences. Du fou Etoile Hérétique et de la belle Etoile Aurifère. C’est toi qui vas t’ajouter à cette liste de chef. Prépare toi à voir de grandes choses, à faire de grandes choses. Elles croient en toi.
 

C’est parti pour un tour de manège, il y a des hauts et des bas. 
 
  Tu t’éveillas dans une clairière bercée par une douce chaleur, une belle rivière translucide coulait. Des pétales roses volaient dans le ciel, une douce brise te caressait le pelage. Tu n’étais pas au paradis, tu étais cher le Clan des Etoiles, belle demeure n’est-ce pas ? De petites paillettes s’allumèrent autour de toi et dessinèrent rapidement des formes félines, la peur revint et tu voulu reculer un peu  mai tes pattes étaient comme encrées dans le sol de cette terre ou prospérité et paix régnaient. Les chats étoilés formèrent un arc de cercle devant toi. Tu étais littéralement cloué sur place, plus du tout sur de toi. Mais tu devais y arriver, donc tu allais le faire, tu allais être fort jusqu’au bout. Une première silhouette se détache doucement des rangs étincelants, c’était elle. Elle qui t’a quitté pour te laisser place, Etoile Aurifère. Dans une carrure brillante et les yeux emplis de joie. Elle s’approche de toi et tu poussas un petit cri de joie, tes pattes se dessoudèrent du sol étrange et tu courus vers elle pour poser ton front contre le siens. Tu lui murmuras doucement ;  
-J’ai peur
 
Elle rit. Peut-être se moquait-elle de toi ? Attends, Etoile Aurifère ne se moquerait jamais de toi, elle aussi, croit en toi. Tu as toujours rêvé d’être chef, et maintenant que c’est là tu hésites, cela n’arrivera qu’une fois… Après tu ne redeviendras pas le guerrier d’avant. STOP. Arrêtes de penser et agis. Etoile Aurifère se tenait devant toi, et elle allait te rassurer. Il ne fallait pas que tu t’inquiètes.
 
-Moi aussi j’avais peur, mais tu serras un bon chef Tempête d’Escarmouche. Prends soin du Clan pour moi.
 
Tu hochas la tête avec fermeté. Elle posa son museau sur ton front et tu sentis qu’on t’enlevais quelque chose… ta vie d’avant.
 
-Tu vas maintenant recevoir tes neufs vies.
 
Pourquoi neufs enfaite ? Neufs vies et pas dix, neufs vies à vivre, c’est beaucoup non ? Neufs vies, tu sais elles ne seront pas toutes belles mais certaines te feront sourire par une froide journée d’hiver, d’autre te feront pleurer par une belle journée de printemps mais toutes te seront offertes avec amour. Tu le savais n’est-ce pas ? Oui. Mais il y en à d’autres, celle qui te soutiendrons, qui t’aiderons, elle te donneront le courage d’avancer sur le droit chemin. Etoile Aurifère leva la tête et de nouveau le sol t’attrapa.
 
-Avec cette vie je te donne l’espoir pour lorsque la famine assiégera le clan, et que tu te sentira seul. Utilise la à bon escient.
 
Elle posa son museau sur ton front et un spam glacial te traversa et tu vis un horrible paysage. C’était la nuit, deux montagnes s’élevaient de chaque côtés de toi et d’autres devant et derrière, tu voyait de la neige mais aussi du feu, tu étais en emprisonné dans du feu. Ton pelage se consumait doucement révélant une atroce douleur. Tu devenais peu à peu cendre mais ensuite, tu t’envolais vers le ciel en redevenant chat, dans l’espace. Tout se stoppa quand Etoile Aurifère retira son museau de ta tête. Tu la regardas avec des yeux effarés, à bout de souffle. Toutes tes vies allaient-elles être comme ça ? Tu compris pourquoi certain chef ressortait un peu perturbé de cette cérémonie. Te ressaisissant doucement tu t’imaginas ressortir comme Etoile Hérétique et tu fis une grimace involontaire à cette pensée macabre. Celui-ci due le voir car il s’approcha de toi dans une marche grossièrement gracieuse, ce qui la rendait d’ailleurs disgracieuse. Il s’approcha de toi et te lorgna du regard de la tête aux pieds.
 
-Aloooors c’est toi qui vas être chef, HEIN ???
 
Tu eus un petit mouvement de recul, un peu surpris, tu le regardas de nouveau bizarrement et il fit un bruit étrange avec ses lèvres ainsi qu’une moue très abusée. Et après on disait qu’il était fou… Ce matou était pire que fou, il…était étrange, exactement, il était étrange et en ce moment tu te disais que si tu finissais comme lui autant mourir. 
 
-MAIS QUI M’AS FOUTU UN MATOU PAREIL ?
 
Une vieille femelle soupira dans les rangs.
 
-Hérétique, donne lui sa vie
 
Il soupira, lui aussi,  de nouveau.
 
-Oui bah c’est bon hein ! Avec c’te vie ch’te donne la grandeur, puisses-tu t’en servir pour contrôler bien ce ramassis de chats moisis qui puent.
 
Tout à coup tu ressentis une grande émotion, tu étais au sommet d’une falaise où soufflait le vent, une étrange eau s’abattait sur les parois, le vent portais des petites feuilles de couleurs automnales, d’ici tu pouvais contrôler le monde entier, toi, oui toit petit chat, tu prenais de la hauteur, tu souris. Mais bien vite tout tourna autour de toi et tu te retrouvas dans la clairière. Jamais tu n’oublierais cette image, cette vie qui a été soufflée en toi. Cette falaise, et la chute d’eau et… c’était indescriptible. Hérétique souriait, il avait du vivre ça, tu revis un instant Univers Décadent mais il disparu pour aller se mettre dans la foule en bougeant son popotin. Tu souris, peut-être n’était-il pas si fou, juste un peu excentrique. Mais jamais tu ne serrais comme lui, bien évidemment. A vrai dire tu en doutais de plus en plus, peut-être que Cataclysme avait tellement souffert lors de sa cérémonie qu’il en était devenu fou. Et si cela t’arrivait ?! Mais non tu t’inquiétais pour rien Escarmouche, comme d’habitude d’ailleurs. Etoile des Apparences s’avança à son tour, et, sans autre forme de procès, te donna une nouvelle vie.
 
-Tempête d’Escarmouche, tu savouras sûrement pour la dernière fois ton nom de guerrier et écouta la discours de la chatte, avec cette vie je te donne un don que tu as toujours eus mais qui va s’amplifier, la patience, lorsque tes guerriers se disputeront, tu ne te mettras pas en colère et leurs expliqueras le bon raisonnement.
 
Un éclair d’énergie te traversa et, tu vis des guerriers en train de sa battre dans une clairière, tu étais en haut d’un rocher d’où tu les regardais, tu pouvais intervenir, ou attendre que l’un meurt tu fis un saut du rocher pour les rejoindre et tu tombas au milieu du Clan des Étoiles pour une autre vie. Il en restait six, encore six vies, la fatigue, ou la peur, te donnais envie de finir au plus vite malgré les magnifiques spectacles aux quels tu avais assisté et vécu… Cette fois si c’est Nuage de Vague qui s’approcha de toi, tu n’avais pas connu cette apprentie mais la perte d’une nuiteux était toujours regrettable. Mais qu’une petite chatte comme elle pouvait bien lui donné comme vie ? Elle trottina vers toi et te salua en s’inclinant, tu lui renvoya la salutation en hochant la tête. Elle posa doucement son museau sur ta tête quand tu te penchas et elle dit ;
 
-Avec…, elle ne fini pas sa phrase et se recula, dit moi juste une chose, pourquoi as-tu peur ?
 
Tu ouvris la bouche, à vrai dire il y avait des tas de raison, tu te redressas et vit que le Clan des Etoiles souriait, certains avaient vécu cela, ils savaient que c’était dur et étaient près à t’écouter.
 
-J’ai peur, c’est vrai. J’ai peur d’être un mauvais chef, j’ai peur de devenir fou, j’ai peur de changer, j’ai peur de ne plus avoir de but après ma nomination, j’ai peur que le clan de m’accepte pas, j’ai peur de me sentir seul, j’ai peur de ma nouvelle vie…
 
La petite chatte te regarda avec un doux regard qui te rassura un peu. Le Clan des Etoiles aussi, certains anciens chefs avaient même le regard perdu en souvenir de ce que eux, ils avaient vécus durant cette période ou plutôt ce cours instant qui ne durait un réalité que quelques heure. Nuage de Vague s’approcha de toi pour enfin te donner ta vie. Tu ne savais plus quoi penser n’est-ce pas ?
 
-Avec cette vie je te donne le courage, il t’aidera quand tu serras plonger dans la peur.
 
Un tigre. Regardes, juste devant, toi un vrai. Tu as eus peur as ce moment, ou pas…Tu le regardais avec tes yeux effarés, autour de toi une étrange forêt s’élevait, les ronces envahissaient tout autour, derrière toi, il y avait une fleur, rouge, une belle fleur avec un creux ou tu pourrais te réfugier. C’était elle, ou affronter le tigre. Une vague de courage puissante t’envahis, et tu bondis sur l’animal sauvage, lui griffant les yeux, les oreilles, le dos et même la queue. Du sang giclait de part et d’autre et le tigre tentait de se débattre. Il n’avait pas riposté, tu savais que c’était pour cela que tu avais réussi à le vaincre, c’était juste une vision, rien de tout cela n’était arrivé pour de vrai. Le tigre sautant dans la fleur et se faisant dévorer par celle-ci. Mais tu avais pris la nouvelle vie, tu ne savais pas que tu verrais des choses en même tant que tes vies.
 
-Mais tout le monde n’en voit pas, tu en ais même un des seules. C’est la différence entre toi et ton père, lui rêvais juste quand il dormait
 
Tu te retournas et tu la revis, ta maman, ta maman chérie d’amour qui t’avait allaiter, qui t’avais donné la vie, c’était grâce à elle ta présence ici, tu courus vers elle en poussant un cri de joie, presque en volant.
 
-MAMAN !
 
Cette dernière rit aux éclats en te léchant le front, tu te redressas et pour voir où était ton père. Tu te disais qu’il était forcement venu. Il n’aurait jamais laissé ta maman toute seule, mais… tu ne te posais plus de question Tempête d’Escarmouche. Ah si. Pourquoi ta mère était-elle ici, elle n’avait jamais appartenu aux clan, cette endroit était sacré… seul les chats sauvages avaient le droit d’y venir. Tout se bouscula dans ta tête, un cyclone sembla s’y déclencher.
 
-Ton père t’expliquera.
 
Cela ne te gênait pas que l’on t’explique. Mais t’expliquer quoi au juste ? Ça, ça te gênait. La plus part du temps quand des parents veulent expliquer des choses, surtout à des chats ayant acquis une certaine expérience, ça ne présage rien de bon…Ta mère allait peut-être te donner une vie ? C’est quand tu le regardas de nouveau que tu vis de petites étoiles se refléter dans des larmes.
 
-Maman ? Tu vas bien ?
 
Elle secoua la tête ;
 
-C’est juste que…tu vas devenir chef, chef du Clan de la Nuit, je suis si fière de toi.
 
Comment savait-elle autant de choses sur les clans ? Sans que tu ais pue lui poser cette question qui avait une grande importance pour toi, elle posa son museau rose sur ton front blanc et roux.
 
-Tempête d’Escarmouche, mon fils, je vais te donner une vie. Avec cette vie je te donne l’amour, l’amour ardent, celui qu’on oubli jamais. Ne nous oublis jamais s’il te plait. Nous t’aimons tu le sais.
 
Rien. Cette fois il n’y eue aucun un paysage et tu crus que ton cœur c’était brisé. Qu’il avait explosé, que c’était la fin avant le début. Que jamais tu ne serais jamais chef. Que tu ne serais plus rien. Que le Clan des Etoiles t’avais abandonné. Tout était éteint. Il n’y avait rien. Mais vraiment rien. Et puis tu entendis des rires. Des rires familier et tu étais là. Le petit Escarmouche dans la pouponnière… DANS LA POUPONNIERE ??? Mais tu ne vivais pas dans le Clan de la Nuit à cette époque. Tu n’avais pas grandis dans la pouponnière. Et il y avait ton Papa et ta Maman. Ils discutaient. Maman avait l’air triste et ils partaient…avec toi…NON NON NONNNNN. Tout ce ralluma, ta mère avait disparue dans l’espace.
 
-Non…maman
 
Tu étais triste. Pourquoi t’avoir caché la vérité pendant tout ce temps. POURQUOI ? Tu ne comprenais pas. Tu ne voulais pas comprendre. Tu voulais juste continuez de vivre dans tes rêves. Mais ton passé te poursuivait, il était temps de lui serré la main et cheminé avec lui, lui derrière évidemment. Etoile Irrésistible se détacha des rangs pour venir trottiner accompagné de sa mélodie enfantine, vers toi.
 
-Ne t’inquiète pas, chuchota-t-elle, tu vas comprendre
 
Tu souris à la défunte chef. Irrésistible avait toujours été une chatte que tu appréciais beaucoup. Recevoir une vie d’elle serait pour toi un honneur. Comme les autres chats précédemment, elle posa son museau sur…oui on sait ton front, ça devenait long non ? Il aurait fallu qu’ils se dépêchent un peu.
 
-Avec cette vie je te donne la sagesse, elle portera le clan à la réussite accompagné du futur-meilleur chef du Clan de la Nuit.
 
Cette vie te procura une immense douleur, tu entendis la pluie marteler le sol et… il y avait aussi des cris, des cris de félins. Mais tu ne pouvais rien faire, tu ne savais plutôt pas quoi faire. Où plutôt tu ne pouvais plus rien faire. Mais il n’y avait rien, juste le Clan des Étoiles, aucune vision. Plus que trois, aller plus que trois. Cette phrase tournait et retournait dans ta tête, tu n’avais plus que trois vies à avoir. Tu rouvris doucement les yeux. Etoile Irrésistible s’en allait, mais elle ne retrouvait pas le Clan des Etoiles. Etonnée tu la regardas partir et ne vit pas Sombre Mélancolie s’approcher de toi
 
-Salut.
 
Tu la salua à ton tour et pressas ton museau rose cochon sur le sien, elle t’avait manqué elle aussi !
 
-Je suis content de te voir
 
Elle ronronna.
 
-Moi aussi ! Merci beaucoup pour Patte d’Ombre, je veille sur lui d’ici ! Et je voudrais te donner une vie pour te remercier.
 
Tu hochas la tête, elle prit la même position que les autres et annonça ;
 
-Avec cette vie je te donne l’amitié. Tu en trouveras toi même les grâces.
 
Cette fois si rien ne se passa, tu eus juste un petit frisson qui hérissa tes poils. Tu te détendis et regardas Sombre Mélancolie. Elle souriait, elle n’aurait jamais pue te faire mal, même si elle l’avait voulu. Tu te rendis compte que le Clan des Etoiles souriait beaucoup, beau n’est-ce pas ? Mais ils ne manquaient pas de toupet ! Cette fois ce fut Etoile Onirique qui s’approcha de toi, tu l’admirais toujours autant, peut-être parce que tu l’avais connu directement en tant que chef ou qu’elle était la première à avoir exercer son pouvoir de meneuse devant toi. Tu n’en avais pas idée et tu t’en fichais un peu à vrai dire.
 
-Tempête d’Escarmouche ! Salutations. Je vais t’offrir une vie, inutile de dire ce qu’elle fit, Avec cette vie, je te donne l’amabilité, avec tes ennemis jamais tu ne te mettra en colère mais toujours tu serras amical et courtois.
 
Un éclair, voilà ce qui te traversa, la puissance d’un éclair montant avec force vers le ciel. Tu eus mal, très mal mais tu tentas de ne pas le montrer, tu te plias juste en deux, pratique pour cacher sa douleur, je vous assure, pas du tout. Il ne restais qu’une vie, c’était la dernière. Et c’est ton père qui vint vers toi. Après ta vision tu ressentis un élan de rage et grognas de toutes tes forces.
 
-Ecoute on était obligés
 
Tu t’approchas dangereusement en marchant avec colère et rage pour venir cracher à la figure de celui en qui tu avais eus confiance, celui qui t’avait trahis. Lui et sa mère n’aurais jamais due arracher Escarmouche au Clan, JAMAIS. Si il ne l’avait pas retrouvé grâce à une chatte du Clan des Etoiles il ne serait pas là et sa vie n’en serait pas une.
 
-OBLIGÉS ? VOUS ETIEZ OBLIGEZ DE PARTIR, OBLIGEZ DE M’ARRACHER AU CLAN ? SI LE CLAN DES ETOILES N’ÉTAIT PAS VENU JE SERAIS UN PAUVRE CHAT ERRANT COMME VOUS ! DANS LA VIE ON A TOUJOURS LE CHOIX, VOUS AVIEZ LE CHOIX, JE SAIS CE QUE VOUS AVEZ FAITS, VOUS ÊTES PARTIS EN CACHETTE !
 
Ton père recula durant les paroles, tandis que toi, tu avançais pour le prendre de haut. Quand tu finis tu étais essoufflé. Ton père recula encore un peu et pris la parole, la ressemblance frappante entre vous deux te dégoûtait.
 
-Oui, c’était à l’époque de….je ne m’en souviens plus en tout les cas on devait partir, ils étaient horribles, je ne sais plus pourquoi et, ta mère était du Clan du Soir, nous n’avions pas le droit de rester, nous ne pouvions pas. Enfin je dit que ta mère était Soirienne mais sa mère était nuiteuse bref nous avons voulu te sauver…
 
Te sauver ? Te sauver mais oui bien sur, il mentait comme il respirait…ou était-ce la colère qui prenait le dessus sur toi.
 
-Me sauver… oui me sauver. ME SAUVER DE CE QUI ME TIENS A COEUR LE PLUS AU MONDE ? Pourquoi…?
 
Ton père soupira, il en avait marre, marre que tu ne veuilles pas le croire, mais il fallait que tu le croies pourtant, il ne disait que la vérité.
 
-A CETTE EPOQUE CE N’ETAIT PAS PAREIL ! NOUS SAVIONS QUE TU PARTIRAIS POUR Y ALLER UN JOUR ! NOUS L’ESPERIONS, MAIS NOUS NE VOULIONS PAS QUE TU GRANDISSES AU CŒUR DU CHAOS ! Peux-tu nous croire… ?
 
Oui…Oui tu le croyais, c’était ton père et il parlait aussi pour ta mère, ta famille te demandait de les croire et le cœur d’une famille, c’est la confiance.
 
-Oui je te crois, mais pourquoi tu es là, tu voulais juste t’excusez ?
 
Tu finis la phrase d’un ton railleur amusé. Ton père retrouva son sourire et suivit le rituel.
 
-Avec cette vie je te donne le pardon, utilise la quand la colère s’empare de toi envers quelqu’un et pardonne le.
Des tas de souvenirs d’enfance surgirent dans ta tête, toi et tes parents et ton arrivé dans le clan, oh que c’est beau ! Ton père ce plaça au centre de la clairière avec un sourire, tu ne compris pas tu avais pourtant reçu toutes te vies et il ne te manqu… Ton nom de chef.
 

-A PARTIR DE MAINTENANT TON NOM SERRA ETOILE ANCESTRALE ! 
 
    Tu savouras ton nouveau nom, épaté par sa beauté, tandis que le Clan des Étoiles le reprenait en cœur
 
-ETOILE ANCESTRALE ! ETOILE ANCESTRALE ! ETOILE ANCESTRALE ! ETOILE ANCESTRALE ! ETOILE ANCESTRALE !
 
Tu eus une envie soudaine de rire, de t’envoler, d’être aussi léger que la plume de l’oiseau. Tu fermas les yeux et t’imaginas, avec de longues ailes blanches sur le dos à survoler les nuages et l’astre lunaire. Quand tu rouvris tes yeux, les chats étoilés étaient partis il ne restait que ton père et ta mère. Tu te dirigeas vers eux et ils se frottèrent contre toi.
 
-Nous t’aimons Étoile Ancestrale
 
Et ils disparurent, libérés d’un secret lourd. Pour toi aussi il était temps de partir, de retrouver ton clan, ce clan qui allait vivre sous tes ordres. Héhé tu n’étais pas fou comme se vieux Hérétique. Tu avais hâte de voir ce que tu avais dans le ventre !
 

Le retour sur terre après un périlleux voyage dans les étoiles 
 
  
 
Tu t’éveillas et baillas bruyamment, Nuage du Souvenir et Nuage de Délivrance accoururent vers lui en le mitraillant de mille et une question. Tu ris et t’apprêtas à leurs raconter tout, tout ce qui c’était passé, tout ce que tu  avais vu, cette formidable expérience que tu avais vécu, mais tu ne pus pas, tu n’avais pas le droit.   -J’ai neuf vies, et ouais et je m’appelle…
 
Tu ne pue pas poursuivre leurs grands yeux ouverte te firent rire, mais rire, elle boudèrent en s’exclamant et ordonnèrent ton nom dans l’immédiat
 
-Étoile Ancestrale
 
Leurs petits yeux ouvrirent grands
 
-OUAAAAH
 
Encore une fois tu ne pus t’empêcher de rire
 
-On fait la course ?
 
Et tu descendis la colline en courant…
 
C’est la fin de Tempête d’Escarmouche, laissé place à Étoile Ancestrale.

Tu parcours la forêt avec Nuage de Délivrance et Nuage du Souvenir aux lèvres, désormais tu es Étoile Ancestrale, chef du Clan de la Nuit, le Clan serra la plus puissant, à son apogée! Tu te retournes les regarde avec douceur

-Merci de m'avoir accompagné.

Elle se place chacune d'un côté de toi et c'est Nuage de Délivrance qui prend la parole pour les deux;

-Nous somme honorés! Regarde, le soleil brille en ce jour de gloire, oh, nous arrivons!

Tu rentres d'un pas lent dans ton clan. Tout les regards se tournent vers toi, tu baisses la tête, le soleil brille dans la neige et te fait mal aux yeux. Tu souris un peu en passant dans les rangs, tous sont choqués de la mort d'Étoile Aurifère, mais une grande majorité à l'air heureuse de te voir. Alors, comme une fois il y a quelques semaines tu as fait, tu bondis sur le promontoire pour parcourir l'assemblé de ton regard sapin. Il ne manque que quelques chats, et la plupart était dispersés dans le clan. Tu lances l'appel traditionnel.

-Chats du Clan de la Nuit, approché vous pour une assemblée.

Les chats faméliques se glissent or des tanières bien chaude et la patrouille de chasse pénètre dans la clan pour poser une souris. La famine fait rage, mais tu dois les rassuré, tu vas y arriver.

-Chat du Clan de la Nuit, je me suis rendu à l'Arbre de Vie où j'ai ressu mes neufs vie et mon nom de chef, Étoiel Ancestrale.

Tu te stoppe un instant et il commence les acclamations mais tu les arrêtes.

-Je vais d'abbord nommer une apprentie et un lieutenant, attendez un instant mes amis. Patte Ensanglantée, approche

Le pelage de celle-ci luit, elle s'approche furtivement, tout en gardant la tête haute, elle est mignonne avec ses grands yeux effarés. Tu lui fais un petit clin d'oeil.

-Par les pouvoirs qui me sont conférés par le Clan des Étoiles, je te nomme apprentie sous le nom de Nuage Ensanglanté, et Lueur Astrale se chargera de ton apprentissage.

Mentor et apprentie se touchent les museaux pour ensuite rejoindre l'assemblé d'un pas fière, tu souris, attendris, mais bien vite tu vois que le Clan trépignent, qui sera ton second, voilà ce qu'ils veulent savoir.

-Il est temps pour moi de nommer un lieutenant.

Le souffle des guerriers et guerrières se fait irrégulier, de gros nuage de vapeur s'élèvent dans le ciel, qui sera l'heureux élu? Toi tu le sais. Tu les laisses mijoter un instant, pour une meilleure surprise.

-C'est Épine du Physalis qui me secondera désormais.

Le jeune guerrier à l'air stupéfait, tout comme Nuage de Délivrance d'ailleurs. Le mâle aurait du être guerrier bien avant, il avait un talent incroyable malgré sa jeunesse. Les acclamations débutèrent.

-ÉTOILE ANCESTRALE! EPINE DU PHYSALIS! NUAGE ENSANGLANTÉ! ÉTOILE ANCESTRALE! EPINE DU PHYSALIS! NUAGE ENSANGLANTÉ!



    Tu pénètres dans la clairière à pas de velours, suivis des guerriers soirens qui se trouvent surement en mauvaises postures. D'un signe de la queue, tu leurs ordonnes de te suivre. Des feulements contre eux s'élèvent de part et d'autre du Clan. Tu les ignores, tout comme les multiples interpellations que l'on te fait. Le soleil blanc se lève doucement à l'horizon. Ta compagne, son fils et ta fille l'admirent derrière le promontoire, ils se retournent et la reine te sourie avant de prendre une mine grave en apercevant les guerriers adverses, tu lui rends son sourire, tant bien que mal, tu te mets à l'abris des regards avec eux et leurs dit;

    -Surtout ne prenez pas la parole si on ne vous le demande pas, et rester bien au pied du promontoire. D'accord?

    Les trois félins hochent la tête, un peu apeurés pour les deux femelles. Tu tentes de les rassurer et leurs indiques où se placer, tu les accompagnes, ils se mêleront à l'assemblée en restant toute fois sur le côté droit du promontoire. En parlant de celui-ci couvert de neige, il est temps que tu te rendes dessus non? Tu le rejoins d'un prodigieux et agile bond. Tu ne tentes mêmes pas d'imaginés la réaction de tes guerriers tellement c'est prévisible. Malgré la fait que presque tous les chats nuiteux sois rassemblés, la queue fouettant l'air et le regard haineux, tu convoques une assemblée.

    -Chats du Clan de la Nuit, approchez vous pour une assemblée du Clan.

    Ils s'approchent un peu plus, pour la plus part empli de colère , leurs souffles rauques formaient des nuages de vapeur qui montent vers le ciel. Tu les fusilles du regard et ils comprennent, pour la plupart, qu'une grave heure a sonné en ce triste jour. Tu parcoures l'assemblée une nouvelle fois des tes yeux émeraude et tous se taisent. Ils sont curieux, et sérieux.

    -Félins sauvage, aujourd'hui une grave heure à sonné, des corbeaux s'envolent vers le ciel et on les perçois dans ce silence funèbre, Etoile du Fauconnier, chef du Clan du Soir a décidé que deux clans suffiraient ,il faut croire, elle veux partir avec son clan.

    Des cris d'indignation d'élèvent vers le ciel et des débats fusent, tu ne dis rien. Tu regardes juste chacun deux, et rien que ce regard leurs fait comprendre leurs bêtises, ils t'écoutent à nouveau. Et tu ordonnes aux inconnus Soiriens de s'approcher, ils s'exécutent.

    -Écoutez moi attentivement, en ce jour de Mauvaise Saison, je l'annonce devant le Clan des Étoiles, nous accueillons jusqu'à nouvel ordre tout soirien souhaitant rester un chat sauvage sur la terre de ses ancêtres, je vous présentent Empire du Blasphème, il s'incline déjà connu, Nuage de Jade, elle fait de même, et Tempête Éternelle, même chose.

    Et là, ça explose, des feulements, des cris de rage, des coups de griffes, une indignation aux chats respectueux du Clan de la Nuit. Ton poil s'hérisse, tu bouillonnes de colère.

    -SILENCE!!!

    Le temps s'arrête, tout se fige, un coup de tonnerre retentit au loin. Tu respires bruyamment. Les guerriers se rassois, brulant de honte. Tu feules.

    -Vous êtes indignes, mais qu'est-ce qui vous a pris, vous n'avez pas l'impression de vous être comportés comme des chatons!

    Ils baissent la tête, maintenant ils vont t'écouter.

    -Je vais énumérer des règles, des hochement des tête approbateur confirme ton idée, premièrement, la tanière des guerriers est trop petite, aujourd'hui nous allons isolé la tanière des anciens, elle est grande et inoccupée, les Soiriens pourront y être en paix. Deuxièmement nous vivons en communauté, c'est-à-dire que Empire du Blasphème étant vétéran est égale a Reflets des Larmes qui l'ait aussi. Troisièmement on ne se bat pas, j'espère que je suis très clair sur ce point là. Quatrièmement on ne force pas les Soiriens ou Nuiteux à faire quoi que se soit! Cinquièmement, nous accueillons les Soiriens mais ils devront chassé comme tout bon guerrier. Sixièmement on fait des patrouilles ensemble et pas de phrases du genre "mais il va découvrir nos techniques" ce n'est pas le moment de penser à ça. Septièmement, les Soiriens qui seront là devrons obéir a moi comme un chef temporaire et a mon lieutenant, Épine du Physalis. Des oppositions? Non? Parfais les trois soiriens venez dans mon antre. L'assemblée est levée.

    Tu descends et rentres dans ton antre en faisant frémir le rideau de lierre.





    https://m.youtube.com/watch?v=e5mk1ArfuMg
    PERTE DE LA PREMIÈRE VIE, JUSTE AVANT LA NOMINATION DU LIEUTENANT.
    Lors d’un instant fou, je l’aie regardée et j’aie souris, ivre de magie…


    Un jour je me suis demandée ce qui arriverait si elle disparaissait, si elle mourait. Et je n'aie trouvé qu'une Sue, réponse, un explosion totale et instantanée de mon cœur.

    C'était un jour normal, un jour où rien n'allait. Où j'aurais voulu me terrer sous la terre pour des millions d'années. Elle me manquait. Je n'arrivais toujours pas à comprendre, à comprendre pourquoi j'étais la personne qu'elle avait choisi pour lui succéder, moi, Tempête d'Escarmouche, autre fois son pire ennemi. Mais elle avait changé ma vie. Elle n'était pas qu'une amie, elle était comme ma sœur... Je n'avais jamais voulu prendre sa place et recevoir ces neufs vies... Je me souviens que j'étais au comble du désespoir ce jour là. Je m'étais allongé dans la neige dans l'espoir qu'elle purge mes pensées ténébreuses et m'emmène ailleurs.

    -Escarmouche.

    Sa voix avait résonné dans ma tête comme l'écho d'un lointain souvenir. J'avais fermer les yeux et je m'étais senti bien...la neige avait été remplacée par un doux duvet de plumes.

    -Escarmouche.

    Mes yeux s'étaient doucement ouverts, il y avait une mare, elle aurait pu être remplie de mes larmes elle aurait toujours été aussi imposante. Elle était d'un côté, elle regardait dans l'eau miroitante.

    -Auri...

    -Ta première vie...


    Je m'étais avancé et j'avais regardé...c'était moi, pas mon reflet, mais mon corps, avec ses yeux vitreux, totalement immobile...mort.

    -Tu as perdu ta première vie.

    Un choc m'avais parcouru. Ma première vie m'avait abandonnée, je sais pourquoi c'était elle devant moi, car c'était elle qui me l'avait offerte et je n'y avais pas fait attention...

    -Aurifère excuse moi je t'en pris

    Les yeux baignés de larmes j'avais vu son doux visage disparaître peu à peu, en m'enfonçant dans l'eau de la mare. Je fis un formidable chute du ciel pour me retrouver dans mon corps.

    -Je ne le dirais a personne Aurifère...

    Une tristesse envahissante me faisait tourner la tête, j'avais perdu la seule chose qu'elle m'avait laissé, la chose la plus importante au monde...sa vie. Titubant j'étais rentrer au camp et il y avait eut un rayon de soleil, celui qui était pour moi un immense ami, Physalis, était devenu mon lieutenant. À ce moment je n'avais pas pensé qu'il serait obligé de vivre la même chose que moi j'ai vécu dans l'infinité de la tristesse. Que si je partais un jour, il serait triste, triste comme moi. Il ressentirait ce même sentiment contradictoire... Mais une fois mon choix fait et dit, il était trop tard pour lui et pour moi.

    La vie est ainsi faite. Jamais je n'aie voulu vivre, jamais je n'aie voulu mourir. Et pourtant elle m'a été offerte en guise de cadeau. Et un cadeau ne se refuse pas. Pardonnez moi, pardonnez moi, toi Physalis et toi aurifère, pardonnez moi de ce que je vous aie fais...


    https://m.youtube.com/watch?v=Fz23Oow1Enc
    PERTE DE LA DEUXIEME VIE, PREMIER ÉTÉ EN TEMPS QUE CHEF.
    La mort danse avec nous.


    Poursuivis par un renard, je fonçais droit vers la falaise. Arrivé sur le bord du gouffre, je fis un dérapage parfait à quelques millimètres près je tombais. La bête et moi nous mîmes a nous tourner autour, traçant un cercle biscornu dans le sable fin. Ces yeux globuleux me fixèrent et s'approchèrent à une vitesse effrayante. D'une feinte j'esquivai l'animal et lui bondis sur le dos sans pitié. Il se débattit de tout son corps et se retourna pour m'écraser sous son poids. Bientôt le combat se transforma en une danse éclaboussée par le sang. Une griffe fulgurant un museau par ci et une patte fendant l'air chaud par là. Décidé à le tuer, je lui bondis une nouvelle fois sur le dos et il partit au galop dans les ronces. Je lui mordis avec fermeté la gorge le sang gicla, je le poussais de la falaise mais il attrapa ma patte au dernier moment.
    Nageant dans l'eau glacé je cherchais la lumière des yeux, alors que j'essayais de remonter un gros éclair argenté me percuta ma faisant perdre connaissance. Comme par magie, un corps s'approcha de moi et me fis remonter à la surface en maugréant des paroles incompréhensible.
    Posez sur le sol, j'ouvrai les yeux et me retrouvait au même endroit qu'avec aurifère mais cette fois c'était Hérétique qui était la. Sans hésitation il me bondit dessus et me feula a la figure;

    -ESPÈCE D'ABRUTI TU AS ENCORE PERDU UNE VIE.

    Et sans aucune marque de pitié il me jeta dans l'étrange mare, vert de rage, je pris mon élan et sortit avec peine de cette eau miroitante et visqueuse pour lui bondir dessus et rouler au sol avec lui. Je lui tirai sur l'oreille l'arrachant. Instantanément celle ci repoussa, une vague de dégoût s'empara de moi.

    -TU CROIS QU'UN JOUR TU POURRAS M'BATTRE? QU'UN JOUR TU S'RAS ASSEZ FORT? MAIS CHUI DÉJÀ MORT MON P'TIT TU COMPRENDS ÇA?

    Lui feulant à la figure je me repris.

    -Non. Non mais je serais toujours plus intelligent que toi Hérétique, je ne connais personne qui sois aussi fou que toi hérétique...

    -JE SUIS FIER DE MA FOLIE !

    -Fier ? Fier d'avoir oublié l'amour? Fière d'avoir oublié ta compagne et tes enfants? Jamais je ne serais comme toi.

    Sans attendre de réponse je plongeai dans l'eau étrange et de l'air s'insuffla brusquement dans mes poumons. Je n'étais pas triste d'avoir perdu cette vie, cette vie inutile donné par un fou...non merci.

    -TU AS PERDU MA VIE!

    Le combat redémarra. Un bon par la un autre par là. Je bondis avec un cri mêlé au rire sur le matou qui parti en courant, une course poursuite commença sur la falaise, les rôles s'inversèrent et c'est moi qui me retrouvais poursuivis par ce fou. Je bondissais de roc en roc espérant atteindre la terre ferme rapidement.
    A bout de souffle, je m'écroulai sur le sable et regardai en bas...Toutes griffes dehors il me bondit dessus, face à face, sur nos deux pattes arrières nous nous assignions de violent coups.

    -Tu ne crois pas que ça suffit?!

    Avait-je crié au cœur du combat, puis je m'étais éloigné de lui.

    -Je n'aies JAMAIS PENSÉ QUE TU MÉRITAIS CETTE VIE ANCESTRALE! TU NE MÉRITAIS PAS D'ÊTRE CHEF VIEUX MATOU GALEUX!

    Je me retournais et lui criait.

    -PARCE QUE TOI TU LE MÉRITAIS? Parce que toi tu n'as rien oublié de ta vie de Cataclysme ? Je connaissais un guerrier respectable que j'adorais! OU EST-IL PASSÉ MERDE? Cataclysme a-t-il disparu à tout jamais ? POUR QUOI? Pour laisser la place à cet abruti d'hérétique! J'aurais voulu une vie de Cata, pas d'hérétique!

    Me retournant, j'avais fouetté l'air chaud. Ce matou était fou, et il le serait toujours...

    J'aurais voulu pouvoir dire pardon à chacune de mes vies perdu, mais je ne pouvais pas m'excuser en vers lui, il était trop bête, trop hargneux, trop fou enfaite...

    https://m.youtube.com/watch?v=xqqiM_TiiIQ
    PERTE DES TROISIÈME, QUATRIÈME, CINQUIÈME ET SIXIÈME VIE AU SECOND
    L'éclair d'un instant, j'aie vu ma vie défiler devant mes yeux.


    IL PLEUVAIT.

    C'était un jour froid et ténébreux ou la pluie s'abattait sur le sol pour annoncer la fin de la neige et envahir les rivières gelées, s'infiltrant dans la glace et la brisant par fragments.

    IL PLEUVAIT.

    Le gibier se réveillait enfin pour pointé le bout de son museau a la recherche de quelques petites choses à manger. Bientôt, le tas de gibier serait de nouveau garni de proies.

    IL PLEUVAIT.

    La joie fulgurait les esprits des chats et une ambiance folklorique animait le clan au retour des proies...et pourtant...

    Il pleuvait toujours.


    J'observais le ciel noir, sorti pour chasser, je sentais l'air lourd et prévoyait la pluie, déterminer à me dépêcher je cherchais une proie des yeux, j'aperçu un nid de pie avec des oisillons bien gras et un oiseau mort, ils ne pourraient pas survivre de toute façon. J'hésitai me demandant si la pluie et les éclairs n'arriveraient pas avant moi...Puis je me dis que si je faisais vite j'aurai le temps de redescendre. Bondissant de branche en branche de mes puissantes pattes, j'arrivais sur celle où était posé le nid. À moitié sorti d'un trou, celui était solidement fixé. Je bondis sur les deux oisillons et les abattit d'un coup de dents. La pluie se mît a tomber brusquement et des éclairs à illuminer ciel et terre. À plus de 30 mètres du sol, j'entrepris une rapide descente, trop lente. Un éclair secoua l'arbre et m'électrocuta avec un force incroyable, propulsé dans les airs, j'atterris dans un gros buissons, raide mort.

    Cette fois-ci c'est non pas une mais quatre silhouette qui se tenait devant moi, de l'autre côté de la mare.

    -Étoile des Apparences...Nuage de Vague...Maman...Étoile Irrésistible...

    Était-ce un rendez-vous de morts? Tout à coup un flashback secoua ma mémoire...3,4,5 et 6. Le numéro des vies qu'elle m'avais toutes quatre donné.

    -C'est pas grave Escarmouche...

    -Excuse moi Menthe...

    Je touchais le museau de la chatte amicalement qui disparue dans un sourire.

    -Vague...

    -Ne t'inquiète pas pour moi.

    Elle disparue devant mes yeux elle aussi.

    -Je ne t'en veux pas mon chéri j'ai peur pour toi, c'est tout.

    -Je t'aime maman.

    A son tour elle disparue.

    -Ce n'est pas un jeu.

    Je me retournai brusquement pour te retrouver face à Irrésistible que me lançait un regard perçant.

    -Il ne te reste que deux vies. C'est peu.

    Elle avait raison je n'avais plus que deux vies...Son regard s'apaisa et elle dit;

    -Fait attention s'il te plait...

    Je hochai la tête pour ensuite plonger. Cette fois je venais du centre de la terre et montait a une vitesse hallucinante. J'arrivai dans mon corps encore tout secoué.


    Quatre pardons à quatre belles chattes 🎶

    https://m.youtube.com/watch?v=1t8-_pI1-9Q
    PERTE DE LA SEPTIÈME ET HUITIÈME VIE, AVANT-DERNIER ÉTÉ.
    Sens le vent sur ta peau.


    Avançant doucement dans la nuit avec mon apprenti, je lui lançai un petit sourire. Une petite souris grignotait des graines. S'avançant doucement Nuage du Vent bondit sur la proie et l'attrapa. Les yeux brillants je lui ordonnai gentiment de retourner au Clan, je voulais chasser seul. Une envie subite me pris de monter dans un arbre. Je me rappelais de ma dernière aventure mais le ciel était parfaitement clair ce soir là. Montant de branche en branche j'atteins sans mal la cime d'un immense pin. J'observais les étoiles, si belles ce soir là. Un petit sourire se dessina sur mon visage...mais s'effaça bien vite, la branche craqua sous mon poids. Je la rattrapais de justesse à la suivante...mais mal. Je tombais sur la suivante, assommé, je me cognai sur toutes les suivants jusqu'à atteindre le sol.

    -Escarmouche?

    J'ouvrai les yeux, je me retrouvai dans le même lieu que les fois précédentes. Étoile Onirique et Sombre Mélancolie étaient là je leur fis un petit sourire désolé.

    -Escarmouche l'heure est grave.

    Affolé je recomptais une à une mes vies, il m'en restait quelques unes non? Si je mourai par un si beau jour ce ne serait pas plus mal non plus.

    - Il ne t'en reste qu'une.

    Ma gorge se sera aux mots de la guerrière aux yeux violets. Une vie. Une seule et dernière vie. Si je la perdais, je laisserai la place à Physalis, et il serait triste. Comme je l'ai été. Il fallait que je la conserves. Pour lui. Pour lui. Pour lui.

    -Fait attention.

    -Je vous promets

    Un sourire se dessina sur le visage d'Ombre qui disparue rapidement.

    -Onirique...

    La chatte sourit, une larme ruissela le long de sa joue.

    -Je me souviens encore de quand tu étais un petit chaton ignorant...

    -Moi aussi.

    Dans un larme il plongea dans la mare laissant celle qui était pour lui un modèle. Rien de particulier n'arriva cette fois. C'était comme sortir d'un long sommeil profond bercer de souvenirs enfantins. Pardon Onirique et Pardon à toi, Ombre.



    https://m.youtube.com/watch?v=lkbiB0QfU3s
    PERTE DE LA DERNIÈRE VIE, A LA FIN DE L'HIVER DE MA VIE, EN PLEIN PRINTEMPS.
    Tout au long de ma vie j'ai été quelqu'un d'heureux. J'ai eue des coups de barre. Je suis mort 9 fois. Mais je n'aies jamais regretté, jamais regretté cette aventure que j'ai vécu.


    Par ce beau jour de printemps, le vent soufflait. Le vieux matou que j'étais sortait avec Liberté Enchaînée et Lueur Astrale , mes jeunes amies m'accompagnaient à la chasse. Car oui, j'étais vieux et sûrement sur la fin de ma vie, mais je sortais toujours.
    Aujourd'hui, les deux chattes et moi même avions entrepris d'aller au lac. Au fond de moi, sans vouloir l'admettre, je savais que j'allais mourir de vieillesse bientôt. Cela ne me rendais pas triste, j'aurai bien vécu ma vie.

    -Vous savez je me fais vieux. La mort me guette.

    Liberté Enchaîné poussa un soupir désapprobateur. Et se frotta contre moi, son vieil ami.

    -Mais non tu te portes très bien!

    Un sourire se dessina sur mon visage et Lueur Astrale renchérit;

    -Elle a raison! Tu es le plus grand chef de tout les temps.

    Je ne répondis pas, autant les laisser croire ce qu'elles voulaient qu'il arrive. Arrivé sur les berges du lac je compris tout, c'était aujourd'hui, en ce jour que j'allais mourir. Je m'allongeais brusquement en regardant l'eau, sentant mon âme me quitter petit à petit.

    -ÉTOILE ANCESTRALE!

    D'un même cri les deux chattes s'approchèrent de moi. J'esquissai un doux sourire, épuisé.

    -J'ai une dernier volonté...

    Je prononçai ces mots, la respiration saccadé par des hoquets. Elles hochèrent la tête affirmativement et me regardèrent, les yeux baignés de larmes.

    -Allez chercher Physalis...

    Liberté partie en courant tant dis que Lueur me regardait avec ce si doux regard qu'elle avait. Je lui souriais également.

    -Tu ne peux pas mourir Escarmouche, toi le grande Étoile Ancestrale.

    A bout de force , je me levai un peu et lui léchai le front. Elle allait me manquer, avec sa douce timidité qui m'attendrissait tant.

    -Et pourtant, tout à un fin...

    Je me retenais de partir, j'entendis les pas de mon lieutenant et de mon amie. Celui-ci était affolé, il me lança un regard perdu. Pour moi il était plus qu'un ami, il était un petit frère.

    -Escarmouche...

    -Physalis...

    -Escarmouche...

    -Physalis...

    -Je t'en pris ne part pas.

    -Je suis obligé, je voulais juste vous voir tous les trois une dernière fois...Tu seras un très bon chef, je te le promets, tu es comme un petit frère pour moi, ne l'oubli jamais. Délivrance, merci de m'avoir accompagné tout au long de mon parcours de chef...Et toi Lueur, mon apprentie que j'aime tant, ne m'oublie pas...

    -Je ne pourrais jamais t'oublier...

    Et c'est dans un dernier soupir, que je mourus. C'est mouillé par des larmes que je mourus. C'est heureux que je mourus.

    Mon cher Physalis,

    Ne sois pas triste s'il te plait. Tu sais j'étais à la fin de ma vie. Je ne veux pas que tu vives ce que j'ai vécu à la mort d'Étoile Aurifère. Je sais que j'aurais du te le dire que c'était la dernière. Le dernière vie que j'avais, mais c'est dur tu comprends? Je n'ai jamais voulu infliger ça a personnes tu comprends? Je me suis dis que si je mourais comme ça un beau jour, tu serais moins triste, et que tu te dirais que j'ai bien vécu. J'avais peur qui t'y attendes et que tu vives dans la crainte de me voir disparaître. La dernière vie fut la plus ancestrale. Je ne t'oublieras jamais. Et quoiqu'il se passe, fait attention à toi, quoiqu'il se passent serait avec toi petit frère.

    Par delà les étoiles...


    Je suis mort un beau jour de printemps, sur un berge caresser par le vague. Je suis mort avec les personnes qui compte le plus au monde pour moi. Je suis mort caresser par le vents et mouillé par les larmes. Je suis mort vieux. Je suis mort neuf fois. Je suis mort avec toi.
    C'est la fin de Tempête d'Escarmouche alias Étoile Ancestrale.


    Je suis l'Apocalypse.



(Voilà c'est la fin de Esca, de mon premier perso celui a qui je dois mon surnom <3 je n'aimes jamais cru qu'un jour je serais chef sur ce forum alors merci à tous<3)



    Lovée dans ta litière de mousse alors que la nuit caressait la clairière, tu rêvais, et petit à petit la réalité se mêla à tes songes t'evaillant à l'appel d'Étoile d'Orchidée. Tu te levas et t'étiras, puis te dirigeas d'un pas gracieux vers la sortie de l'antre des guerriers et t'assis parmis les tiens, les douces odeurs des guerriers et des apprentis se mêlaient en un doux fumet aubiste, tu souris. Tu murmuras quelques mots à l'oreille de ton voisin puis tu te stop pas lorsque la cheffe demanda le silence.

    - Hier, j'ai compris qu'une apprentie était digne de devenir une guerrière. Nuage de Lumière, approche.

    Tu ronronnas de plaisir en apercevant la silouhette sombre de ton apprentie s'avancer timidement vers la Corniche. D'un agile bon, Orchidée en descendit.

    - Nuage de Lumière, je demande à nos ancêtres de se pencher sur toi, tu as appris le code du guerrier et tu deviens dès maintenant une guerrière sous le nom de Vie Lumineuse. Nous t’accueillons dans nos rangs en tant que chasseuse à part entière.

    Quelques paroles de la nouvelle meneuse se glissèrent dans l'oreille de Vie Lumineuse, la cheffe remonta avec puissance sur son promontoire, couronnée par les étoiles de ce soir flamboyant. Elle se tenait droite et parlait d'une voix posée, elle avait toutes les aptitudes d'une meneuse.

    - Maintenant je pense que vous attendez tous ce moment. Je vais annoncer qui est mon lieutenant. Cette personne est ...

    La tension était palpable parmis les guerriers, le doux regard d'Orhcidee s'arrêta soudainement sur un chat près de toi, tu regardas autour te demandant qui serait choisi parmis ces braves guerriers.

    - Renaissance de la Cacophonie !

    Tu ne réagis pas, avais-tu bien entendu ? Oui il semblait que oui. Tu n'étais pas ambitieuse et ne t'étais jamais imaginé sur ce grand Roc qui surplombait le clan par sa grandeur, mais c'était un honneur et, tu devais bien l'admettre, une joie. Le cri de Nuage Couronne ta parvint parmis les rangs qui vous acclamaient, les mots s'élevaient ,tel une nuée d'oiseaux blancs, vers le ciel.

    - Vie Lumineuse ! Vie Lumineuse !

    Lorsque les acclamations s'arrêtèrent, une petite troupe de félin s'amassa autour de toi pour te féliciter, tu répondais souvent par un simple merci jusqu'à ce qu'une petite boule de poil manque de te faire tomber en te sautant sur le dos.

    - Bravo Maman ! T'es lieutenante ! Je savais que tu méritais de l'être ! Tu seras la meilleure des lieutenants du Clan de l'Aube !

    Tu ronronnas de bonheur, ah que ferais-tu sans ce petit ange blanc et roux.

    - Haha ! Ne dis pas de bêtises, quand tu seras grande, tu seras la meilleure lieutenante du Clan de l'Aube.











     
     Une patte, puis l'autre, le regard tourné vers la lune. Une anxiété grandissante à l'approche du maitre des lieux parsemés de magie. Une étape à passer. Nuage des Catacombes avançait doucement aux côtés de sa mentor, il croyait sentir les empreintes de ses ancêtres sous ses pattes en gravissant la colline ancestrale, il savait que ce soir sa vie prenait un nouveau tournant, et une joie incroyable l'habitait, à compter de cette soirée, notre jeune ami serait guérisseur parmis les étoiles et les vivants, il s'approcha de l'arbre à pas de velours, il tremblait. Était-il prêt ? Serait-il fidèle à son clan pour toujours ? Ne connaîtrait-il jamais l'amour ? Il secoua la tête, dissipant les questions qui l'assaillaient. Nuage des Catacombes bondit et attrapa une feuille sacrée, il mâcha lentement, douteux, puis il s'allongea, sombrant dans un sommeil bercé d'étoiles. 
     
     
     
    - Je vois que tu suis la voie de ta mère.


     
    Une voix sadique le réveilla brutalement, Constellation se tenait devant lui, toujours aussi resplendissante, et pourtant, un frisson de dégoût le parcourut, que faisait-elle parmis les étoiles ? Était-elle morte ? Il se rappella du temps de la pouponnière, elle ne lui avait jamais accordé un regard, elle ne leurs avait jamais accordé un regard, ses chatons n'étaient qu'une erreur de la nature à ses yeux. Nuage des Catacombes ne regrettait rien de tout ce qu'il avait fait, si ce n'était son père, cet être si cher qu'il avait abandonné.



    - Laisse le, Constellation.



    L'apprenti guérisseur ne put bouger, cette voix si douce, si belle ...c'était impossible. Il se retourna lentement et la douleur fut comme un éclair dans son petit coeur filé d'or, des larmes se mirent à perler doucement le long de ses joues, que faisait-il ici ? Était-il mort ? Pourquoi ce monde était-il si haineux ? Pourquoi la vie était-elle si courte ? La voix de Nuage des Catacombes fut brisée par le chagrin.

    - Papa...

    Il ne put s'empêcher de sangloter, ô vie, vie si courte, pourquoi tant de malheur ? Son père ne devait pas être ici, il,ne le méritait pas ! Il était si bon et si...si parfait ! Tout cela ne serait peut-être jamais arrivé si il n'était pas parti, son regard ambré brillait de larmes, il regrettait tant !

    - Ce n'est pas ta faute, la vie est faite de rebondissements multiples, tu n'aurais rien pu faire, allez, viens avec moi je voudrais te présenter quelqu'un de cher à mes yeux, il fut le compagnon de ta mère, Cacophonie, durant de longues lunes, allons-y.


    Déjà il se dirigeait vers son géniteur, le cœur brisé, l'admirer secrètement aux assemblées lui manqueraient probablement, mais peut-être aurait-il l'occasion de le voir souvent aux rendez vous des guérisseurs, qui sait ? Il traînait les pattes dans la poussière lorsqu'une voix brisa l'harmonie du chant de la nature.


    - Pas si vite !


    La forêt s'obscurcit brutalement, Nuage des Catacombes trembla, que se passait-il ? Pourquoi les étoiles disparaissaient-elles ? Constellation affichait un air sadique, avec ce célèbre petit sourire en coin, qui faisait frémir les plus braves, que voulait-elle...


    - Et pourquoi serait-ce le Clan des Étoiles qui le baptiserait guérisseur, dis moi ?


    Étoile Enchantée feula, les étoiles réapparurent d'un côté de la forêt, comme si une frontière entre le bien et le mal s'était dressée au beau milieu de la nature, des ombres se découpèrent peu à peu aux côtés de Constellation, des ricanements s'élevèrent tel une nuée d'oiseaux noirs.


    - C'est la forêt sombre qui baptisera mon fils.


    Le père de Nuage des Catacombes protesta, et fut à son tour rejoins par des guerriers étoilés, le jeune félin se fit tout petit au beau milieu de cette foule de chat grandissante.


    - Il n'était déjà plus ton fils lorsque tu as décidé de l'abandonner, Constellation.


    Des feulements et des grognements prirent feu du côté sombre, la minette folle sourit.


    - Je te rappelle qu'il t'a laissé aussi, Étoile Enchantée.


    Le matou sembla touché par cette remarque et Nuage des Catacombes sentit son coeur se serrer, il n'avait pas eut le choix...Une nouvelle rage sembla s'éveiller secrètement dans le coeur d'Étoile Enchantée. Pourquoi Catacombes avait-il brisé leur amour ? Il sentait qu'il allait exploser, cette dispute devait prendre fin ! 


    - C'était la seule issue pour lui ! Comment aurait-il pu grandir dans ton ombre ? Cacophonie Empoisonnée a été une bien meilleure mère que toi !


    À ces mots la belle femelle se jeta sur le chef défunt et tous deux se lancèrent dans une bataille endiablée sous les yeux de leur fils qui criait.


    - Ça suffit !


    Une voix s'éleva au dessus de l'assemblée étoilée, un matou roux et blanc se fraya un passage jusqu'aux deux concurrents, Étoile Enchanté se leva immédiatement pour s'approcher du mâle inconnu aux yeux de notre ami tandis que Constellation ricanait.


    - Étoile Ancestrale ! Le roi de l'ennui ! Comment vas-tu sale matou galeux ? 


    - Tu sais que cela ne marche pas avec moi, Constellation. C'est au petit de choisir.


    Nuage des Catacombes était terrifié, mais il connaissait déjà son choix, il s'approcha de sa mère qui affichait déjà un sourire satisfait.


    - Je ne te comprendrais jamais, adieu maman.


    Et il se retourna. La queue de son père se posa sur son épaule, il ne regrettait pas ce qu'il avait fait, c'était le bon choix, douloureux mais le bon, Constellation, elle, n'avait pas fait le bon choix, mais c'était le sien, et malgré tout, le petit mâle savait qu'il ne pouvait rien y faire.


    - Nuage des Catacombes ! Pardonne moi ! Reviens ! S'il te plait !


    Le matou tacheté sera les dents sous les cris de supplication de sa mère biologique, il devait résister. Peu à peu, les étoiles devinrent plus lumineuses et les cris se dissipèrent, un cercle de chat étoilé entoura le jeune matou, et les deux étoiles du jour s'approchèrent de lui.


    - Chat du Clan des Étoiles ! Nous sommes aujourd'hui réunis pour baptiser un nouveau guérisseur. Nuage des Catacombes, promets-tu de respecter le code du guérisseur ? C'est-à-dire simplement ne pas avoir de compagne, ne pas avoir de chaton et servir ton clan au péril de ta vie ?


    Le moment était décisif, il savait qu'un seul mot suffisait, il sourit, il était prêt.


    - Oui.


    - Alors à partir d'aujourd'hui tu seras connu sous le nom de Rire des Catacombes.


    - RIRE DES CATACOMBES !  RIRE DES CATACOMBES !  RIRE DES CATACOMBES !  


    Une joie immense s'installa dans son coeur sous les hurlements de joie des esprits si purs, sa vue se troubla et les étoiles se mirent à tourner autour de lui, un sourire d'ange se dessina sur son visage, il était heureux, et il quitta ce monde étincelant dans la berceuse d'un murmure, "l'amour n'est pas interdit" disait-elle. Lorsqu'il s'éveilla il se sentait bien, mieux que jamais, il souriait et observais les astres, il y à peine quelques minutes il était parmis elle.


    - Alors ?


    La question de son mentor le fit sursauter, mais était parfaitement logique.




    - Je m'appelle Rire des Catacombes ! 
     
     

     
     
     
    - Félicitations ! On rentre ? 
     
     

     
     
     
    - Rentre, je te rejoindrais plus tard. 
     
     
    Il voulait juste courir, il sentait qu'il pouvait voler et avait envie de parcourir le temps d'une nuit folle couronné par les étoiles  ses pas le portèrent à travers les plaines, il sentait le vent sur son pelage et fermait les yeux, profitant de cette belle sensation de liberté. Rire des Catacombes se retrouva porter par le destin jusqu'à la frontière du Clan de la Nuit, c'est alors qu'un mâle apparut, durant un instant il se posa une question, était-il sorti de son rêve ?  
     

    Je sais que je poste vite mais en même temps mon texte était déjà tout prêts le enfants Bon bah déjà un grand merci à Orkishef qui me permet d'être chef à nouveau <3 Puis aussi à ma Mila doudou qui à corriger ce texte tout entier <3 A Shadou aussi qui m'a motivé, et m'a aidé à chosir mon nom avec Felury dans un grande liste que j'avais faite, merci les girls <3 Et puis à tous le fo parce que je vous kiff de ouf, désolé pour ce texte, sa présentation les fautes toussa toussa, enfin bref, bonne lecture <3



     

    Dernière danse.
     
    Certaines personnes vous parleront de montagnes russes ne cessant de monter, d’autres vous parleront d’un sentier ensoleillé, ou bien d’une fleur une douce fleur. Aucune de ces métaphores contant la vie ne me plait, ma vie est un ballet, formée de danses endiablées, de belles valses, mon nom est Cacophonie, et ceci est ma dernière danse. 
      

     
    PARTIE I,  la marche vers le destin. 
    https://www.youtube.com/watch?v=-MrwLLxyPGc 
      
    Douces couleurs d’automne qui m’enveloppent, entendez-vous cette mélodie qui résonne dans mes oreilles ? Qu'elle est belle, si douce, si gracieuse. Elle m’attire, elle est si envoûtante. Est-ce cet arbre majestueux qui la produit ? Ou bien est-ce la lune et sa traine d’étoiles scintillantes ? Ah les étoiles, dans quelques minutes, je me trouverai parmi elles. Ai-je peur ? Non. Un calme étonnant m’habite, j’inspire, un air pur entre dans mes poumons. Mes pattes se posent dans un rythme régulier sur le sol parsemé de feuilles aux couleurs du feu. Je sens le pelage de Rire des Catacombes contre le mien, je tourne la tête et je croise son regard d‘argent. Il observe mes yeux, prison d’un hiver éternel, qui ne fond pas, même contre la chaleur de la joie. Nous nous sourions, je suis si contente de l’avoir à mes côtés. Devant nous, Nuage Couronné trottine, son pelage indescriptible vient parfois caresser mes pattes, elle 
    semble si impatiente. J'avance doucement, désormais une colline couronnée d’un immense végétal s’élève devant moi, oh je la connais, des souvenirs ressurgissent dans mon esprit apaisé. La douleur. Les chatons. Le manque. Et lui. Je lève les yeux vers les étoiles, une larme perle au coin de mon œil, sans prévenir. 
      
    « Est-ce que tu me regardes de là-haut mon amour ? Je t’ai aimé, ô comme je t’ai aimé… Je t’avais dit que j’y arriverais, tu te souviens ? Je t’avais dit que je serais cheffe un jour, mais tu devais être mon lieutenant, tu es arrivé en haut plus vite que moi, mais tu es allé trop haut, pourquoi es-tu parti ? » 
      
    Je secoue la tête un instant, Rire des Catacombes et Nuage Couronné m’attendent. Je leur souris et je m’élance dans le monté. Il est désormais trop tard pour faire demi-tour. Etrangement, une certaine pression commence lentement à habiter mon cœur, suis-je prête ? N’aurais-je pas dû me poser cette question plus tôt ? Si probablement, mais je n’en ai pas vraiment eus le temps. Ni l’envie d’ailleurs. Jusqu’à aujourd’hui la nomination, l’abandon du poste de chef, et tout ce qui a suivi ou précéder m’a semblé être une simple illusion. Mes pensées dérivent à cet instant précis vers Orchidée, pourquoi a-t-elle laisser son poste, sa blessure est-elle si grave ? Et surtout pourquoi m’a-t-elle choisi ? Je m’aperçois à cet instant que ce soir je changerai mon destin, mais aussi celui d’un autre chat, un chat qui me succèdera quand l’appel des étoiles résonnera. Désormais je me demande si j’ai réellement envie de faire tout cela, devenir cheffe du Clan de l’aube, nommer un lieutenant, me tenir sur le promontoire, être une étoile scintillante d’espoir. Mais ai-je réellement le choix ? Un jour une personne que j’aime plus que tout m’a dit qu’on avait toujours le choix, je pourrais fermer les yeux et me laisser emporter par mes rêveries enfantines en me disant que je serais une bonne cheffe, mais c’est faux. Je ne serais pas une bonne cheffe. Mon passé l’a écrit bien des lunes, je fusse une piètre apprentie guerrière, puis une compagne déloyale envers son Clan, puis une guérisseuse souillée par l’arrivée de petits, mais je ne regrette malheureusement rien. Aujourd’hui je suis heureuse de mes choix, heureuse d’être aux côtés de Rire des Catacombes et Nuage Couronné, je me retourne, ils courent sur mes talons. Nous ralentissons lorsque nous arrivons sous les branches. Le feuillage de l’Arbre de Vie frémit dans le vent, aucune feuille n’est tombée, elles sont toutes encore d’un vert éclatant. J’ai toujours aimé ce lieu, une essence de vie émane toujours de l’arbre, offrant aux passa 
    nts un courage dont j’ai bien besoin aujourd’hui. J'inspire profondément, un paysage si calme s'élève autour de moi que cela m'appaise, mes enfants sont là, ils vont me soutenir et je le sais, pourtant l'arbre au tronc noueux m'effraie plus que je ne veux l'admettre. 

     
    - Tu as peur ?   
      
    Je me retourne, elle est si mignonne, Nuage Couronné me regard avec ses grands yeux ébahis. Peut-on appeler ce sentiment qui me dévore de la peur ? Je le pense. Mais devrais-je lui dire ? Ne me prend-elle pas pour une Etoile ? Les étoiles n’ont pas peur. Mais je n’en suis pas encore une, et je ne suis pas sûre d’en devenir une un jour. Je soupir. Ai-je réellement envie de répondre à cette question, absolument pas, mais Couronné serait blessée et aurait tout de même la réponse. Alors je me penche doucement vers elle. 
      
    - Oui. 
      
    Je lui lèche affectueusement le front tandis qu’elle se colle contre moi en ronronnant. Je sais ce que je dois faire, mais je tremble, j’ai l’impression d’être paralysée, peut-être vais-je m’éveiller au cœur du Clan de la Nuit, peut-être tout cela est un rêve, peut-être que ma vie entière est un rêve. Il n’y qu’une chose à faire, bondir, avaler, simplement. Ces actions me semblent si mécanique. Et pourtant, je fixe intensément les feuilles, hésitante.  Rire des Catacombes s’approche doucement de moi et il suit mon regard, je sais qu’il connaît chacun des sentiments qui m’habitent, il a déjà accompagné deux chefs, deux…c’est trop. Mais combien de chefs sont passés depuis ma naissance ? Etoile sans Lendemain, Etoile Effacée, Etoile du Crépuscule,  Etoile de la Renaissance, Etoile Malicieuse, Etoile Sincère, Etoile des Enfers, Etoile Sauvage, Etoile d’Orchidée et tant d’autres dont le nom a été oublié depuis des saisons, suis-je prête à succéder à ces chefs plus grands les uns que les autres ? 
      
    - Ne réfléchis pas, saute et avale. 
      
    J’hoche la tête, je saute et j’avale. Un suc amer se repends sur ma langue, je m’allonge et essaie de garder les yeux ouverts, profitant des ces derniers instants de réalité, et je sombre parmi les étoiles. 
      
      
    PARTIE II,  obstacle n°1. 
    https://www.youtube.com/watch?v=yhWtBBJ4QEU 
      
    Au début il n’y avait rien, et le rien était le tout. Le tout était le rien. Le rien et le tout sont le silence. Le tout et le rien sont le noir absolu, et le rien et le tout moururent lorsque des pelages parsemés de poudres d’étoiles apparurent, ils étaient beaux, ils étaient grands, ils descendaient tout droit du ciel noir, tel des spectres. J’ouvris de grands yeux, envoutée par le spectacle qui s’offrait à mes yeux. Cela semblait irréel, est-ce une illusion, je ne saurais répondre à cette question tant je suis hypnotisé par ces chats translucides sortis de nul part. Les silhouettes étoilées illuminent petit à petit l’endroit, de grands arbres noirs à la cime imperceptible, un lac démuni du moindre reflet, de la moindre onde et un calme étonnant, tout cela formait une belle clairière estival. Des yeux pâles t’observent attentivement, le tout et le rien ne sont certes plus là mais le silence est toujours présent et pesant. Je suffoque presque, est-ce sensé se passer comme ça, j'en doute un peu mais je ne le laisse pas transparaitre Un chat s’approche de moi et je détaille son pelage, je ne crois pas le connaitre, qui est-ce ? Il est noir et il me regarde avec mépris, c'est assez effrayant pour tout dire. Les chats se sont rangés en deux rangs, les uns m’observent avec de la haine ou de l’hésitation, les autres avec assurance et espoir. Je suis curieuse de connaitre la raison de cette opposition ? 
      
    - Elle ne peut pas. 
      
    Le chat à la robe noire coupe le silence morbide, je le regarde fixement avec hantise, qui ne pouvait pas quoi ? Est-ce de moi qu’il parlait ? Devrais-je l’espérer ou le redouter ? Je me retiens de claquer des dents sous l'effet du stress. 
      
    - Bien-sûr que si elle peut ! Cela fait des lunes ! 
      
    Cette fois ci c'est une femelle au poil grisâtre qui parle au matou, celui-ci lui lance un regard haineux, j'avoue ne pas très bien comprendre la conversation. 
      
    - Et alors Eclats d’Etoiles ? Elle a trahi son Clan, et le code du guérisseur, qui nous dit qu’elle ne recommencera pas ? En plus Orchidée n'a pas rendu ces vies !
     
      
    Oh non, non, non. Cauchemar libère moi, éveille moi. C’est un mauvais rêve. La feuille n’avait-elle pas un goût étrange ? Non, je ne crois pas. Mais le matou n’a pas tort, cela fait des lunes, tant de lunes ! Des années se sont écoulées depuis ce temps révolu. 
      
    - Envol du Fantasme, Etoile à raison, et puis que veux-tu que l’on face ? Le Clan de l’Aube a besoin d’une cheffe non ? 
    - Oh arrête de prendre tes airs innocents Aigle Impérieux tu sais très bien que ça ne marche pas avec moi. 
      
    Si seulement je pouvais contrôler le temps, revenir en arrière et effacer tout cela, oublier le passé qui me ronge aujourd’hui les entrailles. Mais peut-être ont-ils raison, peut-être referai-je les mêmes erreurs. Peut-être ne serai-je pas une bonne cheffe, peut-être que j’ai créé une illusion de moi-même, qui suis-je réellement ? Ce n’est peut-être pas le moment de parler de réalité, je doute de son existence à l’heure qu’il est en fait. 
      
    - Je croyais qu’on s’était mis d’accord ! On lui donne ses vies ! 
    - Il faut la mettre à l’épreuve 
    - Oui je suis d’accord 
    - Moi aussi ! 
    - Pas moi ! 
    - C’est injuste 
      
    Je sens mes membres trembler, une brouhaha assourdissant habite désormais l’endroit qui était si charmant il y à quelques minutes, combien de temps encore les membres du Clan des Etoiles débattront-ils sans moi... Et surtout, si je ne suis pas acceptée en tant qu’Etoile, que dirait-je à mon Clan. Il faut que cela cesse, il faut que cette mascarade ridicule cesse. Je suis moi et je ne pourrais pas le changer, ils doivent prendre une décision, soit ils m’acceptent, soit ils ne le font pas et ils créeront une nouvelle polémique dans le Clan de l’Aube, ils détruiront la vie que j’ai chérie depuis ma naissance, jusqu’à ma première mort, c'est étrange dit comme cela je le conçois mais c'est pourtant la vérité. Je pense alors à mon séjour parmi les étoiles, je me souviens de ces longues discussions passées à débattre de tel chef ou tel guérisseur, ou tel meurtrier, stupide. C’est totalement stupide, la réflexion triomphe trop souvent sur l’instinct, mais ce n’est pas la réflexion qui vous maintient en vie, c’est votre instinct, ces conversations je les ai toujours trouvées ennuyantes à mourir. Alors mes babines s’écartent et un son cacophonique en sort avec puissance, je suis d'ailleurs étonné qu'un hurlement comme celui-ci puisse sortir de mon corps. 
      
    - STOOOOP. 
      
    Je me demande pourquoi j’ai hurlé, c’était probablement bête mais je ne regrette pas, cela m’a fait du bien, je me sens libre, stressée mais libre, ce qui est probablement un grand avantage. Je m’assoie et regarde les membres du Clan des Etoiles, certains ont les crocs sortis, d’autre le poil ébouriffé, ou encore les oreilles rabattues sur le crâne, c'est leur problème si ils souhaitent me contester je ne suis pas là pour perde mon temps. Je remue les oreilles et attends leurs paroles. 
      
    - Qui est contre ce qu’on a dit au début, avant qu’elle arrive ? 
    - On ne peut pas faire ça Envol du Fantasme ! C’est affreux !  
    - Tu as une meilleure idée Eclats d’Etoiles ?! 
      
    La chatte baisse la tête, je crois que je n’ai pas envie de savoir. Elle se tourne vers moi, les oreilles tombantes, ça ne va pas me plaire, j'hésite à m'enfuir. Non mon cas est déjà assez grave comme ça alors si je m'évade autant dire que mes vies je peux les oublier. 
      
    - Nous allons te mettre à l’épreuve, à chaque vie, tu auras deux choix, lorsque tu choisiras l’une des deux vies, la personne que tu as refusée mourra une seconde fois. Tu n’as pas le choix 
      
    Je suis abasourdie, est-ce une blague ? Neuf personnes ont déjà connu une fois la mort, et elles vont devoir le vivre une seconde fois par ma faute. Je lance un regard de haineux dans l’assemblée, n’ont-ils pas de cœur, non ils n'en ont pas. Que cela soit techniquement parlant ou psycologiquement. Je ne réagis pas tout de suite et les observe tour à tour avec un grand mépris. 
      
    - En mourant vous avez perdu votre pitié. 
      
    Peut-être suis-je en train de faire une erreur mais cela n’a pas d’importance, sans un mot je me retourne et m’enfonce dans les ténébreux bois, la tête haute et la queue dressée. Je rase le sol et dans ma course quelques feuilles s’envolent, je pleure, enfin je crois, ou bien c’est la pluie qui vient de se mettre à tomber. Je suis sous le choc, je n’arrive pas à me faire à l’idée que je vais devoir tuer, mais soudainement je prends conscience de quelque chose et je m’arrête brusquement. Ces chats sont déjà morts. Mais peuvent-ils mourir une seconde fois, où vont-ils après... Trop de questions s’entrechoquent dans mon esprit alors je repars. Le paysage défile et bientôt il n’y a plus d’arbre, seulement de l’herbe noire, à ce moment là, je ne suis plus en colère, je suis triste, alors mes larmes continuent de se mêler à la pluie qui s'abat sur le sol dans de petits bruits secs. Je m’arrête enfin dans ma course, le rien et le tout sont de retour. La pluie, les nuages, le sol, il n’y a plus rien, juste une étoile qui brille au loin. Je n’ai pas envie d’aller voir cette étoile, alors je me roule en boule et je m’endors, espérant désespérément que je vais m’éveiller, que tout cela n'était pas le Clan des Etoiles, que je suis dans ma tanière, que je dois partir en direction de l'arbre de vie, oh si seuleument... 
      
      
      
    PARTIE III, une mort, une vie. 

     
      
    ONE.  
    https://m.youtube.com/watch?v=BR74ZadqjNAZadqjNA  
      
    Le monde tourne autour de moi, je ne suis pas prête. Je sais ce qui m’attend, je lève la tête vers le ciel étoilé et je pousse un gémissement sans fin, je ne veux pas faire ça, sauvez-moi. Ô Clan des Etoiles revenez, dites moi que tout cela n’était qu’une farce enfantine. Toi, toi qui m’avait promis que jamais, ô grand jamais, je n’aurais à arracher l‘âme d’un corps, que je ne tuerais jamais, tu m’as fait tant de promesses que tu as trahies. Je ferme les yeux et mon gémissement se transforme en un cri de haine. Je baisse la tête. Deux silhouettes se découpent au loin, elles courent, elles s’approchent, ventre à terre, savent-elle ce qui les attends ? Elles s’approchent de plus en plus, bientôt, je pourrais savoir qui sont-elles. L’un d’elle est noire, l’autre, l’autre est…Je cligne des yeux, j’espère rêver un instant mais non, bien-sûr que non. C’est lui, lui que j’ai aimé plus que tout, lui pour qui je serais morte, lui pour qui j’aurai déroché la lune. Bientôt je peux voir ses yeux vert sapin et je ne peux m’empêcher de sourire mais aussi de verser des larmes. Il s’approche doucement de moi, me couvant d’un doux regard, ce regard qui m’a tant manqué, j’ai essayé d’aimer à nouveau, mais on n’a qu’un réel amour dans notre courte vie, il fût mon premier, et le seul. Etoile Ancestrale, l’histoire d’une vie. 
      
    - Tu m’as manqué… 
      
    Ma phrase est coupée par un sanglot, il n’a pas changé, son pelage est toujours brillant, ses yeux sont toujours rieurs, ses oreilles pointées sur son crâne, sa truffe rose, ses pattes musclées et il est toujours mort. Il s’approche de moi et me lèche le front, je ne peux m’empêcher de gémir, je savoure cet instant, car je sais qu’il sera le dernier avant de nombreuses saisons, et peut-être même des années, c’est peut-être la dernière fois de cette vie que je sens sa truffe contre la mienne que je ressens l’amour qui s’empare de moi et me fait battre le cœur. Pourquoi est-il parti ? Je ne me rappelle plus. Je ferme les yeux, je voudrais passer une vie comme cela, je voudrais passer une mort, je voudrais passer l’éternité. Il s’écarte de moi, et je soupire, je soupire toute la peine du monde, elle est nichée dans mon cœur depuis trop longtemps. 
      
    - Toi aussi ma Reine… 
      
    Je gémis une nouvelle fois, Reine…J’avais presque oublié ce nom. Ce nom par lequel il m’a toujours appelé, ce nom qui fût mon premier, ce nom qui marqua mes premiers pas, ce nom par lequel m’appelait mon père avant de sombrer dans cette folie qui le brûla jusqu’au bout, et qui le brûle toujours. Je regarde le sol, de sa truffe il me relève la tête, il pleure aussi. Je frotte ma tête contre la sienne et nos larmes se mêlent. L’autre chat reste immobile dans l’ombre. 
      
    - Ne veux-tu pas revenir ? 
      
    Je sais que c’est possible, je l’ai fait. Je suis revenu d’entre les morts il y a maintenant plusieurs années, surement 4 ou peut-être 5, je ne me rappelle plus. Il rit doucement, son rire est mêlé à un petit sanglot. Je connais sa réponse mais je ne peux m’empêcher d’espérer, espérer qu’il va revenir sur terre à mes côtés. Il secoue la tête, j’enfouie brusquement mon visage dans son pelage en pleurant. 
      
    - Vous avez fini oui ?  
      
    C’est alors que je reconnais mon oncle, Oiseau de Silex, je me souviens très bien qu’il avait tenté de m’assassiner alors que je n’avais que quelques lunes. Il était affreusement jaloux de mon père pour des raisons que je ne connais pas, je crois qu’il était amoureux de ma mère. Il avait finalement fini avec Nuage d’Etoile, la sœur de ma mère. Je le regarde avec haine. 
      
    Oiseau de Silex 
      
    Je me relève, mon poil s’est hérissé sur mon dos et j’ai rabattu mes oreilles sur mon crâne, vu l’attitude d’Etoile Ancestrale je sais qu’il a eut  lui aussiun passé avec ce chat sanguinaire. Ma mère, ma tante  et moi n’avons jamais eus de chance avec les mâles, mais au moins, moi je sais que je suis aimée. Le matou grisâtre ricane et s'approche un peu. 
      
    On se souvient de moi dit donc ! 
    Comment oublier le mâle qui a essayé de m’arracher la vie ? 
    Et bien peut-être que je vais te la rendre aujourd’hui ? 
      
    Je feule, et je comprends alors que c’est entre ces deux mâles que je devrais choisir, mon choix est déjà fait mais je ne peux m’empêcher de penser à ma tante, que dirait-elle si elle me voyait à cet instant ? Elle a porté tout l’amour du monde à cet abruti. Je sens le pelage d’Etoile Ancestrale s’éloigner du miens, ils sont désormais côte à côte. Oiseau de Silex s’approche de moi et me tourne autour, me murmurant des mots envoutants à l’oreille. 
      
    - Je peux t’offrir l’ambition avec cette vie, n’as-tu pas l’envie de gouverner les clans, me susurre-t-il, ne voudrais-pas connaître le pouvoir absolu ? Sii, tu le veux, je le sais… 
      
    Je crois le regard inquiet d’Etoile Ancestrale, je lutte contre l’envoutement de ce traitre, je n’ai qu’un mot à dire et l’un des deux mâles mourra. J’inspire profondément et d’un souffle presque inaudible je réponds. 
      
    - Je refuse ta vie. 
      
    Il pousse un cri de haine qui se transforme rapidement en un cri de douleur, il semble se noyer dans l’air, il suffoque, il crache. Je le regarde avec des yeux écarquillés. J’ai peur. Je ressens presque la douleur du matou lorsque je croise son regard empli d’une panique nouvelle. Il soupire une dernière fois avant de disparaître complètement, je suis paralysée et je regarde mon compagnon d’antan, apeurée. 
      
    - Il est mort comme cela, me dit-il.  
      
    J’avale ma salive, et je hoche la tête. Il se place devant moi sans que je comprenne pourquoi avant quelques fractions de mon temps sir précieux. J’ai réussi, il va me donner ma première vie, mais il y en aura encore huit. Huit comme celle-ci. 
      
    Avec cette vie je te donne la passion, celle qui enflamme ton cœur, celle qui te pousse à te sacrifier, celle qui te consume sans te tuer. 
      
    Je hoche la tête mais lorsque sa truffe se pose sur ma tête je hurle de douleur, je vois la vie de mon compagnon défiler devant moi, je suis dans la pouponnière mais nous fuyons, je deviens lieutenant, puis chef, et je meurs, je meurs dans une atroce souffrance que je tente de masquer, je pense à elle, ma douce Cacophonie. Je m’écarte d’Etoile Ancestrale, ne voulant en savoir plus sur la vie qu’il a vécue. Je relève les yeux mais il a déjà disparue. 
      
    - Etoile Ancestrale ? Reviens ! Ne m’abandonne pas ! Ne me laisse pas encore… 

     
      
      
    TWO. 
    https://www.youtube.com/watch?v=xfaHZXWV0g8 
      
    Il vient à peine de disparaître que j’aperçois un chat aux fromes gracieuses s’approcher en trottinant, je souris, maman… Elle est si belle, le vent se niche dans son pelage jais et le fait onduler, plus belle que la rose, plus douce que le camélia, plus gracieuse que la tulipe, elle est la beauté incarnée. J’ai hérité des ses beaux yeux, de sa grâce éternelle, j’aurai aimé avoir plus, mais mes sœurs et moi avons partager. Sombre Mélancolie s’approche en souriant, je lui souris et nous rions ensemble. Nos rires forment une belle mélodie qui s’élève vers le ciel tel une nuée d’oiseaux blancs. Elle ralentit sa cadence et s’assoit en face de moi. 
      
    - Maman 
      
    Ma génitrice penche sa tête sur le côté et me regarde, sourire aux lèvres. Elle me connaît mieux que personne, elle sait ce que j’aime, elle sait ce qui me fait souffrir, elle sait ce qui me fait rire et sourire, y-a-t-il quelque chose qu’elle ignore de moi ? Nous sommes si semblables que cela m’étonnerait plus que tout autre constat. 
      
    - Ma fille, tu es si belle… 
      
    Je ne peux me retenir plus longtemps, je m’avance et enfoui mon visage contre son épaule, désormais je fais la même taille qu’elle, mais elle m’inspire toujours une grandeur inégalable. J’inspire profondément, elle sent si bon. Lorsqu’elle est morte, Etoile Ancestrale était à ses côtés ; et je sais qu’elle ne souffrit pas.  Je m’éloigne et m’aperçois seulement à cet instant qu’elle est seule. 
      
    - Maman ? Pourquoi tu es seule ? 
      
    Sombre Mélancolie baisse la tête et fixe le sol, elle semble gênée, je ne comprends pas ce qui peut bien la mettre dans un tel état. 
      
    - Quand il arrivera, sois indulgente s’il te plait, souviens toi que ton père n’a pas toujours été comme cela…  
      
    Je commence par feuler. Pas toujours été comme ça ? Lorsqu’Univers Décadent est devenu chef, il m’a oublié, il l’a oublié, il a oublié mes sœurs. Le pouvoir a empoisonné son cœur, il n’a plus jamais été le même. Je l’aimais, oh oui je l’aimais plus que tout au monde. Je me souviens de ses heures passée à jouer avec lui, à sauter sur son pelage. Je me rappelle ce jour où mes sœurs et moi avions fugué, il nous avait tant disputé, avant de nous dire qu’il nous aimerait toujours. Toujours papa. Tu avais dit toujours. Puis je me rends à l’évidence, je vais devoir choisir entre mes deux parents, l’un d’eux va mourir à nouveau, mais c’est ce qu’il mérite. 
      
    - Je serais aussi indulgente et sympathique qu’il a été. 
      
    C’est au tour de ma mère de gémir. Je tourne la tête afin de ne pas voir son regard suppliant. La terre tremble, il n’y a qu’un chat sur cette terre qui est aussi peu discret. Je m’assoie, et je regard l’horizon, il apparaît alors, foulant à peine le sol, un air de folie sur le visage. Je croise le regard de Sombre Mélancolie, je tente de lui sourire et j’adopte une expression que j’espère neutre, mais la vue de cet être que j’ai tant aimé me chamboule l’esprit. Etoile Hérétique s’approche de nous, un regard empli de défi. 
      
    -Tiens, tieeeeeeeeeeeens ! Mais qui vuuuuaaaaalaaaa dooooonc ? C’s’rait pas ma P’tite Reine de Mon Derche et Sa Mère de Mon cul ? 
      
     Je feule à nouveau et je m’apprête à l’attaquer mais une patte noire me retient. Je les regarde tous deux en reculant, pourquoi ne suis-je pas noire comme eux ? C’est une excellente question, mais au moins cela m’enlève un point commun avec celui que je ne peux plus appeler père, mais pourtant… 
      
    - Bonjour Papa. 
      
    Il affiche un air triomphant mais ce n’est pas moi qu’il observe, c’est elle. Tremblante de rage et de tristesse, elle maintient son regard et répond à son tour. 
      
    - Bonjour Univers Décadent. 
      
    L’expression du matou devient colérique, désormais il crit de rage. 
      
    - CE N’EST PLUS MON NOOOOM. Mais laisse tomber, j’suis pas là pour toi abrutie, j’suis là pour elle. 
      
    Il me pointe de sa lourde patte, je me retiens de lui sauter à la gorge et de l’étrangler. Je sais qu’il va me conter un de ses beaux discours, mais cela ne fonctionne pas sur moi. Cela ne fonctionne plus. J’ai cessé de croire en lui, cessé de croire en ses mots. Désormais la seule chose que je crois c’est qu’il est fou à lier. Je me suis souvent posé la question de savoir si c’était vraiment Univers Décadent qui était revenu de l’Arbre de Vie, si un autre mâle ne l’avait pas remplacé, si c’était bien avec lui que j’avais passé des heures à contempler les étoiles, et pourtant, je sais bien que c’est le même. J’ai soudain peur, vais-je devenir comme lui lorsque je m’éveillerai au pied de l’arbre ? 
      
    - Ma poussineeeeette, qu’est-ce que tu diiirais d’un brin de foliie ? AAAAAAAAH LA FOLIE ! C’est beaaau la folie, elle permet d’oublier. 
      
    Il s’approche déjà de moi mais je fais un bond en arrière. Je ne veux pas que mes enfants subissent ce que j’ai subi, je ne veux pas qu’ils connaissent l’absence d’un être qu’on a longtemps chéri.  
      
    - Je ne veux pas de ta folie Papa ! Regarde ce que tu es devenu ! C’est à cause de toi que j’ai trahi deux fois mon clan, je te hais Papa, je te hais plus que tout au monde, va te faire foutre avec ta folie. 
      
    Et je me retourne, j’ignore les cris d’agonies de mon père, j’ignore les plaintes de ma mère, j’ignore tout et je ferme les yeux sur ce qui m’entoure. La vie est ainsi faite, on n’a pas toujours le choix, je n’ai pas choisi de vivre ça. Je n’ai pas choisi de perdre peu à peu les êtres qui m’entouraient. Ma mère pose alors sa queue sur mon épaule je me retourne et elle pose sa truffe contre mon front et murmure. 
      
    - Avec cette vie je t’offre l’indulgence, j’espère qu’elle te servira plus tard. 

     
    Une vague de chaleur s’empare de moi, je pousse un doux Une vague de chaleur s’empare de moi, je pousse un doux soupir de soulagement. 

     

     
    THREE. 
    https://www.youtube.com/watch?v=LOsOynOl8cE 
      
    - Tu penses que tu es à la seule à avoir eus des parents indignes ? 
      
    Je me retourne en un sursaut, Nuage du Rossignol me fixe avec regret, je ne sais pas quand elle est arrivée, je n’y ai pas vraiment prêté attention à vrai dire, je veux m’approcher de ma fille mais elle ferme les yeux et me repousse d’un geste de la queue. Je soupire une nouvelle fois, à la mort ou à la vie notre relation n’a pas changé, pourtant j'aurais aimé. Elle m’en veut, et elle m’en a toujours voulu de ne pas l’avoir défendu contre son père, Etoile des ENfers. Elle m’en veut surtout d’avoir pu aimer ce chat. Ma fille m’a toujours haï pour cette raison. J’essaie de m’approcher à nouveau en chassant ces pensées mais elle recule encore, et affiche un air dégouté. 
      
    - Ecoute, j’ai fait un erreur en aimant ton père, me pardonneras-tu un jour..?  
      
    Nuage du Rossignol me jette un regard haineux, ses poils sont hérissés sur son dos, et ses oreilles rabattues sur sa tête. J’ai essayé, je promets avoir essayé de trouver un moyen pour qu’elle me pardonne. J’ai fouillé dans son cœur, j’ai fouillé dans ses yeux, j’ai fouillé jusqu’où je pouvais pour trouver l’amour. Et je n’ai jamais trouvé, j’ai été la pire des mères que l’on puisse imaginer, mais je n’ai jamais compris comment une chatte aussi douce pouvait haïr avec une tel force, je le comprends aujourd’hui lorsque je vois sa petite silhouette qui me ressemble tant se cabré lorsqu’elle m’aperçois. 
      
    - Je ne te pardonnerais jamais Cacophonie, avant d’avoir des chatons avec lui tu aurais du réfléchir à ce qu’ils subiraient. 
      
    Je suis une fille de verre, si transparente, on entrevoit au milieu de mon océan d’émotions un cœur qui bat, boum boum, chante-t-il. Et lorsqu’on le regard, on voit deux couleurs bien distincte, un rouge passionné et amoureux et un noir. Un noir ténébreux, qui porte toute la tristesse des étoiles, à ce moment même, on pourrait presque y voir le regard si blessant de Nuage de Rossignol. Je pourrais continuer à la supplier pendant des heures, je pourrais lui demander de me pardonner plus de mille fois mais à quoi bon ? Combien encore de personnes me jugeront sur mon passé ? La plupart des gens pensent qu’ils doivent se méfier du passé des autres mais ils oublient souvent le leur. Mon passé me poursuit dans chacune de mes actions, il n’y à pas un jour ou l’on ne me rappelle pas mes erreurs, mes souvenirs ne sont pas écrits au crayon à papier, ils sont gravés à jamais dans mon cœur. Les blessures de cette écriture saignent chaque minute, chaque heure, chaque semaine, chaque année. Il suffit, je ne peux plus me laisser accuser sans réagir, je dois prendre ma vie en main, dans la tristesse je nagerai toujours, mais je suis en train de me noyer, il est temps d’émerger. 
      
    - Tu crois que tu es la seule à regretter ? Tu crois qu’il n’y à que toi qui subis ? As-tu seulement pensé un jour à ce que cela me faisait à moi ? As-tu déjà espéré un amour réel pour finalement être abandonnée sans cœur ? Tu as déjà pensé à moi ? Non. Jamais. 
      
    J’y ai cru je l’avoue. Pendant un instant, en voyant son visage j’ai espérer du plus profond de mon âme qu’elle allait me pardonner, qu’elle avait compris mais une mine sévère apparue la seconde suivante et je me retins de gémir une nouvelle fois en versant quelques larmes. Ce regard me juge, je hais qu’on me juge et pourtant n’est-ce pas dans une société comme cela que l’on vit ? Chaque pas que l’on fait est jugé, chaque action, chaque décision. Ce que l’on est, est notre place dans la société. Et quiconque ne se forme pas au moule sera exclue de injustement. 
      
    - Tu es si…égoïste, vivement que ta fille préférée arrive avant que je vomisse. 
      
    Je baisse la tête, désespérée, avant de me corriger pour regarder les étoiles. Si belles, si scintillantes, elles sont ma lueur d’espoir. Et si au fond elle avait raison ? Si j’étais aussi égoïste qu’elle se plait à le dire ? Je me questionne sur qui arrivera dans quelques minutes, j’espère au fond de moi que cela ne sera pas Libellule, je garde espoir et me dis qu’elle n’est peut-être pas morte et si elle l'était comment je réagirais, mal surement. Elle est si jeune, seulement quatre années qu’elle vit sur cette terre, trop peu pour partir. Je ne me pose plus la question lorsque je vois une petite forme cavaler à l’horizon, elle est plutôt élancée et son pelage est aussi noir que le mien est blanc, quoique parsemé de petites et diverses tâches grises. Je me rappelle ces moments passés avec ma douce enfant, Nuage Sorcier. Je me souviens que le matin, lorsque le soleil se levait doucement sur les plaines aubistes, nous regardions les oiseaux ensemble. Je ne sais pas pourquoi nous faisions cela mais j’adorais. On était silencieuses et on les observait, si majestueux, s’envoler dans les rayons du soleil. Elle est désormais devant moi, je l’observe et je trouve qu’une certaine beauté s’émane de son être tout entier, elle est gracieuse et élégante. Je m’approche un peu plus d’elle pour lui lécher le front, ce qui la fait ronronner. 
      
    - Bonjour maman 
      
    Je lui souris et frotte ma tête contre la sienne en tant que réponse . Si quelqu’un dans ce monde ne méritait pas de mourir c’est bien cette petite apprentie, si fragile, si jeune. Lorsque je m’éloigne d’elle en expirant lentement, j’aperçois le regard haineux que me lance mon autre fille, j’ouvre la bouche mais je me ravise. À quoi bon essayer en vain de réparer les douleurs du passé, de panser les plaies et brûler les cicatrices, les rouvrant parfois ? Rossignol s’assoie en face de moi en bousculant Nuage Sorcier au passage qui lève les yeux. 
      
    - Avec cette vie je peux t’offrir le manque, le manque d’une mère, le manque d’amour, le manque d’intelligence, le manque d’indulgence, le manque d’espoir, le manque de tant de chose. 
      
    Je sens la colère qui empoisonne doucement mon cœur blessé, elle referme la plaie de Nuage du Rossignol avec douleur. Je ferme les yeux et inspire profondément, lorsque je dénude à nouveau mon regard je n’ose même pas imaginer à quoi il ressemble, les couleurs qui sont déjà si froides doivent être accentué par la froideur de mon esprit. Je vois bien qu’elle est démunie, qu’elle regrette d’avoir éveillée l’autre Cacophonie, celle qui connaît rage et colère. Elle fouille dans mon regard et me crache à la gueule, je ne réagis pas. 
      
    - Je refuse ta vie. 
      
    Bien que je sois colérique je ne veux pas la voir mourir, je craquerais. Alors j’attends, j’entends les cris de Nuage du Rossignol, le bruit de ses os qui craquent lorsqu’elle atterrit au fond du ravin dans lequel elle est morte. Lorsque je me retourne, je vois que Nuage Sorcier n’a pas bronché et fixe l’herbe où se tenait sa sœur quelques instants plus tôt, elle me regarde et déglutit avant de se secouer la tête et sembler tout avoir oublié. Elle s’approche de moi et se tient bien droite. 
      
    - Avec cette vie je te donne la sensibilité, utilise la bien maman 
      
    Lorsque nos truffes entrent en contact, je sens un océan de flamme entrer en moi, je tente de me débattre mais il n’y a rien à faire, je reste clouée au sol, les yeux clos, avec cette impression affreuse de brûler, quand j'entrevoie à nouveau le paysage je suffoque. 

     
    FOUR. 
    https://www.youtube.com/watch?v=A1BlykdDuwM 
      
    Six. Je vais devoir encore supporter six fois le rejet et la peur. Je suis fatiguée, je n’en peux plus, je ne suis pas sûre de pouvoir, mais au fond ai-je le choix ? Y a-t-il un moyen de sortir de cette illusion qui m’emprisonne et me ronge le cœur ? Je lève le museau vers les étoiles et je crie, j’évacue toute cette douleur qui prend place dans mon esprit au fur et à mesure de cette soirée. Je clos mon hurlement en un sourire, bientôt tout cela sera terminé mais je me sens déjà différente, déjà plus grande, déjà plus juste et plus dure et pourtant plus douce, c'est étrange. La peur a quitté mon âme, elle a fait de la place pour sa cadette, la crainte. Je sais que dans quelques instants je serai face à un chat et cela se confirme par l’arrivée de Nuage d’Emeraude qui trottine au milieu des arbres. J’ai beau le fixer je n’arrive pas à déterminer la limite entre les étoiles et la terre. C’est si beau, la forêt semble saupoudrée d’astres brillants. Soudainement Emeraude ralentit et j’entends quelqu’un dans mon dos. 
      
    -  Tss. 
      
    Je me retourne lentement et c’est Constellation que j’aperçois à ma grande surprise, je n’ai jamais vraiment parlé à cette chatte, mère des deux enfants que j’ai adopté. À vrai dire je l’ai plutôt évitée, j’ai entendu dire tant de chose à son sujet, une folie presque aussi puissante que celle de mon père lui dévore l’âme. Mais que fait-elle ici ? Je suis persuadée qu’elle vient de la forêt sombre, Catacombes me l’avait dit il y a bien des lunes, en larmes. 
      
    - Oh c'était ridicule à mourir ! Non mais regardez ça "Maman je t'aime" "Moi aussi ma fille" "gnagnagna". Toi au moins, tes enfants, on ne te les a pas volé. Cracha-t-elle. 
      
    C’est donc ça, à vrai dire j’en ai plus qu’assez d’être accusée à tort et à travers de crimes que je n’ai pas commis, et il est temps de le faire comprendre à ces chats qui semblent penser que je suis une pauvre enfant sans défense, mais ils ne savent pas qui je suis, ils ne savent pas qu’au fond de moi je cache une puissante force qui n’attend que de sortir. 
      
    - Oh je t’en prie Constellation ! C’était leur choix, ils voulaient se débarrasser de toi, ne te l’a-t-on pas assez répété ? Je me demande bien comment tu as été élevée parfois. 
      
    Sans hésitation Emeraude vient s’asseoir à mes côtés ce qui ne semble absolument pas affecter sa mère biologique qui ne fait que ricaner avant de me lancer un regard de défi, je sais très bien à qui j’ai affaire et malheureusement je sais aussi qu’elle sait planter le couteau là où cela fait le plus mal. 
      
    - Hahaha ! C’est vrai qu’toi t’as super bien été élevée, suffit de voir ton père. 
      
    Je serre les dents et me retiens de lui bondir dessus afin de l’égorger, après tout ce ne serait pas une grande perte, à moins que les membres de la forêt sombre la considèrent en reine. Il suffit de voir à quel point elle est mauvaise pour comprendre qu’elle vient de cette endroit morbide. 

     
    - La folie de mon père n’est rien à côté de la tienne Constellation et tu le sais très bien. 
      
    Elle éclate d’un rire cristallin qui me fait frissonner mais je ne bronche pas et Nuage d’Emeraude non plus, je sais très bien qu’il ne prête plus aucun affection à cette chatte, qu’il ne lui prête plus attention depuis des lunes et pourtant je crains qu’elle ne le blesse, qu’elle ne lui fasse une nouvelle fois du mal. 
      
    - Bien évidemment que je le sais, la question est plus, est-ce que toi tu sais ce que tu dois savoir ? 
      
    Je fronce les sourcils, je sais qu’elle me tend un piège et pourtant elle attise ma curiosité. Elle se lève et commence à s’approcher mais mon feulement la surprend et la fait rapidement s’asseoir à nouveau. Emeraude expire profondément, je me retiens de le regarder, elle se croirait vainqueur et penserait qu’elle l'a touché. 
      
    - Tu seras une Étoile, Cacophonie, mais tu seras un étoile noire comme j’ai failli l’être, tu mèneras le Clan de l’Aube à sa perte, tu n’es pas née pour être chef, le destin n’était pas tracé comme ceci. 
      
    Je lui souris, je sais qu’elle ment et elle s’en aperçoit. Ce pelage que les mâles se sont plu à dire si beau s’ébouriffe, Constellation feule et me lance un regard de haine, cette stupide chatte pensait me charmer et m’attraper dans sa toile afin que je lui sois soumise. Mais cela ne s’est pas passé comme elle le souhaitait alors elle est vexée. Elle s’approche de moi un peu plus et se plante devant moi. Je suis plus grande qu’elle alors je sens son souffle sur ma nuque, nos yeux sont ancrés les uns dans les autres, ils se ressemblent. 
      
    -  Avec cette vie je peux t’offrir la jalousie, celle qui brûle dans mon cœur depuis le jour où tu m’as volé mes enfants. S’pèce de folle dingue. On vole pô les enfants normalement. 
      
    Je recule un peu et je fronce les sourcils. 
      
    - Comment peux-tu parler de normalité ? Toi qui es étrange et ne fais rien comme les autres ? 
      
    Nous sommes maintenant à deux ou trois longueur de queue l’une de l’autre, je vois que mes mots ne lui ont pas plu. Elle me dévisage un instant et sans prévenir elle saute dans un feulement, je m’aperçois qu’elle vise Emeraude alors je lui bondis moi aussi dessus et la plaque au sol. 
      
    - Lâche-moi ! Laisse moi tranquille ! Je suis sa mère je veux le punir ! Mais laiiisse moi tranquilleuh !  
      
    Je soupire, j’ai maintenant de la pitié pour cette chatte ridicule qui se débat comme une chatonne sous le poids de mes pattes. Elle me lance des regards courroucés et Nuage d’Emeraude la regarde, les yeux dénudés de la moindre émotion, je sais très bien ce qu’il ressent, c’est peut-être pour cela que l’on s’entend si bien d’ailleurs. Je croise son regard et il hausse les épaules avant de hocher la tête, je lui souris en retour avant de reporter mon attention sur Constellation, elle est ridiculement folle. 
      
    - Je refuse ta vie Constellation. 
      
    Cette fois ci je ne me tourne pas et je regarde la guerrière de la forêt sombre, je sens la fièvre qui s’empare de son corps, puis elle tousse, et enfin elle soupire. Ainsi Constellation est morte du mal vert. Je me tourne vers mon fils, il n’a pas bronché et au contraire semble soulagé d’un poids terrible. Il regarde sa mère biologique sans peine ni regret mais avec rage. La même rage qui a de nombreuses fois habité mon regard. Il s’approche un peu plus de moi et pose son museau contre mon front. 
      
    - Avec cette vie je t’offre l’éloquence, tu penseras peut-être que c’est la plus pittoresque des vies que l’on t’offre mais lorsque tu t’adresseras à ton clan elle te sera très utile. 

     
    Je sens un éclair me traverser le corps, une douleur si vive parcourt chaque parcelle de mon être que je m’écroule sur le sol dans un cri de peur. Je n’ai jamais, non jamais, ressenti une douleur aussi atroce. Lorsque je rouvre les yeux, essoufflée et craintive il n’est plus là. Je ne veux plsu ressentir ça, c'est trop horrible. Je soupire, vais-je devoir le revivre dans les vies suivantes, oh s'il vous plait faites que non. 

     

     
    FIVE 
    https://www.youtube.com/watch?v=9IPgMDKLj0Q 

     
    Je suis restée allongée sur le sol, mes yeux sont clos et je me remets doucement de la vie précédente. Je crains désormais les suivantes, je ne serai pas prête à revivre cette affreuse sensation cinq fois. J’essaie de faire un récapitulatif mental de ce qui s’est pour le moment. J’ai revu mon compagnon, ma mère, mon fils et ma fille, de l’autre côté mon oncle, mon fou de père, ma sauvage de fille et cette folle de Constellation. Je m’attends à voir pire encore. Lorsque j’ouvre les yeux une chatte noire me regarde avec un air hautain aux côtés de Nuage de Pavot, la fille d’Etoile Ancestrale que j’ai toujours beaucoup appréciée. Rien de bien horrible cette fois-ci. Je me lève en m’ébouriffant et remporte mon attention sur la chatte noire, ça y est, je la reconnais. Etoile Aurifère, une amie très proche d’Etoile Ancestrale, à vrai dire nous nous sommes toujours haÏes. 

     
    - Bonjour Etoile Aurifère. 

     
    La chatte en question plisse les yeux et me détaille précisément de haut en bas, les lèvres pincées. Je maintiens son regard, je vois qu’elle lève un sourcil, sûrement surprise. Je lui souris poliment, je pourrais littéralement lui bondir dessus, me battre avec elle. Je lui ai toujours voué une jalousie sans égale, elle passait du temps avec lui pendant que moi je servais mon Clan en tant que guérisseuse. Je me demande d’ailleurs si elle ne l’a pas nommé lieutenant juste pour l’avoir près de soi et me rendre encore plus jalouse. Elle se redresse et inspire profondément. 

     
    - Bonjour, Cacophonie Empoisonnée.  

     
    Sa voix est emprunte d’un mépris presque irrespectueux, j’inspire aussi et ignore ce ton. Je lui souris de nouveau mais cette fois mon sourire est faux et elle s’en aperçoit assez rapidement ce qui me fait sourire de plus belle. Je l’inspecte du bout des pattes jusqu’aux oreilles, peut-être un peu pour la provoquer mais ce n’est pas le problème. 

     
    - Toujours aussi peu soigneuse de son pelage ? 

     
    Etoile Aurifère feule avant de fixer mon ventre avec une intensité assez… étrange? Je me demande quelle remarque de vipère elle compte me cracher au visage. Je plonge mon regard bleu dans le sien aux couleurs sapins, encore un point commun de trop avec Etoile Ancestrale. 

     
    - Oh !  mais tiens Cacophonie ! 

     
    Je fronce les sourcils et l’interroge du regard, en restant vicieuse et sarcastique avec cette stupide femelle bientôt. J’avoue qu’elle est jolie d’habitude mais avec cette tête elle parait encore plus stupide qu’elle ne l’est vraiment. J’attends la suite de sa remarque sans broncher plus. 

     
    - Tu ne t’es pas encore fait engrosser par le premier mâle qui passait !  

     
    Cette fois s’en est trop, je vais lui enlever cet air faussement étonné de son petit minoi un peu trop parfait. Sans hésitation je lui bondis dessus, elle se retrouve plaquée contre le sol, le souffle coupé. Etoile Aurifère tente de me donner un coup de patte sur le visage qui ne fait que m’égratiner. Je lance mes griffes dans son épaule, la douleur la fait s’éveiller et elle s’échappe de mon emprise. Nous nous tournons désormais autour, les crocs sortis, sous le regard un peu apeuré de Nuage du Pavot. Je feule et la meneuse déchue me rends la pareil. Elle hurle et bondit, je l’esquive ce qui la fait rouler au sol quelques pas plus loin. Je ne peux m’empêcher d’afficher un petit sourire satisfait dont j’aurais peut-être dû m’abstenir car mon adversaire plonge dans une colère encore plus sombre. Elle charge et me coupe le souffle, je suis étendue contre le sol et le temps de reprendre mes esprits elle est déjà en train d’approcher ses crocs de mon oreilles. Je décale ma tête pile à temps et me libère de son emprise, je m’apprête à bondir une nouvelle  fois sur elle lorsque nous sommes coupées par un long cri. 

     
    - STOOOOOOOP 

     
    Nous tournons toutes deux la tête vers Nuage de Pavot, assez surprises. Je ne pensais pas qu’une si petit chatte pouvait produire un son si violent et je crois que c’est aussi le cas d’Etoile Aurifère. Je m’éloigne un peu de cette dernière et je reporte mon attention sur l’apprentie folle de rage. 

     
    - Arrêtez de vous battre ! Etoile Aurifère dit lui qu’on en finisse bon sang ! 

     
    Celle-ci renifle avant de se planter devant moi en maugréant des mots inaudibles. Elle s’ébroue et se redresse, je vois bien qu’elle  n’a pas envie de me donner cette vie, elle grogne. Je m’aperçois que je suis aussi en train malgré moi. 

     
    - Avec cette vie je peux t’offrir la rancoeur… 

     
    C’est tout ? Elle n’en fait pas tout un spitch ? Pas de joli discours comme tous les autres ? Je m’apprête à répondre lorsque je vois qu’elle doit ajouter quelque chose. Elle me susurre alors ces quelques mots à l’oreille. 

     
    - Comme j’ai donné l’amour à Etoile Ancestrale un peu. 

     
    Je feule de rage et la plaque au sol en hurlant que je refuse sa vie, je lui lacère le ventre. Son sang se mêle à mes larmes et je m’arrête bientôt sanglotante, elle est morte. Je suffoque, je l’ai tuée…Pas avec des mots, je l’ai tué avec mes pattes, je ne peux plus parler j’ai le souffle coupé. 

     
    - Tu sais qu’elle n’est pas vraiment morte ? 

     
    Je me retourne pour apercevoir Nuage du Pavot qui me fixe avec intensité. 

     
    - Oui, je sais qu’elle est déjà morte mais je lui ai refait vivre la mort. 

     
    Elle secoue la tête et je hausse les sourcils, interloquée. Pourquoi aurais-je tort ? C’est précisément ce qu’il vient de se passer non ? Ou aurais-je rêvé... Non je suis stupide, je ne peux pas rêver dans un rêve c’est logique mais je ne suis pas très logique comme fille de toutes façons. Et pourtant je crains avoir été envoutée par l’illusion. 

     
    - Non, elle était bien là mais au moment où tu l’as attaquée elle a disparu et a « laissé place » à une sorte de « copie ». Elle même n’a pas vécu ce moment en fait. 

     
    Je suis abasourdie, c’est vrai ? Alors depuis le début aucun des félins n’est mort ? Ô Clan des Etoiles si je peux te dire quelque chose c’est d’aller te faire foutre. Depuis le début de cette soirée je pense vivre une expérience affreuse et toi tu me fous des copies simplement pour me faire peur. Je serre les dents, me retenant de hurler ma rage encore une fois. 

     
    - Bon, avec cette vie je vais t’offrir la douceur, bien que tu sois déjà si douce. 

     
    Je tends le museau, une vie comme celle-ci ne peut me faire que du bien non ? Et pourtant quelques instants plus tard je subis des spasmes en hurlant, la vie est si dure. 

     

     
    SIX 
    https://www.youtube.com/watch?v=Rofasy2M0l0 

     
    Je me laisse tomber contre un arbre, trébuchante, j’inspire profondément, plus que quatre, et c’est fini. Je me sens mieux depuis la révélation de Nuage du Pavot, je me doute qu’elle ne devait pas vraiment avoir le droit de me le dire alors je lui en suis encore plus reconnaissante. Je me demande qui je verrai cette fois-ci. Qui d’autre me hait et à des comptes à rendre? Mes ennemis sont malheureusement en vie pour la plupart. Etoile du Sanctuaire est-il mort ? Je me pose parfois la question, il a disparu mais en même temps que son fils peut-être sont-ils partis ensemble ? Cela me semble très probable à vrai dire. Je chasse le vision de ce matou stupide et arrogant de mon esprit pour la remplacer par celle de mon futur lieutenant, je sais déjà quel sera mon choix, j’espère que la personne que je choisirai acceptera de mener le Clan de l’Aube à mes côtés. Je me relève en entendant les pas d’un chat sur le sol. Je regard autour de moi, je suis persuadée que lorsque je suis arrivée c'étaient l'été sur les arbres. Maintenant leur feuillage est roux et tombe dans l’herbe verte, un peu jauni par la saison. Je me retrouve une nouvelle fois face à une femelle qui me toise de la tête au pied telle une bête. Je reconnais ma soeur, Nuage des Vagues, elle est morte tragiquement dans la rivière à l’âge de seize lunes. J’ai essayé d’être triste mais Nuage des Vagues et moi n’avons été complices même pas une lune et nous n’avons jamais rigolé ensemble ou fait des bêtises comme tous les apprentis. Je la regarde à mon tour, j’ai toujours trouvé son pelage gris/bleu rayé joli, et ses yeux océans sont une merveille ! Je me demande pourquoi elle est là, nous ne sommes jamais vraiment parler ou lier d’affection l’une pour l’autre, c’est peut-être ça en fait ? Ou alors parce que je n’ai pas été triste à sa mort ? Cela pourrait aussi bien être parce que j’ai changé de Clan juste avant son décès. A moins que cela soit parce que je me sois endormie durant la veillée de son corps, en même temps j’étais seule à la frontière sans même le corps à veiller ! Mais quoiqu’il en soit j’étais une jeune apprentie et je ne mesurais pas mes actes, j’étais trop jeune et peut-être un peu stupide. Je me demande qui arrivera après elle, j’ai eu des amis dans toutes les générations qui sont passée, en même temps j’ai 10 ans, enfin pas vraiment, j’en ai 7 si on ne compte pas mon séjour dans le Clan des Etoiles, c’est vrai que je m’y suis aussi liée d’amitié avec des défunts dont on ne prononce même plus les noms aujourd’hui. Je garde mon regard ancré dans celui de ma soeur lorsqu’un nouvel arrivant interrompt ce duel optique. C’est ma tante, la compagne d’Oiseau de Silex, Nuage d’Etoiles, m’en veut-elle ? Bien-sûr que non, c’était une copie de son compagnon, mais peut-être jugera-t-elle que c’était une erreur ? Je secoue la tête pour me chasser ces noires pensées de l’esprit. La soeur de ma mère aussi est une jolie chatte, elle a de beaux yeux bleus, une jolie pelage gris constellé de petites taches blanches, à cet instant je me demande si elle n’a pas un lien de parenté avec Constellation mais j’oublie rapidement car cela signifierait que j’en ai un aussi. Quand on y pense, on peut se dire que Nuage d’Etoiles est plus jeune que moi physiquement, cela m’amuse un peu, je l’avoue. 

     
    - Bonjour mes nièces. 

     
    Nous nous approchons de Nuage d’Etoiles mais lorsque ma soeur s’aperçoit que nous le faisons toutes deux elle se stoppe tant dis que je continue de me diriger vers ma tante. Je presse mon museau contre le sien pour la saluer et elle ronronne. Je lui souris avant de m’éloigner un peu d’elle pour que Nuage des Vagues puisse lui dire bonjour à son tour, celle-ci passe devant moi en me bousculant avec un regard de mépris, je lève les yeux au ciel, agacée par tous ces chats qui me haïssent. On ne les a pas obligés à venir si ? Rien ne les forçait à venir me montrer à quel point ils m’adorent. 

     
    - Comment-allez vous ? 

     
    J’ouvre la bouche pour lui répondre mais Nuage des Vagues me coupe dans une feulement sous le regard surpris de Nuage d’Etoiles. Cette dernière fronce les sourcils tant dis que ma soeur se redresse et soupire d’agacement. 

     
    - Je n’ai pas le temps pour les formalités, je préfère lui dire ce que j’ai à lui dire puis la quitter le plus vite possible. Ce serait mieux pour moi. 

     
    Cette fois je ne peux me retenir et je feule à mon tour. « Ce serait mieux pour moi » Est-elle sérieuse ? Je la dévisage un instant avant de lui répondre, sur la défensive. 

     
    - Pour « moi » ? Tu ne penses qu’à ta petite personne comme d’habitude. 

     
    Elle adopte un air choqué et je me demande ce qu’elle va répondre à ma tirade, sûrement quelque chose de méchant, elle n’oserait pas être gentille, ce n’est pas dans sa nature. 

     
    - C’est pas moi qui ai abandonné mon Clan et ma soeur lorsqu’elle n’allait pas bien aux dernières nouvelles si ? 

     
    Je la regarde ébahie. Est-elle sérieuse ? Je ne l’ai pas abandonnée on ne s’était presque jamais parlé et elle me sortait de vieux liens soit disant intimes entre nous deux ? C’est la guérisseuse qui se fout de la charité pour le coup. 

     
    - De un, une guerrière nuiteuse du nom de Tragédie Esotérique m’a chassée, j’ai été accueillie par une folle du nom de Présence qui a bien failli me couper les deux pattes, puis par un gentil guérisseur, et dans ce Clan on m’acceptait comme je l’étais. De deux, tu as toujours tenu des distances entre nous ! 

     
    Elle lève les yeux au ciel avant de se poster devant moi. 

     
    - Il n’empêche qu’avec cette vie je peux t’offrir la trahison, ça te va bien non ? 

     
    Je lui griffe le visage avant de feuler avec rage, je me demande si c’est déjà sa copie ou non, peu importe, cela le sera quand je prononcerai ces mots. 

     
    - Je refuse ta vie. 

     
    Je ne détourne pas les yeux, et pourtant je ne regarde pas, mes yeux sont perdu dans la vague, tiens, en parlant de vague. Je n’entends pas les crachotements de ma soeur et son dernier souffle, lorsque son corps a disparu je ne réagis pas, c’est ma tante qui pose une patte sur mon épaule et me sort de mes rêveries, je lui souris gentiment.  Nuage d’Etoiles se place devant moi et me rend mon sourire. 

     
    -Avec cette vie je t’offre le courage, utilise le bien ma petite nièce. 

     
    Je ferme les yeux, prête pour la douleur, mais c’est une douce sensation qui m’habite alors, je me sens si bien et je sens me pousser des ailes, c’est si agréable. 

     

     

     
    SEVEN. 

     
    Encore trois, plus que trois et c’est terminé, j’ai déjà fait les deux tiers de cette soirée, enfin il reste à recevoir mon nom et retourner au camp mais ensuite tout cela sera enfin fini, je pourrais y mettre un terme et rentrer chez moi, avec un nouveau nom, et neuf vies, ce ne sera plus pareil je le sais mais cela ne me gène plus. J’inspire profondément et je regarde autour de moi, les arbres n’ont presque plus de feuilles, je fronce les sourcils, interloquée par cet étrange phénomène, le Clan des Etoiles voit-il passer toutes les saisons chaque jour, e n’en ai pas ce souvenir mais qui sait, peut-être suis-je dans un endroit différent ? Je me demande une nouvelle fois qui sera là cette fois-ci, j’avoue qu’après ma dernière rencontre je suis de bonne humeur et j’espère croiser des gens que j’aime. Enfin au moins un sur deux. Je souris pour moi même. 

     
    - Bou ! 

     
    Je sursaute et j’hésite à me retourner, j’espère tellement que c’est lui, je serais bien triste si j’avais confondu la voix. Je me tourne vers l’individu lentement et je me retiens de verser de larmes. Il fut mon meilleur ami mon mentor et ma famille adoptive, mesdames et messieurs, je vous présente Enigme du Sphinx, son regard si joyeux m’a plus manqué qu’autre chose. 

     
    - Alors vieille fripouille ! On est étonnée de me voir ? 

     
    Avant que je puisse lui répondre il me saute dessus et ensemble nous roulons sur le sol, nous aimions beaucoup nous taquiner lorsque nous étions apprentis, et après aussi d’ailleurs, lorsqu’il était mon mentor, puis celui d’Accalmie. Nous formions une petite troupe sympathique et inséparable, oh comme je les aime mes bons amis, mes premiers amis ! Je sens des larmes de joie me monter aux yeux, cette fois ci je ne les retiens pas et je les laisse venir à flot. Nous nous relevons quelques instants plus tard, un peu essoufflés. 

     
    - Je suis tellement contente de te voir ! 

     
    Enigme du Sphinx m’offre un des ses grandes sourires qui, lorsque j’avais le cafard, me remontaient le moral pour tout le reste de la semaine. C’est grâce à lui que je ne suis pas morte sous les coups de Présence, et c’est aussi grâce à lui que je fais partie du Clan de l’Aube. Et je serais morte lors de mon premier accouchement si il n’avait pas été là, il a toujours été à mes côtés. En fait c’est grâce à lui que je suis ici ce soir, une chose en entraine une autre visiblement. 

     
    - Moi aussii ! Par contre je te préviens tu vas pas être contente de l’autre qui débarque, je t’en supplie, ignore ses belles paroles. Je ne sais même pas si c’est une illusion ou s'il est vraiment mort, en tous cas je l’ai jamais croisé dans le camp du Clan des Etoiles 

     
    Ce n’était pas son genre de me dire d’ignorer des « belles paroles » bien au contraire ! Il m’avait toujours dit que deux choses apaisaient les mœurs, les plantes et les mots. Je fronce les sourcils en apercevant une silhouette au loin, Espoir Envolé. Alors celui là, je peux vous dire que je me retiens bien de le tuer et de le sermonner. Je n’éprouve rien lorsqu’il apparait, ni joie, ni rancœur, ni tristesse, si peut-être quelque chose, du dégout. 

     
    - Dégage. Eloigne toi de moi. 

     
    Il gémit et rabat ses oreilles sur son crâne. Après tout ce que je viens de vivre cette petite bouille d’ange ne marche plus avec moi. Il a fuit, il m’a laissée, il a abandonné nos enfants, il n’a pas de cœur. Je sens la queue d’Énigme du Sphinx sur mon épaule, heureusement qu’il est là pour me retenir de tuer cet abruti de mes propres griffes. 

     
    - Je vais partir mais laisse moi te dire que tu es égoïste de penser que je t’ai abandonnée. 

     
    Pendant un instant je crois qu’il se moque de moi, qu’il essaie de s’excuser mais qu’il ne sait pas comment s’y prendre. Mais non, je suis ébahie. Je suis égoïste ? C’est MOI l’égoïste ? 

     
    - Quoi ? QUOI ? Je…je, tu es parti, sans penser à nos enfants ! Moi je suis restée à leurs côtés ! 

     
    Il renifle avec mépris mais ne daigne pas de me répondre dans un premier temps. Je me rappelle alors ces nuits que j’ai passées à le chercher, espérant pour nos enfants qu’il n’était pas mort, espérant que nous le retrouverions et un jour, comme le dit son nom, l’espoir s’est envolé. Nuage Couronné, Nuage Sorcier, leurs frères, soeurs et moi,  
    avions veillé toute une nuit son esprit. 

     
    - Tu ne sais pas pourquoi je suis parti c’est ça ? Tu te pavanais à côté d’Etoile du Sanctuaire, les enfants n’avaient pas le droit de m’adresser la parole ! 

     
    Je feule de rage, non enfaite, je feule de dégout, il me soul simplement. 

     
    - Il aurait révélé ma relation inter-clan ! Je suis lieutenante je te rappelle ! Nos enfants, des sang-mêlés ! 

     
    Enfin bientôt plus, j’ajoute en silence. Je plonge mes yeux dans son regard et j’y cherche la moindre parcelle de douleur pour nos chatons mais je ne trouve rien, et je renifle. Espoir Envolé me dégoute, c’est le mot parfait. 

     
    - Je souhaite tout de même t’offrir l’égoïsme, Cacophonie. 

     
    Je grogne, est-il sérieux ? Je crois que oui, je secoue la tête pour lui signifier un non et à ma grande surprise il disparait littéralement. Mon mentor et moi sommes bouche bée. Je n’avais jamais vu quelqu’un s’évaporer à vrai dire. 

     
    - Euh ignorons ce truc bizarre et je vais te donner ta vie ! Alors avec cette vie je voudrais t’offrir la joie de vivre, qui te manque de temps en temps, mais rarement ! 

     
    Je ris et ferme les yeux prête à recevoir ma vie, lorsqu’il me frôle un rire pur et cristallin s’échappe de moi, c’est si beau. J’entends de rires d’enfants, j’entends des voix qui chantent, j’entends de la poésie, ah comme j’aime ce bruit qui m’habite.

     

     
    EIGHT 
    https://www.youtube.com/watch?v=WvLFE_9H5Ok 

     
    Deux. Encore deux vies et c’est fini. Au cas où vous auriez perdu le compte je viens de passer sept vies, j’avoue que je pensais que ce serait de pire en pire mais au contraire, je me suis solidifiée au cours de la soirée, et grâce à mes nouvelles qualités j’ai réussi à mieux surmonter cette épreuve. Je réfléchis, par qui ai-je commencé ? Etoile Ancestrale et Oiseau de Silex, curieux duo quand on y pense, mon oncle contre mon compagnon, c’est plutôt étrange. Puis sont venus mes parents, cruel duo pour le coup. S’en sont suivi Nuage Sorcier et Nuage du Rossignol, duo étrangement lié par les liens du sang. Nuage d’Emeraude et Constellation, duo sans nom cette fois-ci, ont enchainé. Nuage du Pavot et Etoile Aurifère les ont suivis de près, duo lié par un matou assez charmant ma foi. Nuage d’Etoiles et Nuage des Vagues suivaient, elles aussi. Et enfin Enigme du Sphinx  et Espoir Envolé. Qui seront les quatre suivants ? Je m’attends à voir une vieille amie mais je ne me prononce pas avant d’être sûre. J’entame une toilette plutôt minutieuse pour être présentable face aux suivants, mon pelage est tout hérissé après ce débat un peu violent. Alors que je m’attaque à mon poitrail j’entends des pas qui s’approchent. Avant même qu’il soit proche de moi je reconnais Cauchemar, à l’époque où j’étais contrainte de rester dans la tanière des anciens, ce jeune chat venait me réclamer des histoires. J’avoue que cela me plaisait beaucoup, certains jours je lui parlais de l’inondation qui avait bien failli ravager les clans. Je me souviens bien Etoile Onirique, Etoile Insaisissable et Etoile Egarée, étaient respectivement les cheffes du Clan de la Nuit, du Soir et de l’Aube. Les soiriens étaient d’abord venus s’installer chez les nuiteux car l’eau avait envahi tout leur territoire, puis ces deux Clans étaient allés chez les aubistes ce qui avait provoqué une bataille sous le règne des nouveaux chefs, Etoile Irrésistible, Etoile Enchanteresse et Etoile sans Lendemain, cette dernière, cheffe de l’Aube, était folle. Puis finalement les eaux étaient descendues et tout le monde était rentré chez soi. D’autres fois c’était l’exode des soiriens, enfin une partie, les autres s’étant répartis dans les autres Clans, comme Etoile Enchantée, qui n’était qu’un chaton à l’époque. Mais passons sur les divers événements qui ont ébranlés les Clans et revenons à Cauchemar. Alors que je veux le saluer, je m’aperçois que Présence vient d’arriver, je salue le petit chat noir avant de me tourner vers l’autre chatte. 

     
    - Présence. Faillir me casser les deux pattes et me tuer ne t’a pas suffi ? 

     
    La « Présence » en question m’adresse un faux sourire avant se mettre à marcher d’une lente cadence autour de moi. Je ne me donne pas la peine de la suivre du regard. Je garde la tête droite et les épaules légèrement voutées. Autant en finir rapidement, je n’ai pas franchement envie de passer du temps avec cette stupide chatte. Quand je pense qu’aujourd’hui je pourrais littéralement la réduire au silence pour me venger de ce qu’elle m’a fait subir, cela me fait sourire. 

     
    - A vrai dire, non. Je me suis dit pourquoi pas lui proposer une vie à cette stupide Cacophonie. 

     
    Je me retiens de ricaner, accepter une vie de Présence, pourquoi pas devenir amie avec un écureuil aussi. Elle tourne autour de moi, peut-être pense-t-elle qu’elle va m’envouter avec ces jolis mots ? Elle se trompe bien-sûr. J’avoue en avoir marre de tenir de longues conversations avec mes « ennemis », peut-être devrais-je lui dire de rabattre son clapet tout de suite ? Au tant lui laisser sa chance après tout. 

     
    - Et bien en fait 

     
    Je me demande si ils se sont passé le mot. Pour me susurrer à l’oreille je veux dire. Les méchants. Oui parce que d’une certaine manière cette soirée se déroule comme un conte, la pauvre petite héroïne se retrouve avec les gentils, les méchants la menacent et elle les combats et bien sûr les gentils gagnent comme d’habitude. En fait j’avoue que cela m’arrange que les gentils soient les vainqueurs, sinon cela voudraient dire que je suis une méchante et cela ne me tente pas franchement. Je me tourne vers Présence, intriguée. 

     
    - Je peux t’offrir l’infidélité avec cette vie, envers ton clan et envers tous ceux que tu as déjà aimé. 

     
    - Bah oui, quelle bonne idée Présence ! J’aimerais vraiment perdre toute la confiance que les miens ont en moi, je voudrais aussi créer des conflits et me faire haïr par le plus de personnes, tu es vraiment trop sympa de me proposer ça mais c’est ballot je préfère la fidélité, dommage. Bref c’est non, excuse moi. 

     
    Je détourne les yeux et n’écoute pas. Je réfléchis en fait. Si les ‘méchants’ veulent que j’accepte leur vie, pourquoi me proposent-ils des choses plus stupides les unes que les autres. Je me tourne vers le petit chat noir à mes côtés et lui souris. Il se place devant moi. 

     
    - Tu pourras raconter ton histoire à des chatons maintenant, avec cette vie je t’offre l’écoute, sois toujours attentive aux autres Cacophonie, comme je l'ai été à toi. 

     
    Lorsqu’il me frôle j’attends une sensation mais je ne sens rien, si ce n’est le froid, lorsque j’ouvre les yeux, de la neige tapisse le sol. Je suis bouche-bée. C'est si beau de voir ce spectacle. 

     

     

     
    LAST. 
    https://www.youtube.com/watch?v=HpPG_-hMwxM 

     
    C’est la dernière, ensuite tout cela sera fini. D’une certaine manière je suis soulagée, mais d’un autre côté, cela veut dire qu’il y a des dizaines de personnes que j’espérais voir et je ne les verrai pas. Je sais que c’est pour la plupart de ces seize personnes précédentes que c’était un au revoir. Mais pas n’importe lequel, le dernier. La prochaine fois que je retrouverai ces gens, je serai sûrement morte. J’inspire profondément et je regarde autour de moi, le sol est couvert d’un fin tapis blanc, c’est si beau de voir les étoiles se refléter dans cette couche de neige qui est tombée comme par magie. De la magie, c’est ce que je vis depuis que je me suis endormie sous un arbre à vrai dire. Je regarde autour de moi, un chat arrive, puis un autre, et encore un autre bientôt c’est toute une assemblée qui m’entoure à ma grande surprise, je suis presque éblouie par ces chats dont le pelage scintille autant que la Toison Argentée. Je suis ébahie par ces guerriers qui descendent du ciel, des arbres, sortent des lacs, apparaissent dans la neige. Lorsque cette pluie de paranormal cesse enfin, une chatte que je reconnaitrais entre mille vient prendre place devant moi, Larme de Mélancolie, ma belle amie morte bien trop jeune, ayant fait don de sa vie pour Tigresse Etoilée.  

     
    - Chats du Clan des Etoiles, nous sommes ici aujourd’hui pour offrir sa dernière vie et son nom de cheffe à cette chatte, que la bravoure a porté jusqu’à nous. Elle a réussi l’épreuve et il est temps pour elle de devenir chef du Clan de l’Aube. Cacophonie Empoisonnée, acceptes-tu de devenir cheffe, de mener le Clan de l’Aube jusqu’à ta mort et de servir les tiens malgré le danger, la maladie, les problèmes personnels et tout autre obstacle ? 

     
    Etoile Ancestrale, Nuage d’Etoiles, Sombre Mélancolie, Nuage du Pavot, Nuage Sorcier, Eclat d’Etoiles, Envol du Fantasme,  Petite Cendre, Edelweiss, Etoile de la Renaissance, Etoile Sauvage, Illusion d’Antan, Etoile Sincère, Déluge d’Onyx, Nuage Cauchemardesque, Nuage du Rossignol, Eloge des Spectres, Flamme d’Argent, Liberté Enchainée, Nuage de Sang, Etoile Enchanteresse, Aile Rancunière, Nuage de Neige, Colombe, et tant d’autres visages. J’en ai croisé aux assemblées, j’en ai entendu parler, j’en ai aimé, j’en ai haï et aujourd’hui tous ces regards sont rivés sur moi, ils n’attendent q’une chose, un simple mot. Après cela, toute trace de ma vie passée sera terminée, et je suis prête, enfin prête. 

     
    - Oui. 

     
    J’inspire profondément, ma vie ne sera plus jamais la même, je ne dormirai plus au près de mes camarades, je ne serai plus en bas du promontoire lors des annonces, je ne regarderai plus les chefs s’adresser à l’assemblée, on ne m’appellerait plus Cacophonie, et j’ai hâte. Le Clan de l’Aube est mon clan, je le mènerai jusqu’à  ce que la mort m’attrape dans sa toile, je ne le trahirai jamais. Je me tiens droite et parcours l’assemblée du regard,il se plante dans tous ces yeux, j’y trouve parfois de l’hésitation, d’autres fois de la fierté, ou bien de la joie, dans certains il y a de la peur et dans d’autre de l’admiration. 

     
    - Tu vas recevoir ta neuvième vie, chez certaines personnes c’est la plus douloureuse et elle change les gens à jamais, comme ton père. D’autres la vivent très bien, comme ton compagnon. Es-tu prête ? 

     
    C’est donc ça. C’est sa neuvième vie qui a détruit mon père à jamais, oh toi qui lui a donné, sache que lorsque je rejoindrai les étoiles, je te traquerai, je te trouverai, et je te tuerai autant de fois qu’il en est possible, tu mourras et tu comprendras que tu as fait une erreur. Tu m’as volé mon père, et ça, je te le ferai payer. Qui que tu sois, tu périras entre mes griffes et celles de mes frères et soeur. Ma mère te tranchera gorge, nous autres te lassereront le visage. 

     
    - Oui je suis prête. 

     
    Je me tiens droite, bientôt tout cela sera fini, je n’ai plus peur, je ne ressens plus de crainte, plus de colère, plus de rage, je suis bien. Je me sens bien. Je ferme les yeux, Larme de Mélancolie pose son museau sur mon front. Je respire l’odeur de mon amie, elle aussi elle m’a manquée, cela doit faire sept ans que je n’avais plus vu ce visage mélancolique, elle est si belle. 

     
    - Avec cette vie nous t’offrons la grandeur d’une cheffe, la bravoure, la loyauté, l’espoir et tous ce dont tu auras besoin, bonne chance. 

     
    A peine a-t-elle fini ces mots que je me retrouve propulsée contre un arbre avec une telle violence que j’en ai la tête qui tourne. J’ouvre les yeux et c’est Etoile des Enfers qui apparait devant moi. Je feule, que fait-il ici ? Ne m’avait-on pas dit que son corps n’avait jamais été retrouvée ? Je le toise, il est toujours aussi séduisant, mais ne m’attire plus, il me répugne, je souhaiterais déchirer les muscles qui saillent sous ce pelage luisant. 

     
    - Toi. 

     
    Il secoue la tête, me contredisant ainsi. 

     
    - En fait je ne suis pas vraiment moi, je ne suis pas mort, je suis juste un souvenir. Un souvenir que tu dois affronter ma chère Cacophonie, ce jour où je t’ai laissée, où j’ai refusé nos chatons, enfin tes chatons. Entre. 

     
    Il disparaît subitement, laissant une odeur de sang dans l’atmosphère. J’aperçois la pouponnière, tremblante, je passe ma tête par l’entrée du buisson au feuilles cireuses où des ronces s’entrelacent sensiblement. Je suis allongée sur le sol, dans une fraiche litière de mousse garnie de plume. La jeune « moi » ne me voit pas, je m’assieds à ses côtés et observe mes chatons, qu’ils sont beaux. A cette époque ci ils étaient encore de petite boule de poil qui se plaisaient à boire goulument mon lait chaud. Petit Rossignol pousse un miaulement et je l’attire contre l’autre moi, qui regarde autour d’elle surprise, pourtant elle ne me voit toujours pas. Je vois que « l’autre moi » guette l’entrée avec ferveur, je sais qui elle attend et cela me fait serrer les dents, je n’ai pas envie de revivre ce moment. Sanctuaire entre, il est jeune, dans ses yeux ne brille presque pas cette soif de pouvoir dont j’ai été dégoutée. Il regarde les enfants avec mépris et s’adresse à la jeune Cacophonie d’un ton sec et dur. 

     
    - Soyons bien clairs, entre nous y’a jamais rien eu, ce ne sont pas mes chatons. 

     
    Ces mots, oh quels mots ! Je bondis sur le mâle qui écarquille les yeux me voyant sortir de nulle part, en double. Le paysage qui m’entourait alors disparait subitement pour laisser place à une grande clairière bordée d’arbustes. Ce chat est encore jeune et peu expérimenté. Je le plaque contre l’herbe grasse avec force et lui lacère le ventre, lui griffe les yeux, le museau, le visage, chaque parcelle de son corps est souillée par le sang, il tente de se débattre mais je connais ces attaques. Je lui mords finalement la gorge tandis qu’il soupire lentement. J’expire et observe la dépouille, cela me fait un bien fou de le voir dans cet état là. 

     
    - J’ai longtemps attendu ce moment, et même si tu n’es pas vraiment mort, que tu gambades encore dans les plaines solitaires, cela me fait un bien fou, je te retrouverai un jour Sanctuaire, et je te tuerai. Nus te touerons, tous ceux à qui tu as un jour oser faire du mal, tu as le Clan de l’Aube à dos, tu as les femelles que tu as laissées seules, tu as les chatons que tu as  ignorés et tant d’autre personnes, si tu reviens dans la forêt, nous serons prêts à t’accueillir, moi la première, et je t’abattrai avant que même que tu n’aies pu dire oups. 

     
    Lorsque je stoppe enfin ma tirade, je vois les feuilles des arbres emportées dans un ouragan, leurs troncs se vaporiser, le sol disparaitre doucement, je pense que c’est enfin la fin de cette cérémonie qui n’a que trop duré. Lorsque les végétaux retombent sur le sol, le décor est fleuri par de jolies petites roses, de longues lys, de douces hortensias et de minuscules pâquerettes. Larme de Mélancolie est toujours là, un sourire aux lèvres. Les chats me regardent tous avec ce même sourire enchanté, ont-ils tout vu ? Je me le demande bien et j’avoue espérer que non. La douce voix de mon amie s’élève vers le ciel scintillant ; 

     
    - Lorsque ta vie a pris un nouveau tournant, tu as oublié les noms du passé et tu as décidé de t’appeler Cacophonie, ma chère il est aujourd’hui tant de changer une nouvelle fois. J’en appelle à mes camarades du Clan des Etoiles pour qu’ils se penchent sur cette guerrière, durant toute sa vie elle a servi le Can de l’Aube, en temps que guérisseuse, puis guerrière, lieutenante et il est temps qu’elle en devienne cheffe. Par les pouvoirs qui me sont conférés par le Clan des Etoiles ce soir, je te nomme Etoile Envoûtée, cheffe du Clan de l’Aube. 

     
    Lorsqu’elle prononce mon nouveau nom je le savoure et la fraction de seconde après je l’écoute qui s’élève parmis les étoiles, mille et une voix le crient, la truffe levée vers le ciel. La clairière est un festival de couleurs et d’odeur, j’inspire profondément et mille parfums entrent dans mon coeur 

     
    - ETOILE ENVOÛTEE ! ETOILE ENVOÛTEE ! ETOILE ENVOÛTEE ! 

     
    Je souris et les remercie tous dans un signe de tête, mes yeux débordent de joie et brillent d’espoir. Peu à peu les corps qui m’acclamaient s’évaporent dans la nuit, tous sauf celui de Larme de Mélancolie qui essaie de cacher une mine grave, je fronce les sourcils, j’ai une question à lui poser certes mais elle semble avoir elle aussi quelque chose à me dire. 

     
    - Ecoute moi bien Etoile Envoûtée, pour le moment tu n’as pas à t’en faire, mais la faction repassera à l’attaque, ne choisis pas ton lieutenant pour sa force ou son courage mais pour sa loyauté et ta confiance en lui, tu as compris ? je hoche la tête gravement et elle ré-adopte une mine heureuse, j’ai toujours su que tu ferais de grande chose ma vieille amie. 

     
    Je ronronne et frotte mon museau contre le sien. 

     
    - J’ai une question à te poser… 
    - Oui ? son corps est déjà translucide mais elle me regarde avec curiosité. 
    - Comment s’apellait le chat qui à détruit mon père ?  
     - Elle s’appelait Fantasia… et dans ces mots elle disparait dans la brume. 

     
    Mes yeux commencent à doucement à me piquer, je baille et me roule en boule sur le tapis de pâquerettes. Ma vie a pris un nouveau tournant ce soir, Larme de Mélancolie avait raison, mais je suis déjà vieille, peut-être ne me reste-t-il que quelques années à vivre, c’est déjà beaucoup, Orchidée n’est restée que un an au pouvoir, je devrais m’estimer heureuse que mon amie ne soit pas morte mais qu’elle soit seulement blessée. Je soupire, chassant ces pensées et observe le paysage paradisiaque une dernière fois avant de fermer les yeux une bonne fois pour toutes.


     
      
    PARTIE IV, Le retour sur terre après un voyage parmis les étoiles. 

     
    J'ouvre doucement mes yeux sur la réalité, je suis en pleine forme, je me sens plus grande que jamais. Je me lève en m'étirant et mes deux enfants accourent vers moi, ils me regardent avec des étoiles pleins les yeux et ça e réchauffe le coeur. Je lève la tête vers les étoiles et je me dis qu'il y à quelques secondes j'étais parmi elle, cela me fait sourire. Les paroles de ma fille me sortent soudainement de ma contemplation. 

     
    - Alors ? Tu t'appelles comment
     
    - Etoile Cacophonique, se risque Rire des Catacombe 
    - Ou alors Etoile Empoisonnée, s'écrit ma fille. 

     
    Je secoue la tête et lâche d'un ton malicieux ;
     

     
    - Je suis...Etoile Envoûtée.

    Ils écarquillent tous deux leurs yeux, surpris probablement. Je les regarde en riant et les invite à me suivre dans la descente, il est temps de retourner au camp ! Sur mon visage est désormais affiché un sourire...envoûtant.







    Je suis envoutée par la valse des étoiles.
     
     

    La mélodie s’est éteinte - PARTIE I   
    https://www.youtube.com/watch?v=t0i4QRGDTbc 

    Était-ce la vieillesse qui t’assaillait ? Ou bien la maladie qui dévorait ton corpsdoucement ? Tu n’avais pas de réponse, tu n'avais jamais eus de réponses. Mais tu sentais doucement la vie te quitter au fil des jours qui passaient, au fil du temps qui te bouffait. Tu aurais eus une belle vie si tu partais, non ? Combien de fois avais-tu vu la lune dans le ciel, combien de fois avais-tu entendu le chant du hibou qui hulule dans la pénombre, combien de fois avais-tu combattu ? Trop, te dirait la mort, beaucoup trop, mais pour toi c'était trop peu. Tu n’avais pas envie de partir, pas envie de quitter la douceur de la vie, le temps t’avait rattrapé bien trop vite. Tu avais l’impression que c’était hier que tu naissais, que tu tombais amoureuse, que tu offrais la vie, que tu devenais chef, hier que tu vivais. Treize années que tu peuplais la terre de ta douceur, il était temps de partir, tu le savais, et pourtant tu usais tes dernières forces en luttant contre le destin, tu ne voulais pas partir, tu ne voulais pas être un simple souvenir qu'on couve et qui s'efface.

    C’était un jour comme les autres, un jour simple. Le soleil se levait, et le soir il se coucherait. Les oiseaux chantaient le printemps, les proies galopaient sur la terre encore humide de neige, et pourtant, quel jour. Tu étais levée depuis plusieurs heures et tu te sentais comme enfermer, tu étouffais dans ce corps, alors tu décidas de sortir. Tu regardas un instant la lune disparaître dans la tempête de couleur du soleil qui se lève avant de bondir hors de ta tanière, prête à fouler le monde. Tes pattes se posaient dans la nouvelle herbe verte, tu savourais cette sensation si délictueuse, cette sensation qui prouvait que tu vivais, et tu avançais, comme toujours. Tu avais la terrible impression d’être observée alors tu t'étais mise à courir. Les arbres bruns défilèrent à tes côtés, ils étaient vieux, comme toi Cacophonie. Tes yeux bleus étaient plantés dans le vide; tes poumons te hurlaient d’arrêter mais ta tête te forçait à continuer, à courir  à ne pas te laisser rattraper. Les poumons eurent raison et tu t’arrêtas à la chute de cristal, endroit dans lequel tu avais vécu de nombreux moments avec ton compagnon, tes enfants, il était empli de souvenirs hurlant, mais le bruit de l’eau si apaisant couvrait les cris. Tu observas ton reflet, étais-ce bien toi cet être au poil grisonnant et terne, cet être dont les yeux semblaient éteins ? Tu avais été belle dans ta jeunesse, lorsque tu envoûtais encore les cœurs, douce Cacophonie, mais maintenant tu n’étais que l’enveloppe d’une âme qui ne demandait qu’à sortir, à s'enfuir ver les étoiles. Tu connaissais la mort, tu l’avais déjà côtoyée, elle était cruelle, elle prenait sans qu'on s'y attende, sans que l'on puise s'excuser. Soupirant, tu lapas l’eau pour faire disparaître se reflet qui te terrifiait, et tu t’allongeas, la tête vers le ciel. 

    - Est-ce toi qui m’appelle ? Tu ne peux pas attendre ? Je suis la dernière c’est ça ? Je t'aime, mais laisse moi rester

    Etais-ce le cas ? Tu te rendis compte qu’après ta mort, personne sur cette terre n’aurait connu Étoile Ancestrale, en tous cas, pas à ta connaissance, il ne serait qu'un chef du Clan de la Nuit mort, une carcasse pourrissant dans la terre. N’étais-tu pas la dernière de ta génération ? Il y avait Révérence Distinguée mais la vieille chatte n’avait plus toute sa tête, et toi ? Avais-tu toute ta tête, te souvenais-tu de chaque moments passé à leurs côtés ? Ton père, ta mère, tes sœurs, tes frères, tous étaient morts, ils t'avaient laissé seule avec la vie. Même ton pire ennemi avait disparu de la surface du globe, chassé par le vent. Certains de tes enfants n’appartenaient plus à ce monde, et pourtant tu sentais une chaine t’entraver à l‘existence, une seule, plus qu'une. Tu allais faire perler une larme du coin de tes yeux lorsqu’une voix te sorti de ta nostalgie, une voix que tu ne connaissais que trop bien, une voix plus terrifiante que les esprits noirs de la nuit. 

    - Tiens, tiens, mais ne serait-ce pas me chère Étoile Envoûtée. 

    Tu feulas à la face du démon, tandis que celle-ci continuait de fixer de l’autre côté de la berge. Comment pouvait-elle être ici, on racontait qu’elle avait été enlevée par des bipèdes, qu’elle s’était noyée, qu’elle était morte, mais pas qu’elle arpentait le territoire le territoire du Clan de l’Aube cherchant à se rassasié de sang chaud, ton sang chaud, ce sang que tu ressentais, ce sang qui éveillait ton coeur. 

    - Tu n’es pas à ta place ici, Sacrilège des Abysses. 

    Un rire grave et presque inaudible se dégagea de son corps, un rire qui s'éleva pour se déposer sur l'eau et résonner, tel une douce plume. Son regard violet ne te quittait pas, ce regard si perçant qui avait vu le voile de la mort, tu savais qu’elle ne partirait pas tant que le cadavre de l’une ou de l’autre ne pourrirait au fond de l’eau. Et pourtant tu tentais de la dissuader, tu voulais qu’elle parte, tu ne voulais pas mourrir sous les pattes salies d'une chatte au coeur noirci. Tu étais trop faible pour combattre contre cette femelle qui semblait avoir bien était nourrie et dont les muscles saillaient sous la peau, cette femelle dont le mentale était plus dur que l'acier. Tu cambras ton dos, prête à affronter la faucheuse, il fallait que tu réfléchisses plus vite que le monstre ne le faisait, il fallait que tu sois prête, pour une fois. 

    - Dis moi Cacophonie… 

    Tu grognas de rage en entendant sa voix détruire le nom par lequel t’appelais ceux à qui tu tenais, par lequel il t'appelait quand il vivait. Tu haïssais plus que tout autres personnes cette fille, tu sentais la haine dévorer tout ton corps quand tu la voyais. Sacrilège des Abysses fit claquer sa queue contre le sol, agacée que tu coupes son discours. 

    - Pardon, Étoile Envoûtée, la quelle de nous fendras les eaux afin de tuer l’autre ? 

    En même temps que les mots sortaient de sa bouche, elle pénétrait l’eau turquoise comme un démon nori dans un esprit blanc. Tu fis un pas un arrière tandis que son corps découpaient le calme de l’eau et s’approchait de toi. Elle était si grande qu’elle n’eut pas à nager pour traverser, son corps était grand, son coeur ne l'était pas pour autant. Lorsque son corps dégoulinant sortit des abîmes, tel un monstre marin, ses yeux à la couleur si étrange te fixaient avec...envie, il te semblait presque voir une perle de sang sur le bout de ses crocs. Dans un feulement de haine elle te bondit dessus pour te plaquer au sol, et elle hurla, et ses mots montèrent vers le ciel, tel une nuée d'oiseaux aux ailes sombres.

    - Tu as détruit tout ce que j'avais Cacophonie, à moi de détruire ta vie.

    Tu ne lui laissas pas le temps d'approcher ces crocs blancs, armes de la fin, de ta nuque pure que tu lui fauchas les pattes, plus violemment que la mort ne le fais. Tes pattes immaculées posèrent leur poids sur les épaules, aussi noir que les ailes d'un corbeau, du diable. Ce combat ne serait pas égale, mais jusqu'au bout tu lui montrerais ce que c'est d'être l'étoile du Clan de l'Aube, une étoile sans teinte de noire, une étoile qui ne dévorait pas les vies mais les offraient, une étoile qui n'en était qu'une permis tant d'autres.

    - Je ne te laisserais pas faire !

    Déconcentrée par tes propres mots, les rôles s'inversèrent à nouveau, ballet de marionnettes. Tu crus un instant apercevoir une étincelle de pitié dans les yeux de la belle et jeune Sacrilège des Abysses, mais celle-ci fût remplacée plus vite qu'un éclair blanc par l'amusement. L'amusement ? Ainsi c'est ce qu'elle ressentait à arracher l'âme des corps en faisant couler un sang chaud et noir de haine. Tu ne pouvais y croire, tu eus peur. Oui, tu eus peur. Pourtant ce sentiment ne t'appartenait pas mais voir cette ombre essayer de dévorer ta vie te faisait craindre.

    - Je n'ai pas besoin de ton autorisation pour te tuer.

    Tu te demandas si le pire dans ces mots étaient la dureté ou bien la réalité. En ce jour ou la mort se matérialisais en une chatte aux pensées noircit par la douleur et la haine d'autrui, tu savais que la vie te quitterait. Mais ô combien tu aurais aimé qu'une patrouille déboule dans le lieu magique et sacré afin de tuer ce diable qui souhaitait t'achever de la manière la plus dure possible, cette diablesse prête à arracher ton coeur. Tu pensas à Rire des Catacombes, Nuage Couronné, Printemps et tant d'autres que la vie t'avait laissé, que le destin ne t'avait pas volé. Non. Tu ne pouvais mourrir comme ça. Tu t'extirpas de la douleur des griffes de la chose plus vive qu'une anguille et tu te plaças devant elle, prête pour un combat ou seulement une vaincrait et vivrait. Traçant un cercle parfait dans la poussière vous vous mîtes à tourner autour d'un point invisible, aussi invisible quand l'amour en cette chatte, les yeux dans les yeux avec la mort. Ce fût elle qui attaqua, peut-être que si ça avait été toi qui l'avait fait, la suite des événements aurait été différente, mais le destin fît son choix, il paria sur elle. Le combat qui s'en suivit est indescriptible, une tempête de griffe de crocs et de sang. Le soleil était au plus haut dans le ciel que vous vous battiez encore, les pattes à moitié dans l'eau, couvertes de sang. Feulant, ne vous arrêtant pas, pires que des loups. Deux meneuses qui s'affrontaient, deux meneuses, l'une déchue, l'autre à son apogée, emplies de colère, emplies d'un désir de vengeance. Ta voix hurlait.

    - Viens si tu l'oses, viens !

    La colère portait ta voix jusqu'au oreilles de Sacrilège des Abysses qui n'était plus la même alors, son pelage était collé à sa peau par le cruel mélange de sang, transpiration et eau. Elle bondit dans un dernier feulement, feulement annonçant la mort, et tu ne pus prévoir son mouvement que ta tête était sous l'eau, des bulles s'échappaient de ta bouche, tel des mots inaudibles, tel la vie. Les poissons dansaient au milieu des algues, et ignoraient ton corps secoué de spasms, tu pris conscience de la réalité, tu mourrais et la vie continuait. Tes yeux se fermèrent sur cette danse harmonique, tu étais morte.


    Tu m'as trahie - PARTIE II 
    https://www.youtube.com/watch?v=9_EvN5n5xwE 

     
    Tes yeux s'ouvrirent à nouveaux, tu étais morte, tu ne vivais plus. Tout était fini, plus jamais tu ne sentirais la douleur, ni le froid, ni rien d'autres. Plus jamais tu ne verrais leurs visages, pour toujours tu arpenterais ce paradis rempli d'irréel, rempli de faux. Ce n'était qu'une illusion, rien de tout cela n'était réel, seul la mort était vraie. Tu pleuras, tu éclatas en sanglots, tu vidas ton corps de toutes tes larmes. Un pelage frôla le tien, songeant à ton amour perdu tu levas tes beaux yeux vers l'être présent, ta surprise fût grande. 

     
    - Toi ?!  

     
    Non ce n'était pas possible, le premier visage que tu voyais était celui-ci. Pas lui. Pas encore. Tu n'en pouvais plus de le voir. Il fallait que ça s'arrête. Ses traits éveillait des souvenirs beaucoup trop douloureux, des souvenirs que tu voulais oubliés, des souvenirs qui ne devaient plus exister.  

     
    Bonjouuur. 

     
    Tu le plaquas au sol, tu le griffas, tu voulais le tuer, mais tu ne pouvais pas. Malgré sa folie il restait ton père. Tes larmes se mêlèrent à son sang et tu t'effondras. Par delà la mort tu souffrais, par delà la vie tu souffrais. Tu n'en pouvais plus. Il fallait que ça cesse. Tu te relevas et tu le regardas, déjà il n'avait plus de blessures, déjà il s'était remis. Mais toi tu n'avais pas guérie, ton coeur était toujours dans le même à cause de cet idiot. 

     
    - Papa.  

     
    Une seconde, rien qu'une petite seconde, tu crus le retrouver. Durant cette minuscule seconde, c'était Univers Décadent, ce n'était pas un autre, c'était lui. Il n'était pas fou, il n'y avait pas cette étrange étincelle dans ses yeux. Mais ce ne fût qu'une seconde, rien de plus, il redevint le même, encore. Tu te souvenais, bien sûr que tu te souvenais, ce père qu'il avait été, ce père qui t'avait élevé, ce père qui t'avais abandonné, ce père que tu détestais, ce père que tu avais eus envie de tuer, ce père que tu avais aimé. 

     
    - Je suis pas là pour longtemps t'inquiète pôôô. 

     
    Tu t'étais assise, tu essayais de reprendre ton calme devant cette créature des enfers au pelage noir. Tiens, la superstition des chats noirs s'avertiraient-elles justes ? Sanctuaire, Sacrilèges des Abysses, Constellation et lui ne sont-ils pas noirs ? Curieux. Tu chassas ces pensées de ton esprit et te concentras sur ton... père. 

     
    - Que me veux-tu ? 

     
    - Oh rien je voulais juste te prévenir que que c'est Étoile Ancestrale qui avait conduit Sacrilège des Abysses jusqu'à toi. 

     
    Et il disparut dans un éclat de rire envoûtant. Avez-vous déjà eus l'impression de voir votre monde s'écrouler ? Tout disparait, plus rien n'a d'importance, vous apprenez que la personne sur qui vous avez fondez votre vie à détruit le vôtre. Tu hurlas, longtemps, très longtemps. ce n'était pas possible, ce fou mentait ! Non, il ne mentait jamais. On l'avait mal renseigné ce n'était pas possible. Il ne pouvait pas, jamais il n'aurait fait ça, il t'aimait et tu l'aimais. Ton univers s'écroulait, tu avais l'impression de voir tes étoiles tomber du ciel, pour te rendre comptes que ce n'était que des boules de terres flétries. 

     
    - Cacophonie ! 

     

     

     
    Une âme contre une âme - Partie III 
    https://www.youtube.com/watch?v=pMtUr1jGI0I 

     
    Tu te retournas le plus lentement possible, essayant de dissimuler la colère qui envahissait ton visage, tu le regardas comme tu ne l'avais jamais regardé, il avait les oreilles rabattues sur le crânes, il cherchait ton regard amoureux mais ne le trouvait pas, et il ne le trouverait plus jamais. Tu inspiras profondément et tu claquas ta queue avec force contre le sol humide. Ton regarde perça sa chair et tu le fixas intensément, plus intensément que jamais. 

     
    - Est-ce que c'est vrai ? 

     
    Ton ton était dur, tu le regardais de haut, comme s'il n'était rien, comme s'il n'avait jamais fait parti de ta vie, comme si il n'était personne, et il en souffrait. Tu lisais la douleur dans ses yeux sapins qui te dévoraient avec amour, une amour si faux, un amour horrible, un amour que la mort avait détruit. 

     
    -Cacophonie je n'avais pas le choix ! Elle allait me tuer et j'aurais disparu à jamais et... 

     
    Non...NON  C'était vrai, ainsi il t'avait conduite à la mort, une âme, contre une âme. Tu haletas, ce n'était pas possible, tu avais te réveiller, tu serais dans ton antre et rien de tout cela ne serait arrivé, tu serais en vie, il t'attendrait en haut. Ô si seulement tu pouvais t'éveiller de ce cauchemar, ô si seulement tout cela pouvait être faux, c'était trop réel. L'irréalité dont tu parlais devenait en cet instant précis une réalité dévorante. 

     
    - TAIS-TOI ! 

     
    Tu hurlais, tu allais le tuer. Tu allais le faire, mais tu ne pus pas. Tu voulais que le reste de sa mort, ils vivent avec cette culpabilité assaillante sur ses épaules, tu voulais qu'il souffre comme tu étais en train de souffrir, tu voulais qu'il comprenne ce que tu ressentais. 

     
    - Cacophonie 

     
    Il s'approcha de toi et essaya de te toucher mais tu eus un frisson de peur et de dégoût qui le surpris, et il comprit, il comprit à quel point il t'avait perdu, il comprit que plus jamais il ne retrouverait. Il comprit qu'il venait de détruire des années d'amour, il comprit qu'il venait de te détruire. Tu fixas le sol, la bouche ouverte, tu voulais mourrir encore une fois, tu voulais disparaitre, tu voulais arrêter d'exister. 

     
    - Laisse moi. 

     
    Les yeux rivés sur le sol, tu lui tournas le dos, il n'insista pas et tu marchas, longuement. Le paysage se répétait, comme l'histoire. Tu étais à tout jamais détruite, plus urne n'avait de sens, tous se mêlaient, tout s'éclairait, tout était important, plus rien n'avait d'importance, toute était stupide, tout était intelligent, tout n'était rien. Ton monde, ta vie, toi, c'était détruit, à quoi bon continuer comprendre, à quoi bon continuer de ressentir, à quoi bon comprendre, lorsqu'on a plus rien, lorsque treize années s'écroulent en une seule seconde. Le sol était tapissée de fleurs maintenant, habituellement tu te serais allonger et tu aurais profiter, mais non, sur ton passage les fleurs fanaient comme le temps.  

     
    Plus rien n'avait d'importance, tu étais morte. 

     

     

     

     

     

     

     

     

     
    Et voilà après trois ans à jouer ce personnage, c'est fini, enfin vu comme mon texte fini j'y donnerai peut-être une suite qui sait ? x) Merci à Orki de m'avoir permis d'être chef à nouveau, ça a été géniale, merci, et puis merci à toutes le personnes qui ont interagis dans l'histoire de Caco, ce personnage a été un vrai bonheur, enfin bref, merci <3

     


     
    DON'T FORGET ME. 
    https://www.youtube.com/watch?v=E8O4PMHm0Ns 

     
    Je ne peux pas dire que j'ai fait le tour du monde, loin de là. Mais je pense pouvoir dire que j'ai fait le tour de ma vie. Courte peut-être, longue peut-être, tout dépends de vous. Car le temps n'est q'une abstraction oubliée sur laquelle nous nous basons comme une ligne qui nous porte, alors que c'est nous qui portons le temps. La vie est une horloge, mes aiguilles rouillent doucement, bientôt elles s'arrêteront, je le sais, je le sens. Les étoiles m'invitent à siéger à leurs côtés, moi, ça ne me dérange pas. Je crois. Je reviendrais peut-être. Si j'ai peur de la mort. Comme toi maman, je suis ton dernier enfant je crois, es-tu sur terre ou perdu dans les étoiles ? Dis maman, tu te souviens du jour ou je suis arrivée, tu m'as serré contre ton ventre avec Emeraude. Nous n'étions que des enfants, couverts de neige, tremblant de froid après notre fuite. Et toi papa, je sais que tu es là-haut, je t'ai vu tant de fois. Je crois que la vie va me manquer vous savez, mais là-haut, tout est plus beau, pas vrai ? Je retrouverais les gens que j'ai aimé, je redeviendrais celui que j'ai été. 
    Je marche, le vent souffle, mes poumons grincent. Ma respiration se fait sifflante. Je tombe au milieu des fleurs nocturnes soulevant quelques fins pétales, à bout de force, je dois me reposer un instant. Au dessus de ma tête les étoiles étincellent, autour de moi les lucioles s'élèvent doucement et dansent lentement. C'est beau, c'est si beau. J'entends le ruisseau qui coule le longes des pierres, j'entends les feuilles murmurer dans le vent, j'entends la chouette qui hulule, le temps qui s'arrête. J'entends la vie. Je suis étendue dans ce parterre de beauté alors qu'une forme se dessine à mes côtés, translucide, si belle, si douce. 

     
    - Papa... 

     
    L'ombre translucide me sourit, jamais je n'ai vu chose plus belle. Le fantôme transpercé par les fleurs brille d'une pâle lueur blanche, les insectes de lumière la traverse, c'est une âme. Un petit ver luisant chemine dans sa patte sur une petite feuille verte. Une larme dans laquelle se reflète l'esprit apparait dans mon oeil et glisse le long de mon nez, dessine mon second oeil, et s'écrase sans bruit sur la terre. 
    Est-ce que je rêve ? Est-ce que je suis mort ? J'ai pourtant l'impression que tout est réel, les racines et la cime des arbres, les souris et les araignées, les feuilles et les fleurs, le bruit et le silence, la vie et la mort. Je clos mes paupières, puis me redévoile l'existence, il est toujours là, son petit sourire en coin. Je suffoque, et avec beaucoup de mal, lui adresse un sourire éclatant. Une autre petite forme apparait et chasse un papillon, je connais cet être, c'est moi. Quand j'étais petit, mon père me regarde tendrement. Seconde larme. Le petit chat est maintenant contre un ventre blanc. Premier sanglot. Il regarde maintenant un arbre avec tant d'espoir dans les yeux. Troisième larme. Et là il apprend la vie, je pleure, le sourire figé sur les lèvres. 

     
    - Tu viens ? 

     
    J'avale ma salive, alors c'est fini ? Ça y'est ? Je ferme mes yeux d'or, je pousse un long soupir et je les rouvres, je hoche la tête, et je me lève. Je me sens si léger, je me sens si bien. Je saute et je ris, mon père accompagne la mélodie du sien, il s'élance vers la lune, et je le suis. Je tourne un dernière fois la tête. Mon corps est étendu sur le sol, le sourire aux lèvres, les yeux clos. 

     
    - Adieu. 

     
    Et je m'élance, je m'élance avec ma jeunesse d'antan vers le territoire des étoiles blanches. 

    - Maman, ne me laisse pas, s'il te plaît.

    La jeune féline à la queue blanche, masquée entre ses cuisses,avait les oreilles rabattues sur la tête et regardait avec crainte celle qui était sa mère. Malgré les cicatrices dessinées sur les flancs de la petite chatte par les griffes d'acier de l'ancienne factionnaire, elle aimait sa génitrice. C'était naturel, elle ne pouvait pas faire autrement. Et pour, des sait qu'elle aimerait ne rien ressentir pour Sacrilège des Abysses. Être vide de sentiments, oublier la peur. La crainte. L'amour. Et les autres sentiments, elle ne les connaissait pas, c'est ces trois là qui menait sa rude vie. Une patte noire s'envola dans l'air et s'abattit tout griffe sortit sur la patte avant de Petite Biche. La jeune chatte poussa une Petite plainte et se recroquevilla sur le sol froid de la nuit.

    - Ma chère petite, je t'ai répète maintes fois que c'était pour ton bien et pour le lien, tu vas te forger un caractère d'acier en vivant seule au milieu de ces chats, tu vas comprendre la vraie vie ma douce.

    Une maigre gémissement s'échappa de la gorge sèche de Petite Biche. Elle ne voulait pas. Elle voulait rester en sécurité avec sa mère. Aller voir en cachette son pere dans les grottes humides. Se faire caresser et nourrir de temps à autres par les étranges créatures sans fourrures. Garder sa vie.

    - Mais maman...

    Elle ne voulait pas continuer sa phrase, elle entendait le feulement de sa mère qui montait doucement dans sa bouche. Elle pencha la tête en avant et murmura un au revoir inaudible, reçu une lechouille froide sur le front en échange, et se retrouva seule et blessée dans la nuit froide. Petite Biche leva la tête vers les étoiles, elles semblaient la regarder, intensément. Elles brillaient dans le ciel froid, de différentes manières, comme si elles parlaient entre elles. Soudain la noiraude pris concsience que les étoiles voyaient tout, elle ne leurs avaient jamais prêtées plus d'attention que ça pourtant elles connaissaient toute sa vie dans les moindre recoin. Un bruit.

    - Qui est là ? Je ne vous veux pas de mal !

    Je vis. Je respire. L'air s'engouffre dans mes petits poumons et me fait mal. Que ce passe-t-il ? Que m'arrive-t-il ? Je sais que je ne suis pas à ma place, mon corps est trop petit, je n'arrive pas à marcher, ni a parler. Je ne vois rien tout est noir. Qui suis-je ? Je ne sais pas, je ne me souviens pas. Mais quelque chose ne va pas, j'ai encore le sensation de voir le soleil, de marcher dans l'herbe chaude. Je ne comprends plus rien, une énorme queue de chat m'attire contre un endroit tout chaud, je sursaute. Je crois que j'ai peur, quand soudain une odeur délicieuse m'attire. De ma petite bouche je m'approche et je tire de toute mes forces, remuant mes minuscules pattes. Un liquide chaud coule dans ma gorge, qu'est-ce que c'est déjà ? C'est tellement bon, je ronronne. Est-ce que je suis un chaton, c'est ma maman ? Je dois lui dire que j'ai un problème. Je m'arrache, un peu hésitante, des mamelles du plaisir et je rampe jusqu'à elle, je me love entre ses pattes, sur le dos.

    - Miaaaw miaw.


    Des sons sortent de ma bouche, ce ne sont pas des paroles je crois. Je ne le sais pas mais ma mère découvre alors la blancheur de ma bouche, ma douce langue munies de papis gustatives, blanche comme neige, mon palet et ses plis, mes gencives, blancs comme les ailes d'un ange, et mes crocs, mes toutes petites crocs, les quatre uniques qui apparaissent. Elles sont si pures. Je ne sais pas si ma mère à peur ou si elle à le souffle coupé devant se spectacle qui reflète avec tant de beauté la lumière du jour. Je crois que je m'endors entre ses douces pattes, que c'est beau de vivre, que j'aime vivre. On me soulève, on me repose aux côtés de mon frère. La gorge ronronnante je me colle à lui, je ressens déjà un amour infini pour mon jumeau.

    - Mi...Miaw..Mow

    Je me délecte des bruits que produisent mes frères et soeurs et me joins à leurs mélodies, je ne suis pas à ma place, pourtant cet endroit, cette vie, tout est si savoureux autour de moi, je me sens bien. Mais si je savais ce qui adviendrait par la suite, peut-être ne dirais-je pas tout cela.

    Arrivée de Moka



    Il pleut, la pluie tombe doucement sur mon nez goutte par goutte. Les nuages grondent et me font trembler de peur, menaçant de d'abattre sur le monde leur gris si inconnu de tous. Mon pelage me colle à la peau, mes tremblements de peur sont intensifier par ceux du froid. Je vois une porte ouverte et je cours mais elle se referme devant mon nez, me prenant au passage un coup de pied. Je décide de continuer de marcher dans la ville, la pluie se transforme en averse et tape sur le sol, le oreilles rabattues sur le crâne, triste, j'avance doucement jusqu'au porche d'une porte et je m'allonge, en boule. Sans le vouloir, le froid m'endors doucement, lentement. Au bout d'un certain temps je sens des mains me soulever et m'envelopper dans quelque chose de sec. Je me ses compressé mais je ne bouge pas, je n'en ai plus la force. Je sens qu'on me pose sur quelque chose de mou, j'entrouvre les yeux et je découvre que je suis sur un coussin dans une boite. Je crois que je suis dans une boite qui roule, comme celle qu'il y a dans les rues. J'aperçois le ciel et les toits qui défilent dans le pluie. Je me suis encore fait attrapé ? Je ne sais pas. La dernière fois j'ai réussi à m'échapper avant, vont-ils me faire du mal. J'essaie de me réveiller un peu et avec mes dernières forces je passe une patte entre deux tiges, une main de bipède m'attrape et me surprend, je retire attifement ma patte et vais me lover en rampant au fond de la boîte. C'est alors que je suis surpris, un petit visage tout rond de bipède apparait, deux grands yeux bleus, quelques dents à découvert et de longs poils dorés sur la tête. Je crois que c'est une femelle, du moins il me semble. Elle tape dans ses petites pattes et secoue celles sur lesquels elle se tient debout. Elle est assise. À ma plus grande surprise un doigt apparait par la fente derrière moi, surpris je recule et je bute sur un bol. Curieux je renifle, mais qu'est-ce que c'est que ça ? Ça sent la viande, mais avec une drôle d'odeur, comme quand je mangeais dans les poubelles. Je pose ma langue dessus et un délicieux goût se pose sur ma langue, je décide alors de planter mes petites crocs dedans pour gouter, c'est tellement bon. Je décide de tout manger, pourtant quand j'ai fini je sens encore l'odeur, je lève la tête, la petite bipède en tient dans sa patte, je peux lui piquer ? Elle semble me le tendre, un peu sceptique je m'approche et le saisie, je m'en régale et hésite à en redemander, mais les pattes me font trop peur, je me love au milieu de la boite.

    - Ne lui en donne pas trop, garde en pour toi chérie.

    Je sursaute, c'était un bipède qui parlait ? Je n'ai pas compris ce que le bipède disait, ça me fait peur mais j'ignore. Rassasié je décide de m'endormir, bercer par la boite à roue qui bouge sur le chemin qui gronde. Je suis réveillé par la petite boite qui bouge. Je m'agrippe au coussin, je me demande ce qu'il vont me faire. Je crois que nous entrons dans une de leur tanière, j'ai trop peur pour ouvrir les yeux, mais soudainement une douce odeur de lait et la chaleur s'installe, je sens une forte odeur de chats adultes, vont-ils me faire du mal ? J'ai peur. La boîte est posée par terre et la grille s'ouvre, dehors il y a des chats, je ne veux pas les voir ils me font peur, je colle au fond de la boite. Les bipèdes enlèvent des parties de leurs fourrures non loin. Qu'est-ce que c'est que cet endroit, est-ce que je vais mourir ? Les questions se bousculent dans ma tête, je suis mort de peur. Je crois que la grande femelle bipède m'invite à sortir mais je ne veux pas. Je sens alors la boite que bascule vers l'avant, je m'accroche mais je finis par tomber. Tout est tellement grand ici, j'ai peur. Je pars vers la gauche, vers la droite, je ne trouve pas de sortie, je fais tomber quelque chose mais je ne regarde pas, je me cache sous un meuble à tout allure.

    - Et bien ce petit à de l'énergie !

    J'entends les pas de la femelle bipède qui s'éloigne, elle a de drôle de pattes que j'aperçois, rouge flashy. Les petits bipèdes la suive. Je ne sais pas où je suis, bon mis à part sous un meuble bien sur. Qu'est-ce que c'est cet endroit ? Je n'entends plus la pluie, il ne doit plus pleuvoir, du moins je l'espère pour pouvoir ressortir. Je décide de détailler l'endroit où je suis, devant moi il y a une sorte de fourrure grise étendue sur le sol, et deux blocs carrés autour, à droit il y a des trous transparents où on voit le dehors. Un chat noir sort de la maison, suivit d'un gris tigré. Il y a un vieux matou qui passe de temps en temps, je suis perdu dans ce monde.

    Un pas, puis l'autre, le froid me mord la peau et m'entrave le corps, de la glace coule durement dans mes veines bleues. Je martèle le sol avec violence, plus rapide que le vent et le temps. Un sourire est dessiné sur mes lèvres, le destin va enfin tourner. Je pénètre dans la ville, l'odeur de sang, de haine et de sale assaillie mes poumons et me fait dévoiler sarcastiquement mes crocs blanches. Je connais le chemin maintenant, je saute par dessus les pierres, j'entends le tonner qui gronde et les rires qui s'échappent de l'intérieur de la bâtisse montée d'un métal marron et terrifiant. Je m'avance avec assurance, roulant des épaules et je me lèche les lèvres par avance. J'ai laissé partir les chatons et autres maintenant, j'en sais des traumatisés, Petite Danse a détruit la part de gentillesse qui survivait dans son coeur et je m'en satisfait. Laissant échapper un petit rire satisfait je me glisse par l'entrée béante, à ma grande satisfaction les quatre chats sont là.

    - Lucifer. Je ne t'ai pas déjà dis de ne plus jamais revenir ici ?

    La langue râpeuse parcourant lentement ses babines il se lève d'une geste long, j'entends presque ses muscles qui grincent de puissance, mon sourire s'intensifie. Les trois chats en biais se lèvent à leur tour, Masto sourit et fait un petit signe de tête. Le premier noiraud s'approche de moi, suivit de la femelle blanche.

    - Tu as si peur de moi Masto ?

    Le matou gris afficha une grimace et leva sa patte d'un geste brusque, j'appréciais le fait qu'il ne sache pas comment je me bats, je l'ai tant observer que je connais chacune de ces feintes, chacun de ses mouvements. Il penche sa tête à droite, à gauche, j'entends un os qui claque. Ses muscles roulent sous son pelage, je garde mon aspect détendu et lance un regard provocateur à ses chiens d'esclaves. Ils se positionnent derrière lui, prêt à combattre.

    - Laissez nous. C'est moi, contre lui.

    En prononçant ces mots, il se jette vers l'avant et je passe sous son corps, il roule un peu et pousse un feulement de rage avant de revenir à la charge. Je m'éclipse encore de son attaque, décale mon cors à chaque coup de griffe, évite le moindre coup de crocs, mais je n'attaque pas. Quand il me mord la patte je me contente de la secouer violemment pour lui faire lâcher prise, et j'entends. Sa respiration bien plus rapide que la mienne, sa langue râpeuse qui frotte ses dents, demandant de l'eau. Je me retourne et j'attaque, je lance ma patte avant droite pour lui déchiqueter le museau, puis la gauche le fauche ce que me doit un coup de griffe sur le poitrail. Voyant mon sang couleur je m'énerve et le projette violemment contre la terre, un liquide rouge s'échappe de son corps, mais il revient encore et encore. J'halète moi aussi désormais, pourtant je le plaque enfin contre le sol et sans hésitation lui arrache la chair de sa gorge. Je vosi ses yeux s'éteindre et son souffle partir.

    - Adieu Matso. Et vous ne revenez plus jamais, vous êtes sur le territoire des Dévoreurs.


    Tremblant d'effrois, les félins s'enfuient sans demander leur reste, je dois me débarrasser de ce corps avant l'arriver de Léopard et Déesse. J'attrape le cadavre par la peau du coup et, un peu boitant, je l'emmène jusqu'au fossé où je le lance. Du sang coulant légèrement dans les yeux je retourne voir ma "compagne", ronde de nos enfants et mon ami.

    - Bienvenue chez vous.

    C'était lui, le froid. Il revenait doucement comme un esprit dans la nuit, flambait les feuilles et les faisait tomber dans des cascades de couleurs dorées. Il créait des nuages presque invisible lorsque l'on soufflait le matin. Mais il se battait encore contre le soleil qui reprenait possession du temps l'après-midi. Des cascades de rayons scintillants s'abattaient sur le clairière du camp et faisaient plisser les yeux de douceur à tes compagnons d'armes qui profitait de cet astre jaune qui semblait pâlir avec le temps. On entendait encore les proies dans la forêt, elles abondaient même, commençant leur cachette de provision pour l'hiver venant. Toi, tu étais là, dans ce méli mélo, voilà 5 lunes déjà que la flamme de Mélancolie c'était éteinte, mais désormais Corbeau avait confiance en toi et tu souhaitais en être digne. Tu étais allongé, l'herbe fine caressant tes flans, le regard se baladant lentement sur l'amas de chats présents, tout ces êtres étaient ta famille, et tu étais la leur. Parfois dans l'adversité, parfois dans l'amour, vous n'étiez qu'un ensemble, seulement des chats errants les uns sans les autres. Et si vos ennemis, parfois amis, n'étaient pas là pour occuper la forêt, vous ne seriez qu'une horde comme les autres, l'équilibre de la forêt sur la présence de chaque moustache frôlant l'univers, de chaque patte tapant sur le sol, de chaque oreille se dressant sur une tête, de chaque queue fouettant l'air. Tout cela te fascinait mais l'appel du lieutenant t'extirpa brusquement. Tu étiras tes pattes avant devant toi, entendant un os craqué et un muscle grincé, c'était une agréable sensation en général. Tu te rendis à côté de Chant du Loup, Étoile du Corbeau avait du le mettre au courant de pourquoi tu te trouvais ici, tu te mis légèrement en retrait par rapport au lieutenant, la mine dure. Certains te lançaient des regards corrosifs auxquels tu répondais froidement, parfois un peu hésitant mais dans l'ensemble ça allait. Ton meneur commença par quelques baptêmes, puis l'annonce vint.


    -Le Clan me semble en danger, Mensonge Acide j'ai confiance en toi donc tu seras a mes côté à présent ; ta force me semble utile j'ai besoin d'un garde du corps je suis certain que parmi vous ici ils y en a qui veulent ma mort et les autre Clan aussi.

    Tu penchas ta tête en avant pour remercier un nouvel fois Corbeau, l'assemblée le regardait avec curiosité et méfiance, d'autres vous fixaient, toi et Loup. Tu comprenais leurs réactions, Corbeau renversait les principes du Clan de la Nuit en se méfiant de ses camarades, mais c'était nécessaire à la défense du Clan, et tu faisais confiance au meneur, ta compagne défunte ne l'avait pas choisi par le fruit du hasard. Cependant la colère de Corbeau continuas et tu finis par lire dans les yeux des guerriers, ils étaient inquiets, ils craignaient Corbeau et les actes dont il serait capable. Il t'arrivais d'y songer aussi, mais le Clan des Étoiles avait offert ses neufs vies au meneur actuel, il le jugeait donc apte à gouverner le Clan de la Nuit de part ses choix.

    -D'ailleurs ! Aucun intrus n'est autorisé sur le territoire, je veux plus de sécurité dans le camp et ...et plus de patrouilles, au moindre truc suspect venez me voir !

    Tu serras un peu tes dents, Corbeau avait sous entendu que ça serait toi qui serait responsable de la sécurité du Clan, mais tu n'étais pas sur de vouloir faire la guerre à la paix sur les ordres de ton meneur. Bien que les tentions entre le Soir et la Nuit soit toujours forte, tu te demandas si l'alliance entre l'Aube et vous tenait toujours, ou si l'Oiseau noir déciderait de la rompre. De ton côté, tu n'avais pas confiance en Étoile Spectrale, le matou ne t'attirait aucune sympathie mais une grande méfiance. Tu secouas la tête pour dissoudre tes pensées quand l'assemblée du Clan se brisa, quelques félins se risquèrent à crier vos noms avant, d'autre virent te "féliciter" sans trop savoir pourquoi ils le faisaient. Chant du Loup t'adressas un signe de tête auquel tu répondis durement mais respectueusement en penchant la tienne légèrement vers l'avant. Puis tu te rendis vers Corbeau, maintenant commençait ton rôle. Tu ne savais pas si tu devrais être en permanence avec lui, ou si tu devrais simplement assuré la sécurité du meneur et du Clan, un peu hésitant tu lui posas la question, attendant une réponse, la tête penchée sur le côté, joue regardant amoureusement le sol.

      Regarde, la neige tombe. Regarde Lucifer, le monde se couvre d'un masque blanc taché par le sang. Tes pattes de haines s'enfoncent dans la chaire blanche de l'hiver, ou est-il passé ? Où est ton meilleur ami ? Tu marches seul dans le froid, un silence macabre t'entoure, parfois entrechoquée par te respiration qui s'élève en petit nuage. Tu pourrais suivre cette odeur encore des jours, des mois, des années pour le retrouver. Une odeur parvient à tes narines, le Clan de la Nuit. Pourquoi est-il venu ici bordel ? Pourquoi le monde s'écroule-t-il doucement. Tu inspires profondément et tu pénètres la passé, l'odeur des Clans te prend à la tête et te fais grogner. Ces odeurs sont bien trop de souvenirs, mais elle sont couvertes par une bien pire, la mort. Non. Ce n'est pas possible. Tu te mets à courir, promettant des morceaux de neige, te déchirant les poumons, c'est impossible. Quand l'odeur devient trop forte tu ralentis, un corps est étendu sur le sol rouge et blanc.

      - Léo ? Léo réveille toi !

      Te pattes se posent sur le cadavre et commencent à le secouer, ce n'est pas possible, pas lui aussi, pas encore un nuit eux, pas encore. Réveille toi.

      - Hé Léopard ? Exile du Léopard ? Reviens, s'il te plait. Me laisse pas, pas toi aussi. On avait des projets tu te souviens ? Réveille toi s'il te plait. Je te promets que ça va aller, on va trouver une solution je...je...

      Des sanglots qui s'échappent, des larmes salés qui tombe sur la neige tachée de sang, et la haine. Elle ne fait que grandir. dans une ultime longue et douloureuse plainte qui fait fuir les corbeaux dans la froid tu hisses Léopard sur ton dos en gémissant.

      - Je vous tuerais, je vous assassinerais un par un. Vous mourrez tous entre mes griffes.

    récit particulièrement violent.

    THE FIRST ONE.



      Le blanc partout, posé sur chaque parcelle du monde. C'était la neige, l'hiver qui s'installait doucement. Comme un tapis, le froid se déroulait sur le sol de feu de l'automne et la glace éteignait doucement la chaleur du passé. Les pattes s'enfonçaient dans ce sol nouveau et tremblaient, la vie avait fuit. Les arbres étaient dépourvus de leurs feuilles et semblaient être de grandes mains prêtent à vous attraper et vous broyer le coeur. Les corbeaux de geai étaient presque les seuls animaux qui ne dormaient pas pour plusieurs mois, ils poussaient leurs croassements et s'envolaient dans des nuées de noirceur. Tu aimais cette saison, elle était celle du désespoir, celle ou la faiblesse était la plus importante chez les Clans et tu allais répandre le rouge sur le blancheur, et ce jusqu'à la fonte des neiges. Tu vengerais Edelweiss, Léopard, et tu les tuerais un par un, tu les ferais vivre dans la peur. Déesse regretterait de t'avoir abandonner, et chacun tremblera en entendant les cris dans la nuit. Tu en mourais peut-être, mais tu ne serais pas le seul. Tu arpentais le territoire depuis plusieurs jours, laissant parfois un animal à qui il manquait les pattes ou la tête dans une flaque de sang pourpre. D'autres fois tu marquais les frontières comme si elles étaient tiennes, puis la nuit tu fuyais vers les solitaires pour revenir le lendemain comme un fantôme. Aujourd'hui, le début de tes damnations commençait, tu ne portais pas le nom du diable pour rien. Tu étais caché dans un buisson qui ressemblait plus à une carcasse qu'un végétal depuis plusieurs minutes quand l'odeur de la vie se fit enfin sentir. Un chat approchait. Tu fermas lentement tes paupières et inspira, c'était la douce odeur d'une femelle, adulte probablement. Restait à savoir si elle savait se battre. D'un gracieux mouvement tu sortis de ta cachette. Un moins d'une seconde, la jeune chatte grise avait lancé ses pattes avant vers toi, tu esquivas de justesse et la noiraude se retrouva le nez écrasé dans la neige.

      - Avant de m'attaquer à nouveau, sais-tu qui je suis mon enfant ?

      Tu te tenais assis bien droit, la queue enroulée autour des pattes et les yeux en amande, parfaitement calme comme à ton habitude. La minette se releva, s'ébroua et sans te répondre se jeta à nouveau sur toi, tu l'écartas d'un puissant coup de patte qui l'envoya valser quelques longueurs de queue plus loin.

      - J'ai tout mon temps.


      Tu dis ces mots en te levant pour t'approcher d'elle puis te rassoir devant elle, dans la même position. Elle te regardait avec rage, jusqu'au moment ou ces yeux tombèrent sur ta cicatrice, sous le coup de la surprise elle relâcha un peu ses muscles et ouvrit de grands yeux. Bien évidemment elle avait déjà vu cette cicatrice sur le corps exhibé de ton défunt ami Léopard et devait être au courant, vous étiez entrer dans la légende des chats de qui ont parle pour effrayer les enfants.

      - Cette cicatrice...ce n'est pas possible, tu es...

      - Lucifer, pour vous voir mourir.

      A peine avait tu finis ta phrase que tu bondis sur la jeune victime et la plaqua au sol. Ta griffe sortit vint lui frôler plusieurs fois le museau tandis qu'elle se débattait avant de se plonger profondément entre ses deux yeux et de glisser vers son museau alors qu'elle poussait un cri de douleur. Le sang se mêla à ses larmes et tu grimaça une seconde avant de te ressaisir.

      - Je vous tuerais un par un, tu entends ça ma belle ? Un par un.

      La féline lança sa patte et atteint ton poitrail violemment d'où le sang se mis à fortement saigné. Tu poussas un feulement de rage et reculas un instant. Tu attrapas un bâton brisé nous loin de là dans ta puissant mâchoire et tu lui plantas de toutes tes forces dans l'oeil droit, plaquant tes pattes sur sa bouche tandis que son oeil explosait. Ta patte gauche traças un long trait de son cou jusqu'à ses cuisses d'où les entrailles et le liquide rouge jaillir brusquement.

      - Pourquoi... ?

      Alors que ta mâchoire s'apprêtait à torde l'une de ses pattes, tu entendis ce murmure inaudible et tu approchas ta bouche de son oreille dans un petit rire.

      - Tu demandes pourquoi ? Parce que vous me les avez tous pris un par an, vous avez détruit ma vie alors je vais détruire les vôtres.

      Ponctuant ces paroles d'un large sourire, tu t'emparas de son oreille et tu tiras de toutes tes forces, l'oreille partie avec toi et tu tombas dans la neige. Elle allait mourir d'ici quelques minutes il était donc tant pour toi de partir. Mais avant cela tu plongeas ta main dans son ventre pour la ressortir pleine de sang et traças le croix inversé dans la neige. Il devait savoir que c'était toi. Tu plongeas dans le buisson et te roulas dans la neige, ignorant au maximum la douleur de ta poitrine qui, bien que ne saignant plus, te faisais souffrir. Le meilleur moyen pour toi était de passer par les branches noueuses des arbres, alors c'est ce que tu fis, tu fuis en laissant ce corps agonisant derrière toi, prêt à revenir pour tout détruire.


    THE SECOND.
    PRIVÉ


      Tu t'éveillas lentement, lové dans une litière de mousse donc quelques brins s'accrochaient à tes longues moustaches. Tes pattes s'étirent devant toi, puis derrière. Ta mâchoire s'ouvrit grandement et tes épaules roulèrent sous ta fourrure châtaigne. Cela faisait maintenant un demi lune que tes griffes avaient détruit le corps de la jeune féline grise, et maintenant ta soif de sang ne cessait de grandir, tes pensées courraient vers Edelweiss, Nausicaa, Léopard, ceux que tu avais perdu entre les pattes des Nuiteux. Tes membres tachées d'un sang invisible sortirent dans le vent froid de l'hiver pour se planter dans la neige blanche, et tu te mis à courir. Plus l'odeur du Clan de la Nuit se faisait importante, plus tu courais vite, jusqu'à en brûler tes poumons par l'effort et la haine. Lorsque tu atteints enfin la frontière, tu te masquas dans un buisson et tu patientas, quelques minutes, ou quelques heures, peut importait. Car une odeur bien connue finit par se mêler à celle nauséabonde des chats vivant sur ces terres. Tu t'extirpas de ta cachette gracieusement et sourit.

      - Ah Loup, mon vieil ami.

      Ton et sourire étaient sarcastiques et machiavéliques, tu aurais ta vengeance quand à la fuite de ce guérisseur qui, selon les rumeurs, étaient désormais chef sous le terrible nom d'Étoile des Hurlements. Tu poussas un long soupire et t'approchas doucement.

      - Tu portes bien ton nouveau nom tu sais ?

      Tu t'arrêtas à quelques longueurs de queue de lui, marqua un longue pause et bondit sur lui pour le plaquer au sol, lui murmurant des paroles effrayantes à l'oreille.

      - Car je vais te faire hurler mon cher, je viens te hanter pour toujours.

      Hanter, car ce moment resterait à jamais gravé dans sa mémoire, tu le voulais. Tu avais torturé le mâle par le passé, mais ce n'était rien face à la douleur qu'il allait ressentir aujourd'hui, mourir une première fois après une longue souffrance, mais tu ne lui arracherait pas toutes ses vies, non loin de là. Tu voulais qu'il vive les suivantes avec la peur et la marque de ce jour dans son esprit.

    MENSONGE ACIDE.


      La peur. La crainte. La terreur. La perte. La tristesse. Tu avais déjà rencontré tant de fois ces sentiments qui s'accrochaient à la fourrure, devenaient lourds et impossibles à faire partir à moins que le temps ne le veuille. Certains personnes avaient la capacité de s'offrir une nouvelle chance de connaitre la vie et l'amour, d'autres sombraient définitivement dans des ténèbres incertains. C'était la quinzième nuit, quelque chose comme cela, qui tombait sur les Clans depuis l'élimination de Léopard, et le Clan de la Nuit craignait les représailles de Lucifer sur l'un des leurs. Mais toi, ton esprit était ailleurs, ton corps aussi. Tu pensais à elle, car plus le temps passait, plus la brèche de ton coeur devenait grande. Cela aurait probablement du être l'inverse, mais tu aurais voulu connaitre les quatre saisons au côté de ton amour. Tu étais tombé amoureux d'elle au coeur des fleurs du printemps, t'ouvrant comme un petit bouton après l'hiver, tu avais brûlé de passion sous le soleil de l'été, et tu l'avais vu dégringoler comme une feuille quittant l'arbre pendant ce dernier automne. Et tu aurais aimé plus que tout au monde qu'elle voit les couvertures blanches déroulées sur les branches, les gouttes glacées au bout des végétaux résistants, les sapins entièrement bleus, couverts de givre, le lac cachée par une couche de glace effrayante, tu aurais voulu qu'elle soit en vie. Tu décidas de retourner au Clan, enfonçant tes pattes dans la neige froide, lentement, savourant le froid qui fondait au contact de ton corps chaud. Lorsque tu pénétras le camp, les chats étaient rassemblés et poussaient des cris de terreur. Inquiet tu fendis la foule et ce que tu découvris te stoppa net. Un corps gris s'étendait dans une flaque de sang sombre qui tachait la neige, de l'un de ses yeux s'écoulait un liquide jaunâtre tandis que des coûtes de sang séchés couvraient le reste, son ventre était ouvert et on pouvait en admirer l'intérieur, une de ses oreilles avait été arrachée et sa tête était couverte de sang, qui avait bien pu faire cela ? Tu cherchas Étoile des Hurlements du regard, il était avec une reine. Les murmures t'apprirent rapidement que c'était elle qui l'avait trouvée dans ses états, tu déglutis et regardas ton meneur monter sur le promontoire et appeler ses guerriers et apprentis.

      - Poil de Taupe est morte. Elle a perdu la vie en se battant contre Lucifer, plus connu sous le nom de Plaisir Luciférien, guerrier banni du clan de l'aube. Les mesures de protections provisoires que j'avais mis en place, n'ont pas suffit. J'avoue que je ne m'attendait pas à ce qu'il attaque aussi violemment et qu'il est ai le dessus aussi facilement sur une guerrière vétéran. Ainsi, les mesures qui avait été mise en place de façon provisoire sont maintenu jusqu'à la disparition définitive de Lucifer. A ces mesures, je rajoute deux consignes. Je veux qu'il y ai toujours un garde à l'entré du camp et les guerriers ne doivent plus sortir seul. Personne n'est à l'abri d'une attaque, ne sous estimer surtout pas votre adversaire.

      Des cris de frayeur s'élevèrent de l'assemblée, c'était arrivé, chacun le savait que ça viendrait. Tu regardas autour de toi, combien de ces chats étaient persuadés de pouvoir tuer Lucifer, mais mourraient face à lui ? Et surtout, comment Lucifer était-il si facilement au courant des allez et venus de chats seuls ? Etait-ce un coup de chance, ou bien un traitre était-il avec vous en ce moment même ? Dévisageant les chats un par un, tu te demandas lequel serait le plus apte à être un félon sans coeur, mais leurs visages semblaient tous dévastés, impossible de savoir. La confiance au sein d'un Clan était plus qu'importante, mais qui savait à qui on pouvait la donner en ces jours sombres ? 

      - Cette nuit, nous veilleront comme il se doit Poil de Taupe qui est morte pour son clan.

      Pour son Clan ? En aucun cas Poil de Taupe n'était morte pour son "Clan", elle avait rendu l'âme pour un chat qui était un assassin sans foi ni loi, l'envoyé de la forêt sombre sur terre ou pire encore. Tu ne t'en allas pas tout de suite, regardant les anciens et sa famille former une litière de sapin et cacher ses blessures avec lierre et autres végétaux résistants à l'hiver. Personne ne méritait ce sort, à part peut-être Lucifer. Tu t'approchas pour faire tes adieux à ton amie et laissas sa famille en faire de même, dans un coin son apprenti observait froidement la scène. Tremblant. Mais tu étais incapable de dire si c'était de haine ou de tristesse.




    SILENCE PERDU.


      Parfois, je voudrais avoir la parole, produire des sons. Dire la vie, dire l'amour, dire la tristesse, chanter le temps, chanter le bonheur. Mais d'autre fois, je m'en passe bien. Comme ce jour-ci, ou un corps est allongé au centre de la clairière, mutilé, presque décapité, une amie morte. Et même si j'avais pu dire quelque chose, je n'aurais pas eut les mots. Une cruauté sans égale. Je déglutis et alors que notre meneur monte sur le roc qui surplombe le Clan je vois un petit museau dépassé des buissons de la pouponnière je me précipite à son entrée pour éviter les chatons d'admirer ce spectacle. Les chatons sont quelques choses que je n'aurais jamais je crois, tout comme une compagne, qui voudrait d'un guerrier incapable de dire "je t'aime" ou simplement "une partie de chasse ?". La réponse est simple : personne. La  seule personne avec qui j'ai développé de vraies affinités est Déesse, et nous sommes bien trop amis pour qu'il puisse se passer quoique ce soit entre nous. Je pousse un petit soupire mélancolique puis j'indique aux petits chats de rentrer chez eux, et alors que j'en vois un qui murmure à l'oreille d'un autre, je m'attends à une critique mais ce que j'entends me touche le coeur.

      - Maman m'a dit que Silence Perdu n'avait même pas besoin de parler tant il était un grand guerrier

      J'aurais surement proposé au petit de jouer ou serait aller remercier la mère si les circonstances n'étaient pas aussi tragique. Je regarde à mes pieds et je vois un petit chat blanc qui fixe le cadavre, je n'ai jamais vu tant de frayeur dans de si petits yeux, je me hâte de pousser le petit vers sa tanière et je me tourne à nouveau vers le meneur du Clan de la Nuit.

      - Poil de Taupe est morte. Elle a perdu la vie en se battant contre Lucifer, plus connu sous le nom de Plaisir Luciférien, guerrier banni du clan de l'aube. Les mesures de protections provisoires que j'avais mis en place, n'ont pas suffit. J'avoue que je ne m'attendait pas à ce qu'il attaque aussi violemment et qu'il est ai le dessus aussi facilement sur une guerrière vétéran. Ainsi, les mesures qui avait été mise en place de façon provisoire sont maintenu jusqu'à la disparition définitive de Lucifer. A ces mesures, je rajoute deux consignes. Je veux qu'il y ai toujours un garde à l'entré du camp et les guerriers ne doivent plus sortir seul. Personne n'est à l'abri d'une attaque, ne sous estimer surtout pas votre adversaire.

      Des cris d'effroi s'élèvent, et je fremis à mon tour. Je me souviens de voir Plaisir Luciférien aux assemblées, d'échanger des regards, l'écouter me donner des nouvelles de son Clan, avec sa douce compagne Edelweiss. Puis quand on a retrouvé celle-ci, essayant d'assassiner une ancienne meneuse et sa lieutenante, il a changé, terriblement changé. Et la mort de son compère Exil du Léopard avait réveillé sa colère.

      - Cette nuit, nous veilleront comme il se doit Poil de Taupe qui est morte pour son clan.

      Je regarde la dépouille de mon amie, elle ne méritait pas de mourir comme cela, ma pauvre Poil de Taupe. Ses amis et sa famille prenne soin d'elle et nous lui faisons des adieux, l'un lui murmure qu'il regretterait leur parti de chasse, l'autre leurs nuits passées ensemble, tant de secrets qu'elle ne pourrait plus vivre. Je ne peux m'empêcher de penser que si jamais je l'avais accompagnée chasser comme elle me l'avait demander, elle ne serait pas morte inutilement. Je lève ma truffe vers le ciel et pousse une longue plainte douloureuse et silencieuse, la haine pèse sur le monde.

    MENSONGE ACIDE.


      Le temps. Ce sable qui coule doucement entre nos doigts, qu'on essaie de retenir mais qui glisse malgré tout. J'aimerais pouvoir le retenir, le serrer contre mon coeur et récupéré celui qui est déjà tombé dans les abîmes noires de l'oubli. Tu me manques ma tendre compagne. Ta silhouette fine se découpant des couchers de soleil interminables, ton sourire enjôleur, ta truffe se pressant contre la mienne, tes yeux pétillants de vie. L'hiver est là, sans toi. Les cristaux de neige scintillent comme du ver sous les caresses du soleil, les gouttes glacés qui tintent offrent le chant des anges, le givre qui cache le petit reste de vie qui coule dans les arbres. Je voudrais que tu sois là, je voudrais que les nuages compacts que mon souffle chaud forme dans la nuit se mêle au tien, mais il s'envole vers les taches blanches du ciel seul. Je voudrais pouvoir chasser les éclats d'étoiles froid qui tombent sur ton nez d'un petit coup râpeux de langue. Je voudrais te tenir dans mes bras et te serrer jusqu'à ce que nos corps n'en forment plus qu'un, que nos coeurs hurlent dans le noir ensemble, dans une harmonie cacophonique. Mais tu n'es pas là, et je suis seul à la lumière de cette lanterne dont la flamme tremble et menace de s'enfuir. Ils disent que cela passera, que doucement la brèche que tu as ouverte dans mon coeur se refermera, j'ai arrêté d'y croire tu sais. Je t'aime Étoile Miroitante.

      Lové dans ta litière, les yeux fermés sur le monde, tu rêvais. Tu rêvais de son visage endormi, ses flans se soulevaient, sa respiration sifflait lentement, ses membres tiquaient parfois, elle vivait, c'était si beau. Un rugissement t'extirpa de la douceur onirique, les billes d'acier que te servaient d'yeux s'ouvrir simultanément sur un ciel pâle, comme des flammes effacées. Un rose amer se mêlait au jaune qui enfermait les millions de flocons. Le tonnerre lointain poussait des cris et alarmait les Clans de sa venu. Un vent glaciale soufflait, quelques petites feuilles survivantes faisaient leurs adieux aux arbres pour rejoindre les bourrasques de la mort. Tu posas doucement tes pattes dans la neige froide, observant le paysage autour de toi. La tache de sang avait été recouverte par une couche plus fine et le corps de Poil de Taupe gisait sous la terre, dévorée par les vers et autres insectes vivant sous la vie. Tu poussas un petit soupir douloureux, portant ton corps jusqu'à l'extérieur du Clan. Tu avais envie de courir, courir jusqu'à ce que tes poumons brûlent, que ta bouche soit asséchée, jusqu'à ce que tes muscles t'y obligent. Alors tu te lanças dans la neige, sans regarder derrière toi, propulsant des nuages glacés. Tes pensées s'échappèrent de ton corps, s'envolant vers le ciel tel une nuée de corbeaux battant des ailes avec haine. Tu ne cessais de te demander ce qu'étais la mort, la vie, à quoi rimait tout cela ? Ces organes parfaitement organisés, ces sentiments qui se développaient sans que tu n'ai rien demandé, ce temps qui passait comme un éclair. Tu finis par les quitter lorsque tes pattes s'arrêtèrent au bord du lac. Une couche glacée couvrait la noirceur des abysses et pourtant le rugissement de l'eau était sourd sous ce verre froid. Tu t'avanças légèrement, avec précaution. Un craquement. Un second. Des pas hâtés vers le berge. Le lac se fissurait. Tu entendis le bruit sourd et tu te demandas jusqu'où la déchirure se poursuivait, était-elle aussi grande que celle qui trônait dans ton coeur. La douleur s'était proclamée reine de ton âme, et tu ne savais plus comment y réchapper, comment libérer l'amour de sa prison, y arriverais-tu un jour, si lointain soit il ? Tu restas de longues minutes, immobile tout proche de la glace à observer le fond noir qui semblait sans vie. Tu aimerais plonger, n'est-ce pas ? Te laisser mourir dans cette ville de ténèbres, cracher des bulles et être oublié. Mais tu ne le feras pas, tu n'en as pas le courage, tu aimes ta vie, malgré tout ce que tu peux dire. Malgré le fait qu'elle ne la partage plus avec toi. Tu fis demi-tour, ignorant l'appel des fond marins, bien décider à rentrer au camp, le chemin se fit lentement, en silence dans le froid, parfois accompagné du battement d'aile d'un oiseau pas encore tout à fait mort, mais pas non plus tout à fait vivant. Tu étais prêt à retourner parmi les tiens quand une tornade givrée te bouscula.

      - Regarde où tu mets les pattes !

      Tu regrettas immédiatement tes paroles envers ta camarade de tanière. Une jeune guerrière se tenait devant toi, son pelage semblait être plus doux que les plumes d'un oisillon, les bourrasques d'hiver agitait légèrement ses longs poils à la couleur presque invisible dans ce paysage de pureté. Tu plantas ton regard gris dans le sien, l'un de ses yeux, laiteux, semblait être perdu dans une autre dimension, invisible à tous. L'autre était une combinaison de noir et de gris, comme si sa pupille s'était mêlée aux couleurs de son iris par accident. Une fine poudre d'or et d'argent s'était alors soigneusement déposée sur cette étrange toile, cet oeil te captivait, tu aurais pu t'y noyer des heures durant si sa petite truffe blanche n'avait pas légèrement remuée. Ce tourbillon d'étoiles était troublant. Tu secouas doucement ta tête, chassant quelques gouttes de tes moustaches.

      - Excuse moi, je suis Mensonge Acide.

      Cette magnifique guerrière avait beau partager ta tanière tu n'arrivais plus à remettre un nom sur ce sympathique petit minois et cet oeil ensorceleur. Aussi étonnant que cela puisse le paraitre, cette sombre galaxie au milieu du blanc de l'hiver t'apportait une étrange sensation de bien être qui t'hypnotisait. Tu t'assis dans la neige, attendant une réponse de la part de cette créature de beauté cotonneuse. Cela te semblait irréel de ne l'avoir jamais croisée, ou de ne pas lui avoir prêtée attention, son corps était si perturbant. Tu plissas les yeux, la gueule légèrement entrouverte et la tête penchée sur le côté, curieux. Elle avait un air avec quelqu'un que tu connaissais, mais tu étais plus qu'incapable de dire qui. Peut-être avait-elle un double arpentant la forêt tel un fantôme de minuit, ou simplement une fratrie. En y réfléchissant, les chats au sein d'un même Clan ne se connaissait pas tous, c'était assez surprenant car ils vivaient chaque moment de leur vie ensemble, simplement le destin ne voulait pas les réunir. Autrefois, ta compagne depuis son grand rocher céleste, connaissait le moindre des noms sur le bout des griffes, toujours accrochés à ses lèvres on y cherchait le réconfort, mais maintenant elle n'était plus qu'un souvenir égaré dans les nuits, tu te demandais si elle avait connu ce spectre vivant que te faisais alors face, et si oui, qu'en savait-elle ?
      _______



        Il te dévorait, te brûlait, t'enflammait. Ce regard d'or. Ton menton se leva légèrement vers le ciel pâle du soir, tes yeux se plissèrent doucement, l'acier de ton regard tentait alors de refroidir l'embrasement de soleil qui se consumait dans les globes de l'autre. Ta bouche s'entrouvrit, ta langue en sortie. Le petit morceau de chair rosé passa rapidement sur tes dents, épousant la forme de chacune d'entre elles, un goût amour s'insinua dans ta gueule, celui du sang. Un affrontement de métal sur tes papilles et entre ces deux regards se produisait. Les griffes blanches qui parcouraient voluptueusement le corps noir onyx de la bête se retrouvaient aussi sur l'enflammant de ton pelage. Ta patte blanche ne dévoilait pas ces griffes, mais elles se pressaient contre la paroi tendre des tes coussinets. Le défi. Voilà ce que tu ressentais dans le mâle dont la carrure imposante équivalait la tienne. Un combat contre lui aurait été plus égal que contre n'importe qui, vous vous ressembliez étroitement, et tandis que les deux ronds blancs entourant ton regard étaient le reflet des siens, le bout neige de sa queue renvoyait à la tienne, qui possédait alors cette même caractéristique. Dans cette inspection minutieuse du corps de l'autre, le temps semblait s'être arrêté, une enveloppe froide et inconnue avait pris en otages les deux guerriers de neige. Et dans cet univers parallèle, le dragon continuait de bomber son poitrail et de tenter tant bien que mal de lancer un regard supérieur sur le monde. Ou peut-être avais-tu tout faux ? Peut-être cette observation n'était autre que de la curiosité sympathique pour toi, qui semblais partager un semblant d'idées avec lui, peut-être ce poitrail était-il juste garni de fourrure plus que le tien, peut-être ce regard était-il complice ? Mais ce regard. Comment échapper à ce brasier infernal ? Brusquement, sans prévenir tu t'ébrouas un peu, chassant quelques brins de mousses égarés et une rosée invisible de tes moustaches, le charme se brisa, la joute était terminée, et personne n'avait gagné. Tu toussotas doucement, rappelant ton esprit à la réalité.

        - Il y a longtemps que je ne prête plus attention aux regards, quels qu'ils soient, mais je te remercie de ton attention. Je pense juste que trop peu en ont conscience ici. Tu semblais être sur la même longueur d'ondes, je me trompe ?

        La voix du dragon était aussi sombre que son pelage, elle dégringolait vers les graves et envoûtait ton esprit doucement, tu y prêtais attention et tu t'y accrochais, comme si elle ne tenait qu'à un mince fil. Tu hochas lentement la tête, comme pour approuver les paroles du mâle, sans pour autant y répondre tout de suite. Longtemps disait-il. Quel âge avait donc le chat ? Qui était-il au fond ? Tu plissas à nouveau, rabattant un peu tes paupières sans pour autant le dévisager, la curiosité l'emportait. Et pourtant ta gueule s'ouvrit et lui répondit.

        - Nous l'étions, et je pense que c'est le cas de beaucoup d'autres chats après avoir entendu tes dires.


        Cela n'était pas totalement faux, mais pas totalement vrai. Malgré le fait que tu voulais rendre hommage à la vie de Loup, une petite pointe de tristesse perçait ton coeur, peut-être pas aussi profond que celle de sa famille, de ces pauvres chatons, mais une minuscule petite aiguille de douleur. Tu dessinas un maigre sourire sur ton visage, la truffe rose légèrement relevé, capturant les odeurs du printemps, il était mort un beau jour et s'était éteint en paix, peut-être cela était-il suffisant ? Tu n'en étais pas convaincu mais tu forçais ton esprit à s'accrocher à cette idée. Tu avais perdu trop d'amis, trop de chefs étaient morts. D'abord ton premier amour, dont l'image était toujours marquée avec force dans ton esprit, puis Corbeau avait cédé à la faucheuse, était parti en silence là haut, là où tout était différent. Et enfin Loup, peut-être d'autres encore. Combien succomberaient avant toi ? Ils se laisseraient tomber dans la mort, leurs neuf vies arracher au coeur une par une par une main d'os si terrifiante.

      - Qu'est-ce que c'est ?
      - C'est le monde Acacia.
      - Le monde ?
      - Le monde.


    Un matin, tes yeux se sont ouverts et tu n'avais plus rien. Ton coeur battait doucement, de petits pulsations régulières rythmaient ton coeur et faisaient trembler ton corps. Des millions de senteurs entraient par tes narines et faisaient tourner la tête avec douceur. Le froid était parti, quelque chose d'agréable réchauffait ton pelage, était-ce cette plante mousseuse garnie de plumes ? Quelques brins dorés parsemaient ton pelage, moins lumineux que ceux originalement présent dans ton long pelage noir or. Où étais-tu ? Il y avait de la pierre autour de toi, de petites cavités, et des chats, d'autres chats plus petits que toi. Maintenant cela te revenait. Tu étais dans ce qu'on appelait un camp, le chat qui sentait les plantes te l'avaient dit, mais tu n'avais jamais pu sortir, tu ne connaissais que la noirceur de cette endroit. La bouche de lumière semblait t'appeler, elle te hurlait de t'approcher d'elle. Tu sortis d'abord ton museau, puis tout ton corps se retrouva dehors. Tout était plus lumineux, plus beau que ce que tu avais pu imaginer. Le soleil resplendissait et les rayons tombaient sur le monde. De grands arbustes poussaient ça et là, l'herbe te chatouillait les pattes, c'était donc ça le monde qui t'était caché depuis tellement de temps ? D'immenses arbres frôlaient le ciel d'un bleu dont tu n'avais pas imaginé l'existence. Tu entendais enfin le chant de la rivière, la mélodie des oiseaux qui battaient des ailes, ils fendaient l'azur et n'étaient plus seulement des carcasses mortes mais des êtres dotés du vol. Il y avait des chats, partout, aux pelages tous différents, c'était un agréable bazar. Tu rentras brusquement dans un félin au pelage enflammé et dont les yeux qui ressemblaient au ciel.

    - P-pardon !

    Tu murmuras quelques paroles, il n'était pas très grand, et semblait moins larges que toi. Ces chats étaient-ils différents de toi ? Les rêvais-tu ? Ou bien était-ce toi qui souffrait d'un quelconque différence ? Tu fronças tes petits sourcils et penchas la tête sur le côté, peut-être pourrais tu demander au chat roux ? Ou bien s'énerverait-il ? Tu ne connaissais rien à la vie en communauté, tu ignorais tout des autres, où était ceux que tu connaissais ?

    - Pourquoi es-tu si différent de moi et pourtant si semblable ?

    La question était posé de manière étrange, mais trottait dans ta tête et travaillait ton esprit. Tu te sentais perdue dans la beauté du monde qui s'offrait enfin à toi, ces gens que tu ne connaissais pas, dont l'odeur ne t'était pas inconnue mais pas totalement habituelle, qui changeait de celle de tes frères. D'ailleurs où étaient-ils ? Les avais-tu imaginé ? Etais-tu simplement un chat fou ? Tu plissas légèrement tes grands yeux, les rendant encore plus fin qu'a l'ordinaire où il portait une forme d'amande qui charmait ton visage sans que tu le saches. Tu regards activement autour de toi, tout cela était effrayant et pourtant attirant. Tu songeais que tu aurais peut-être du te contenter d'observer le monde depuis ta petite tanière de pierre, là où tu étais tranquille et non assiégée par toutes ces choses inconnues, qui étaient peut-être dangereuses pour toi sans même que tu le saches. Tu berçais dans l'ignorance la plus totale et effrayante.

      Le soleil se lève doucement, les rayons percent la barrière de feuille et créer de petits formes rondes sur ton pelage de neige. Deux yeux laiteux se dévoilent derrière tes fines paupières. La bouche entrouverte, la truffe humide, tu inspires l'air de printemps qui baigne. Doucement tu te lèves et esquives les corps encore endormis des félins rêveurs. Dehors un long ciel pâle s'étend, déchiré par des nuages rosés. Une légère brise souffle et fait frémir ton pelage, s'insuffle dans tes poumons. Tu fermes les yeux, tes moustaches tremblent légèrement, l'herbe grasse caresse tes pattes et tu sens la terre revivre sous tes coussinets, l'énergie se transporter dans tous les végétaux. De jolies fleurs aux couleurs multiples se sont déployées dans la forêt, un tapis de marguerites couvre la clairière du camp, les oiseaux chantent le printemps, les bourdons et les abeilles sont de retour, les proies pointe le bout de leurs truffes, et la chaleur réchauffe les coeurs. Sauf le tien, le tien reste une pierre blanche, du marbre peut-être. Ton corps est une cage à ton esprit, tu cherches une issue sans fin, tout te semble flétrit, tu n'appartiens pas à ce Clan, c'est d'une autre génération que tu étais la famille, une génération de guerriers, tous ceux que tu aimais ne sont plus que des corps en décomposition ou des esprits égarés dans d'autres corps. Tu t'ébroues, espérant chasser plus que la rosée, tes pensées. Tes pattes te porte jusque vers le bouche béante de l'antre de la meneuse, celle que tu as occupé dans une autre vie. Tu te glisses lentement entre les longues tiges de lierres sans prendre la peine de t'annoncer, quelques minces feuilles s'accrochent à ton pelage mais tu n'y portes pas attention. La meneuse tourne ses deux grandes prunelles vers ton visage tout de blanc fait. Ta langue de cette couleur froide parcoure lentement tes babines e tau attends, la queue sagement enroulée autour des jambes. L'étoile finit finalement par t'inviter à t'approcher. Sans te presser plus que cela tes pattes se tendent et tu t'approches d'elle. Son regard interrogateur te dévisage longuement. Tu ne parles pas, tu te contentes de la regarder. Deux petites crocs dépassent de sa bouche, son corps est enveloppé d'un long pelage gris ponctué de blanc. Peut-être est-elle belle, il t'es incapable de le dire, la beauté et la laideur ne font plus partis des choses qui t'intéressent. On te dit effarement belle, tellement blanche que ça en est terrifiant. Cette féline dont même les yeux, pourtant voyants, sont dépourvus de la moindre couleur.

      - Le Clan des Etoiles, ou quelque autre groupe d'esprit qu'il soit m'a obligé à te révéler un détail sur ma personne.

      Les sourcils surmonté de fil d'argent de la jeune meneuse se front se fronce lentement. Elle se pose des questions, mais cela t'importe peut, tu penches légèrement ta tête sur le côté sans que ton expression neutre ne quitte ton visage. Peut-être va-t-elle prendre peur, ce n'est pas important. Tu dois lui dire, ton corps t'y oblige. Tu étais son ainée, et maintenant te voilà inférieure à elle, cela t'agace. Tu te lèches la patte nonchalamment et tu inspires, non pas profondément ou avec bruit, simplement tu inspires un air différent.

      - Je suis Etoile Envoûtée. Pour une raison qui m'échappe je suis de retour sur cette terre.

      Les paroles sortent comme toutes autres l'aurait fait, et maintenant elle te dévisage. Tu penses un instant à faire volteface et la laisser là avec la nouvelle, mais elle prendrait probablement ceci comme une farce puérile, ce qui ne ferait qu'attiser une colère que tu ne voulais pas voir bruler tout de suite.



      Le temps avait filé entre tes pattes, il s'était échappé comme une souris un peu trop agitée. Tu étais vieux. Ton pelage ne dansait plus joyeusement dans le vent, ton visage était creusé, tes yeux verts ne pétillaient plus, tes muscles ne répondaient plus, tes os craquaient et te faisaient souffrir. Tu n'étais plus un petit chaton innocent contre le ventre de sa mère, tu ne découvrais plus la vie de tes grands yeux, tu ne t'amusais plus des papillons où des boules de mousse. Tu n'étais plus un apprenti, tu n'allais pas devenir un grand guerrier, jamais tu ne te tiendrais au sommet du monde sur ce grand rocher, jamais tu ne toucherais les astres de la pointe de tes oreilles. Tu n'étais plus un jeune guerrier, tu ne te battrais pas contre les autres clans, tu ne deviendrais pas le meilleur chasseur de la forêt, tu n'aurais pas de chatons, tu ne courrais pas heures durant sans ressentir la moindre fatigue. Tu n'étais plus un guerrier, tu ne passerais pas des heures à rire avec tes amis, tu ne chasserais plus fougueusement pour ton Clan, tu ne t'amuserais plus avec les femelles. Tu n'étais même plus un vétéran, tu n'apprendrais pas à se battre à un jeune chat, ni à chasser, tu ne retrouverais pas ta mère, ni ton père, tu ne connaitrais jamais le vrai amour. Tu étais un vieux chat, sans brillance, sans éclats, inutile. Tu ne pouvais rien raconter aux jeunes chats puisque pendant ces douze hivers, tu n'avais jamais su prononcer le moindre mot. Tu aurais préféré être mort. Et ce jour là, ton coeur était éclaté en mille morceaux. C'était pourtant une belle journée, le feuillage dansait, les proies courraient, le soleil brillait haut dans le ciel, l'herbe était encore humide la pluie, aucun nuage ne se profilait à l'horizon. Tu étais dehors, ton pelage collé à celui de ton frère, vos pensées étaient égarées dans un autre monde. Toi, tu pensais à Déesse, ta meilleure amie si lointaine ces derniers temps. Et lui... lui n'était plus que l'ombre de lui même. L'appel lointain d'Etoile Fauve vous extirpa de vos rêves. Tu souris à ton frère, qui te fixait, le regard vide. Tu te levas douloureusement pour regagner la clairière, bercé par le chant des oiseaux. Le nouveau meneur se tenait fièrement au sommet du promontoire, masquant le soleil. Son ombre s'étirait sur le sol, ta patte fragile était posée sur le bout de l'oreille.

      - Je suis parti hier par temps d'orage, sous le nom de Rubis Écarlate, je reviens ce matin alors que le ciel est dégagé et l'air frais sous le nom d’Étoile Fauve après que le clan des étoiles m’ait donné les neuf vies que tout chef légitime doit avoir.

      Alors les acclamations s'envolèrent rejoindre les étoiles, tu étais totalement immobile, regardant toute ses bouches ouvertes, ses langues tremblantes, tu mourais d'envie d'ouvrir ta gueule et de hurler avec eux. Ces moments là étaient les plus douloureux, les mots étaient comme des oiseaux qui s'envolaient, et toi tu ne pouvais rien faire d'autre que les regarder, sans lever la patte pour les attraper. Tu t'ébrouas espérant que tes pensées quitteraient ton corps avec les petits morceaux d'herbe.

      - Vous allez devoir patienter quelques minutes avant de connaître mon second. Petite Éclipse s'est récemment rendu à l’Arbre de Vie et est devenu apprenti guérisseur sous le nom de Nuage d’Éclipse. Nuage Illusoire il te faut un mentor, je nomme Destinée du Bambou pour ce rôle.

      Ce fut moins long cette fois-ci, apprenti et mentor s'effleurèrent rapidement, trop tendus. Chaque chat buvait avidement les paroles du chef, attendant impassiblement que le nom soit prononcé. Qui serait le lieutenant ? Qui aurait l'honneur d'assisté Etoile Fauve ? Cela t'importait peu, Etoile Fauve était peut-être le dernier chef que tu connaitrais de toutes façons.

      - Certains de nos guerriers ont servi le clan pendant de nombreuses lunes et souhaitent aujourd'hui se retirer. Rêve de Jade, Museau Tigré, Silence Perdu, Pelote de Laine, Blessure d'une Nuit, Hurlement de Douleur et Fumée Estivale, est-ce bien votre volonté de renoncer à votre statut de guerrier pour aller rejoindre les anciens ?

      Tu déglutis avec difficulté et hochas la tête faiblement, ces mots ressemblaient à un arrêt de mort. Ta vie défila dans ton esprit, tous les moments partagés dans cette clairière, dans les parties de chasse, la rage des batailles, la joie de retrouver ses amis, les rires partagés, tous ces chats déjà partis qui t'attendaient peut-être...





      Tes longues pattes blanches s'abattaient sur le sol chaud de l'été, elles battaient un rythme régulier qui se mêlait étroitement à l'accélération progressive de ton coeur. Ta gueule entrouverte d'où perlaient deux petites canines blanches, haletait. Tout ton corps bouillonnait, le moindre des tes muscles s'activait sans une microseconde de relâche, chaque goutte de sang accélérait son voyage dans vaisseaux et veines, tes articulations glissaient avec perfection et tes poumons ne cessaient de se gonfler, volant habilement l'air de la Terre. Tu courrais au coeur même de la forêt pour essayer vainement d'oublier, oublier la haine, oublier l'espoir, oublier le passé, oublier le temps, oublier l'amour, oublier les souvenirs. Mais il fut enfin un moment où la course dû s'arrêter et te ramener violemment vers la réalité douloureuse contre ton gré, tu te stoppas net au bord d'un ruisseau. Ton poitrail se soulevait rapidement, un souffle chaud s'échappait d'entre tes babines pour se mêler à l'odeur de l'air de la saison. Autour de toi un nouveau paysage se peignait. Derrière, il y avait la forêt qui s'étirait dans toute sa splendeur, les arbres à l'écorce sombre couverte de mousse caressaient fragilement le ciel bleu et retenaient les quelques nuages qui osaient s'y aventurer, les fougères poussaient comme bon leur semblaient, déployant leurs longues feuilles ondulées aux caresses sensuelles des meurtriers rayons du soleil, le sol était tapissé d'une herbe fine qui s'agitait docilement dans le vent, de petites fleurs apparaissaient un peu partout, minuscules guerrières prêtes à affronter le monde avec pour seule arme leur beauté, quelques champignons osaient percer, si mignons, si faux, poison de la vie. Devant, une sombre pinède s'étendait à perte de vue, égarée dans l'ombre noire. Tu frémis, tu étais née entre ces épines, dans cette clairière discrètement masquée au milieu des sapins toute l'année durant. Entre les deux, un maigre ruisseau murmurait son pouvoir secret. Tu te penchas lentement pour laper l'eau du bout de ta langue blanche, le liquide se glissa dans ta gorge et satisfit ta soif, un sentiment de douceur s'installa finalement en toi. Jusqu'à ce qu'un bruit soudain te fasse sursauter, tu te redressas brusquement, les oreilles en avant, écoutant le moindre petit bruit que la nature t'offrait. Un guerrier se tenait dans une position très semblable à la tienne, parfaitement droit, un air supérieur cloué sur le visage, l'air de défi que tu adoptas était inéluctable. Ton regard laiteux inspecta le chat sans un mot. Le matou était d'un noir pur et profond, tu étais à deux doigts d'y sombrer sans pouvoir faire marche arrière, mais heureusement, par dessus ses ailes de corbeaux, de longues traces neiges se dessinaient depuis les coins de ses yeux jusqu'au bout même de sa queue plumeuse. Il dégageait une forte odeur de sève et de pins, l'odeur des chats du Clan de la Nuit. Sous son pelage lustré, des muscles saillants étaient taillés comme la pierre. Tu redressas un peu le menton et plissas tes yeux vides, observant attentivement la réaction que le chat aurait face à toi, peut-être fallait-il que tu brises le silence et que tu affiches ta langue et ton palais à la couleur neige.

      - Bonjour.

      Le mot s'échappa doucement de ta bouche, s'en extirpa avec lenteur et froideur. Tu décidas de t'attarder sur son visage pourfendu par les batailles, ses oreilles étaient lacérés par des griffes invisibles alors que sa truffe noire aux narines dilatées était intacte. Le pourtour de chacun de ses yeux était parfaitement symétrique à l'autre, au milieu se plantait une grosse boule dorée, une éclatante rivière d'or aux dangereuses vagues si attirantes. L'ensemble te rappelait les magnifiques ailes d'un papillon, identiques dans leur beauté. Sur son front, des coups de pinceaux blancs débutaient le motif compliqué qui parcourait le reste de son corps. La partie inférieure de sa mâchoire était de la même couleur froide que l'art de son dos, au dessus de celle-ci, s'échappaient discrètement de longues moustaches qui frémissaient silencieusement dans le vent. Tu n'avais aucun souvenir du jeune matou, ou peut-être des assemblées, mais pas d'avant.

      - Je suis Danse Hypnotique.

      Les formules de politesse ne t'importaient que très peu, s'il souhaitait te répondre, qu'il le fasse, s'il voulait t'attaquer, tu t'en réjouirais. Puisque si le guerrier était plus grand et plus large, sous ton pelage étincelant, chaque membre était développé et prêt à chauffer en quelques secondes pour attaquer. Et maintenant que tu te rappelais d'absolument tout, les mouvements que tu avais appris, transmis, appliqués dans ta première vie étaient gravés dans ton esprit noir. Ce combat était probable, puisque depuis quelques longues seconde, une bataille entre ton regard inexistant et celui flamboyant de ton éventuel adversaire s'était engagé dans le plus grand des calmes. Rien ne pouvait le briser, à moins que... cette grande libellule au reflet vert d'eau, scintillante, qui se mit à voler à la surface de l'eau, ne puisse effacer tout sérieux à cette situation et détendre les fils d'adversité qui s'étaient progressivement immiscés entre vous, parfaits inconnus dont la grande fierté semblait être un grand et dangereux point commun. Il te rappelait l'un de tes fils, sans même avoir entendu le son de sa voix tu sentais une grande force se dégager de tout son être, une grande détermination qui le pousserait loin. Peut-être trop loin.



    Osmose wrote:

    Dragon Noir & Danse Hypnotique



    Trop d'entres eux avaient tendance à oublier qu'ils n'étaient, avant tout, que des animaux. La bestialité en eux était naturelle et il n'y avait là rien de blasphématoire : ceux qui se récriaient en reculant, horrifiés par le constat froid de la vérité nue, étaient des petites créatures bien princières et bien fragiles, aux valeurs aussi inexistantes que superficielles et à la remise en cause difficile. Qu'il y avait-il de si laid dans la nature animale ? Aux yeux du grand mâle sombre qui marchait telle une ombre noire dans la pinède humide du Clan de la Nuit, rien du tout. Pourquoi chercher à transcender ce que l'on était biologiquement pour "s'épurer" de toute gadoue ? Il suffisait en réalité de faire avec en se réconciliant avec cette partie de soi, en la contrôlant plutôt qu'en la fuyant : tout ce qui était tassé finissait par exploser sous la pression, tout ce qui était caché finissait par être révélé par un trop grand coup de vent... Alors que tout ce qui était avoué et mis au grand jour n'avait plus à craindre que la lumière ne se pose dessus. Il suffisait ensuite de faire mieux que ce que l'on possédait de base. Ils étaient donc tous très en retard et très lents à apprendre, ceux qui blâmaient leur propre nature, celle des autres et dénigraient l'adversité. Etoile du Jaguar et sa montée en puissance était la preuve irréfutable que la bestialité sommeillait en chacun de nous et que l'on y pouvait puiser de la force ; loin de Dragon Noir de voir en le meneur tigré une quelconque once d'admiration, mais il fallait se rendre à l'évidence qu'une fois approuvée, la nature animale pouvait accomplir de grande chose lorsqu'elle était couplée à de l'intelligence. Qu'attendaient-ils donc tous ? Les unes après les autres, les félines qu'il avait appréciées s'étaient dérobées en elles-mêmes comme des tissus déchirés, devenant aussi fades que tous les autres et perdant de leur éclat unique : Face Cachée de la Lune, Osmose, Opale Noire... La seconde citée éventuellement sortait du lot dernièrement : s'étant remise avec aplomb des méandres brumeux où elle s'était enfoncée -sa volonté cédant en grande partie face à ses émotions-, elle avait gagné un peu d'estime et d'intérêt à nouveau dans l'esprit du nomade. Finalement, elle possédait peut-être quelque ressource intrigante méritant qu'on la reconnaisse.

    Tout le temps que dura la suite de ses élucubrations, il ne se rendit pas compte de l'environnement, aveugle à la beauté du paysage qui l'entourait pourtant : de grands troncs plus majestueux que les âmes félines, de larges branches étendant leurs feuilles obombrantes sur le sol, un tapis de mousse moelleux renfermant cent odeurs, cent parfums racontant chacun leurs histoires, une végétation luxuriante qui ne souffrait pas trop de la chaleur mortelle du soleil en cette saison grâce à la précieuse atmosphère que les sapins conservaient sous leur cime... Les pépiements d'oiseaux et le chant d'une riviède finirent par le sortir de sa réflexion solitaire, et ses yeux ambrés parcoururent les alentours jusqu'à ce qu'il distingue entre deux buissons un reflet bleu. Prenant cette direction, il arriva au bord de la rivière en laissant le léger froissement d'une feuille troubler le silence religieux des lieux : et alors même qu'il reprenait contact avec le monde extérieur et émergeait de son intérieur, il se retrouva face à une chatte d'une blancheur spectrale. Son esprit eut un moment de roue libre où il se fit la plate remarque qu'Osmose, en comparaison, bien qu'elle apparaissait comme nivéale avec sa fourrure blanche et épaisse été comme hiver, possédait au moins un oeil qui la distinguait de l'apparition réellement immaculée qui le contemplait de ses prunelles mortes. Il n'y avait, a priori pas d'iris dans ces yeux-là : deux océans nacrés dont l'éternel pâleur évoquait les landes glacées où soufflaient des blizzards arctiques. Peu de vie, peu d'éclat, peu de lumière. Juste une couleur poussée à son extrême paroxysmique. L'étrange chatte ouvrit la gueule, et le constat sembla plus improbable encore lorsqu'il s'avéra que le bout de langue rose auquel s'attendait le guerrier bicolore n'existait pas : il était indissociable de l'ensemble, partageant avec le reste de son corps la même intégrité, la même identité. Il ne se dégageait d'elle aucune tendresse ou aucune amicalité : elle était aussi froide que le mur de glace auquel elle ressemblait de la truffe à la queue. Mais il était impossible de nier l'évidente beauté de la créature lunaire qui le regardait sans émotion : chacun de ses mouvements était empreint d'une grâce et d'une souplesse rare, libérant dans un souffle glacé le subtil poison que son être attirant ne pouvait qu'être. Un prédateur si beau et si surprenant ne pouvait que frapper comme un cobra, ne laissant darder sa langue que pour narguer sans jamais siffler de mise en garde. Une muse sortie des eaux cristallines du lac d'argent pour flotter au-dessus du sol sans un bruit et sans une couleur. D'où venait-elle ? Quant à sa voix, elle ne trahissait pas la moindre fébrilité, et cela acheva de convaincre Dragon Noir de sa dangerosité : elle n'était ni craintive, ni hésitante, ni fluette... Bien au contraire, et en cela résidait tout le contraste invisible de la femelle. Une véritable rose blanche dont les épines n'étaient piquantes que lorsque l'on y touchait.

    "Mort d'Amour du Dragon Noir."
    Le ton caverneux qui sortit de sa gorge résonna en-dehors de sa gueule en écho au timbre distant de la guerrière adverse. L'atmosphère ne s'était pas détendue, et la forêt ne murmurait plus : le bruissement des feuilles entre elles avait quelque chose de presque apeuré et étouffé. La lave d'or qui coulait dans les yeux du matou se ralluma et parut à nouveau couler autour de ce trait vertical et noir comme l'ébène, noir comme le reste de sa robe. Le dragon à l'intérieur de cet être était sorti de sa somnolence pour darder ses yeux enflammés sur la créature toute de glace, de froid et de vent qui lui faisait face. Les deux éléments s'affrontaient dans un muet ballet, s'entrechoquant, se fracassant, se contournant pour mieux se fondre dessus alors que rien n'y paraissait de l'extérieur. Un spectateur n'aurait pu distinguer que deux félins se regardant bizarrement de part et d'autre d'un ruisseau scintillant.
    "D'où peut bien provenir une créature qui ne ressemble en rien au commun de ses congénères ? D'un ailleurs très lointain ou d'un ailleurs très proche ?"







    DANSE HYPNOTIQUE



      Son appellation sonnait douce à tes oreilles lactescentes, Mort d'Amour du Dragon Noir. Son nom était maintenant gravé dans ta mémoire indéfectible. La première particule de son nom encourageait les poignards de ton passé décati à s'engloutir plus ardemment dans ta poitrine incolore, était-il envisageable que la passion fût si prédatrice, si âpre, qu'elle pût assassiner un être ? Tu n'étais pas celle qui le contredirait. Quand à la deuxième partie de la dénomination du soldat ébène, tu élucubrais vaguement une créature allégorique, aux ailes éléphantesques jonchées d'écailles obscures éclatant sous la luminescence des étoiles, aux griffes acerbes, à la bouche abondante de crocs charcutières, au poitrail écrasant, et aux deux yeux olympiens, une créature théâtrale, resplendissant de puissance. L'association des deux parties de la signature du combattant charbon te semblais pourtant aberration, comment un être bestial si souverain pouvait-il se laisser envoûter par le charme d'Aphrodite, minuscule déesse suprême. Par ailleurs, l'organisme tout entier du matou respirait la puissance, pas une once de débonnaireté ne s'échappait de ce corps funèbre. Tant bien que lorsque sa voix sépulcrale s'évada de sa gueule, tu frémis et te délectas de cet impérialisme nouveau, il était scabreux, dangereux, prestigieux, mais tu n'étais pas une personne pusillanime, c'est pourquoi tu ne pouvais songer à te laisser écraser. Son regard cuprifère, doré, s'était incendier à brûle-pourpoint, il était si fiévreux, tant enflammé, que tu t'attendais à chaque seconde à voir des perles d'or fondu couler précautionneusement sur ses joues couleur ténèbres. Mais peut-être que ton regard nivéen tétanisait les yeux belligérants de Mort d'Amour du Dragon Noir, une émanation divinement glaciale papillonnait de tes bourgeons ivoires jusqu'au siens pour s'engouffrer dans ce feu et l'anéantir sans un mot. Ou peut-être le brasier des puits d'or du mâle illuminaient-ils ton spectre te rendant toujours plus éblouissante. Sans que ton museau ne se déplace d'un centimètre, tes globes oculaires roulèrent sensiblement vers le bas, ton reflet n'était qu'une brumeuse tache blanche, alors tu remontas ton regard vers l'intéressé. Il n'avait pas pu percevoir le moindre mouvement de ta part, c'était impossible et tellement jubilatoire pour toi. Soudain, le timbre neurasthénique, quoiqu'il ne fut pas triste c'était donc discutable, s'esbigna des entrailles sanglantes du vigoureux combattant.

      - D'où peut bien provenir une créature qui ne ressemble en rien au commun de ses congénères ? D'un ailleurs très lointain ou d'un ailleurs très proche ?

      Il était éloquent, le timbre vibrant de sa voix transportait dans un au delà égaré dans les songes, parmi les anges. C'est à ce moment même que tu pris pleinement conscience de la dangerosité de ton opposant, il réunissait chacune des qualités qui menait un félin au sommet d'un promontoire, et plus haut encore, jusqu'à l'apogée suprême. Cette puissance et cette soif dissimulées tu les sentais, puisque une réplique parfaite s'écoulait dans tes veines, peut-être moins d'ardeur, et plus de haine. Tu avais ce besoin insatisfait de prouver aux farfadets scintillants qui séjournaient gracieusement dans les étoiles qu''ils avaient eut tort, l'avanie de détrôner ton esprit de la place qui lui était légitiment due au coeur des astres pour le renvoyer dans ce corps de blancheur seulement battit. Dans cette créature, comme l'avait déclaré l'individu qui en portait le nom de l'une d'elles. L'interpellation de Mort d'Amour du Dragon Noir ne te déstabilisait pas, ne te réjouissais pas, ne t'inquiétais pas, ce n'était qu'une question. En revanche, l'avidité de connaissance et le besoin de rationalité dont il semblait se languir t'intéressais, était-il enfin un individu dont la conversation ne se condensait pas aux parties de chasses, aux femelles, ou au bien-être insipide qui occupaient la plupart des dialogues que tu avais eut avec les chats. Aucun de ceux avec qui tu avais eut le malheur de discutailler ne se souciaient point des grandes questions qui berçaient ce monde, seul leur instinct primitif de chats sauvages les importaient réellement. Sans prendre la peine de tracer un sourire sur ton pâle visage ta voix s'extirpa de ton immaculée gorge.

      - D'un ailleurs douloureux et oublié. Mais d'où peut bien provenir un individu parfaitement semblable à ses congénères dont le triste nom inspire une créature mythique et olympienne ?

      Ta voix n'avait pas changé de ton, la moindre note qui s'était échappée de ta bouche était un peu plus semblable à la suivante, ton timbre psalmodique en perturbait plus d'un. Pourtant Mort d'Amour du Dragon Noir restait de marbre, aussi dur que l'obsidienne dont s'inspirait sa curieuse robe. Il ne dérangeait aucun de ses organes qui aurait pu trahir qu'il était ébranlé, il était calme comme la mer des jours alcyoniens, imperturbable. Que cela soit physiquement ou mentalement il te semblait avoir tout compte fait enfin trouvé un adversaire presque à ta taille. Son corps athlétique te dépassait mais ton accoutumance à te tenir plus droite qu'un piquet estompait la disproportion de stature qui vous séparait, ainsi que la souplesse de ton corps qui était probablement moins développée chez le majestueux mâle. Alors que la tempête de neige lovée dans ton regard se liquéfiait pour ne devenir qu'un pâle lac de lait monotone, l'or liquide qui s'embrasait dans les yeux du dragon se durcissait petit à petit pour finalement retrouvé sa forme de lingot froid. Si les regards ne bataillaient plus, tu sentais au fond de ton coeur noir et visqueux de haine qu'un défi s'était définitivement installé entre vous. Deux êtres à la carrure, la force, la beauté et l'esprit habiles qui se rencontraient par hasard sur le bord d'une maigre frontière sans intérêt, une rencontre que tu appellerais surement mythique.



    Osmose wrote:
    Les paroles de l'éthérique femelle nourrirent un peu plus la soif du nomade d'en savoir plus sur elle ; il n'était pas commun qu'autrui discernât sous sa masse imposante de poils noirs mouchetés de blanc un tantinet de son aspect véritable : écailleux, doté des reflets les plus chamarrés qu'il soit possible d'observer en quelqu'un, d'une noblesse outrepassant les excès de mépris auxquels il s'adonnait parfois lorsque l'opinion publique l'aberrait, l'abhorrait et lui hérissait le duvet de la nuque. Son regard d'ambre se détacha de l'opalescente Danse Hypnotique pour contempler quelques instants les friselis dont se parait le cours d'eau à leurs pattes -son chant discret et ondin, sa transparence qui faisait pâlir d'envie le verre le plus lustré, sa beauté mortelle pour ceux qui s'y aventurait sans avoir un jour appris à nager... Tant de choses qui rendaient l'eau si unique et si admirable et qui, en cet instant, lui firent penser aux réflexions qu'il se faisait au propos de son interlocutrice. Il ne savait comment lui présenter les choses avec le plus de justesse possible : fort souvent, ses explications faisaient naître dans l'esprit des autres un état d'incompréhension totale qui les laissaient pantois, le contemplant avec une abstrusion irritante et décevante donnant à son tour naissante à une furieuse envie d'abattre l'anathème sur leurs têtes déconfites. Mais en fin de compte, nul n'était capable de s'entendre admonesté et d'en comprendre la raison : tous préféraient considérer l'ancien étranger comme toujours inconnu... En relevant ses prunelles de feu vers les cocons de glace qui ne l'avaient pas quitté, le guerrier tenta dans un premier temps d'émettre suffisamment de force dans le seul poids de son regard pour abattre les cloisons fermement tenues qui l'empêchaient de pénétrer en Danse Hypnotique depuis ses deux yeux. Elles ne bougèrent pas un chouilla et, satisfait, Dragon Noir reprit la parole :
    "L'apocatastase."
    Le mot s'esbigna dans un souffle hors de ses babines à peine entrouvertes : il sinua dans l'air tel un nuage de fumée déployant de larges ailes membranaires, planant jusqu'à la belle muse de platine qui le fixait sans faiblir. La douceur des lettres s'insinua doucement au creux de ses oreilles, chatouillant ses poils légers et résonnant le long du conduit externe captant les sons ; là, dévoilant toute sa forme et sa complexité, le mot caressa tièdement le corps immatériel de Danse Hypnotique d'une patte invisible mais aussi soyeuse que le velours, tentant de lui arracher un délicieux frisson.
    "La connaissance, si elle est gardée jalousement sans jamais abreuver les esprits auxquels elle fait défaut ne sert à rien : elle n'est point ce genre de met précieux dont on se garde de révéler l'existence et la consistance. Longtemps ma seule amie, la solitude m'a enseigné à ne pas rester médisant d'un monde que je n'avais pas tenté de côtoyer, et malgré toute ma réticence de prime abord, la nuit m'a murmuré qu'un puissant seigneur seul pouvait parvenir par ses paroles captieuses à changer l'ordre des choses. Il n'y a nulle récompense et nulle évolution sans changement et sans tentative."
    Son regard n'avait pas quitté la farouche guerrière adverse : tout son être criait au rapprochement et il ne souhaitait rien de plus en cet instant que de converser avec cette femelle -et personne d'autre. Les capucinades billevesées des claniques l'avaient depuis trop longtemps fatigué et il n'était rien de plus déliquescent que l'usure temporelle en leurs viles compagnies. Leurs âmes évoquant des odeurs empyreumatiques souillaient les vérités que Dragon Noir leur livrait sans condition sur des plateaux d'argent, et puisqu'ils s'obstinaient si volontiers à rester sourds et aveugles, il cesserait de cracher son feu brûlant, sa purification, sur leurs esprits abâtardis. L’éburnéenne silhouette devant lui s'offrait donc comme une offrande ataraxique à ses yeux.
    "Ma créature cracheuse de flammes est la seule qui se soit désignée capable de placer face à eux des vérités qu'ils ignorent, qu'ils fuient ou qu'ils jettent en les pensant désuètes ; elle n'a pas attendu la consécration d'un quelconque personnage sacré ou édifié au rang de meneur absolu. Je suis mon propre chef et je gouverne le feu que je crache : je décide des forêts à incendier, des océans à éteindre et des flambeaux à allumer. Nul ne fera à ma place ce que j'ai entrepris d'accomplir, et cette marque de volonté dont je vous livre la profondeur est toujours perçue comme un brusque épanchement d'outrecuidance et de mégalomanie."
    Mort d'Amour du Dragon Noir marqua une pause, avança d'un pas, étrange ballet sur les rives d'un lit d'eau courante. Son regard était plus intense qu'il ne l'avait été jusqu'ici et menaçait de faire fondre la peau-même entourant ses yeux, le muant en une bête flamboyant sous la danse chaotique d'un brasier éclaté.
    "Me croyez-vous également être de cette espèce après que l'éclat de ma vérité vous ait été confiée ?" Miaula t'il d'un ton grave.


    DANSE HYPNOTIQUE
    - Cacophonie -


      A côté de ton imposante carrure, la jeune femelle paraissait minuscule. Pour tout dire, elle ne dépassait pas la taille d'un apprenti lambda, de plus sa voix était hésitante et tremblante, à supposer qu'elle aurait fait une piètre guerrière, tu espérais qu'elle était une bonne guérisseuse. Sa voix timide, cependant, était celle d'une adulte. Et au plus profond de celle-ci, tu discernais un peu de sagesse, dommage qu'elle soit encore trop jeune pour assumer pleinement sa personne. Son nom était plutôt joli, Ecaille Grise. Etait-il une référence aux petits plaques argentés qui habillaient les valseurs des rivières, ou bien rappelait-il la peau dure du souple animal qu'était le lézard, ou peut-être sa mère était-elle une des chattes dont on qualifiait le pelage "d'écaille de tortue." Ton nom à toi était bien plus complexe, la première particule, "Danse" était un hommage à "Cacophonie", assez surprenant puisque tu n'avais pas choisi ton nom, mais ta mère et les chefs l'avaient probablement fait sans même le savoir, le "Hypnotique" en revanche, relevait plus de ton surprenant physique, celui tout blanc. Tu étais comme un tableau qu'on aurait oublié de peindre, laissé de côté et puis qu'on aurait exposer, oubliant qu'aucun coup de pinceau ne s'étaient abattu dessus. La guérisseuse posa son oiseau sur le sol, une seconde fois. Elle souriait, pas toi. Tu sentais qu'une partie d'elle mentait, tu avais connu tant de chats que tu arrivais à lire les traits de n'importe quel individu, et cette jeune féline affichait une fausse jolie mine, une faux sourire, une fausse joie, du moins en partie.

      - Non, du moins pas à ma connaissance.

      La phrase éveilla un peu d'agacement en toi, comment ça pas "à sa connaissance", pensait-elle vraiment que tu aurais posé cette question si tu pensais la connaitre ? Si tu l'avais connu, elle t'aurait connu, tu n'étais pas exactement le genre de personne qu'on oubliait. Que cela soit part ton caractère neutre en permanence, ou par l'étrangeté de ton pelage, tu laissais souvent des traces dans les esprits. Tu craignais que la situation ne devint gênante et qu'Ecaille Grise n'invite le premier chat qui passait à rejoindre la vide du dialogue, auquel cas tu devrais faire la conversation avec deux félins et, à moins que cette dernière ne soit vraiment intéressante et profonde, tu n'en voyais pas l'intérêt. C'est pour cela que tu décidas qu'entre la laisser planter là et te présenter, la meilleur option était de t'introduire.

      - A la mienne non plus. Je suis Danse Hypnotique, ravie.

      C'était à moitié un mensonge, avoir la guérisseuse du Clan en bonne sympathie n'était pas de trop. La période ou l'ancienne toi était une guérisseuse remontait à bien longtemps, tellement longtemps qu'entre ce passé là et ce présent là tu avais eut le temps d'avoir trois portées de chatons, d'une période chez les anciens à cause d'une blessure, puis de devenir lieutenante, et enfin chef. Mais tu conservais quelques souvenirs, en te mettant devant des plantes la plupart de ton apprentissage devrait pouvoir te revenir sans trop de difficulté. Tu secouas la tête pour chasser tes pensées et te déconcentrer sur ta malheureuse interlocutrice qui était arrivée devant toi par accident. Qu'elle se présente était inutile, mais le code de la politesse n'en demandait pas moins.




    Le ciel était couvert d'un fin tissu grisâtre, de larges boules cotonneuses aux couleurs sombres s'ajoutait à cet ensemble, parfois quelques petites perles de pluie tombait sur le sol. La forêt toute entière était plongée dans la brume, cette dernière se déplaçait lentement et enveloppait les racines crochues des arbres qui envahissaient le sol, les petites fleurs qui osaient encore percer malgré la chaleur et les baies sanglantes du labyrinthe végétal. Cela faisait plusieurs semaines que les Clans n'avaient pas profiter du mauvais temps, et sous cette chaleur insoutenable chacun était heureux qu'il face enfin un petit peu frais. Pour s'ajouter à l'ensemble emmêlé, un maigre vent s'offrait l'audace de souffler et de faire trembler les feuillages. Cette fin d'après-midi là tu déambulais, te promenant là où tes pas choisissaient de te mener, profitant des derniers éclats avant que la nuit ne s'abatte sur le monde. Quelques oiseaux nocturnes se risquaient à fredonner leurs chants tandis que rongeurs et autres aborigènes de la forêt se préparaient pour une nuit agitée. Puisque plus le temps passaient autour de toi, plus le vent redoublait de puissance et la brume s'épaississait, une forme de tension planait dans l'air, comme si une violente tempête était prête à exploser. Tu n'avais plus peur des tempêtes, plus depuis que le cyclone de tristesse et de peur qu'avait déclenché Etoile Miroitante en mourant il y a maintenant des saisons de cela s'était abattu sur ton coeur fragile et l'avait éclaté en milles morceaux. Après un long voyage psychologique, tu avais finis par rassembler la plupart des pièces, mais celle ou devait se tenir ta douce était encore vide, à peine cicatrisée. Tu secouas la tête, cela faisait bien trop longtemps que tu n'avais pas pensé à Mélancolie, et d'une certaine manière c'était probablement mieux comme ça, pour toi et pour tout le monde. Tu y penserais quand viendrais le jour de la rejoindre dans l'éden. Abandonnant ainsi tes souvenirs au milieu d'une clairière égarée, tu te décidas à courir, courir jusqu'à t'en arracher les poumons, sans offrir un seul regard au paysage flou qui défilait rapidement de chaque côté. Ce fut une odeur qui te stoppas dans ton périple au coeur du territoire, celle d'un animal, non loin de là, perdue dans les fougères et les hautes herbes qui s'hérissaient sur le dos de la terre, une biche. Son regard amoureux était tiré jusqu'à la racine de ses oreilles et la douceur de son être avalait ta stupéfaction, s'en satisfaisait sans un mot. L'animal releva avec grâce son cou vers l'azur cachée et tourna son visage vers toi, l'une de ses oreilles rabattue. Et dans le plus grand des mystères, elle s'échappa et te laissa dans une stupeur incontrôlée. Des pas te tirèrent de l'admiration dans laquelle la nymphe des forêts t'avait bercée. Derrière toi, un chat apparu. Son pelage était terriblement sombre, sans lumière, éteint. Depuis le bout de sa queue jusque dans le creux de sa nuque coulait un long filet de sang poisseux, écarlate. Le fleuve de mal se divisait alors et tranchait les épaules du matou, son regard était tel un volcan bouillonnant, explosant prêt à fondre l'acier de tes yeux. Etoile Fauve. Tu t'inclinas légèrement pour saluer ton meneur.

    - Etoile Fauve.

    L'épaisse fourrure noire du matou dansait dans le vent comme vacillerait une grande plume de corbeau, son regard brillait d'éclat comme à son habitude. Le brouillard en faisait sa proie, calmement l'ombre se glissait entre les pattes du félin, remontait sensiblement jusqu'à son poitrail et s'enroulait de manière sensuel autour du cou aux poils épais du dit Etoile Fauve. Tu te redressas pour planter ton regard respectueux de celui qui était de toi plus jeune de quelques lunes.

    - Tu te promènes avant la tempête ?

    Tu souris faiblement, l'odeur des champignons ronds tout autour de vous confirmait encore une fois tes à priori quant à ce fameux cataclysme. Tu doutais que la pluie ne tarderait pas à rouleur sur vos corps, s'accrocher à vos poils, remplir vos yeux, vous faire victime de la violence de ses minuscules armes. Elle fructifierait des ténèbres de la nuit pour se faufiler partout, jouir du moindre petit endroit de sécheresse pour le regorger d'eau. Tel un fantôme hurlant dans les songes elle martèlerait sa musique contre la pierre, les arbres et les êtres, sans demander l'avis de quiconque elle tomberait sur une feuille, glisserait sur le suivante, et traverserait l'armée de verdure. Au petit matin, elle fuirait le monde, laissant partout les traces de son passage ressourçant. Le soleil et la lune s'assiérait à nouveau sur leurs trônes, attendant dans la tendresse la prochaine attaque de nuages, auquel cas il profiterait à nouveau d'un appesantissement et retrouverais à nouveau force et lumière quand les précipitations le décideraient. Tu le taisais mais te délectais de soupir de la fusée d'eau qui survolait parfois la terre, elle te ravissait.

JE VOUS INVITE A CLIQUER SUR LE TEXTE DE CETTE
BELLE IMAGE, PUIS SUR LA NOTE. MAGIE.


- MORT DE PLAISIR LUCIFERIEN -


Down by the river by the boats, where everybody goes to be alone, where you won't see any rising sun. Down to the river we will run, when by the water we drinks to the dregs. Look at the stones on the riverbed I can tell from your eyes you've never been by the riverside. Down by the water the riverbed, somebody calls you somebody says swim with the current and float away. Down by the river every day. Oh my god I see how everything is torn in the river deep and I don't know why I go the way. Down by the riverside. When that old river runs past your eyes to wash off the dirt on the riverside. Go to the water so every near the river will be your eyes and ears. I walk to the borders on my own, fall in the water just like a stone, chilled to the marrow in them bones. Why do I go here alone ? Oh my god I see how everything is torn in the river deep and I don't know why I go the way down by the riverside. Oh my god I see how everything is torn in the river deep and I don't know why I go the way.
Down by the riverside.


Il est le premier temps de la vie, le temps où l'existence n'est même pas un mot, c'est à ce moment que se développe notre corps. De la forme d'une crevette rose, émergent alors vos bras et vos pieds, une jolie tête. Je suis incapable de vous donner un ordre exact mais je suppose que doigts et orteils font leur apparition, se forment ensuite le nez, les oreilles, la bouche, les yeux. Avez vous déjà pris une minute pour vous imaginez la construction d'un être, les tissus qui se forment, le corps qui prend exactement la bonne forme, et les yeux, les yeux qui se pigmentent des couleurs du monde. Après cette création divine dans le ventre de votre 'mère', vous développer des facultés de bases, marcher, manger, pleurer. Viens ensuite le moment de découvrir le monde, d'analyser ce qui nous entoure, on se fascine alors de la moindre coccinelle, de chaque chose qui nous entoure. Mais voilà la partie qui nous intéresse, c'est le moment où l'on découvre ses sentiments, où l'on construit doucement son caractère. Chaque choix est une nouvelle direction choisie, il semble quasi impossible de faire demi-tour, à moins d'être frappé par un événement marquant. L'ami dont je vais vous conter la mort, à choisi le mauvais chemin, et seul la douleur de la mort lui a fait comprendre.

Je ne sais pas vraiment comment j'avais fait, comment mes pattes avaient-elles réussi à me porter si loin sur le territoire de mon enfance. Mon esprit était assoiffé, il n'était jamais rassasié de cette soif de vengeance qui se logeait dans la grotte de ma cage thoracique où pendait un petit cœur séché accroché à une chaîne rouillée plantée au plus profond de l'organe. Mais voilà que je me faisais vieux, mes os étaient cassants comme le verre, mon pelage autrefois brillant d'éclat n'était plus que grisaille et tristesse. Mes yeux verts pomme ne fulguraient plus de l'éclat de la jeunesse et les moustaches qui encadraient mon visage triangulaires pendaient froidement. Je n'avais plus la même souplesse, ni la même énergie, peut-être me restait-il au moins la force et l'habilité au combat, mes coussinets étaient abîmés. Les vieilles pattes qui les portaient s'enfoncèrent un peu dans le torent, et bientôt queue et derrière les rejoignirent. La rivière s'écoulait doucement, léchait les rochers, caressait les berges, embrassait quelques branches, couvait les poissons, elle était belle, elle était magnifique. Ses courbes irrégulières parcouraient le territoire Aubiste et hurlait son pouvoir jusqu'à ce que le lac ne l’étouffe. Edelweiss et moi aimions la redescendre jusque dans le grand miroir d'eau, en riant, en chassant, en s'aimant. Penser à la chatte, des années plus tard, était toujours douloureux pour moi. Même si je me refusais souvent à l'admettre, Edelweiss avait involontairement fait de moi celui que j'étais aujourd'hui. Et si mon amour pour la joli féline ne s'éteindrait jamais, il m'était impossible de lui pardonner son combat suicide qui l'avait poussée dans le néant. Il m'arrivait aussi de penser à nos enfants, tant d'années maintenant que je ne les avais plus vu, peut-être avaient-ils à leur tour engendrer descendance... Un bruit soudain m'extirpa de mes nostalgiques pensées, je me retournais soudainement. Il était un fantôme apparu devant moi. Elle n'était que blancheur, même ses yeux étincelaient la glace, la langue qui caressaient ses babines avait elle aussi revêtu son habit de mariée. Le tableau de la forêt semblait soudainement bien pétillante de couleurs à côté de cette féline, je lui lançais un regard arrogant.

- Bonjour jeune guerrière, je suis Plaisir Luciférien, et aujourd'hui à sonné le jour de ta mort.


Pas un feulement. Pas un hérissement. Pas une griffe de sortie. Pas même un battement de paupière. La femelle restait tel le marbre à qui elle avait subtilisé toute la lactescence. Je n'avais jamais rencontré de tel créature, mais son histoire sonnait familière à mes oreilles. Cette femelle née dans le Clan de l'Aube si... pure. Elle dégageait quelque chose de puissant, une aura étonnement forte. Hésitant à transpercer ce corps vierge de toutes marques je me décidai finalement à l'attaquer, bondissant sur cet être pur pour offrir aux farfadets du cosmos un sang écarlate. La souplesse avec laquelle elle s'échappa de mon attaque m’empêcha quoique ce soit, ces techniques étaient dignes de celle d'une grande guerrière, je feulai alors de plus belle. Il me fallait évacuer la frustration qui pesait dans mon esprit. Peut-être n'était-elle qu'une illusion fantaisiste que mon cerveau avait façonné de toutes pièces pour me perturber, mais ces mots...

- Je sais parfaitement qui tu es, Lucifer. Mais je t'avoue que je suis déçue que tu ne me reconnaisses pas.

J'avais bout fouiller dans tréfonds de ma tête, j'étais certain de n'avoir jamais vu cette chatte, et pourtant sa voix monochrome sonnait familière et lointaine à mes grandes oreilles. Etait-elle l'un des archanges que je détestais tant qui vivaient dans le ciel où se balançaient la lune et les étoiles. Je secouais la tête, il fallait qu'elle sorte de mon esprit. J'avais beau battre des paupières, son corps refusait de se déplacer, de partir.

- Etoile Envoûtée... ça ne te dis rien ?


Ce n'était pas possible. Si Cacophonie n'était ni ma mère, ni mon mentor, elle était celle qui m'avait prise sous son aile dès le départ, celle qui m'avait bannie peut-être même. En revanche je me souvennais parfaitement de ses jolis yeux où une grotte de glace avait élu domicile, là où les tempêtes de neige s'enchainaient, là où une douce rivière coulait. Elle était d'une beauté à couper le souffle, tellement belle qu'elle en était morte. Je me souvenais de sa grâce, je me souvenais de tout sauf de cette terrifiante blancheur. Et pourtant, je savais que la féline ne mentait pas, Cacophonie ne mentait pas. D'une manière ou d'une autre, la meneuse avait regagné la couche terrestre dans ce corps effarouchant. Je pouvais à peine me résoudre à la blesser tant je l'avais respecté, comment pourrais-je songer une seconde à la tuer... Je n'en aurais enfaite pas besoin car, profitant de ma déconcentration que le choc avait conçu, la féline bondit sur ma tête, mon visage s'enfonça dans l'eau et cogna un rocher tapissé de petites algues glissantes. Le liquide limpide se glissa dans mes narines, dans ma bouche, dans mes poumons, j'avais beau battre des pattes, griffer l'air, elle ne bronchait pas, me maintenait fermement. La rivière me fit tousser les bulles d'air qui nichaient dans mes poumons, oh comme j'avais mal, oh comme il était douloureux de mourir. Cela faisait tellement, tellement mal. Je ne pouvais plus me débattre, ma vision commençait à se brouiller quand elle me sorti enfin de l'eau. Je tremblais, je ne pouvais plus me lever, je n'étais plus qu'un sac d'eau qui toussait tant bien que mal. Assise à côté de moi, un air hautain collé sur le visage elle me regardait souffrir, elle attendait pour m'achever, me torturait pour arracher mes pensées les plus profondes.

- Ca...Cacophonie... pardonne...moi...

C'était un pardon à tous, un pardon à ceux que j'avais tués, à ceux que j'avais fait souffrir. Elle me replongea dans la rivière, mais je ne me débattis pas, je laissai s'installer en moi la douleur, je baptisais la fin de ma vie. Même mes yeux se comblaient, je souffrais tant, mais je savais que je pâtissais des conséquences de la vie que j'avais mené, oh comme j'avais mal, oh comme il était douloureux de mourir. Je sentais la vie me quitter, mes yeux se fermèrent, mon coeur cessa de battre, le sang cessa de glisser dans mon corps, mes membres se détendirent, me voilà mort.

Down by the riverside.
Down by the riverside.
Down by the riverside.





CLIQUE SUR LA NOTE
- MORT DE SILENCE PERDU -


Flashback - Naissance.


Silence, ça tourne. Tu es né, regarde ! Tu vis ! Tes pattes tremblent un peu, tes oreilles frémissent au moindre bruit, mais tu es. Lève toi ! Enfuis toi ! Vas goûter le monde ! Observe autour de toi, tu sais ce que c'est ? C'est la forêt, c'est ta maison. La vie carillonne et tinte sa douceur autour de ton petit corps. Il n'y a pas de mots pour décrire la magnificence du soleil, pas de mots pour peindre la lune olympienne, pas de mots pour vous dire à quel point il est doux de sentir le vent sur sa truffe pour la première fois, pas de mots pour vous offrir la saveur d'une écureuil encore tout chaud de sang, pas de mots pour vous partager la beauté des neiges, pas de mots pour vous faire savourer la violence de la passion, il n'existe aucun mot capable de vous expliquer à quel point la vie est belle. Et c'est pour ça que tu n'as pas le don de la parole, car ton amour pour le monde est tellement grand que jamais tu ne pourrais t'arrêter de le décrire, jamais tu ne pourrais stopper le flot déferlant de paroles symphoniques qui ne peuvent s'échapper de tes babines. Alors tes yeux goûtent, retiennent, aiment, et tu gardes la paix qui habite tout ton corps pour toi. Qui aurait été la créature capable de comprendre à quel point le tableau de la Terre te fait frémir. Tu n'as pas besoin de rêves, pas besoin d'un cosmos où t'échapper, car quand on ne parle pas, on est tellement plus attentifs au monde qui nous entoure, tellement plus en relation avec la moindre petite araignée aux pattes velues, tellement plus connecté avec les arbres qui hurlent sous le humus humide, tout est plus beau. Mes amis, il ne sert de guerroyer, il ne sert de se battre, il ne sert d'haïr quand on a la chance de vivre.


Flashback - Silence rejoint les Clans.


Une famille. Voilà quelque chose que tu n'as jamais eut. Tu as un frère, mais tu ne te souviens plus de ta mère, ni de ton père. Ils sont morts bien trop tôt. Tu te souviens de la douceur de son pelage à elle, de l'odeur appétissante de de ses mamelles roses, de sa langue râpeuse sur ton petit front, de tout l'amour qui émanait de son corps. De lui, tu te rappelles le rire caverneux, la voix reposante, les muscles sous son pelage. D'eux, tu te rappelles la passion. Mais tout s basculé dans l'oubli, plus de familles, plus qu'un frère. Jusqu'à ce grand jour, celui qui ferait basculer ta vie, celui où vous avez rejoint les Clans, ce jour où le soleil étincelait haut dans le ciel comme à son habitude, ce jour où deux petites boules de poils crèmes ont pointés le bout de leur nez sur le territoire des Clans, jour délictueux. Tant d'odeur, tant de chats, tant de pelages différents, tant d'odeurs se portant jusqu'à tes narines, tant de voix jusque dans tes oreilles, tant de regards, tant de vie !


Flashback - Rencontre avec Déesse.


Il y a quelque chose de différent, quelque chose que les autres n'ont pas, sa voix est si douce, elle est comme une minuscule étoile caressant le miroir d'un lac, brisant l'onde soudainement, faisant vibrer toute la surface. Cette femelle te fait vibrer, elle ne t'anime ni passion, ni attirance, ni amour, elle n'est que pureté. C'est comme si elle pouvait entendre les mots invisibles qui se bousculent et s'entrechoquent dans ta tête sans pour autant s'échapper de ton esprit. Tu te sens enfin compris, comme si quelqu'un arrivait enfin à lire en toi sans que tu ne doives lui dire quoique ce soit. C'est tellement bon de comprendre qu'on n'est pas seul, que même si on est différents il y a certaines personnes qui s'en fichent. Mais pensez-y, juste une petite seconde, à cette différence. Où s'arrête la normalité et où commence la différence ?


Aujourd'hui - C'est un Adieu, je le crains.


Embrasse moi, embrasse moi une dernière fois s'il te plait. Embrasse moi une dernière fois, s'il te plait vie, tu vas tellement me manquer, mais tu es devenue si douloureuse, alors embrasse moi.
Le ciel était une grande peinture sanglante, le soleil s'évanouissait dans l'horizon inconnu, belle lueur orangée. Les nuages étaient teintés d'une magnifique couleur rose, la tanière des anciens était déserte. Tu entendais seulement ton coeur battre, la litière à côté de la tienne était vide, mais l'odeur d'Astre Givré était toujours accrochée à la mousse sèche mêlée à des plumes et de la paille. Tu savais que bientôt tu le rejoindrais, c'était inévitable, tu sentais ton corps qui, doucement et douloureusement, s'échappait du monde des vivants, s'arrachait vers le ciel, et tu souffrais. Ta colonne vertébrale était comme une brindille de bois, toute fragile, tout cassé, craquelante. Tu n'oublierais pas la vie que tu avais mené, le goût de la nature que tu avais eut, les compagnons de vie qui t'avais accompagnés certains avaient déjà rejoint les étoiles d'autres étaient toujours là. Un petit bruissement retint à tes oreilles, c'était un petit apprenti qui entrait, le sourire aux lèvres. Tu avais du mal à comprendre comment on pouvait apprécier ta présence, ton silence éternel. Le jeune mâle posa une proie devant toi et t'offris une jolie petite mine. Celui-ci venait souvent, il était fou amoureux d'une de ses camarades et bavard, tu aurais voulu dire qu'il était l'un des rares à venir te voir, mais cela aurait été faux. Sans qu'il n'y ai aucun sens, tu avais beaucoup de visites et tes camarades anciens appréciaient ta présence. Leur manquerais-tu quand tu serais parti ? Tu n'avais pas la réponse mais peut-être pourrais-tu la regarder depuis les étoiles... L'apprenti ronronna.

- J'ai suivi ton conseil tu sais ! Je lui ai parlé ! Et tu avais raison Silence, elle m'aime !

C'est à ce moment là que vous vous demander quelque chose de toute à fait concret, si si, je vous assure. Vous vous demandez comment diable un muet peut-il bien donner des conseils sans prononcer le moindre mots. La réponse est bien plus simple que la question, il n'en donne pas. Lorsque vous demandez l'avis d'une personne qui ne vous répond pas, vous avez l'impression de lire un message sur son visage alors qu'en réalité, vous lui faites dire ce que vous vouez. Vos désirs le plus profonds, essayez un jour, vous verrez. Tu te contentas d'offrir un joli sourire au minou.

- A bientôt Silence !

Il s'enfuit dans un éclat de rire, porter par de grandes ailes invisibles, les ailes de l'amour mesdames et messieurs. Si le novice porterait sa belle dans les airs, les tiennes avaient décidé de porter le monde. Aussi étonnant que cela puisse paraitre le petit nuage n'était pas le seul à te rendre visite, qui pouvait bien apprécié ta compagnie ? Perdu dans tes belles pensés, tu ne t'étais pas rendu compte que la toile rosé du ciel avait été remplacé par un tissu noir parsemé de petites taches de peinture. La lune avait chassé son amant embrasé, avait enfilé sa traine d'étoiles et oublié sa couronne de nuage. Tu étais si fatigué dans cette tanière vide, tant que tu décidas de remettre tes adieux à Astre Givré au jour d'après, tes camarades de tanière comprendraient. Alors tu te laissas couler dans un long sommeil, songeant à ce que tu ferais le lendemain, mais ce que ignorais, c'est qu'il n'y aura plus jamais de lendemain.




    Haine. Désespoir. Haine. Confusion. Haine. Tristesse. Haine. Destruction. Haine. Apocalypse. Haine. Douleur. Haine. Larmes. Haine. Sang. Haine. Anéantissement. Haine. Songes. Haine. Passé. Haine. Oubli. Haine. Cauchemar. Haine. Hypnose. Haine. Détachement. Haine. Perte. Haine. Macabre. Haine. Mort. Haine. Prison. Haine. Cœur. Haine. Blessure. Haine. Enfer. Haine. Sentence. Haine. Ombre. Haine. Souvenirs. Haine. Brisée. Haine. Amour.

    Il n'était plus qu'une haine profonde, mêlée à une violente passion. Pleine. Tu étais pleine. Tu allais à nouveau connaitre la souffrance de voir une progéniture de magnificence qui deviendrait peut-être le cœur du chaos et des ténèbres. Toi qui t'étais jurée de ne plus jamais tomber dans les bras de l'amour, tu avais rencontré un être exceptionnel qui s'était lentement glissé dans son esprit pour y planter son drapeau vainqueur et dégoulinant de douleur. Tu te haïssais rien que pour ça, pour avoir failli à la promesse que tu t'étais faite des mois auparavant en découvrant que cette enveloppe lactescente n'était pas la tienne, alors que ton VRAI corps, ton PREMIER corps aux yeux arctiques était le labyrinthe de vers et autres bêtes qui se délectait de ton cadavre macabre. La douleur d'engendrer chatons t'avait menée à la damnation éternelle. Tu abusais peut-être un peu mais vivre dans cette prison de neige était chaque jour un peu plus douloureux, et y accueillir de petits êtres était insupportable, tu n'avais pas assez de place dans ta cage pour eux, tu voulais qu'ils sortent, que tout soit fini au plus vite. Peut-être alors pourrais-tu simplement oublier leur existence, disparaitre dans les abîmes du malheur et de la hantise pour toujours, ils vivraient heureux avec leur père, loin de toi, loin des flammes destructrices de ton cœur. Ou peut-être resteraient-ils prêts de toi, peut-être que chaque jour ils te rappelleraient à quel point tu es stupide, à quel point les morts te manquent. Tu ne méritais pas de créer la vie Cacophonie, tu ne méritais pas le bonheur, ni l'amour, tu ne méritais que la haine. Rien qu'une haine profonde.

    Et pourtant tu étais là, alors que le ciel n'était qu'une toile mauve, que ton souffle était un petit nuage froid, que le soleil ouvrait à peine ses paupières, que les proies étaient encore rouler en boule dans de minuscules tanières, que les chouettes hululaient, leurs grands yeux scrutant la fin de la nuit, et que les félins de la forêt ne se doutaient pas de ce qui se tramait. Tu attendais au bord de la frontière, grelotante, le ventre tendu et douloureux, bientôt ils arriveraient, bientôt tout serait fini... ou commencerait. Alors que tu sentais ton corps se transformer doucement en glaçon une apparition subite réchauffa tout ton corps, tu détestais le goût si doux de cette sensation. Mort d'Amour du Dragon Noir s'approcha de toi et se frotta à ton corps si pur, ses yeux d'or coulaient le long de ton corps, s'arrêtaient sur ton ventre, et s'illuminaient d'une jolie fierté. Chaque fois que tu voyais le mâle bicolore, tu te demandais ce qui vous avait uni, peut-être vos esprits emmêlés vous avaient-ils réunis, ou bien était-ce seulement le destin et ses dés du hasard qui avait décidé d'abattre le sort sur vous. Tu n'avais pas besoin de mots, il n'avait pas besoin d'un son, vous n'aviez besoin que de contact. Il s'approcha doucement de toi, caressant les feuilles brunes du bout de ses pattes, faisant craquer l'automne sous son poids, et il posa sa truffe sur ton front.

    Tu ne pus pas t'empêcher de lui offrir un ronron, ridicule.À partit de ce moment précis, tout s'égara. Le croisement de deux dimensions aspira toutes pensées saines pour laisser place à une terrible douleur. Ils s'échappaient, ils fuyaient, et le dragon avait beau faire déferler une rivière de mots doux rien de plus horrible que ce moment n'était gravé dans ta mémoire. Combien étaient-ils ? Comment était-ce possible qu'ils soient autant ? Les entités suprêmes dont la maison était le ciel étoilé avaient-ils à nouveau décidé de te punir en mettant plus de créatures dans ton corps qu'il n'en pouvait accueillir ?

    Et puis, ce fut fini, et soudain un calme olympien s'empara de tout ton être : tu les aimais ! Toi ! Tu ressentais de l'amour pour ces minuscules boules de poils, tu t'étais pourtant jurée, jurée de les haïr quoiqu'il en coûte, tu ne devais ressentir qu'un désespoir profond, à la place de quoi tu ressentais une plénitude à laquelle tu n'étais plus habituée. Tu étais totalement confuse face aux sept petits démons qui miaulaient, criaient, rampaient contre ton ventre encore fragile. À côté, leur père les couvait d'un regard empli d'amour, émerveillé. Tu pensais que Mort d'Amour du Dragon Noir était insaisissable, que rien ne pouvait toucher son enveloppe de marbre, mais il semblait si fière face à vos enfants. Ta nouvelle famille.

    - Dragon Noir, je te présente Petit Archange et Petite Harpie, nos ainés qui, joignant leurs ailes aux tiennes, protègeront leurs frères et soeurs, ils seront les modèles de nos chatons. La petite beige se nommera Petite Fée, toi qui appréciait ce nom, elle amènera la magie dans la portée. Le joli matou, nous l'appellerons Petit Oracle, puisse-t-il faire présage du bonheur. Celui griffé de blanc, nous l'apostropherons Petit Béhémoth, il offrira toute la force nécessaire à ceux qui en manquent. Celui qui n'est que de noir vêtu, il représentera la ruse et l'habilité, voilà pourquoi il sera Petit Séraphin. Et quant à elle, la minuscule, nous la dirons Petite Sylphide, tant bien que par la pureté que la par la douceur qu'elle dégage. Ils seront nos chatons.

    Et ainsi furent les noms de créatures donnés à tes enfants, dans ce petit coin de la forêt, embrasé par l'amour et l'automne, loin de tout les problèmes qui se profilaient à l'horizon.


DANSE HYPNOTIQUE
https://www.youtube.com/watch?v=TOsJasWO_Jc

"Une nouvelle valse s'arrête"



    Ouvre tes yeux, regarde le monde depuis tes globes blancs éteints, regarde cette caverne sans étoiles s'étendre au dessus de ton corps lactescent, regarde, tu es éveillée. Tu aurais voulu rester dans tes rêves, t'enfermer dans cette réalité irréelle, te lover éternellement dans les bras du futur, oublier qu'il n'est plus là, oublier qu'ils partent tous un jour, oublier que tu as changer de vie, oublier que tu n'es pas dans le ciel avec ceux que tu as chéri durant tes neuf premières vies. Tu étires tes membres engourdies, ils te font mal, tu ne ressens que de la douleur dans ton corps, mais tu as l'habitude. Alors tu te hisses sur tes pattes, te redécouvres le vrai monde et il te dégoute. Tu songes à t'allonger, à te rendormir pour toujours, puis tu penses à tes enfants, à celui qui a réussi à reconquérir ton coeur, alors tu avances, tu laisses le rideau de lierre caresser ta fourrure blanche, tu laisses le soleil t'éblouir, tu laisses l'air frais te goûter, tu laisses les oiseaux siffler dans tes oreilles, qu'il est bon de vivre parfois. Qu'il est bon de se délecter de se monde temporaire qui ne repose que sur l'équilibre parfait des éléments. Tu avances doucement, l'herbe humide et grisaille frôle dangereusement ton poitrail. Les chats de ton clan sont rassemblés dans un silence macabre au pied de la corniche, tu t'approches gracieusement d'eux, portée par tes pattes de velours. Frayeur et surprise. Voilà les expressions qui petit à petit se peignent sur les visages malheureux de tes confrères. Là-bas, sous le rocher des étoiles, sept chats versent des larmes noires de tristesse. L'un est l'oracle des destins interdits, l'un est l'ange gouverneur du ciel, l'une est la fée des bois, l'autre est la harpie dévorante, les trois autres sont des créatures tout aussi merveilleuses. Ce sont tes enfants. Où est leur père, où est celui qui t'aime, celui à qui tu as accepté d'ouvrir ton coeur éteint, où est-il ? Une voix lointaine brise le silence qui s'était installé autour de toi.

    - Vous avez entendu ? Dragon Noir est mort en glissant dans le ravin. Personne ne peut aller le chercher, il est condamné à mourir. Je suis désolé, renchérit-il en regardant sa compagne et le reste de ses enfants, il était un grand guerrier, nous l'honorons grandement. Il a bien servit le Clan.

    Non, non il n'avait pas bien servi son clan, non il n'était pas mort, non nous ne l'honorerions pas. Tu refusais qu'il te soit arraché, ce n'était pas possible, pas encore. Le miroir au fond de toi se brisa, explosa une dernière fois. Ô Clan des étoiles, qu'as-tu bien pu faire pour mériter tant de douleur, qu'as-tu osé dire, qui as-tu osé tuer ? Quand ta sentence prendra donc fin ? Tu ne veux plus être, tu ne veux plus vivre, tu ne veux plus respirer, plus connaitre l'amour, ni la joie, ni la haine, ni la tristesse, tu n'en peux plus, c'est trop pour toi. Tout cela n'est qu'une destruction éternelle, une douleur infinie. Ton regard parcourt l'assemblée et se lève vers le ciel sans lumière. Pas une larme, pas un cri, tu ne leurs offrirais pas la satisfaction qu'ils attendent les jours froids où tu esquisses ta douleur sur la toile de la vie. Il faut te concentrer sur les vivants, jamais Dragon ne serait faiblement tomber dans un gouffre apocalyptique, jamais ses pattes puissantes ne se seraient dérober sous lui. Soudain, un pelage noir, raillé de coupure encore plus sombre, une patte blanche comme ses six frères et soeurs. Tout s'éclaire.

    - Toi.

    Un soupir. Un hurlement d'effroi. Des visages choqués. Un faux air innocent installé. Un fin sourire ose fendre ton visage, un sourire de haine, un sourire si faux, un sourire qui va le détruire. Tu comprends que le crime le plus malheureux a été commis, et que ton fils est un patricide. Qu'il a poussé celui qui lui a offert la vie dans la mort, qu'il a osé lui arraché le cadeau que lui même lui avait fait.

    - Comment ? Comment as tu pu lui voler sa vie ? Comment as-tu osé t'en emparer alors que lui même te l'as offerte, comment as-tu osé voler l'amour de ta mère, comment as-tu pu arracher le modèle de tes frères et le protecteur de tes soeurs ? Comment as-tu pu pousser dans la mort celui qui t'a élevé et a construit celui que tu es aujourd'hui ? Comment Nuage du Béhémoth ? Comment oses-tu encore porter le nom qu'il t'a donné ?

    Jamais, oh non jamais, ils ne t'ont vu si énerver, jamais ils n'ont vu la colère se dessiner sur tes traits. Jusqu'à aujourd'hui, aucun de tes enfants n'avaient vu tes muscles puissants rouler sous ta peau, la peau sur ton nez se plisser, tes yeux s'allonger en amande, ta fourrure blanche gonflée de haine. Les griffes sorties, tu t'approches de lui, tu plantes ton regard vide dans le sien et, tu attends, tu attends quelques secondes, peut-être quelques minutes et tu miaules de toute tes forces, tu lui craches ta haine à la gueule. Tu n'arrives pas à croire que ce monstre s'est extirpé de ton corps, s'est nourri de tes mamelles, a posé ses pattes trempées de sang sur ton corps si pur.






NUAGE DES ARCHANGES
https://www.youtube.com/watch?v=5RXA4F1wJYc

"Aurevoir, papa"



    Cela aurait pu être un jour comme les autres, un jour à chasser, à rire et à aimer. Un autre jour à regard Danse Hypnotique malade se réveiller pour manger puis mourir à nouveau, un autre jour à impressionner Mort d'Amour du Dragon Noir, mais évidemment, ce n'était pas un jour comme les autres, c'était un jour bercé de malheur. Nuage des Archanges s'était réveillé tard, et avait fuit l'atmosphère étouffante qui régnait dans le camp sans qu'il ne sache trop pourquoi. Il avait battu le sol froid de la forêt de ses pattes musclés, avait traqué les proies et s'était entrainé, avait épuisé chaque muscle de son corps, griffant la mousse, lacérant les arbres, arrachant les branches mortes. C'était fatigué, et fier, qu'il était rentré, prêt à aller voir son mentor, puis sa mère et son père. Sachant qu'il découvrirait l'un au chevet de l'autre. Mais, quand Archange avait pénétré la tanière berceau des senteurs, il n'ait vu que la forme inerte blanche. Son bouclier ardent n'était pas au rendez-vous. Celui qui portait le nom de l'ange des anges entendit la voix de son frère résonner dans l'enceinte du camp, il s'extirpa en dehors de la maison de sa mère, tremblant.

    - Etoile Indolore, Mort d'Amour du Dragon Noir est mort.

    Il ne dit rien, ne broncha pas, s'approcha de sa fratrie, les yeux éteints. Béhémoth l'avait dit si calmement, c'était effrayant. Ils auraient pu tous éclater en sanglot, se laisser aller, si un spectre blanc n'avait pas fait son apparition. Elle était toujours aussi vide, toujours aussi froide, toujours aussi distante, et pourtant Archange sentait encore le regard vide et en même plein d'amour qu'elle leur portait. Il savait qu'elle les aimait, ils le savaient tous. Tou se mis à aller très vite quand Danse Hypnotique se mis à accuser leur frère, jamais Archange ne l'avait vu dans une colère sui sombre et profonde. Il regarda son frère avec effroi.

    - Béhémoth... dis moi que c'est faux, que tu n'as pas réglé ton différent avec Père de cette manière, s'il te plait.

    Archange avait peur, peur que son monde ne s'effondre, peur que tout cela ne soit trop réel. Il aurait voulu fermer les yeux, s'éveiller d'un mauvais cauchemar, sortir de cette réalité macabre, voir son père débouler dans la clairière et affirmer l'accident, dire qu'il s'en était sorti d'une manière ou d'une autre. Tout cela semblait bien trop réel, Archange avait peur, retenait ses tremblements, gardait son regard planté dans celui de son frère, retenir la colère qui l'envahissait doucement.





Textes divers.


en cours


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OUIIIII ! JE VAIS POUVOIR RELIRE ESCARMOUUUUCHE !!!
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MON PETIT ESCARMOUCHE

J'ai mis le RP avec Dragon / Danse parce qu'il est vraiment trop bien
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PostPosted: Wed Feb 20 2019, 12:15    Post subject: Galerie des textes & RP d'Esca Reply with quote

Fantasme était si vieux que ça quand il est mort ? Oo
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Ben oui ça m'a surprise aussi mais c'est le cas °°
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PostPosted: Thu Feb 21 2019, 10:03    Post subject: Galerie des textes & RP d'Esca Reply with quote

Esca : quand j'aurai le temps de répondre, je suis sure qu'on aura un beau RP entre Archange et Flamboyant. ;3
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Avec plaisir
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PostPosted: Thu Feb 21 2019, 13:35    Post subject: Galerie des textes & RP d'Esca Reply with quote

Nuage des Archanges wrote:
Ben oui ça m'a surprise aussi mais c'est le cas °°


Mais alors quel âge avec Flamme ? Oo j'ai pas trouvé sa naissance mais j'ai retrouvé tout le reste, je devrais peut etre me pencher sur la question ^^' mais ça veut dire qu'il est devenu guerrier vachement tard non ? :v
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Oui il est resté apprenti un bon moment
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Ça explique pas mal de choses parce qu'il est mort, Cristal était apprenti, et Flamme a mis bas juste après son baptême d'apprentie, et Fantasme était encore apprenti :v

-> http://www.legrandfandelgdc.com/t52-La-pouponniere.htm?start=28020&q=#p1447989
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Attends je l'avais déjà en 2015 ? Oo
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Il est mort quoi... deux mois après ce rp ? Peut-être un peu plus :v
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Ah oui il est mort fin 2015 je me suis clairement emmêlé les pinceaux
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Ah bah bravo x)
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ça arrive (a)
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PostPosted: Fri Feb 22 2019, 22:27    Post subject: Galerie des textes & RP d'Esca Reply with quote

WTF ?!
MORTE A L'ÂGE DE 230 LUNES ????
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PostPosted: Sat Feb 23 2019, 00:55    Post subject: Galerie des textes & RP d'Esca Reply with quote

Bah je l’ai eut en mars 2014, elle est morte en février 2017 je crois donc c’est environ ça vu qu’apres elle a revécu entre mars et juillet mdrrr
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PostPosted: Sat Feb 23 2019, 01:00    Post subject: Galerie des textes & RP d'Esca Reply with quote

Whaaaaaaaat ? x'DD
Pauvre mamie kapout. xD
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PostPosted: Sat Feb 23 2019, 18:18    Post subject: Galerie des textes & RP d'Esca Reply with quote

Et dis toi qu'elle était chef à la fin, et qu'en plus elle est ressuscitée o/
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